Nitsavim: alliance entre le Créateur et le peuple juif © vidéos

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Dans cette parasha qui est toujours lue avant Rosh Hashana, les quarante versets empreints d’émotion –  car il s’agit là de l’une des dernières allocutions de Moshé Rabénou   s’adressant au peuple d’Israël  juste un peu avant de mourir – mettent en relief le fait que ce qui nous élève au-dessus des bêtes est notre intellect.

Le nom de la sidra est « nitsavim » qui vient de la racine י- צ- ב mot qui signifie stable c’est-à-dire que, en cette veille de Rosh Hashana où l’univers entier est jugé et se tient droit, humblement, dans l’attente du jugement, il est recommandé à l’homme de tout examiner, (sa conduite et tout ce qui de près ou de loin le caractérise) puis, de faire intervenir son intellect, sa mémoire (ou plus précisément son souvenir), de manière à considérer ce que D. a proposé à Son peuple : une alliance : ברית .

Cette alliance  symbolise le mariage ou l’union entre D. et Son peuple : ברית= 612.    Cette  union ne peut se réaliser que si entre les deux « époux » se trouve une confiance mutuelle. Cette confiance, est la  émouna ou l’élément qui permettra de cimenter et rendre forte cette union : 612+1 (émouna)= 613 les 613 commandements de la Torah qui, elle-même représente la ketouba de cette union entre Israël et son Créateur et en effet la Torah (valeur numérique 611 ) et les deux « époux » nous ramènent encore aux 613 commandements !

Le texte précise : כל איש ישראל    et, un peu avant le mot כולכם opère une différenciation dans le fait que nous soyons jugés כולכם (tous ensemble) et que nous sommes tous ensemble debout  mais, chacun est examiné de façon individuelle pour que les mérites de chacun, ressortent et pour qu’en face se placent nos torts le texte d’ailleurs précise que chacun sera jugé : fils, fille, homme, femme, converti , étranger.

Le choix qu’il nous est recommandé de faire n’est pas de savoir prendre le chemin de droite ou de gauche mais bien au contraire de mettre  notre connaissance à contribution pour nous souvenir du fait qu’HaShem, par amour, nous a pris pour peuple, IL nous a séparé d’entre tous les autres peuples et qu’en fait cette alliance qu’IL a conclue avec le Peuple Juif est l’expression d’une compréhension dont le peuple doit faire preuve pour pouvoir vivre selon son désir ou si l’on préfère,  selon les dictats posés par un couple dès le début de son existence commune.

Le serment que D a fait aux patriarches est irrévocable et, de son côté le peuple a prononcé un vœu irréfutable : naâssévenishmâ (nous accomplirons puis nous entendrons). D s’engage vis-à-vis de Son peuple mais celui-ci doit s’engager vis-à-vis de Son illustre Epoux. L’engagement est  bilatéral. Mais, du côté de l’épousée, composée de mille facettes, l’engagement est proportionnel  aux capacités de chacun.

Le monde est jugé à 4 épisodes différents :  à Pessah pour les moissons, à Shavouoth (cette fête se nomme aussi âtsereth ou clôture) pour les fruits de l’arbre, à Rosh Hashana, toutes les créatures du monde passent devant Lui comme des moutons, ainsi qu’il est dit “Il a formé leurs cœurs à tous et examine leurs actes” (Psaumes XXXIII, 15) et, pour Souccoth (qui est appelé seulement Hag) le monde est jugé pour l’eau.

La mishna spécifie bien que tout ce qui existe dans le monde animal ou  végétal possède une période dans l’année où va être émis un jugement à son égard.

Et l’homme en particulier, lui, le roseau pensant, lui qui est capable de comprendre et de faire la différence entre le bien et le mal. Un arbre qui sera jugé n’est pas doté de faculté de compréhension, il ne peut se mouvoir il est ancré dans le sol et n’a pas de choix à faire, à aucun moment, il subit le rôle qui lui a été imposé et ne possède pas de libre arbitre alors que l’homme  a le choix parce qu’il comprend : הוא מבין. מבין en guematriya équivaut à 102 tout comme יצב et en tant qu’être responsable, il doit rendre des comptes pour que son âme se sente purifiée et, justement : donner ou rendre des comptes équivaut en guematriya à nefesh âme : דין + חשבון = 430 tout comme נפש.

En comprenant, l’homme se distingue et s’élève au-dessus des animaux par la pensée מחשבה mahshava, et, la pensée est différente de la mémoire et du souvenir en ceci : la pensée n’est pas dynamique, et elle est même statique. On subit une pensée qui assaille le cerveau alors que le souvenir : זיכרון, est quelque chose de dynamique : pour se rappeler ou se souvenir il faut vouloir faire remonter la chose ou l’évènement à fleur de la connaissance. Pour se souvenir on donne une impulsion et pas pour la pensée.

 

Le Créateur, en insufflant à l’homme le souffle de vie lui a aussi transmis la connaissance et la possibilité de “penser” חשב  c’est toute la différence entre l’homme et la bête : l’homme pense donc il est (cogito ergo sum) a dit Descartes et c’est exactement ce que l’on constate ici חשב = 310 et le mot homme איש = 311 car sans le alef de la connaissance l’homme n’en est pas un. Il existe tout simplement : יש : il est là.  Cette connaissance est celle que D lui a transmise.

Et, c’est pour rester dans cette dynamique du souvenir, que chaque matin pendant la période des selihoth, il va se lever tôt pour exprimer sa volonté de retrouver son identité et de la clamer auprès du Créateur en ne renonçant pas et en voulant aller de l’avant et en se  perfectionnant.

C’est en faisant agir sa réflexion que l’homme s’élève au-dessus de l’animal et du végétal et plus encore que la réflexion, c’est grâce à sa mémoire que l’homme va pouvoir se rapprocher des sphères supérieures et c’est encore grâce à cette mémoire qu’il va “aider” à la réalisation des promesses divines.

En effet un mot se répète souvent dans la Torah et dans notre rituel : le mot זכור ou זכר se trouvent tout au long des cinq livres du Pentateuque et il s’agit souvent d’un acte historique dont l’homme doit se souvenir : ainsi nous lirons que ceci est “en souvenir” de la Création “זכר למעשה בראשית” ou, en souvenir de notre sortie d’Egypte :  “זכר ליציאת מצרים” et,   tous les éléments de l’Histoire du peuple juif se rattachent à ces bornes historiques qui sans elles ne peuvent permettre à l’homme d’évoluer et d’assumer son destin.

Caroline Elishéva REBOUH

TEHILIM  116 à 137.

116-118 : Après avoir rendu des louanges innombrables, le poète, à nouveau épanche son inquiétude, et ses craintes devant ses ennemis qui veulent l’entraîner vers la mort.

119 : avec ses 176 versets,  ce psaume est le plus long de tout le psautier. Dans ce psaume, David consacre 8 versets à chacune des 22 lettres de l’alphabet. On l’appelle aussi Alpha-béta car sa rédaction évolue selon l’ordre alphabétique. En règle générale, lorsqu’on dédie une prière à quelqu’un qui est décédé, on récite tous les versets qui se rattachent aux lettres du prénom du « niftar ». Par exemple : ytshak ben david on récitera les 8 versets du youd puis du tsadé, hett et kouf puis bet et noun et encore daleth vav daleth. Et, pour que ce ne soit pas fastidieux pour les gens présents alors on demande à plusieurs personnes de lire en même temps les strophes.

120 A partir du psaume 120, et , jusqu’au psaume 134 nous trouvons le shirhamaâlot ou cantique des degrés (15  marches) et Rashi nous explique que ces cantiques étaient réservés aux Léviim qui les  chantaient en gravissant les 15 marches qui les conduisaient dans le Temple de la cour des Israélites à la cour des femmes.  A propos du psaume 127 Rashi commente ainsi : David a su par intuition divine que son fils Salomon devrait construire le Temple cependant, ce même jour Salomon épousait la fille de Pharaon ce qui fait que David s’interroge sur la raison pour laquelle son fils, qui a été jugé digne de construire une demeure terrestre à l’Eternel,  se perd dans des épousailles indignes d’un souverain juif.

135 :  Les louanges reprennent et au psaume 136, David loue dans un cantique de 26 versets (comme la guematriya du Tétragramme (26)) la grandeur de l’Eternel et les bienfaits dont il  a comblés Son peuple. En exprimant à chaque verset     : kiléôlamhasdo « car Sa grâce est éternelle » !

137 : Al néharothBavel  sur les rives des fleuves de Babylone ! Ce psaume, d’après la tradition fut composé par le prophète Jérémie après la destruction du Temple et l’exil du peuple à Babylone.

 

Nitsavim: Midrachim

Les rabbins enseignent : Le Saint Béni Soit-Il dit : « En bénissant la Thora, vous vous bénissez vous-mêmes. ». D’où le sait-on ? Il est dit : « Car c’est grâce à moi que se multiplieront  tes jours et que te seront dispensées des années de longue vie. » (Proverbe 9,11).

Trois idées  peuvent être dégagées de cette citation.

1-En articulant la bénédiction de la Thora : « Bénis sois-tu l’Éternel, notre D. Roi du monde, qui nous a choisis parmi tous les peuples et qui nous a donné la Thora… » : Nous savons que lorsque les enfants d’Israël sont sortis d’Egypte, le nombre des hommes de 20  ans et plus étaient de six cent mille.

C’est, selon les enseignements du Midrach et de la Kabbale, le nombre d’âmes-racines qui constituent le noyau d’Israël au plan spirituel. Ce nombre équivaut au nombre de lettres de la Thora. Cette équivalence est exprimée par une formule : « Il y a soixante myriades (six cent mille) de lettres dans la Thora. »  Les lettres initiales de chacun des mots de cette phrase en hébreu (Youd, Chin,Rech, alef, Lamed)   donnent  ISRAËL ! Cela signifie que chaque âme-racine est représentée par une lettre de la Thora et que l’ensemble de ces âmes-racines s’identifient à la Thora. D’où en bénissant la Thora Israël « s’auto-bénit ! »

2- La Thora était convoitée par les anges de service permanent auprès de D. Or dépourvus de libre arbitre, ils n’ont pas besoin des mitsvot. Selon les enseignements de la Kabbale, le texte peut être lu comme un tissage des noms de D. et révèle un aspect de la relation de D. au monde ce qui conduit à une connaissance très profonde de D. Les anges aspiraient à cette connaissance pour mieux servir leur Créateur.

Mais Ces secrets de L’Être qui sont considérés comme le « Bien Suprême » est réservé aux hommes et non aux êtres divins. C’est ce que souligne le Midrach en évoquant le Bien qui est la finalité ultime de la Thora et qui ajoute la finalité de la Création c’est l’Homme et non l’ange.

3-Enfin la troisième idée est la conséquence des deux premières. La Thora énonce des commandements destinés à dominer le mauvais penchant, ce que les anges ne possèdent pas. La compréhension de la thora  nécessite une intelligence supérieure propre à l’homme.

Du point de vue du projet divin l’homme est plus proche de D. que ne le sont les anges et le Zohar synthétise cet enseignement du Midrach par une formule audacieuse : «  Le Saint Béni Soit-Il, La Thora et Israël sont Un » c’est-à-dire dans une  relation d’unité profonde.

 SYNTHESE D’UN COMMENTAIRE de DAVID SAADA (Au Cœur Du Verset)

 Alice Benchimol    

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