Explosion à bord d’un sous-marin indien avec 18 personnes à bord

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Une explosion s’est produite dans la nuit de mardi à mercredi à bord d’un sous-marin militaire indien à propulsion diesel-électrique, alors que la Marine de ce pays s’active à moderniser ses équipements obsolètes.L’explosion a eu lieu peu après minuit, sur le chantier naval de Bombay (côte ouest), où le bâtiment était à quai avec 18 personnes à bord, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée.

Quelques jours auparavant, le gouvernement avait annoncé le lancement du premier porte-avions conçu et construit en Inde et le début des essais pour le premier sous-marin nucléaire du pays. New Delhi investit des milliards de dollars dans la modernisation de son équipement militaire, dont une large partie date de l’époque de l’Union soviétique.

« La cause de l’explosion est inconnue », a déclaré le porte-parole de l’armée Narendra Kumar Vispute, ajoutant que les secours recherchaient les 18 personnes qui se trouvaient à bord de l’INS Shindhurakshak.

La télévision NDTV a diffusé des images floues d’une forte explosion, avec le ciel embrasé par des flammes au-dessus du chantier naval. « Il y a eu deux ou trois explosions et le ciel s’est illuminé brièvement », a raconté à l’AFP Dharmendra Jaiswal, qui garde des toilettes publiques et qui dormait sur place, près du chantier naval.
Des plongeurs ont été dépêchés pour rechercher les hommes manquant à l’appel, une fois le feu éteint, plusieurs heures après l’explosion, a ajouté le porte-parole. « Dix-huit marins étaient à bord du sous-marin et ils n’ont pas encore été évacués ».
« Plusieurs marins ou autres personnes qui se trouvaient près du sous-marin au moment de l’explosion ont été admis à (l’hôpital) INHS Asvini avec des blessures », a-t-il ajouté.

L’INS Sindhurakshak, rénové et modernisé par la Russie il y a un an, a presque totalement coulé, selon l’armée.
Le sous-marin avait été vendu par la Russie en 1997 et est dépourvu des équipements les plus modernes que l’on trouve sur les bâtiments d’aujourd’hui, a indiqué à l’AFP Rahul Bedi, un expert en matière de défense qui travaille pour la revue spécialisée Jane’s.
Ces types de bâtiments « n’ont pas de sortie de secours en cas d’accident, à la différence des sous-marins les plus modernes », a-t-il dit. « Le principal problème pour les sous-marins en Inde est la perte rapide de leurs capacités. Je crois que sur 14 sous-marins à propulsion diesel-électrique, 12 seulement sont opérationnels », a-t-il ajouté. « C’est un gros handicap pour les opérations de la Marine indienne ».

Pour C. Uday Bhaskar, ancien officier de la Marine indienne et ex-directeur de la Fondation maritime nationale, il s’agit d' »un revers majeur ». « Pour tous les sous-mariniers, c’est l’une des pires choses qui puisse se produire », a-t-il dit à la télévision NDTV.

En février 2010, un incendie avait éclaté à bord du même sous-marin, alors qu’il était à quai à Visakhapatnam (Etat d’Andhra Pradesh, sud), tuant un marin.

Le bâtiment opère avec un équipage de 53 personnes et peut naviguer sans assistance et sans arrêt pendant 45 jours, selon le site internet de la Marine indienne.
Le chantier naval de Bombay date de l’époque coloniale et emploie quelque 10.000 personnes. On ignorait si l’incendie avait endommagé d’autres bâtiments ou navires à proximité du sous-marin.
L’armée a indiqué avoir ouvert une enquête sur l’accident. La zone de l’explosion a été fermée au public et aux médias.

104-08-2013/AFP

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