Egypte: l’institution sunnite d’al-Azhar boycotte la commission constituante

0
6

L’institution d’Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a déclaré jeudi qu’elle se retirait de la commission chargée de rédiger la future Constitution de l’Egypte, dominée par les Frères musulmans et déjà boycottée par les partis laïques.Al-Azhar estime, dans un communiqué, être sous-représentée dans cette
instance, où elle n’a qu’un siège.

« Al-Azhar annonce qu’elle ne participera pas à cette commission où elle
n’est pas correctement représentée », affirme le communiqué.

L’église chrétienne copte orthodoxe, la religion de 6 à 10% des Egyptiens,
pourrait elle aussi s’en retirer, selon des informations de presse.

Cette commission de 100 membres a été formée par les députés et les
sénateurs du nouveau Parlement égyptien, où les Frères musulmans et les
fondamentalistes salafistes bénéficient d’une écrasante majorité.

Le président de l’Assemblée du peuple (chambre des députés), Saad Katatni,
issu des Frères musulmans, a été nommé à sa tête mercredi, ravivant les
craintes de voir la future loi fondamentale taillée sur mesure pour servir les
objectifs politico-religieux des islamistes.

L’institution théologique et universitaire d’Al-Azhar, autrefois proche du
pouvoir de Hosni Moubarak, affiche une volonté de promouvoir un islam modéré
et le dialogue avec les chrétiens. Elle garde ses distances avec les Frères
musulmans et se démarque des fondamentalistes salafistes.

Seuls 74 des 100 membres de la commission constituante, en très grande
majorité des islamistes, ont participé à sa séance inaugurale mercredi.

Les milieux libéraux et de gauche redoutent notamment que les Frères
musulmans et les salafistes ne préparent un texte qui renforcerait la place de
la charia, la loi islamique, dans la Constitution.

Les islamistes en revanche estiment que leur large victoire électorale aux
récentes législatives légitime leur majorité au sein de cette commission.
La Constitution précédente a été abrogée à la chute du président Moubarak
l’an dernier par le conseil militaire qui dirige aujourd’hui le pays.

Cette crise survient alors que le pays doit connaître dans deux mois sa
première élection présidentielle depuis le départ de M. Moubarak, à l’issue de
laquelle l’armée doit remettre le pouvoir aux civils.

le caire, 29 mars 2012 (AFP)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here