Egypte: l’ancien chef des services secrets attaque les Frères musulmans

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L’ancien chef des services secrets de Hosni Moubarak, Omar Souleimane, candidat à la présidentielle égyptienne, attaque vivement les islamistes qu’il accuse d’être en perte de vitesse et de chercher à le menacer, dans un entretient publié lundi.

Les Frères musulmans, qui dominent le Parlement et visent désormais la présidence, « ont perdu beaucoup de leur popularité », affirme M. Souleimane dans cet entretien au journal gouvernemental al-Akhbar. « Les pratiques des Frères, leur volonté d’accaparer tout et leurs discours inacceptables pour les gens ont contribué à ce changement dans l’opinion publique », estime-t-il.

Adversaire résolu des islamistes sous M. Moubarak, M. Souleimane accuse ces derniers de lui avoir adressé des menaces, directement ou à travers ses proches, pour le pousser à renoncer à se présenter à ce scrutin dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai. « Si certains pensent que telles menaces me pousseront à revenir sur ma décision, ils se font des illusions », assure-t-il.

M. Souleimane, nommé vice-président quelques jours avant la chute de M. Moubarak en février 2011, assure que malgré sa proximité avec l’ancien raïs, il ne faisait pas partie du régime. « Si j’ai été chef des renseignements, et vice-président pour quelque jours, cela ne signifie pas que je faisais partie d’un régime contre lequel le peuple s’est révolté », soutient-t-il. « La révolution a créé une nouvelle réalité, et personne ne peut reproduire un régime qui a chuté et que la population a rejeté », assure M. Souleimane, démentant également être le candidat du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui tient les rênes du pays depuis le départ de M. Moubarak.

« Je compte sur le petit peuple, sur les jeunes et les intellectuels, je compte sur ceux qui cherchent la sécurité, la stabilité, un gagne-pain dans la dignité et la liberté », déclare-t-il. M. Souleimane assure encore vouloir « sauver le pays du chaos » en rétablissant la sécurité et en faisant revenir les investisseurs, qui ont déserté le pays depuis un an en raison des incertitudes politiques.

LE CAIRE, 9 avr 2012 (AFP)

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