DSK : probable mise en examen

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Affaire du Carlton : vers une mise en examen de DSKL’ex-patron du FMI, convoqué par le juge le 28 mars, devrait être mis en cause pour «proxénétisme».

La première manche d’une partie serrée qui se joue entre Dominique Strauss-Kahn et les juges dans le dossier du Carlton a pris fin mercredi 22 février au soir. DSK est sorti libre de deux jours de garde à vue.

Il est convoqué le 28 mars devant les magistrats en vue de sa mise en examen pour «proxénétisme aggravé» et «recel d’abus de biens sociaux», a indiqué mercredi soir au Figaro une source judiciaire.

Le statut de témoin assisté (moins incriminant, il supposait que des «indices graves et concordants» n’aient pas été réunis) n’a donc pas été retenu en l’état par les juges.

Quel est l’objectif de cette procédure en deux temps?

Elle permet aux trois magistrats lillois d’étudier les déclarations de DSK avant de l’interroger eux-mêmes.

«Comme pour les autres protagonistes, ils font d’abord faire le boulot par les policiers et se donnent tout le temps nécessaire», analysait-on au palais de justice de Lille.

Quant à la défense de l’ex-ministre, elle disposera de l’accès au dossier cinq jours avant la date retenue et pourra donc soigneusement préparer cette nouvelle convocation.

Ligne de défense maintenue

Pendant ses deux jours de garde à vue dans une caserne de gendarmerie, le face-à-face entre DSK et les enquêteurs est toujours resté courtois, «serein», répétait-on à Lille.

Quelques minutes après la sortie de son client à bord d’une berline foncée, son avocate, Me Frédérique Beaulieu, l’a décrit parfaitement satisfait d’avoir été entendu» et a assuré qu’il avait «répondu à l’ensemble des questions».

Selon nos informations, l‘ancien homme fort du PS pour la présidentielle a constamment maintenu sa ligne de défense: il ignorait que des prostituées participaient à ces soirées qu’il continue à qualifier de «libertines» et se préoccupait encore moins de leur organisation, laissée à ses amis nordistes.

Une dizaine de rencontres ont eu lieu entre 2009 et 2011, à Paris (à l’hôtel Murano ou au restaurant L’Aventure), en Belgique (dans un studio d’enregistrement et dans un club échangiste) et, enfin, à Washington, dont la dernière à la veille de son arrestation à New York pour l’affaire du Sofitel.

Cependant, le classique jeu du «chat et de la souris» a également rythmé cette garde à vue.

Il est probable que DSK et son avocate avaient eu des indications sur le contenu d’une enquête menée depuis un an et qui a éclaté au grand jour en octobre dernier.

Ce qui a permis à la défense d’anticiper les questions. Mais «les policiers s’étaient aussi gardé des munitions», confiait mercredi une source proche de l’enquête.

Au nombre de ces éléments, potentiellement compromettants, figureraient des témoignages de jeunes femmes assurant, elles, que leur cé¬lèbre client ne pouvait ignorer leur qualité de prostituées.

«Encore faut-il que cette “impression” que DSK savait soit démontrée», note un connaisseur du dossier. Parmi les éléments à charge, on évoquait aussi, mercredi à Lille, des interventions de l’ancien directeur du FMI en faveur de membres du réseau.

«Pour faciliter l’obtention de visas» à des escort girls, avançait le journal Nord Éclair.

Par ailleurs, il était fait mention d’un SMS explicite sur les tarifs et les prestations d’une prostituée échangé avec un ami politique.

Des éléments qui ne figurent pas au dossier d’instruction, indiquaient toutefois plusieurs sources judiciaires lilloises tout en supposant qu’ils puissent émaner d’investigations récentes non encore versées à la procédure.

Comme prévu, la garde à vue a permis d’aborder les divers chapitres du dossier du Carlton.

Mardi, DSK a essentiellement dû répondre aux soupçons de complicité de proxénétisme, infraction pénale, alors que le fait d’avoir recours à des prostitués n’est pas un délit.

Ce qui suppose que l’on démontre non seulement qu’il savait que des professionnelles participaient à ces parties fines mais aussi qu’il a une responsabilité directe dans le fonctionnement du réseau, par exemple en invitant des amis ou en favorisant son activité.

Le volet qui concerne un éventuel «recel d’abus de biens sociaux» a, quant à lui, été examiné mercredi.

Par Marie-Amélie Lombard

le 22/02/2012

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/02/22/01016-20120222ARTFIG00626-affaire-du-carlton-vers-une-mise-en-examen-de-dsk.php

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