Abbas au Liban pour souligner la neutralité des camps

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Les armes palestiniennes sont subordonnées à la volonté de l’État libanais, assure le président palestinien.Arrivé en début d’après-midi à l’AIB à bord d’un avion privé, le président palestinien Mahmoud Abbas a été accueilli par le vice-président du Conseil Samir Mokbel, représentant le chef de l’État, et par le ministre démissionnaire des Déplacés Alaëddine Terro.
Il s’est rendu ensuite à Baabda où il a été reçu par le président de la République Michel Sleiman. Recevant un bouquet de roses d’une fille de l’association des villages d’enfants SOS, revêtue de l’habit traditionnel, les deux présidents ont fait leur entrée au salon des Ambassadeurs pour un entretien bilatéral, avant d’être rejoints par les membres respectifs des délégations libanaise et palestinienne dans le hall du Conseil des ministres, pour une réunion élargie.

Parmi les figures libanaises ayant pris part aux discussions, les ministres démissionnaires des Affaires étrangères, Adnane Mansour ; des Affaires sociales, Waël Bou Faour ; du Travail, Sélim Jreissati ; des Déplacés, Alaëddine Terro ; de l’Intérieur, Marwan Charbel, ainsi que le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, et plusieurs hauts fonctionnaires.

La délégation palestinienne a inclus quant à elle le membre du comité central du mouvement Fateh, Azzam al-Ahmad; le vice-président du Conseil, Ziad Abou Amro ; le ministre du Travail, Ahmad Majdalani; le porte-parole de la présidence, Nabil Abou Roudayna; l’ambassadeur palestinien, Achraf Dabbour ; le conseiller du président Abbas aux affaires diplomatiques, Majdi al-Khalidi, et le secrétaire des factions de l’Organisation de libération de la Palestine, Fathi Abou al-Ourdate.

Après les échanges d’insignes et de présents entre les deux présidents, la traditionnelle signature du registre d’or et la plantation de l’arbre de l’amitié dans le jardin des présidents, Mahmoud Abbas et Michel Sleiman ont tenu une conférence conjointe, résumant l’enjeu de la visite du président palestinien. « Toute décision relative aux armes à l’intérieur des camps palestiniens relève du gouvernement libanais et du président de la République, c’est d’ailleurs ce que nous avons convenu au sein de l’OLP », a affirmé d’emblée le président Abbas, ajoutant : « Nous obéissons aux ordres qui nous sont donnés à ce niveau, étant donné que nous sommes des visiteurs. Nous tenons à la sécurité du Liban et son unité. »
Il a encore rappelé que « la présence des Palestiniens au Liban est temporaire, jusqu’à leur retour à leur terre d’origine ». « Aucun de nous ne croit en la naturalisation, et nous comptons sur le gouvernement pour protéger les Palestiniens et assurer leur sécurité », a-t-il encore ajouté, insistant sur le fait que « l’unité des territoires libanais et leur sécurité est un enjeu sacré pour nous ».

« Nous ne sommes partie à aucun conflit »
S’exprimant sur la situation régionale, le président Abbas a poursuivi : « Notre position sur ce qui se passe en Syrie, en Égypte et ailleurs est claire : nous refusons d’intervenir dans les affaires intérieures de ces pays. Nous assurons que nous ne sommes partie à aucun conflit ni ici ni ailleurs. »
S’agissant précisément de l’afflux des réfugiés palestiniens de Syrie, il a affirmé que son souci le plus grand est de « rétablir la situation qui prévalait initialement avec le gouvernement syrien au niveau du camp de Yarmouk afin que ceux qui l’ont fui y retournent ».

Le président palestinien a fait part en outre à son homologue libanais des récents résultats de la médiation du secrétaire d’État américain John Kerry pour relancer les négociations israélo-palestiniennes. « Tous savent que la balle est désormais dans le camp israélien », a-t-il ajouté, saluant l’initiative de paix arabe « devenue partie intégrante de la légitimité internationale » (une initiative entièrement appuyée par le président Sleiman). Il a défendu « la paix juste et globale sur la base des frontières de 1967 et de Jérusalem capitale de l’État palestinien ». Il a également évoqué l’enjeu de « la réconciliation interpalestinienne », étroitement liée à la tenue des élections présidentielle et législatives, si une entente sur la tenue de ces élections est obtenue.

De son côté, Michel Sleiman a réitéré « l’importance pour les Palestiniens de ne pas se laisser entraîner dans les problèmes intérieurs libanais, ou encore la crise syrienne ». Il a valorisé dans ce cadre « les efforts fournis pour empêcher toute implication des groupes palestiniens armés lors des incidents de Saïda ». En réponse à une question, le chef de l’État a précisé que « si des Palestiniens participent aux accrochages au Liban, c’est à titre individuel, et jamais de manière officielle ou organisée ». Insistant sur « la relation fraternelle » libano-palestinienne, le président Sleiman a appelé à mettre en œuvre les décisions obtenues à l’issue du dialogue national sur les armes des Palestiniens au Liban. Il s’est également engagé à améliorer les conditions des réfugiés, avec l’aide de l’Unrwa, faisant remarquer néanmoins, à titre d’exemple, que « seule une partie du camp de Nahr el-Bared a été construite, faute d’avoir reçu le financement promis pour la réhabilitation du camp ».

Sleiman : Que personne ne nous reproche de vouloir protéger notre stabilité

Un dîner en l’honneur du président palestinien a été ensuite organisé en début de soirée à Baabda, regroupant le Premier ministre démissionnaire et le président de la Chambre, ainsi qu’un grand nombre de ministres, députés, figures politiques et sociales. Dans une allocution de circonstance, Mahmoud Abbas a réitéré les principales idées exprimées dans son précédent discours, reprenant parfois les mêmes formulations. L’accent a été mis sur « le refus du principe de la naturalisation, le respect de la souveraineté libanaise, le respect des décisions du dialogue national sur les armes palestiniennes dans les camps et des décisions du gouvernement sur les armes en dehors des camps », et surtout sur « la distanciation des réfugiés par rapport aux incidents régionaux ». Michel Sleiman a réaffirmé le lien entre « le souci de stabilité et le renforcement des relations libano-palestiniennes ». « Que personne ne nous reproche de vouloir protéger notre stabilité, en nous opposant à toute attaque contre notre pays », a-t-il ajouté, dans une allusion à peine voilée aux violations syriennes des lignes frontalières.

04-07-2013/ OLJ Article original

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