Voilà pourquoi je n’irai pas manifester le 19 février

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Antisémitisme: voilà pourquoi je n’irai pas manifester le 19 février

D’abord, parce que c’est mon anniversaire. Et surtout parce que je ne fréquente pas n’importe qui.

La haine du Juif est une maladie qui ronge notre société. Comme une sorte d’éruption cutanée qui revient à intervalle régulier. Une maladie ça se combat.

La manifestation du 19 février est, à première vue, bienvenue. Certes elle ne guérira rien mais il est bon parfois de se retrouver avec des gens qui partagent les mêmes dégoûts que vous.

Tout le monde y sera ou presque. Ce “presque” me gêne. En effet, le Rassemblement national n’a pas été convié à cette fête universelle. Il est vrai que s’agissant des Juifs, ce mouvement a un lourd passif dû à la tutelle de Jean-Marie Le Pen. Sa fille a fait tout le nécessaire pour le mettre à l’écart et débarrasser son parti des taches brunes apparues sur son corps.

Pourquoi la boycotter ? Ce ne sont pas des frontistes ou des crânes rasés qui ont tué des enfants juifs à Toulouse. et comment s’appelle les assassins d’Ilan Halimi, de Mireille Knoll, de Sarah Halimi, Pierre, Paul, Jacques ?

Donc, répétons-nous, tout le monde ou presque sera à la manifestation du 19 février. Et là ce qui me gêne, c’est le “tout le monde”. Car je n’aime pas tout le monde.

Que vient faire ici le Parti communiste français qui aime tellement la Palestine qu’il en vient à haïr Israël ? Que dire de la France insoumise qui a dans sa gibecière toutes les munitions nécessaires pour détruire les “oppresseurs sionistes”?

Je n’oublie pas non plus les écologistes qui seront de la partie. Ils se battent pour préserver la planète. Mais surtout, ils ne cessent de pleurer sur les oliviers palestiniens arrachés parfois, pour des raisons de sécurité, par les bulldozers de l’armée israélienne. Pour eux Israël est un pays OGM.

Je n’irai donc pas. Mais je suis prêt à faire un effort si la manifestation plutôt que de se tenir à la République a lieu à Saint-Denis, Aubervilliers ou la Courneuve. Mais là pour le coup ça craint. Caillassage garanti.

Benoît Rayski

 

Des larmes des pyromanes pour éteindre leurs incendies

 Faudrait-il rendre grâce à l’antisémitisme, pour l’élan national, tous partis confondus, que connaîtra la France, ce mardi ?

Des partis,  habituellement à couteaux tirés, acceptant de se côtoyer sous un même étendard : l’antisémitisme, d’extrême droite surtout. L’autre, l’islamique, a été, depuis 20 ans, tacitement toléré, sinon justifié.

Alors, dans cette manif, tableau émouvant entre tous, les adeptes respectifs de ces partis, croisant, – non pas le fer cette fois -,  mais des regards indignés, outrés, compassionnels, presque larmoyants.

Ils crient au feu, langue pendue jusqu’au sol.

Des frères ennemis se retrouvant, mine défaite, au chevet du parent mourant, rivalisant de contrition, en vue de l’héritage. Mais quel héritage ?

Un intérêt supérieur les gouverne, ces partis, la peur, la peur du feu que l’on a manipulé sans vergogne, la peur de l’embrasement, dont l’Histoire nous a montré les sinistres conséquences.  Le constat d’un pourrissement irrémédiable de la société où ils vivent. Les Juifs, ce n’est pas le problème.

Le combat clamé contre l’antisémitisme, même sans Juifs, cela se concevrait aisément. L’antisémitisme est fédérateur, les Juifs non !

Ainsi, l’attentat antisémite islamique de Toulouse, où une petite fille juive a été abattue à bout portant, parce que juive, n’a pas soulevé de foule, n’a pas suscité de rassemblement citoyen. L’assassinat d’Ilan Halimi n’a été suivi que d’une manifestation de Juifs essentiellement, 150 000.

L’attentat de Copernic sur le coup a rassemblé 300 000 manifestants, parce qu’il était attribué à l’extrême droite, en réalité, c’était un attentat islamique, et celui-là aurait mobilisé bien moins de gens, ou pas du tout. .

Cette manif, c’est une aubaine, pour qui veut bien se l’avouer, un élan apparu en pleine crise des gilets jaunes, en pleine division du pays et des partis, avec des bruits de guerre civile.

Du pain béni pour la classe politique, devant la progression d’une extrême droite populiste, d’une foule haineuse, pogromiste, qui discrédite le mouvement des gilets jaunes, celui qui a mis à mal le pouvoir.

Dans cette manif, l’ennemi qui fait l’unanimité: l’extrême droite.  Mitterrand connaissait bien ça.

Mais le danger est aussi ailleurs, du côté de l’extrême gauche et des islamistes.

L’alibi qui fait l’unanimité : la lutte contre l’antisémitisme.

Dénoncera-t-on, ce mardi, l’antisémitisme islamique assassin, attribué depuis 20 ans, par la classe bien pensante, à l’œuvre de déséquilibrés, et qualifié alors de ‘’tensions intercommunautaires’’ ?

N’oublions pas que c’est l’antisémitisme musulman, non dénoncé, qui a libéré la parole antisémite de l’extrême droite, qui a permis sa résurgence, c’est lui qui a tagué les premières croix gammées, et qui a lancé les cris de ‘’mort aux Juifs’’ sur cette même Place de la République. Cet antisémitisme là, on ne voulait pas le voir, ni le désigner.

D’où la réticence à qualifier d’antisémites des actes manifestement antisémites (Sarah Halimi, Mireille Knoll…). On n’oublie pas l’assaut féroce de la synagogue de la Roquette par les islamo-progressistes voulant à tout prix bouffer du juif.

Aujourd’hui, devant la tempête, soudain on se sent frères. Mais, elle était absente la bonne conscience, quand on frottait les allumettes pour attiser l’incendie de l’antisémitisme, et qu’ensuite on s’en frottait les mains. A ce moment les Juifs se sentaient bien seuls en France.

J’accuse des médias, des intellectuels, des artistes, des politiques, – la place manque pour les désigner nommément, il sont légions -, d’avoir été à l’origine de la montée en France, de l’antisémitisme – sous couvert d’antisionisme -, qu’ils prétendent dénoncer aujourd’hui, dont les propos, les écrits, ont été causes d’assassinats de Juifs, dans le colportage de fausses informations concernant Israël, d’une propagande haineuse et disproportionnée contre ce pays. Je les accuse d’avoir armé psychologiquement des assassins de Juifs. Et ceux-là se trouveront, malgré tout, à la manifestation, les mains blanches, en apparence.

L’antisionisme n’est que la délégitimisation de l’existence d’Israël, rien d’autre, donc un appel à la destruction d’Israël et des Juifs qui y habitent.

Donc antisionisme = antisémitisme. CQFD

Un antisioniste, c’est un antisémite, qui se donne d’autres raisons de l’être.

Aujourd’hui, on évoque le problème juif pour cimenter la nation, hier c’était les commémorations de la Shoah pour cimenter l’Europe. Et chaque fois on s’empare du destin juif dont on a pas toujours été les reluisants acteurs pour se rassurer en face de tous les dangers.

Alors, y aller, à la manif ?

Je refuse de me trouver, pour un combat commun, avec, entre autre, le parti communiste, qui dans de nombreuses mairies, et à la ‘’Fête de l’Huma’’, célèbre comme citoyens d’honneur des assassins de civils juifs, assassins d’enfants juifs en Israël., dont le journal l’Humanité titre outrancièrement  ‘’Massacre à Gaza’’, sachant qu’il va susciter des réactions antisémites. Je refuse de cautionner la présence d’un parti qui se réveille pour dénoncer ce qu’il a semé lui-même.  Hypocrisie ! Mascarade !

Semblablement, dans les meetings de Mélenchon, on entendait : ‘’Juif casse-toi, la France n’est pas à toi’’. A-t-on entendu de ses adeptes faire taire ces cris ?

Alors, y aller, à la manif, pour leur donner ma caution ? Non, merci !

G. DARMON       19 Février 2019

2 COMMENTS

  1. Moi non plus je n’irai pas manifester car tout d’abord je ne suis pas en France.
    Puis parce que je ne tiens pas à cotoyer de vrais antisémites qui ne sont là que pour se dédouaner de l’accusation d’antisémitisme . Des gens qui se prétendent uniquement anti sionistes et nient un antisémitisme qui transpire par tous leurs pores, quand ils proclament leur amitié avec les ennemis jurés d’Israël.
    Les anti sionistes rappelons le sont contre l’existence même d’Israël. Israël, terre de Sion.
    Je m’élève contre cette réflexion idiote si souvent répétée, ânonnée : ” On a le droit de critiquer Israël….” Il faut si l’on veut critiquer Israël justifier le point à critiquer et en chercher les causes pour les analyser.
    Or ce n’est jamais le cas. Ceux qui répètent cette phrase laissent un flou inacceptable qui peut signifier le refus de l’existence même de l’Etat d’Israël comme proclamé par le Hamas.

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