Sylvain Cypel contre « L’Etat des Juifs » (II)

Le 3° chapitre de l’ouvrage « l’Etat d’Israël contre les Juifs » de Sylvain Cypel est intitulé « mais quel est ton sang ? » avec pour sous-titre « l’Etat nation du peuple juif ». Le journaliste y critique la Loi fondamentale adoptée par la Knesset le 19 juillet 2018 qui fait d’Israël « l’Etat Nation du peuple juif ». L’ancien Rédacteur en chef du quotidien « le Monde » y aborde 3 thèmes dans lesquels il expose que la Loi serait « mauvaise pour Israël et pour le peuple juif », qu’elle illustrerait « le triomphe de l’ethnocratie » et qu’enfin, la référence à la constitution d’un « espace vital » pour le peuple juif, à l’instar du « Lebensraum » de l’Allemagne nazie, sous entendrait une similitude entre les systèmes de pensée. Son approche, éminemment contestable, traduit encore la volonté, pour certains Juifs, de tout mettre en œuvre pour détruire l’idéal des premiers sionistes visant à faire d’Israël un Etat refuge pour les Juifs.

Il débute son propos en évoquant la proposition de la liste arabe de la Knesset, « la liste unifiée » (qui défend « les droits des palestiniens »), visant à adopter un texte prévoyant « une citoyenneté égale pour chaque citoyen », qu’il soit Juif ou non. L’auteur déplore alors qu’une telle proposition n’ait pas été soumise au vote puisque niant « l’existence de l’Etat d’Israël comme Etat du peuple juif ». Pour Sylvain Cypel, la Knesset édicterait des normes antidémocratiques, contrairement à la vocation qu’elle incarne. Il cite alors les propos du Premier Ministre Benjamin Netanyahou : « Israël n’est pas l’Etat de tous ces citoyens, il est l’Etat-nation des seuls Juifs » avant de conclure que le 19 juillet 2018, le Parlement a adopté une Loi officialisant la ségrégation entre les ressortissants de l’ethnie majoritaire, « les Juifs et les autres », à « 95 % arabes palestiniens ». Pour lui, la Loi nouvelle exclurait 20 % des citoyens de la pleine citoyenneté.

Bien évidemment, il n’en est rien : la déclaration de l’Etat d’Israël par les représentants du peuple juif, le 14 mai 1948, proclamait, « en vertu de la résolution des Nations Unies, la fondation de l’Etat juif dans le pays d’Israël qui portera le nom d’Israël ». Dès lors, le caractère démocratique de l’Etat n’a jamais eu pour objet de transformer sa vocation spécifique d’Etat juif.

Le Premier point abordé Sylvain Cypel porte le titre : « une loi mauvaise pour Israël et mauvaise pour le peuple juif ». Il considère qu’il existe une contradiction entre le principe « d’égalité des droits sociaux et politiques à tous les citoyens » (rappelé dans la déclaration d’indépendance) et le droit à l’autodétermination réservée aux seuls Juifs par la nouvelle Loi. Bien évidemment il n’y en a aucune. L’Etat d’Israël a été créé pour permettre aux Juifs de s’autodéterminer, dans leur Etat national non de favoriser sa disparition par le vote d’une majorité non juive à la Knesset. En revanche, la Loi nouvelle devrait provoquer l’engagement d’une réflexion sur la distinction entre les statuts de « national » et de « citoyen », comme cela existe dans tous les pays démocratiques : en France, des ressortissants non nationaux ont tous les droits civils et civiques, sauf ceux réservés aux seuls nationaux. De même, un français en situation régulière à New York, aura les mêmes droits aux Etats Unis que ceux réservés aux Américains, à l’exception des droits propres réservés aux nationaux américains. De même, la Loi sur l’Etat nation du peuple juif devra distinguer « citoyenneté » (ezharout) et « nationalité » (léoumiyoute).

Sylvain Cypel critique également la valeur nationale qu’est « le développement des implantations juives que l’Etat encouragera, promouvra et consolidera ». Pour l’auteur, cette mention irait à l’encontre de l’égalité des droits. Il rappelle alors que depuis la naissance de l’Etat et jusque dans les années 90, existait une distinction sur les documents d’identité. Un citoyen israélien voyait inscrit sur sa pièce d’identité la mention tenant à la nationalité : « juif », « arabe », « druze » ou « autres »…Effectivement, la suppression de la mention « leom » sur les « teoudat zeout » est à l’origine du problème. Il conviendrait peut être de réintroduire cette mention pour distinguer les « citoyens non juifs en situation régulière » et les « Juifs », c’est à dire les nationaux (comme dans tous les pays démocratiques).

Sylvain Cypel cite alors le Président de l’Etat d’Israël et fondateur du Likoud, Reuven Rivlin qui aurait dit « une loi mauvaise pour Israël et mauvaise pour le peuple juif », (sans expliquer pourquoi elle serait mauvaise pour « le peuple juif ») mais aussi le journaliste Gidéon Levy pour qui la Loi met un terme à la farce d’un « Israël juif et démocratique ». Il en conclut que désormais Israël est un Etat ségrégationniste, procédant d’une confusion entre le principe de l’Etat nation du peuple juif et la présence juive en Cisjordanie : « qu’il était agréable de pouvoir dire que l’apartheid ne valait que pour l’Afrique du Sud. Qu’à Hébron ce n’était pas de l’apartheid, que dans la vallée du Jourdain ce n’était pas de l’apartheid, que l’occupation n’était pas constitutive du régime… ».

Une fois encore, les situations ne sont comparables : tout d’abord, faire d’Israël l’Etat nation du peuple juif n’est qu’un rappel de sa vocation initiale, telle que voulue par les fondateurs de l’Etat, conformément à la résolution 181 onusienne du 29 novembre 1947 qui partage la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. Par ailleurs, la présence juive en Cisjordanie n’est en rien l’illustration d’un Etat ségrégationniste mais juste l’application du plan de paix israélo palestinien signée, notamment, par le prix Nobel de la paix, Yasser Arafat.

Sylvain Cypel estime alors que la Loi n’est qu’une abolition entérinée de la démocratie, le sionisme ayant « toujours porté en lui l’idée de l’Etat ethnique ». Effectivement, il a toujours été entendu que l’Etat juif serait fondé par les Juifs, dirigé par les Juifs, et ce, en faveur des Juifs, même si l’ensemble des ressortissants non juifs disposent des mêmes droits.

Israël ne distingue pas, comme dans tous les pays démocratiques, entre ses citoyens qu’ils soient « nationaux », « non nationaux en situation régulière », « non nationaux en situation irrégulière ».

Pire, Israël ne fait pas appliquer la Loi sur la Knesset qui impose aux membres de la Knesset un serment d’allégeance à l’Etat d’Israël et qui leur impose de renoncer à tout autre allégeance pour bénéficier du statut.

La Loi fondamentale sur la Knesset du 12 février 1958, dans son article 15, met à la charge des députés l’obligation de prêter allégeance à l’Etat d’Israël selon la formule suivante : « je promets de faire allégeance à l’Etat d’Israël et de m’acquitter loyalement de mon mandat ». L’article 16 de la Loi précise, en outre, que le député ne peut jouir de ses prérogatives tant qu’il n’a pas effectué cette déclaration (afin qu’il ne se livre pas à des actes déloyaux à l’égard de l’Etat juif).

Enfin, la loi fondamentale envisage le cas des députés qui auraient une citoyenneté additionnelle. En pareille hypothèse, l’article 16 A de la Loi fondamentale exige de lui qu’il « se libère de l’autre citoyenneté  et (bien évidemment), lui interdit de déclarer allégeance à l’Etat d’Israël, tant qu’il ne se sera pas libéré de cette autre citoyenneté, le privant de ses droits de membre la Knesset avant toute déclaration sur ce point ».

Rappelons également que l’article 7 A de la Loi fondamentale du 12 février 1958 sur la Knesset. Ce texte prévoit l’interdiction des listes de députés ou des candidats à la députation si l’objet de leurs actions ou la liste de leurs actions implique :

–  un déni de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique

– une incitation au racisme

– un soutien de la lutte armée contre Israël ou d’une organisation terroriste contre Israël.

L’inconvénient résulte de ce qu’Israël ne fait pas respecter ses textes. Ainsi, les députés qu’Israël appelle « arabes israéliens » se présentent eux-mêmes comme « palestiniens d’Israël », en parfaite violation avec le Loi fondamentale de 1958, et dénient Israël comme Etat juif et démocratique, voire incitent à la lutte armée contre Israël ou soutiennent le terrorisme palestinien.

Ainsi, et contrairement à ce qu’affirme Sylvain Cypel, la Loi, sur l’Etat nation du peuple juif ne contredit donc en rien « le judaïsme et les droits humains universels », « la justice sociale, la dignité humaine, et les valeurs qui incarnent le progrès ». Elle n’aurait donc pas laissé Herch Lauterpacht (qui a contribué à la rédaction de la Déclaration d’indépendance d’Israël) « pantois d’indignation ».

Dans la partie, « le triomphe de l’ethnocratie », Sylvain Cypel rappelle les contrôles effectués pour les personnes d’origines palestiniennes qui se rendent en Israël. Il s’étonne alors que « l’idéologie de la prééminence du sang » ne rappelle pas « de terribles souvenirs aux Juifs ». Il évoque alors des situations où des personnes arabes n’ont pu accéder à des responsabilités politiques, des hôpitaux qui n’ont pas mis dans une même pièce des mères juives et arabes, ou encore des personnes arabes qui n’ont pu acquérir de biens immobiliers dans des cités exclusivement juives.

Rappelons que dans les Chartes palestiniennes, Olp ou Hamas, les personnes arabes vivant en Israël n’ont jamais perdu leur identité palestinienne. Or, ces deux Chartes appellent à s’en prendre aux Juifs, réputés leur avoir volé leur terre. Ainsi, des palestiniens se livrent chaque jour à des jets de pierres sur les Juifs, tentent de commettre de attentats sur les Juifs, ou ne cessent d’appeler à la destruction d’Israël.

On ne saurait, dès lors, nier une certaine tension en Israël, à l’origine d’un repli identitaire, ni blâmer le souci des Juifs de se protéger et taxer ce comportement d’ethnocratie. C’est juste l’application du principe de souveraineté nationale, c’est-à-dire réservé à la nation, en l’occurrence juive.

Dans la dernière partie, « l’espace vital du peuple juif », Sylvain Cypel fait le lien entre Etat nation et « espace vital du peuple juif ». Il cite des responsables politiques comme Effi Etam, partisan une assiette géographique pour l’Etat d’Israël allant « de la mer au Jourdain », mais aussi du souhait, pour bon nombre d’israéliens, d’annexer la zone C de Cisjordanie (qu’il considère comme territoires occupés), et enfin du statut des palestiniens qui se trouveraient sur les terres annexées. Fustigeant l’Etat d’Israël, il indique « ainsi va la pensée coloniale », « à Gaza il n’y a pas d’autres projet que de bombarder périodiquement » et en Cisjordanie, « accroître et pérenniser la colonisation tout en rendant la vie quotidienne des autochtones de plus en plus insupportables » …

On observe, en fin de compte, que de nombreuses personnes juives, comme Sylvain Cypel sont parfaitement déconnectées de l’Etat d’Israël et de sa vocation originelle, à savoir, permettre aux Juifs de s’autodéterminer sur leur terre, sans avoir à dépendre de populations qui leur sont hostiles. Pour détruire démocratiquement Israël, il suffit de confier son devenir à des personnes non juives. Ces personnes ne sont pas sans rappeler le raisonnement des juifs communistes d’après-guerre qui soutenaient que D. n’existe pas, qu’il n’a donc pu transmettre de message au peuple juif, et qu’il n’est donc pas nécessaire de tuer les Juifs puisqu’ils vont s’assimiler.

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

10 Commentaires

  1. Cela me rappelle le chanteur Ben Zimet qui était au stand de l’Olp à la fête de l’human’i alors qu’uné vingtaine d’enfants se faisaient massacrer à Maalot par des terroristes palestiniens venus du Liban.Aujourd’hui son fils mr Zimet est conseiller du Président Macron.

  2. Ce rustre, cuistre , ne se rend pas compte que le sang des juifs est bleu, contrairement a la valetaille de journaleux a la plume plus acerbe que leur peu d’intelligence . S’ils étaient intelligents cela sa saurait , mais ce sont des cuistres emplis de fatuité, des rustres crottes satures de haine contre les nobles ( les juifs actuels sont de la tribu de YEOUDAH, détenant la Royauté de droit DIVIN transmise de Rois en Rois.

  3. Sylvain (alias Zvi) Cypel : un Trotskiste pur jus, parmi les premiers à avoir souillé le journal Le Monde fondé par Hubert Beuve-Méry. Or qui dit trotskiste dit antisioniste, et partant anti-israélien.
    Aussi , Israël n’a pas à tenir compte de ses points de vue.

  4. Le MOT JUIF gêne beaucoup de monde !! parce que JUIF est une religion !!
    Personnellement , moi qui n’ai aucun droit à la parole , j’appellerais ISRAEL  » ETAT NATION du PEUPLE HEBREU  » !! ISRAEL c’est JACOB , le fils d’ ISAAC et petit-fils d’ ABRAHAM .
    Sur cette TERRE des HEBREUX , il y a eu beaucoup de tribus issues des invasions , entre autres les Philistins qu’on appelle aussi  » palestiniens » , mais la TERRE est depuis qu’on la connait , la TERRE des HEBREUX parce que les envahisseurs sont venus et repartis !! Les derniers envahisseurs de JUDEE SAMARIE ont été les Jordaniens , ils sont bien repartis mais ont laissé derrière eux leurs compatriotes , les  » arabes palestiniens  » !!! Alors il faut bien faire avec , sans leur laisser le Droit de gouverner le pays !!!

  5. Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.
    Voir Sylvain Cypel en compagnie de Pascal BoniFARCE suffit pour deviner les inepties qu’il cite et le cerveau défaillant qui l’anime.
    Lors de la diffusion d’une émission sur la vie d’Albert Camus (Public Sénat), on y apprend avec stupeur, que l’iMonde avait falsifié une déclaration du Prix Nobel, ce qui avait provoqué une grande indignation et incompréhension de la part des Algériens de qui il était pourtant proche, et qu’il défendait leur cause dans des articles retentissants publiés dans son journal.
    De plus, Camus s’est trouvé en porte à faux avec Sartre et d’autres intellectuels.
    Nous voyons que ce torchon iMonde a l’habitude de falsifier ses articles depuis plusieurs décennies, et depuis, il n’a pas corrigé cette manie nauséabonde, tandis que des dégénérés l’appellent toujours « journal de référence » on se demande par rapport à qui et à quoi….

  6. Sylvain Cypel dans les années 60 se prenomait Zvi Cypel. Il était cadre du mouvement sioniste Hihoud Habonim local de Paris 4eme rue du Pont aux Choux .. Il a quitté ce mouvement pour rejoindre l’OCI mouvement trotskiste et antisioniste.avec quelques autres. Donc sa reconversion dans l’antisoniste et la haine d’Israël remonte à très longtemps. Il a dû rencontrer chez les trotskistes un autre ennemi d’Israël J L Mélenchon….On sait toujours d’où viennent les CONS.

  7. Franchement , pourquoi diffuser les idees debiles de ce cypel qui a assez sevi dans le passé ? Tout comme ses comperes enderlin , sand et consort , il a compris que beaucoup d antijuifs sont prets a payer pour avoir des kapos comme eux a leur disposition ….
    Peut etre une forme moderne du chnorrer juif qui allait taper les goim en racontant çe qu ils voulaient entendre

  8. CIPEL ……………mazda est!!

    Compagnie Industrielle des Piles Electriques

    tout comme son pote dirigeant du fumeux institut des relations SS? LE BIEN NOMME KEU VEU TU QUE LA BONNE Y FASSE

    celui qui , se retrouvant harcelé par des juifs l’ ayant reconnu a Lod, pleurniche , fou de trouille « ou est la police! appelez la Police !!  »

    sinistre connard antijuif pour gagner de quoi crouter et soutenu par l’ Iran et le Qatar

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