Pekoudei: Invitation à l’inauguration du Tabernacle

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Mercredi soir et jeudi soir seront les deux jours de rosh hodesh adar B ou adar shéni. c’est au cours de ce mois que seront célébrés les anniversaires et les dates de décès..
Depuis le Chabbat qui vient de s’écouler où a été lue la parashat shekalim puis avant Pourim la parashat zakhor, puis le shabbat para (la vache rousseà et enfin le shabbat hahodesh pour célébrer l’arrivée du mois de Nissan.

Avec la parasha Pekoudei se termine le livre de Chemot (Exode) et les instructions concernant la construction du Tabernacle.

Dans les années qui ne sont pas bissextiles cette sidra est rattachée à la précédente : Vayak’hel.

Le tabernacle  du témoignage : משכן העדות mishkan haêdouth. La Torah nous enseigne : אלה פקודי המשכן. משכן העדות אשר פוקד על-פי משה עבודת הלוויים ביד איתמר בן אהרון הכהן

Voici les comptes du tabernacle, le tabernacle du témoignage établi par l’ordre de Moïse et exécuté par les Léviim, sous la responsabilité (direction) d’Itamar, fils d’ Aharon le Grand Prêtre.

Le tabernacle est construit mais encore faut-il le monter. Moïse va évoquer ce problème devant D. qui lui répond que c’est lui-même, Moïse qui devra monter le mishkan.

Ce qu’il convient de remarquer tout d’abord c’est que le peuple entier d’Israël a participé à cette construction soit par des dons soit par des travaux (tissage, orfèvrerie, menuiserie etc…..) et Moïse par ses conseils – puisés à la source divine – c’est ainsi que le peuple a pu racheter en partie la faute du veau d’or.

Tabernacle du Témoignage car y sont conservées les tables de pierre gravées avec les « dix paroles ».

Mais pas seulement. Dans le verset il est écrit deux fois de suite le mot mishkan.

D’après Rashi, cela fait allusion aux deux Temples qui ont été détruits à cause des fautes commises par le Peuple d’Israël.

Rashi indique aussi qu’à la lumière dont est ponctué le mot mishkan, il faut comprendre que D. prendra le mishkan en gage à cause des péchés commis par le peuple.

Mishkan HaEdout signifierait d’après Rashi et les sages cités que ce mishkan serait donc saisi en gage pour être restitué au peuple à la fin des temps. Rashi signale encore une autre raison tirée du midrash : ce témoignage est valable surtout aux yeux des nations pour leur signifier que D. nous a pardonné nos fautes (veau d’or) et la preuve en est qu’IL a résidé au milieu de nous.

Un autre midrash enseigne que les Bné Israël ont répondu à l’appel d’offrandes avec tant d’enthousiasme et de ferveur qu’il se produisit un fait : il y eut un excédent d’or, d’argent etc….

Moïse demanda à D. ce qu’il fallait en faire et c’est ainsi que fut créé le tabernacle du témoignage.

D’après d’autres opinions, le Témoignage fait allusion au fait que certaines offrandes n’étaient pas présentées de bon cœur mais, “parce qu’il faut bien faire comme tout le monde” et, en ce cas, ces matériaux apportés “de force” dirons-nous, seront destinés à un autre usage, secondaire, ou, de second rang.

Le vocable EDOUT provient de ED עד témoin mais, les lettres inversées forment un mot issu de la racine לדעת savoir ou connaître. Dans la sidra de Bereshit, le Créateur montre un arbre à Adam : l’arbre de la connaissance dont IL lui interdit de manger car du moment où l’homme en mange la mort le guette mais non seulement la mort mais encore des notions paradoxales telles que l’interdit et le permis, dans le permis se terre le plaisir qui peut aussi se terrer dans l’interdit pour tromper l’homme et l’attirer dans la direction qu’il ne doit pas emprunter et dans la permission se cache la vie alors que la mort va de pair avec l’interdit qui est accompagné de la punition….

Etre témoin c’est savoir עד אשר יודע… Dans la Cabbale, lorsque sont évoqués les 613 commandements qui sont classés en deux catégories se rapportant aux 248 ((איברים membres du corps et aux 365 tendons/nerfs (גידים).

Et, de cette façon les 248 membres se rattachent à l’arbre de vie tandis que l’autre est l’arbre de la connaissance.

Lorsqu’HaShem recommande d’observer ce que contient la Torah, et de s’éloigner de la faute IL souligne qu’en observant la Torah l’homme se rapproche de la Vie c’est-à-dire qu’il choisit la vie ou la façon la plus probante de se rapprocher du Créateur et de l’arbre de la vie car, dans le cas contraire, l’homme s’éloignant de la Torah, s’éloigne aussi de l’Eternel en créant un lieu avec la Connaissance résultat de l’interdit originel de consommer de l’arbre de la connaissance.

Puis, lorsque tout le mishkan fut achevé, il fut présenté à Moïse et, là, se produisit l’acte de « finition » comme le dit le Zohar : Moïse était en train d’inculquer à Aharon et à ses fils la conduite qu’ils devraient avoir à l’avenir, dans l’exercice de leurs fonctions.

C’est à ce moment, que les pièces du mishkan furent présentées à Moïse et que tout-à-coup, le tabernacle se redressa (הוקם) de même qu’à la fin des temps le Temple descendra des cieux tout prêt, le Tabernacle se dressa d’un coup comme cela eut lieu également lors de la construction du premier et du deuxième temples.

Le verset 37 nous interpelle aussi par les mots את המנורה הטהורה את נרותיה נרות המערכה ואת כל כליה ואת שמן המאור:
Le candélabre d’or pur avec ses lampes, lampes disposées et tous ses ustensiles, l’huile du luminaire.

Ici encore le mot lampe est répété deux fois pour une allusion claire : les travaux d’élaboration du mishkan s’achevèrent le 25 kislèv. Or, le Mishkan devait être inauguré le 1er Nissan.

C’est ainsi que, du temps où les Hashmonayim s’insurgèrent et vainquirent les Grecs, c’est un 25 kislèv qu’eut lieu l’inauguration du Temple précédemment profané par les troupes ennemies et que fut rallumée la menorah d’or avec de l’huile d’olives dont une seule et unique fiole avait échappée aux idolâtres.

Pourquoi donc l’inauguration du tabernacle a-t-elle eu lieu au 1er Nissan ? Dans la guemara Shabbat où l’on traite de Hanoucca entre autres, on en trouve les raisons : Nissan est le mois où Israël a été libéré d’Egypte.

C’est le mois du printemps, le mois où la nature se renouvelle, où l’on se met à compter les années de règne. C’est le mois de la guéoula par conséquent, du début de la prêtrise (kéhouna) et des sacrifices, et c’est à ce moment que la Shékhina est venue s’installer dans le Mishkan.

Bien que tout au long de la parasha l’on retrouve beaucoup de répétitions, sorte d’insistance, bien que dans chaque partie du tabernacle il est écrit que ces parties-là sont à D consacrées, et, après que l’on ait compris que le tabernacle se soit élevé tout seul, la Tora nous dit : « Moïse dressa » et nous ne comprenons plus mais, une fois de plus Rashi nous éclaire en quelque sorte par ces mots  c’est que Moïse s’est consacré corps et âme pour la confection du tabernacle alors, la Torah, pour rendre hommage à cet homme qui eut le privilège de parler au Créateur face à face, lui en attribue le mérite tout comme le Temple est surnommé « maison de David » bien qu’il n’ait pas lui-même construit le Temple.

Le Tabernacle accompagna le peuple tout au long de son histoire jusqu’à la destruction du deuxième temple.

A la fin des temps, le troisième temple reprendra sa place «il arrivera à la fin des temps que la maison de D. se tiendra au sommet de la montagne ….. et toutes les nations viendront y rendre hommage » Isaïe II,2.

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

J’ai reçu une demande concernant la menorah du Temple, je joins donc une réponse à cette question et encore une petite explication concernant un court texte issu du traité de Péa qui est lu chaque matin à l’office
Je vous souhaite à tous une excellente semaine

 

LES DIMENSIONS DE LA MENORA

Les dimensions de la Menora sont détaillées dans une beraïta du traité de Menahot. Qu’est ce qu’une “beraïta” ? Ce mot signifie en araméen “en dehors”.

Il s’agit d’un texte que les Sages (Tanayim ou Maîtres du Talmud) n’ont pas inclus dans le texte des six ordres mishnaïques.

C’est la raison pour laquelle ces textes sont “annexes”. Il existe une autre sorte de textes annexes qui sont appelés “Tossefta” de la racine “ajout” ces textes ont donc été ajoutés et ce sont des textes de dissertation halakhique (midrashé halakha).

Ces textes étaient épars et ont été rassemblés en un ouvrage immense (10 volumes) par le chercheur Michaël Higger מיכאל היגער 1898-1952 : Otsar haberaïtoth – אוצר הברייתות ).

Ces textes servent surtout à mieux intégrer les détails du texte talmudique et on ne peut étudier seul ces textes qui ont la même valeur que les autres textes de Mishna ou Guemara.

Cependant, le Ari, zal, a “simplifié” le texte en résumant que la hauteur totale du chandelier était de 17 empans entiers et encore une petite largeur…. (soit entre 1m40 et 1m70).

Caroline Elishéva REBOUH.

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Publiée par Cindy Attal sur Lundi 25 février 2019

 

QUE DIT LE RAMBAM A CE SUJET ?

Parmi tous les traités de Mishna qui permettent à chacun d’ouvrir ses horizons, il est un passage de la Mishna “Péa” qui est récité chaque jour dans certaines communautés et dont voici le texte en hébreu, en phonétique et en français. Le commentaire du Rambam (Maïmonide) va permettre une approche un peu plus approfondie que celle, littérale, podsée par la traduction.

En hébreu Péa I, 1 :
אלו דברים שאין להם שיעור: הפאה, והביכורים, והראיון, וגמילות חסדים, ותלמוד תורה. אלו דברים שאדם אוכל פירותיהן בעולם הזה והקרן קיימת לו לעולם הבא: כיבוד אב ואם, וגמילות חסדים, והבאת שלום בין אדם לחברו; ותלמוד תורה כנגד כולם.
Phonétique :
Elou devarim shé eyn’ lahem shi’our : hapéa, vehabikourim, vehareayon’, veguemilouth hassadim, vetalmoud Torah. Elou hadevarim shéadam okhel mépérotéhen’ ba’olam hazé vehakeren’ kayémeth lo le’olam haba : kiboud av vaem’, ouguemilouth hassadim vehavaath shalom beyn adam’ lehavéro ; vetalmoud Torah kenegued koulam.

Traduction française :
Voici des choses que l’on ne peut mesurer : (l’accomplissement de) la mitsva d’abandonner (les céréales) du coin des champs, (la mitsva concernant) les prémices, le pèlerinage, la bienfaisance et l’étude de la Torah. Voici des choses dont l’homme profite en ce monde et dont il bénéficiera des intérêts dans le monde futur : le respect dû aux parents, la bienfaisance, faire régner la paix entre deux amis, et l’étude de la Torah les surpasse tous.
Le pèlerinage : lors des fêtes de Pessah, Shavouoth et Souccoth, les hommes sont tenus de se rendre au Temple (selon Deutéronome 16) sans que ne soit précisée la quantité de sacrifices à offrir.

Pour la Guemilouth Hassadim (bienfaisance) ce qui concerne à la fois le don d’argent pour aider son prochain soit par “charité” soit pour le rachat de prisonniers et aussi qu’il s’associe physiquement à la détresse de son prochain comme rendre visite à des endeuillés ou accompagner un mort à sa dernière demeure, ou rendre visite à un malade et pas seulement dans ces cas mais même aussi dans les joies comme réjouir des mariés, car l’effort physique est important et ce sont ces actes-là qui n’ont pas de mesure car donner de l’argent est soumis à une limite de manière à ne pas tomber soi-même dans le besoin ou, lorsqu’un homme voit des prisonniers qu’il doit racheter comme l’a demandé l’Eternel, ou des personnes affamées ou dénudées et qu’il se doit de leur donner de quoi apaiser leur faim ou couvrir leur nudité, comme il est dit (Deutéronome 15) ce qui leur manque est déjà une souffrance suffisante qu’il n’est pas utile d’alourdir. En conséquence, fournir à un être humain ce qui lui manque le plus est en soi suffisant et ne pas rester redevable ni vis-à-vis du nécessiteux ni surtout vis-à-vis du Créateur.

Quant à ce que dit le texte pour certaines autres mitsvoth : “l’homme en mange les fruits dans ce monde mais il conserve son capital pour le monde futur” il est ici fait allusion d’actes faits par l’homme qui le rattachent directement au Maître du Monde comme la mitsva des tsitsit ou des tefiline ou du shabbat ou qu’un homme ne souffrira pas du fait de son prochain… il s’agit de mitsvoth dont le “salaire” perceptible en ce monde mais tout le capital sera reçu dans le monde futur.

Caroline Elishéva REBOUH

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