Affaire Mila: «L’ineptie coupable de Ségolène Royal»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Ségolène Royal n’a pas apporté son soutien à l’adolescente Mila, qui avait critiqué l’islam sur les réseaux sociaux, recevant des menaces de mort. Anne-Sophie Chazaud dénonce une lâcheté teintée de complaisance idéologique.

Par Anne-Sophie Chazaud
CHRISTOPHE SIMON/AFP

Anne-Sophie Chazaud est philosophe, haut fonctionnaire et auteur d’un livre à paraître aux éditions l’Artilleur consacré à la liberté d’expression.


Il semble qu’être démis de sa charge d’ambassadrice des deux pôles puisse faire perdre à la fois le Nord et le sens des valeurs républicaines, à moins que certains ne s’en soient éloignés depuis longtemps déjà…

La socialiste Ségolène Royal, chantre pourtant exaltée de la bravitude et d’un supposé féminisme, qui depuis quelque temps se fantasme volontiers de nouveau dans les habits de Présidente de la République qui lui ont toutefois largement échappé en 2007 après une cinglante défaite, est revenue hanter le paysage politique français, qui avait pourtant déjà bien des soucis. Persuadée – comme actuellement des dizaines d’autres «appelés» par quelque destin secret – d’avoir un rôle à y jouer afin de définir une voie alternative, la fameuse «troisième voie», entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, la fondatrice de l’association «Désirs de France, avenir de la planète» destinée à mettre ce projet en mouvement, était interrogée sur le plateau de France 3 ce dimanche à l’émission Dimanche en politique.

Amenée à s’exprimer sur l’affaire Mila qui n’en finit pas de révéler les failles, les renoncements, les lâchetés et les errances d’une catégorie d’intellectuels et de politiciens défaillants face aux défis auxquels se confronte chaque jour la République, l’ancienne ministre de l’Environnement s’est lancée dans une invraisemblable critique, aussi dure dans les termes et le ton que couarde sur le fond.

La socialiste Nicole Belloubet, actuelle Garde des Sceaux, avait déjà donné le ton, parmi d’autres, en commettant d’inadmissibles propos, sur la même affaire, considérant que «l’insulte à la religion, c’est une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave» (sic), au micro d’Europe 1 (et l’on n’a toujours pas compris en quoi insulter une religion empêchait qui que ce soit de penser quoi que ce soit en toute liberté…Comprenne qui pourra!).

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Affaire Mila: comprenez-vous Ségolène Royal?
Ségolène Royal a déclaré qu’elle n’était pas Mila. Comprenez-vous sa remarque ? On en débat ce soir dans Points de vue.

Les propos tenus par Ségolène Royal vont encore plus loin dans l’ineptie coupable: «Il y a une liberté de critiquer les religions mais moi je refuse de poser le débat sur la laïcité à partir des déclarations d’une adolescente de 15 ans [Mila a 16 ans, NDLR] parce que ce n’est pas à partir de comportements comme ceux-là qu’on peut poser sérieusement la question de la laïcité», ajoutant, avec le côté maîtresse d’école et donneuse de leçons qu’on lui connaît: «Critiquer une religion, ça n’empêche pas d’avoir du respect. Ça n’empêche pas d’avoir de l’éducation, de la connaissance, d’être intelligent par rapport à ce qu’on dit (…) Une adolescente, qui est peut-être encore en crise d’adolescence, si elle avait dit la même chose sur son enseignant, sur ses parents, sur sa voisine, sur sa copine, qu’est-ce qu’on aurait dit? On aurait dit simplement: «un peu de respect»»

Ces paroles contiennent certains éléments d’une particulière gravité, qu’il importe de souligner.

Qu’importe, ce qui compte c’est visiblement de rester bien poli à l’égard d’un dogme, de ne pas se révolter, ne pas faire de bruit, se soumettre

Tout d’abord, la malhonnêteté intellectuelle consistant à ne considérer les propos tenus par la jeune Mila que comme des insultes gratuites, sorties subitement de son chapeau ou de quelque lubies haineuse et dénuées de causes: rappelons-le, Mila était, au moment de son intervention, l’objet d’un harcèlement et d’insultes racistes et homophobes de la part, au départ, d’un admirateur éconduit puis d’une meute, avant qu’elle n’ait eu à s’en défendre, ce qu’elle a fait en énonçant son point de vue sur les religions, qu’elle n’aime pas, et en particulier sur l’islam au nom duquel on était en train de l’insulter. Ségolène Royal passe donc allègrement sur le délit initial dont Mila était la victime, mais aussi sur le cyber-harcèlement consécutif à la séquence: des menaces homophobes, racistes, des menaces de viol, de meurtre? Qu’importe, ce qui compte c’est visiblement de rester bien poli à l’égard d’un dogme, de ne pas se révolter, ne pas faire de bruit, se soumettre, et sans doute se joue-t-il ici quelque relent de bigoterie où le catéchisme d’antan se transforme en moralisme contemporain.

L’ancienne ministre de l’Environnement s’en prend ensuite avec mépris et condescendance à la jeune fille, au motif d’une supposée «crise d’adolescence», alors que celle-là fait face avec un rare courage au tsunami de haine lancé contre elle par une meute islamisée, mais aussi avec beaucoup de bravoure contre les lâchetés qui rendent cette meute redoutable en l’armant politiquement voire judiciairement. Rappelons qu’une insupportable enquête du Parquet avait été promptement ouverte contre la jeune femme afin de vérifier, dans un grotesque tribunal de l’Inquisition, si celle-ci n’avait pas commis de délit d’incitation à la haine raciste. Evidemment classée sans suite, cette lâche initiative faisant écho aux propos inacceptables de la Garde des Sceaux, a eu pour effet de donner quelques gages à la meute, ainsi galvanisée, et à une partie d’électorat communautariste sur les voix duquel on lorgne bien volontiers à l’approche des élections. Lâche abdication électoraliste par porosité et complaisance idéologique.

Elle reprend à son compte la rhétorique liberticide servant à faire progresser l’islam politique en utilisant les armes juridiques de notre pays

Les propos de Ségolène Royal, qui semble donc avoir été autant féministe qu’utile chez les pingouins, comportent enfin et surtout, au-delà de la lâcheté et de la morgue qui seraient ridicules si elles n’étaient si graves, de manière explicite, la réduction sophistique et perverse qui permet progressivement de verrouiller toute critique de l’islam: en comparant la critique d’une religion (même virulente, même outrée, comme le fit par exemple l’écrivain Michel Houellebecq), avec une critique visant des personnes («son enseignant, ses parents, sa voisine, sa copine»), elle reprend à son compte la rhétorique liberticide servant à faire progresser l’islam politique en utilisant les armes juridiques de notre pays. On sait que le concept d’ «islamophobie», éminemment contestable, se fonde sur cette entourloupe sémantique afin de museler toute critique: attaquer, critiquer, railler, caricaturer une religion, en l’occurrence l’islam, reviendrait à s’en prendre à des personnes. En constituant ce délit imaginaire et fallacieux, on acte l’impossibilité progressive de toute parole critique. Il importe peu en la circonstance que ladite critique soit outrancière ou véhémente.

Ajoutons également que Madame Royal si prompte à faire la leçon à une courageuse adolescente, parle de «connaissance et d’intelligence». Pour le coup, on eût aimé que l’ancienne ministre en face usage, au moins un minimum. Car méconnaître à ce point les valeurs de République, le droit français, lequel ne reconnaît pas le délit de blasphème -faut-il le marteler encore et encore?-, mais aussi méconnaître l’impérieuse nécessité de faire bloc, tous ensemble, contre l’entrisme islamiste qui fonctionne aussi bien par mécanismes de terreur, de peur instillée, que par jihad judiciaire et par lynchages en meutes-, ne constitue-t-il pas a contrario le signe d’une absence d’intelligence, de discernement, coupable et profondément irresponsable? Il est vrai que Madame Royal ne s’est jamais tenue très éloignée des conceptions si complaisantes d’un Jean-Louis Bianco à l’Observatoire de la laïcité qualifié plutôt par certains, telle Martine Gozlan, d’ «abattoir de la laïcité», et qu’elle avait déjà fortement et courageusement critiqué les caricatures de Charlie Hebdo.

Nous attirions l’attention il y a quelques semaines dans ces colonnes sur l’irrévérence de pacotille dont faisait montre un baladin de France Inter qui chantonnait «Jésus est pédé». Nous affirmions son droit absolu à produire cette bafouille, même ridicule, même idiote, même stupide, au nom du droit indispensable au blasphème. Nous faisions en revanche observer que produire la même ironie envers l’islam n’aurait pas manqué de soulever des hordes menaçantes, et qu’il n’y avait donc aucun courage transgressif dans la démarche visée.

Les masques sont tombés et continuent de tomber et, de ce point de vue, cette affaire est d’une grande utilité pour clarifier le débat

Mila, elle, a prouvé ce qu’être courageux voulait dire. Un courage qui a déserté toute une partie d’une certaine gauche, que l’on qualifiait d’ «islamogauchiste», à quoi l’on nous répondait que ce concept était infondé. Les inadmissibles dérapages (si révélateurs et symptomatiques) de mesdames Belloubet et Royal, escortées dans leur abdication par de nombreux autres idiots utiles de l’islamisme (tel l’historien Odon Vallet qui n’a pas hésité à affirmer sur CNews que tenir des propos comme ceux qu’avait tenus Mila pouvait être la cause irresponsable de futurs attentats: «Je vous annonce (…) que si on continue à injurier l’Islam, on aura prochainement des attentats contre des Français en France ou dans des pays d’Afrique»), ont démontré combien la notion était au contraire fermement arrimée sur une débâcle idéologique agrémentée d’un vil électoralisme dont la République française est, au-delà du cas personnel de Mila, la principale victime.

Les masques sont tombés et continuent de tomber et, de ce point de vue, cette affaire est d’une grande utilité pour clarifier le débat. Qu’aurait dit madame Royal à Michel Houellebecq? Qu’aurait-elle dit aux dessinateurs de Charlie? Qu’ils étaient irresponsables, qu’ils l’avaient «bien cherché», comme l’a si hideusement déclaré Abdallah Zekri du CFCM à l’encontre de la courageuse jeune fille? La liberté d’expression ne tolère pas de «mais». Elle est, et elle ne se divise pas au gré des convictions de chacun, des menaces, des peurs lâches, du style d’énonciation, de l’autocensure induite par la terreur et des réflexes collaborationnistes de certains.

Dans cette affaire, il y a une victime, Mila, et des agresseurs. On sait désormais clairement de quel côté se situent certains, au cas où l’on aurait eu encore quelques doutes, et l’on ira même jusqu’à parier que le gain électoral qu’ils espèrent lâchement en tirer ne se transformera bien au contraire en peau de chagrin tant cette affaire sonne aussi un moment indispensable de réveil républicain.

lefigaro.fr

4 Commentaires

  1. bien dit sadia
    elle a besoin de piqures d’homme la segolene . la pauvre rien ne marche plus pour elle son mec hollande qui lui fait des mioches et arriver a la bonnes places il la sac comme une vaurienne (ce quelle est vraiment ) puis se fait ejecter de partout et voila quelle devient ministre des poles elle devrait s installer au poles nord elle nous ferai moins chier avec ces conneries a la mort moi la queue

  2. Cet article dit la vérité, bien triste, de la trahison des leaders politiques complaisants. L’islam politique fait son bonheur avec des dirigeants de ce niveau. Les effets de ces trahisons sont hélas prévisibles : d’une part encouragement et donc renforcement de l’islam politique, et d’autre part, droitisation de l’électorat poussé un peu plus.. à droite, donc montée du rassemblement national. C’est ainsi qu’on nous concocte un nouvel affrontement extrême-droite/gauche-soit-disant-republicaine.

  3. Au lieu de destitué de la nationalité ces barbares qui sont en guerre contre la France, C’est Mila jeune française qui est destitué de son droit de citoyenne Française.
    Il faudra bien un jour que les traitres soit jugés en cours martial.

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