Mexique : le président offense les juifs en traitant d’«hitlérien» l’un de ses détracteurs.

Le président du Mexique, comme beaucoup d’autres, y compris dans notre communauté, utilise à la légère la référence au nazisme sans comprendre la portée des propos qu’il tient. Traiter quelqu’un de fasciste est devenu chose courante, au simple prétexte d’un désaccord politique. Ce mode de pensée dénote d’une forme de haine gratuite, qui cherche à assassiner l’identité de l’interlocuteur, et seul le geste manque à la parole. C’est ce qu’a fait le président du Mexique, d’où le haut niveau d’indignité qui est le sien.

Le président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador, a offensé jeudi la communauté juive de son pays en traitant d’«hitlérien» l’un de ses nombreux détracteurs, juif lui-même. «Hier j’ai dit que ce monsieur Alazraki était hitlérien», a déclaré le président en visant un éditorialiste, Carlos Alazraki. «Monsieur Alazraki est un adepte de la pensée de Hitler», a-t-il répété lors de son intervention quotidienne de plus de deux heures.

«Qui était le propagandiste principal de Hitler? Goebbels», a poursuivi le président de gauche nationaliste, adepte des grandes références historiques. «Goebbels disait qu’un mensonge qui se répète souvent pouvait se transformer en vérité. Eh bien c’est l’essence de la stratégie de publicistes ou de propagandistes comme Alazraki». «J’ai beaucoup d’amis dans la communauté juive», a-t-il ajouté. «Mais cela ne veut pas dire que toute la communauté est autorisée à faire du tort à un mouvement de transformation, rien que par ses idéaux, ses pensées, son conservatisme et, je le répète, son hitlérisme».

Élu en 2018, le président de gauche nationaliste prétend conduire la «quatrième transformation» du Mexique après l’indépendance de 1821, les réformes libérales de 1857 et la Révolution de 1910-17. Une des figures de son Mouvement pour la régénération nationale (Morena), la maire de Mexico Claudia Sheinbaum, sa possible dauphine lors de la prochaine élection en 2024, est petite-fille de juifs d’Europe de l’Est. «Je ne suis pas Hitler. Je suis juif, tout comme la Sheinbaum», a répondu Carlos Alazraki dans une lettre ouverte au président dans le journal l’Universal. «Vous m’avez diffamé en me traitant d’Hitler, Mussolini, Franco, Staline».

«Oui président, je suis néo-libéral, conservateur et »fifi« (bourgeois) (…). Et vous savez à qui je dois tout cela? À mon Mexique adoré, qui m’a donné toutes les chances de m’épanouir, tout comme à la majorité des Mexicains», a écrit l’éditorialiste. De son côté, le Comité central de la communauté juive du Mexique a rejeté «l’utilisation du terme hitlérien», jugeant «lamentable et inacceptable» toute comparaison avec «le régime le plus sanguinaire de l’histoire». D’après les chiffres officiels, la communauté juive du Mexique compte 59.000 pratiquants.

 

3 Commentaires

  1. Des mots comme fascisme nazi génocide sont employés pour désigner des gens ou des choses qui déplaisent. Peu de gens connaissent le sens précis de ces mots et le plus grand nombre ne soupçonne même pas que ce sens existe.

    Il faut prendre ces insultes comme du bavardage. Mais cela vient d’ un chef d’ état, ce qui est un peu gênant.

  2. Est-ce la France qui donne le mauvais exemple ?
    Quand des dignitaires de la communauté qualifient un candidat aux élections présidentielles de « raciste sûrement et antisémite peut-être », alors que ce candidat est juif, c’est la porte ouverte à tous les débordements.

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