Si la droite veut survivre, elle doit redevenir elle-même !

A défaut pour la droite non centriste (celle du candidat Ciotti) à se ranger derrière Eric Zemmour, le parti « gaulliste » Les Républicains pourrait se trouver dans le même état que le PS après les élections présidentielles. Analyse.

La primaire de 2016 avait déjà mis en lumière les divisions profondes entre la droite centriste incarnée par Alain Juppé et celle plus à droite incarnée à l’époque par François Fillon. Ce dernier s’était imposé alors face au favori des medias et du parti sur la question de la multiculturalité. La droite centriste l’avait fait payé très cher à l’époque à la droite de la droite, en « cocufiant » les électeurs de la droite populaire et en allant, toute honte bue, s’allier au candidat Macron, sur fond de coup d’Etat politico-médiatico-judiciaire. Quoi que l’on puisse reprocher à François Fillon, la séparation des pouvoirs aurait dû s’appliquer, la justice n’ayant pas interférer dans l’élection présidentielle ; si emploi fictif parlementaire il y a eu, c’était à l’Assemblée Nationale d’examiner la réalité du travail d’un de ses attachés parlementaires.
Au-delà du semblant d’unité du « de Gaulle Circus » de Colombey-les-deux-Eglises, la droite reste divisée. Depuis cinq ans, la droite centriste a fourni en nombre des ministres à Emmanuel Macron : les Darmanin, les Le Maire, les Bachelot sont les idiots utiles qui servent de caution de droite à un Emmanuel Macron acquis à toutes les idées de gauche. Gérald Darmanin est le prototype même de la trahison des valeurs de droite et du ralliement au en-même-temps macronien, lui le petit-fils de harki – fier à juste titre de ses origines – et qui en même temps est allé s’agenouiller, il y a un an tout juste, devant le mémorial du FLN à Alger.
Tous les candidats du congrès LR du 4 décembre prochain, à l’exception notable d’Eric Ciotti, sont Macron-compatibles et pourraient tous être Premier Ministre d’un Emmanuel Macron qui remporterait l’élection présidentielle de 2022. Deux candidats : Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ne sont plus membres de LR depuis longtemps déjà et avaient quitté le parti sous la présidence de Laurent Wauqiuez, jugé par eux trop à droite. Tout l’intérêt d’Eric Ciotti dans cette primaire qui ne dit pas son nom est qu’elle permet de marquer un positionnement de droite classique et de cristalliser sur sa candidature les soutiens LR d’Eric Zemmour.
Il est assez probable que la droite héritière du gaullisme ne survive qu’à condition de redevenir elle-même. Sa seule alternative est la droitisation ou la disparition. Le pire n’est pas exclu, alors même que la droite s’est soumise au principe (de gauche) des primaires qui pourrait voir émerger un Michel Barnier. On ne change pas une stratégie qui perd !

 

Source : JForum

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.