L’exceptionnalisme palestinien empêche la “solution à 2 Etats”

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Israeli Prime Minister Ehud Barak (R) jokingly pushes Palestinian President Yasser Arafat (C) into the Laurel cabin on the grounds of Camp David as U.S. President Bill Clinton watches during peace talks, July 11. Arafat and Barak were insisting that the other proceed through the door first. Camp David is the venue where Egypt and Israel made peace in September 1978, and the Laurel cabin was the site of many of the meetings. WM/RCS - RTRC2FV

L’exceptionnalisme palestinien empêche la “solution à 2 Etats”

 

Par Manfred Gerstenfeld

On entend rarement, si ce n’est jamais, des hommes politiques et des médias étrangers s’interroger pour savoir pourquoi les Palestiniens ne se soulèvent pas contre leurs propres dirigeants, en faveur d’un accord de pays avec Israël. Beaucoup “d’experts” étrangers disent que la population palestinienne veut un Etat indépendant qui fleurira pacifiquement aux côtés d’Israël. Un tel mythe est aussi propagé  par la gauche israélienne ratatinée, dont une partie peut être considérée comme appartenant aux “masochistes nationaux”.

Beaucoup d’autres nations en quête d’indépendance sont jamais vues offrir un Etat. L’Espagne, par exemple, membre de l’Union Européenne démocratique, ne souhaite pas donner son indépendance à la Catalogne. Les Kurdes d’Asie du Sud-Ouest sont environ 30 millions et ne se sont jamais vus offrir un Etat indépendant. A l’opposé, de précédents dirigeants israéliens ont offert plus d’une fois un Etat aux leaders palestiniens.

En 2000, à Camp David, le Premier Ministre israélien Ehud Barak a fait une proposition d’une grande portée au leader de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat. Bill Clinton était le Président des Etats-Unis à cette époque. Il a déclaré que Barak avait offert aux Palestiniens, le contrôle sur le Mont du Temple, le site le plus saint du Judaïsme[1]. Même cette proposition a été rejetée par Arafat.

En 2008, le Premier Ministre israélien Ehud Olmert et le dirigeant de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, ont discuté d’un accord. Le chef négociateur de la délégation palestinienne, Saeb Erekat, qui était présent aux négociations, a déclaré à la TV de l’AP qu’Olmert avait accepté toutes les exigences de l’AP et qu’il offrait à Abbas un peu plus que la totalité de la zone de la rive occidentale du Jourdain. Pourtant Abbas a rejeté cette proposition. Erekat a dit qu’il avait demandé à Abbas d’accepter cet accord[2].

La question de savoir pourquoi les Palestiniens ne se dressent pas en faveur de la paix avec Israël contre leurs dirigeants était particulièrement pertinente à ce moment-là. Dans divers pays, les peuples marchent contre leurs gouvernants et risquent la prison, parfois leur vie même pour plus de démocratie. La Russie en est un exemple important actuellement. Malgré la brutalité des services de sécurité, des manifestants pacifiques continuent de défiler, principalement à Moscou contre l’interdiction des candidats de l’opposition[3]. Hong-Kong également est un exemple flagrant de ces mouvements.

L’assertion selon laquelle un soulèvement contre des dirigeants pour plus de démocratie ne serait pas arabe est devenu obsolète au cours de ce début de siècle. Un vendeur de fruits tunisien, Mohamed Bouazizi, s’est immolé par le feu dans sa ville de Sidi Bouzid. C’est là qu’ont commencé les manifestations contre le gouvernement tunisien et qu’elles se sont propagées dans plusieurs autres pays arabes. On a appelé ces soulèvements le Printemps Arabe[4].

L’une des réponses standard des pro-Palestiniens à la question ci-dessus consiste à dire que la population palestinienne est effrayée. C’est une réponse très largement trompeuse, pour un certain nombre de raisons. Il y a des Palestiniens qui sont capables de risquer leur vie pour une cause. Mais cet objectif est d’assassiner des Israéliens, dont majoritairement des civils.

L’Autorité Palestinienne a aussi rendu ce risque très rémunérateur sur le plan financier. Elle verse aux meurtriers des sommes substantielles d’argent si Israël les emprisonne. S’ils ne survivent pas à leur attaque, l’argent va aux membres de leur famille. L’un des exemples correspond à l’attentat terroriste de 2001 contre la pizzeria Sbarro à Jérusalem, dans lequel quinze Israéliens avaient été assassinés. Les meurtriers ou leurs familles ont perçus à ce jour plus de 900.000 £ américains de la part de l’AP[5]. On trouvait, parmi les victimes assassinées, cinq membres d’une famille immigrée, les Schijveschuurder. Deux autres membres de la famille ont également été blessés. Les versements aux assassins ont aussi indirectement été rendus possibles grâce au gouvernement hollandais, qui continue de subventionner l’Autorité Palestinienne. Cet argent supporte à bout de bras le budget palestinien.

Il y a d’autres preuves flagrantes montrant que la population palestinienne n’est pas vraiment désireuse d’indépendance. Lors des seules et uniques élections parlementaires de 2006, le Hamas avait obtenu la majorité absolue. Ce mouvement fait la promotion du génocide contre les Juifs. Selon le Centre Carter de l’ancien Président américain Jimmy Carter, ces élections étaient “ouvertes (pluralistes) et honnêtes[6]” (!).

Els van Diggele, historienne et journaliste qui s’est “fondue” dans les territoires. 

Grâce à la journaliste et historienne hollandaise, Els van Diggele, nous en savons plus à propos des dissensions dans les territoires palestiniens. Elle a vécu au moins une année dans les territoires palestiniens, pour y interviewer de façon approfondie, des personnes aussi bien de la Rive Occidentale du Jourdain (Judée-Samarie) que de Gaza. Son livre paru en 2017 et intitulé : “Nous nous haïssons les uns les autres plus que (nous ne haïssons) les Juifs” n’est malheureusement disponible qu’en néerlandais. Elle conclut qu’il y a des Palestiniens qui sont en profond désaccord avec l’AP et le Hamas et qu’ils ont même payés pour cela ne se faisant emprisonner. Aucun, cependant, n’a risqué la prison parce qu’il aurait fait pression en faveur des offres israéliennes d’un Etat Palestinien. A partir de son livre, on peut en déduire  que la paix avec Israël n’est apparemment pas  une cause qui vaille qu’on prenne des risques personnels afin qu’elle advienne.

Dans une interview, qu’elle a autorisée, Els Van Diggele déclarait : “A observer la société palestinienne par le prisme de l’histoire, j’en conclus qu’il y a eu un siècle de stagnation, de destruction et de lutte pour le pouvoir qui a été menée dans le dos des Palestiniens ordinaires. Personne ne leur a rien demandé. Cette attitude se répand comme une tendance ordinaire à travers la société palestinienne. On en a un exemple très fort à travers la démission forcée de l’ancien Premeir Ministre Salam Fayyad. J’ai discuté avec cet homme modéré et aussi avec des cadres du Hamas. Les voix modérées n’ont aucune chance de réussir au sein de la société palestinienne”.

Elle ajoutait : “Fayyad voulait créer un état ordonné, en travaillant de concert avec Israël. Il disait : “Un Etat ne résultera pas seulement de nos droits, mais aussi de nos devoirs. Nous avons besoin de lois et d’ordre, de désarmement et de lutte contre la corruption”. Les Palestiniens n’ont jamais voulu de tout ceci. Ils préféraient se gargariser de “résistance”. Abbas a limogé Fayyad comme un domestique[7]“.

Il n’existe qu’une seule conclusion rationnelle de tout ce qui précède : créer un second Etat Palestinien en plus de la Jordanie, sur ce qui était au préalable le territoire du mandat britannique – et peut-être, en comptant l’entité séparée de Gaza, un troisième – ne mènera probablement pas à la paix. Le résultat le plus probable risquerait surtout d’instaurer un tremplin plus solide pour les ennemis d’Israël, afin qu’ils propagent la haine et la violence.

Par Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

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[1] https://www.timesofisrael.com/bill-clinton-palestinians-were-offered-temple-mount-in-2000/

[2]www.jns.org/erekat-olmert-offered-abbas-more-than-the-entire-west-bank/

[3] https://thehill.com/opinion/international/459528-protests-in-russia-may-show-more-than-what-were-ready-to-see

[4] www.theguardian.com/world/2018/dec/30/arab-spring-aftermath-syria-tunisia-egypt-yemen-libya

[5] https://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/18-years-after-Sbarro-suicide-attack-PA-has-paid-910823-to-the-culprits-598106

[6] https://www.cartercenter.org/news/pr/palestine-012412.html

[7] www.israelnationalnews.com/Articles/Article.aspx/23123

3 COMMENTS

  1. Un article de plus qui ne prend pas en compte la composante Européenne, ne sert à rien.

    Le souhait d’un nouvel “Etat Arabo Musulman de Palestine” est seulement pour faire plaisir aux Européens, aux Etats Européens et au Parlement Européen Islamo Gauchiste.

    L’Europe après la Shoah et la “Solution finale” n’en n’a pas terminé de son funeste dessein, … Aujourd’hui encore, elle agit par arabes interposés.

    Puisque c’est l’Europe qui finance Ramallah et tous les Arabo Musulmans de Judée Samarie, a coups de centaines de millions d’Euros depuis des dizaines d’années.

    Sans solutionner ce problème Européen, rien ne pourra être résolu en Israël.

    • C’est bien mal connaître Manfred Gerstenfeld, ou ignorer (feindre d’ignorer?) les 99% de ses textes et de son travail à la tête du JCPA pendant 12 ans, ou ses livres, ou l’ensemble des articles traduits depuis 10 ans sur JForum et ailleurs, que de s’aveugler au point de lui asséner cet insulte à son intelligence et à son analyse approfondie.

      Au motif que sur ce texte très particulier et pas plus long que 3 pages word (donc on peut pas tout mettre), il n’aborde le problème général que sous l’angle du leadership, de la propagande et de la réaction à cette propagande du peuple dit “palestinien”, comme pour en isoler cette variable, sans jamais oublier l’autre part, celle des sponsors.

      On ne va pas vous dresser le listing entier des milliers de textes référant à l’autre angle, celui de l’Europe et de la haine du juif et d’Israël tapie au coeur de la culture européenne depuis 1044. Ou consacrés aux milieux socio-démocrates, et aux leaderships travaillistes, français, allemands, nordiques, hollandais, comme source du Palestinisme.

      Gerstenfeld a consacré des milliers de pages à l’Après-Shoah en Europe et il y a même laissé une partie conséquente de sa famille en tant qu’enfant caché. En démontrant la continuité entre antisémitisme nazi ou collabo et antisionisme “moderne”, dès l’après-guerre.

      Bref, prenez les auteurs et les textes en globalité, plutôt que d’essayer de dévaloriser une analyse entière, d’ailleurs consacrée par les milieux investis sur l’antisémitisme, et plutôt que d’essayer de reprendre de grands messieurs comme s’il s’agissait de petits garçons en sorte scolaire.

      C’est dit et largement dit, par le menu, partout ailleurs. Stop ces tirs systématiques sur les ambulances…

  2. Une solution réaliste consisterait à mettre toute cette pourriture dans un grand sac poubelle, et le balancer en Jordanie, dans le cadre du rapprochement familial.
    Le business des palestiRIENS leur rapporte trop d’avantages et d’argent pour qu’ils l’abandonnent.
    Pensez donc, il suffit à ces ordures de se gratter la gorge pour que la planète entière se précipite à leur chevet avec toutes sortes de tranquillisants, de discours de réconfort, et surtout, de valises d’argent.
    Franchement, la paix les priverait de tellement d’avantages que la situation actuelle leur convient très bien.
    L’UE a une grande part de responsabilité dans la situation actuelle, c’est elle qui a financé au prix très fort, tous les caprices et la corruption des gangsters en charge de cette population dont il n’y a rien à attendre….

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