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Le djihad ne fait aucune différence entre Paris et Jérusalem ©

L'islam radical "conditionnel" est une dangereuse lubie de l'Occident.

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Le monde vu d’ici : de quelle façon les djihadistes, quant à eux, établissent parfaitement le lien entre Paris et Jérusalem

 

Le terrorisme radical islamiste qui s’illustre à Paris et à Jérusalem à ranimé le débat en Occident sur les motivations des terroristes.

Les dirigeants et observateurs occidentaux continuent de condamner inconditionnellement les massacres de l’Etat Islamique à Paris.

Cependant la réaction occidentale au terrorisme qui frappe Jérusalem souffre toujours d’un réflexe moral conditionné qui contextualise le terrorisme islamique contre les Israéliens tout en ignorant sciemment les motivations des Djihadistes, telles qu’ils les expriment eux-mêmes.

Les dirigeants occidentaux, les décideurs politiques et les experts des médias devraient, pourtant, écouter attentivement les motivations déclarées de tuer des djihadistes de l’Islam radical, que ce soit à Paris, Bruxelles, Bamako (Mali) ou Jérusalem. Les djihadistes partagent les mêmes finalités : l’élimination des Etats souverains non-Musulmans et l’instauration d’un Califat islamique partout où l’Islam a déjà régné, et, en définitive sur le monde entier.

Les atrocités commises par l’Etat Islamique à Paris ont généré un moment cathartique pour les rationalistes en quête de la « cause-mère », de la « racine des problèmes ». La barbarie bien planifiée contre « La République » semble éliminer tout doute, dans de nombreux cercles occidentaux, que le massacre par Daesh de citoyens français défie toute explication rationnelle et mérite une condamnation inconditionnelle.

Le Président américain Barack Obama a déclaré aux reporters au cours d’une rencontre du G20 en Turquie, le 15 novembre, que : « Le meurtre de gens innocents fondé sur une idéologie pervertie est une attaque, non seulement contre la France, c’est une attaque contre le monde civilisé… et les valeurs universelles que nous partageons ». La réponse du Président sollicite une question bien plus large :

Qui est ce « nous » et quelles sont les « valeurs universelles » que « nous » partageons?

Les chefs de Daesh avaient mis en garde dans leurs annonces publiques, pour prendre la responsabilité des attentats : « Laissons la France et toutes les nations suivre leur chemin, sachant qu’ils continueront d’être au sommet de la liste des cibles pour l’Etat Islamique et que l’odeur de la mort ne quittera pas leurs narines aussi longtemps  qu’elle prend part à la campagne de la Croisade, aussi longtemps qu’elle osera maudire notre Prophète (que la Bénédiction soit sur lui) et aussi longtemps qu’elle se vantera de mener sa guerre contre l’Islam en France et ses frappes contre les Musulmans sur les terres du Califat, avec ses avions de combat, qui ne leur seront d’aucune utilité dans les rues et les ruelles crasseuses de Paris ».

Ainsi les djihadistes nous disent que les causes profondes de leurs atrocités sont: La « Croisade » guerrière que la France mène contre l’Islam radical et ses insultes contre leur Prophète. Cela laisse certainement les Occidentaux perplexes, mais cela prend du sens pour les djihadistes islamiques. L’une des clés pour vaincre les organisations terroristes de l’Islam radical consiste à bien comprendre leur culture et leur logique interne. On doit à tout prix éviter de superposer la logique et les argumentaires rationnels occidentaux.

Les djihadistes palestiniens disent que les observateurs occidentaux ont mal compris le terrorisme radical islamique palestinien. Les Occidentaux ne condamnent le terrorisme palestinien que de façon conditionnelle. Ils rationalisent les agressions meurtrières en surimposant les « causes profondes » occidentales, en faisant invariablement le lien entre le terrorisme palestinien et les accusations « d’occupation » israélienne et de construction de logements pour les résidents juifs.

On trouve un bon exemple de l’état d’esprit occidental dans les commentaires de l’ancien ambassadeur français en Israël, Jacques Huntziger, qui, trois jours après les attentats du 11 Septembre 2001, faisait la différence entre le terrorisme du Hamas et celui d’al Qaïda au cours d’un événement consacré au corps diplomatique étranger, organisé par le Président Moshe Katzav à Jérusalem. Faisant référence au nombre incalculable d’attaques terroristes du Hamas,dont l’un à peine quelques jours auparavant, Huntziger a déclaré à l’auteur de cet article, alors journaliste au sein de la Première chaîne d’actualité en anglais, que : « Nous condamnons tous le terrorisme que le Hamas et le Jihad Islamique commettent ici, mais ce terrorisme est lié au conflit palestino-israélien, qui doit être résolu. On ne peut pas comparer ce conflit aux événements tragiques aux USA. Une telle comparaison serait politiquement irresponsable. Arafat doit agir pour stopper le terrorisme, mais ce conflit peut être résolu ». 

Cette différenciation d’Huntzinger entre le djihad aux Etats-Unis et celui en Israël a été largement condamné par le cercle dirigeant israélien et la Knesset à l’époque. Mais elle reflète le deux poids deux mesures qui continue de caractériser les réactions occidentales aux attentats terroristes de l’Islam radical en Israël – en contraste saisissant avec les motivations déclarés par les djihadistes palestiniens et d’autres, qu’ils soient fidèles au Hamas, au Jihad Islamique, aux Brigades des Martyrs d’Al Aqsa, au Hezbollah, à Al Qaïda ou à Daesh. Les terroristes palestiniens nous ont longtemps rappelé que leurs motivations sont religieuses, idéologiques et maximalistes. Ils assassinent et terrorisent, non pas pour établir un Etat palestinien, mais pour détruire l’unique Etat juif.

Les terroristes palestiniens nous ont à nouveau déclaré les mêmes motivations un peu plus tard.

Les cris d’Allah W’Akbar » quand ils poignardent, tirent à l’arme à feu ou massacrent à la hache des victimes israéliennes ont virtuellement caractérisé toutes les attaques terroristes palestiniennes tout au long de ces quelques derniers mois en Israël, qu’elles soient commises par des jeunes adolescentes ou adolescents ou par des individus appartenant au Hamas et dirigé par lui.

Les cris d’Allah W’Akbar caractérisent aussi le terrorisme de l’Intifada al Aqsa entre 2000 et 2004, où les djihadistes de l’OLP, du Jihad Islamique et du Hamas rivalisaient pour s’attirer le soutien de la rue palestinienne.

L’ancien chef de l’OLP et chef de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat avait surnommé la guerre terroriste palestinienne « l’Intifada Al Aqsa » afin d’unir les Palestiniens et de mobiliser le soutien musulman international envers le djihad palestinien. Arafat avait appelé au djihad contre Israël au cours d’une visite en Afrique en Afrique du Sud, en 1994, en tant que président de l’OLP et de l’Autorité Palestinien, ce qui a été largement occulté ou excusé en Occident.

Ce contexte palestinien est familier aux observateurs scrupuleux du monde des islamistes palestiniens. Il caractérise aussi l’actuel pic d’attaques terroristes palestiniennes en Israël. Selon les renseignements israéliens, en septembre 2015, un tweet du cercle dirigeant du Hamas formulait en arabe : «  »Nous n’aurons aucun répit jusqu’à ce que la Palestine soit libre… Nous ne sommes ni fatigués ni las et nous poursuivrons sur la voie du djihad avec l’aide d’Allah ».

Ce contexte radical islamique qu’on voudrait distinguer d’actuelle vague d’attaques terroristes en Israël et en particulier à Jérusalem n’est pas nouveau. Il a débuté dans les années 1930, sous le premier Mufti de Jérusalem, Amin Haj al Husseini, un proche allié d’Hitler, dont les appels au djihad contre les administrateurs britanniques du Mandat sur la Palestine et contre les habitants juifs en vue de paver la voie vers l’instauration d’un Califat musulman étaient parallèles au credo radical islamique de Frères Musulmans et, certains disent, de l’actuel Etat Islamique.

Les djihadistes palestiniens et leurs compagnons de route de Daesh, d’al Qaïda, du Jabahat al Nusra en Syrie, des Gardiens de la Révolution iranienne et de leur supplétif, le Hezbollah ont convaincu le public israélien que le terrorisme islamique contre Israël et la France découlent des mêmes sources radiclaes et ont le même objectif extrémiste final : l’instauration d’un Califat islamique à travers tous les territoires du Proche-Orient.

La Charte du Hamas nous rappelle la motivation populaire de la lutte palestinienne. Elle déclare : « Pour nous, notre combat contre les Juifs est d’une portée très large et grave, à tel point qu’il nécessitera tous les efforts fidèles que nous pourrons exercer, pour qu’il soit suivi par des étapes suivantes et renforcé par des bataillons successifs venus de la diversité du monde arabe ezt islamique, jusqu’à ce que les ennemis soient vaincus et que prévale la victoire d’Allah ».

Le djihad palestinien à Jérusalem a gagné le soutien de l’AP, au moins sur le plan rhétorique. Aux côtés du Hamas, le Préssident de l’AP, Mahmoud Abbas prétend aussi qu’Israël détruit la mosquée Al Aqsa.

Le gouvernement Netanyahu et l’opposition dirigée par le Parti Travailliste rejettent de la même façon les double-standards que certains appliquent au terrorisme radical islamique. Quelques heures après les récentes atrocités de Daesh à Paris, le dirigeant de l’opposition Itzakh Herzog a souligné l’ampleur du défi djihadiste, disant à la 2ème chaîne israélienne : « C’est un combat contre le terrorisme.

Nous devons être très précis : toutes les nations qui recherchent la paix et les libertés, les nations démocratiques sont confrontées à un énorme défi de la part du terrorisme fondamentaliste, extrémiste musulman – qui s’incarne par Daesh et tous ses précurseurs, al Qaïda et consorts. Le terrorisme est le terrorisme. Il n’y a pas deux façons de traiter de cela ».

Les djihadistes islamiques à Paris et à Jérusalem ont clairement écouté les derniers avertissements d’Herzog, à la fois par leur rhétorique et le sens de leurs actions. C’est pourquoi les djihadistes à Paris comme à Jérusalem doivent être éliminés.

L’auteur est Directeur de Projet en méthodes de guerre politique au Centre de Jérusalem pour les Affaires Publiques. Il est aussi chercheur principal à l’Institut International Ide contre-Terrorisme, à l’IDC Herzliya, où il s’occupe de l’émission le Countre-Terrorisme Aujourd’hui sur la Radio Internationale de l’IDC.

jpost.com

Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENTAIRE

  1. Tout cela est parfaitement évident.
    Mais allez donc expliquer cela à nos prétendants aux suffrages des Français (toutes élections confondues).
    A leur refus (du moins en public) de faire le lien entre tous les actes terroristes islamistes commis ces dernières décennies — visant, précisément à l’éradication du monde occidental, à commencer par Israël—, s’ajoute une dimension anti-sémite bien ancrée, en France, pour ne parler que de notre pays; d’où découlent tous les accomodements que nous voyons se faire avec l’islam que d’aucuns voudraient « en France »; « de France »; en y discernant des subtilités qui doivent faire pouffer de rire les Ramadan’s Brothers, les Qardawi et autres canailles qui savent bien que l’islam, c’est ça: LA CONQUETE, et au MIEUX, les DHIMMIS.

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