Léonard, 32 ans, ingénieur expatrié en Israël

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Ingénieur dans une entreprise française de construction, le jeune homme vit depuis un an à Tel Aviv. Son quotidien et ses revenus ont radicalement changé. Il ouvre son nouveau porte-monnaie d’expatrié à Rue89.

C’est lui qui a pris l’initiative de demander à son entreprise, une multinationale française spécialisée dans la construction, d’être muté à l’étranger. Léonard (le prénom a été changé), 32 ans, célibataire sans enfant, a voulu quitter la France, où il a l’impression que tout stagne. Il est arrivé il y a un an à Tel Aviv :

« Israël a un taux de chômage très bas et une forte croissance. Ils sont demandeurs de salariés expérimentés internationaux. Étant donné mon jeune âge et ma petite expérience, je n’aurais jamais eu un poste avec autant de responsabilités dans l’Hexagone. »

La « dolce vita » à l’intérieur des locaux…

Ingénieur en génie civil, il pilote de grands projets de construction. Pour lui, le changement a été radical :

« Mon pouvoir d’achat a été multiplié par je ne sais pas combien quand je suis arrivé ici. »

Il estime que son entreprise met à sa disposition « des conditions parfaites » :

  • une voiture avec carte essence ;
  • une indemnité de logement de 1 600 euros par mois ;
  • un salaire majoré de 40% par rapport à ce qu’il gagnerait en France, soit environ 3 600 euros par mois.

… et choc culturel à l’extérieur

On sent que le jeune Français aime parler de son pays d’accueil :

« C’est un pays très mystérieux de prime abord. Finalement, on s’y sent facilement en sécurité, plus que dans certaines villes françaises. J’ai d’abord été surpris, je m’attendais à un pays très occidentalisé mais ils sont culturellement assez proches d’autres pays du Moyen-Orient. »

Léonard a pu visiter Dubaï, le Qatar, l’Egypte et Oman au cours de voyages d’affaires, et parfois y séjourner quelques mois.

Les différences culturelles frappent parfois le jeune homme, qui ne s’est « jamais autant senti français qu’ici » :

« Les relations sociales sont souvent dures et les disputes sont fréquentes, même entre personnes des mêmes communautés. Par exemple, on ne va pas spontanément vous tenir la porte ou vous saluer quand vous arrivez. »

Pour étayer ses propos, il rappelle que le manque de courtoisie des Israéliens a notamment été décrié sur la Toile au printemps dernier.

Israël, en juin 2015 (Léonard)

Mais l’ingénieur relativise :

« Malgré ces petits couacs, cela reste un endroit formidable et il y a beaucoup de choses intéressantes à voir. C’est un melting-pot  de toutes les cultures, j’ai rencontré des gens qui avaient immigré de tous les continents. »

« Le miroir de tous les conflits mondiaux »

Léonard n’est pas croyant, mais il se rend régulièrement à Jérusalem :

« Sorti de la vieille ville de Jérusalem, on sent beaucoup moins l’aspect religieux. Il y a pourtant énormément de juifs très religieux dans l’ensemble de la ville. C’est l’inverse à Tel Aviv, que je compare souvent à un Barcelone moyen oriental. »

Il n’a beau vivre à Tel Aviv que depuis quelques mois et ne pas être impliqué personnellement, il le constate tous les jours :

« Je discute aussi bien avec des sionistes que des antisionistes. Et j’ai noué des amitiés fortes avec des habitants des grandes villes palestiniennes. Après, les conflits internationaux pèsent en permanence sur la société. Je me dis parfois qu’on est au bord de l’explosion sociale. C’est très enrichissant de vivre dans un tel pays, au centre de toutes les religions, mais c’est aussi le miroir de tous les conflits mondiaux. »

Des tensions qui finissent par mettre le jeune Français mal à l’aise :

« On éprouve un petit sentiment de culpabilité, surtout lorsqu’on se déplace un peu, à Ramallah ou Bethléem par exemple. On est associés à Israël sans vraiment le vouloir, par le simple fait d’y travailler. »

Quand on lui demande si ces cas de conscience sont liés à son entreprise de construction, il démarre au quart de tour : « Sûrement pas ! Aucun de nos chantiers n’est situé dans les colonies. »

Dans un autre pays d’ici deux ans

Léonard quittera probablement Israël fin 2016. Son contrat de travail est prévu pour deux ans, renouvelable une fois, mais malgré les « conditions rêvées » dont il dispose, il n’est pas sûr de choisir cette option. Principalement à cause des tensions dans la société. Pour autant, il n’envisage pas de retour en France, où il revient en moyenne deux fois par an pour revoir ses proches :

« Je demanderais à être envoyé dans un autre site, en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie… On verra bien. »

Revenus : 5 949 euros par mois

  • Salaire net : 3 600 euros par mois

Léonard touche un salaire brut annuel de 41 150 euros, auquel s’ajoute une prime d’expatriation de 40%, soit 57 610 euros annuels. Les différents impôts et taxes qu’il doit à la France et à Israël sont prélevés sur son salaire par l’employeur (1 200 euros par mois au total), qui se charge de les reverser aux différentes administrations. Au final, il lui reste un peu plus de 3 600 euros par mois.

  • Prime d’intéressement : 458 euros par mois
  • Prime de résultat  : 291 euros par mois
  • Dédommagement de l’employeur pour se loger : 1 600 euros par mois

« L’entreprise me verse l’équivalent de 1 600 euros par mois pour me loger, ce qui n’est pas énorme compte tenu des loyers en Israël. »

Dépenses fixes : 1 850 euros par mois

  • Loyer : 1 650 euros par mois
  • Internet : 60 euros par mois
  • EDF : 60 euros par mois
  • Eau : 15 euros par mois
  • Assurance habitation : environ 25 euros par mois
  • Mutuelle santé : 29 euros par mois

« C’est une mutuelle d’entreprise très peu chère en sachant qu’elle rembourse extrêmement bien, même mieux qu’en France. Au final, je n’ai plus aucune dépense de santé à ma charge. »

  • Abonnement à un site de streaming musical : 10 euros par mois
  • Téléphone : payé par l’entreprise
  • Transport : voiture de fonction et essence payées par l’entreprise

Dépenses aléatoires : environ 950 euros par mois

  • Courses et alimentation : 250 euros par mois

« La nourriture est chère en Israël. En fait, tout ou presque est cher. »

  • Loisirs et sorties : 250 euros par mois

« La vie culturelle israélienne est incroyablement riche, surtout rapportée à la taille du pays. Le nombre de soirées de tous les styles imaginables est assez impressionnant. »

  • Habillement : 150 euros par mois

« Je continue d’acheter mes vêtement principalement en France. Cette somme peut paraître importante, mais je privilégie le qualitatif au quantitatif. »

  • Vacances : 300 euros mois environ

« Je réalise plusieurs grands voyages chaque année, en plus de revenir en France en moyenne deux fois par an. »

Epargne : 3 150 euros par mois

Chaque mois, Léonard économise plus de la moitié de ses revenus.

Pour l’instant, il place l’argent qu’il ne dépense pas sur différents livrets d’épargne.

« Mes banquiers m’appellent régulièrement pour m’inciter à placer mon argent, notamment dans l’immobilier. Mais ça ne me dit rien pour l’instant, je préfère mettre de côté. »

rue89

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