Une capture d'écran de la diffusion, le 23 septembre, du tir de missile à la télévision iranienne Crédit : HANDOUT / IRIB TV / AFP PHOTO

IRAN : L’ACCORD NUCLEAIRE, UN ATTRAPE NIGAUDS ?

 ©Par Michel Rozenblum

Dans un communiqué de presse, les autorités iraniennes ont indiqué fièrement qu’elles avaient testé « avec succès » un missile d’une portée de 2 000 km  à ogives multiples indépendantes.

Précisant que les ogives étaient destinées à porter des « armes conventionnelles ».

Compte tenu du coût de production de tels missiles, du nombre, et d’une précision qui n’est pas celle d’une bombe guidée, cette précision touche à la farce… ou à la provocation cynique.

Lors de la signature de l’accord de gel du développement de la bombe atomique signé par Obama avec les iraniens, des rumeurs ont couru sur l’existence d’un accord secret qui permettait en fait aux Iraniens de continuer leur marche vers la puissance atomique.

Bien que démentie formellement pas les autorités américaines, cette rumeur pourrait bien être fondée. La jubilation montrée lors de la signature par le représentant iranien en était un signe : pourquoi une telle jubilation si l’Iran n’était pas gagnant dans l’accord ?

Mais la poursuite des recherches et essais de missiles balistiques confirme la véracité de cette rumeur.

Une bombe atomique n’est rien sans le vecteur capable de la délivrer.

Le développement de missiles longue portée, voire intercontinentaux, et de missiles lançables à des par sous-marins est un préalable indispensable, de même que la possibilité de délivrer plusieurs bombes, ou de porter des leurres au moyen d’ogives multiples.

C’est ce que l’Iran développe actuellement.

Curieusement, la presse ne fait pas se lien, pourtant sans équivoque, entre missiles (et encore plus ogives multiples) et nucléarisation de l’Iran.

A la fin du gel du développement de l’arme prévu par l’accord international, il ne faudra que quelques mois à l’Iran pour disposer de l’arme nucléaire. D’autant plus que les contrôleurs internationaux n’ont pas accès à toutes les installations iraniennes, de quoi poursuivre les travaux, notamment les recherches et simulations à l’aide de moyens informatiques mais aussi l’enrichissement de l’uranium.

Pendant la période de gel du développement de la bombe atomique, le pays aura testé des « fausses » bombes atomiques pour valider leur transport et leur correcte délivrance par missiles. Il suffira alors de remplacer les fausses bombes par des vraies.

La coopération à double sens qui existe avec la Corée du Nord permettra à l’Iran de disposer d’information pour obtenir une bombe et un système de déclenchement efficace. En contrepartie, les Coréens du Nord accélèreront le développement de missiles à ogives multiples qui nécessitent une miniaturisation des bombes.

Il reste à développer une version de missiles pouvant être tirés à partir de sous-marins. Les deux pays y travaillent.

Si le positionnement des missiles sur véhicules terrestres les rend difficilement repérables, donc destructibles avant le tir d’un missile, leur positionnement dans des sous-marins permettra en plus de disperser les plateformes de tir et rendra plus difficile l’interception des tirs de missiles.

L’absence d’interdiction de développer des missiles de longue portée, alors que le lien avec la délivrance de la bombe atomique ne pouvait échapper aux experts, a de quoi nous interroger sur le contenu réel des accords nucléaires conclus avec l’Iran et sur la sincérité de ce pays, qui continue, comme la Corée du Nord, à proférer des menaces de guerre et s’implique militairement au Proche Orient pour créer un axe le reliant à la Méditerranée.

Pour tous les naïfs, le réveil sera rude.

Michel Rozenblum

INSTITUT DE STRATEGIE INTERNATIONALE ET DE SIMULATION (I.S.I.S.)

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