La question palestinienne : une gestion de conflit

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La question palestinienne


Israël devrait adhérer à une stratégie de «gestion de conflit» concernant les Palestiniens. Israël ne doit pas céder au chant des sirènes des retraits unilatéraux – pour des raisons de cohésion nationale, de sécurité et de considérations diplomatiques. L’extension de la loi israélienne aux implantations de Judée-Samarie ne devrait être envisagée qu’après la présentation du plan Trump pour le Moyen-Orient ; et ce plan devrait être bien accueilli. Israël doit prendre des mesures pour empêcher une prise de contrôle de la Cisjordanie par le Hamas au lendemain du départ inéluctable d’Abbas et rechercher la poursuite de la coopération en matière de sécurité avec l’Autorité palestinienne. Israël devrait poursuivre la politique actuelle consistant à établir une dissuasion temporaire contre le Hamas aussi longtemps que possible, en identifiant des cibles douloureuses de l’autre côté et en maintenant des leviers de pression sur le Hamas,


Chapitre cinq : La question palestinienne

5.1 Gérer le conflit avec les Palestiniens

Les événements communément appelés le «printemps arabe» et la montée de l’islamisme radical confirment l’affirmation selon laquelle le problème palestinien n’est pas la cause de toute l’instabilité régionale. D’autres développements géopolitiques, tels que les politiques de plus en plus belligérantes adoptées par l’Iran et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, réduisent davantage l’attention portée aux griefs des Palestiniens. Par conséquent, les tentatives (hélas perpétuellement vaines) de trouver une “solution” au conflit israélo-palestinien ont perdu de leur urgence ; et la question est devenue moins une priorité pour la communauté internationale.

Aujourd’hui, les priorités de la sécurité nationale israélienne reposent sur la possibilité croissante d’un affrontement armé avec l’Iran et sur l’escalade des tensions avec le Hezbollah au Liban, qui pourraient se transformer en hostilités à grande échelle. Mais il y a d’autres préoccupations à prendre en compte. Le rôle de la Turquie dans une crise régionale est également difficile à évaluer, compte tenu des caprices du président Erdogan.

La voie prudente pour Israël consiste à poursuivre une politique de «gestion des conflits» concernant le problème palestinien.

Parmi les autres inconnues, on peut citer l’ampleur du soutien des États-Unis à Israël pendant une crise de sécurité nationale, même à l’époque de Trump. Pendant ce temps, le président vieillissant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a redoublé d’efforts pour promouvoir le narratif palestinien de la victimisation. Une relève de la garde palestinienne à court terme est également inévitable.

À Gaza, les dirigeants du Hamas continuent de considérer leur mouvement comme étant essentiellement djihadiste. Et bien qu’ils aient parfois manifesté la volonté de négocier avec Israël via l’Égypte, le Hamas continue d’agir avec une intention génocidaire envers Israël. En réalité, la politique du Hamas est de faciliter de courtes périodes de calme avec l’État sioniste, tout en se préparant au conflit.

Compte tenu de ces incertitudes, il est prudent pour Israël de mener une politique de «gestion des conflits» en ce qui concerne la question palestinienne. Cette approche prudente repose sur l’évaluation (largement partagée par Israël) du fait que le mouvement national palestinien n’est pas encore prêt à conclure un compromis historique avec Israël ; et surtout pas avant que la division Fatah-Hamas ne soit surmontée.

Hélas, les écarts entre les exigences de sécurité minimale imposées par Israël et les appels incessants de l’Autorité palestinienne à un État élargi et presque total (fondé sur leur propre interprétation de la «légitimité internationale») sont trop importants pour engager un mouvement diplomatique sérieux, dans le pays, dans un avenir proche.

Dans ces circonstances, les objectifs d’Israël sur le front palestinien devraient être réalistes. Plus précisément, Jérusalem devrait s’efforcer de réduire au minimum les niveaux de violence et attendre patiemment que se déroulent des événements régionaux plus vastes, susceptibles de créer de nouvelles opportunités diplomatiques.

La gestion efficace du conflit avec les Palestiniens comprend les éléments suivants :

  • Arrangements provisoires: Israël devrait mettre en œuvre des politiques qui atténuent les tensions et réduisent les risques d’escalade violente. De telles politiques devraient être liées à la défense d’intérêts vitaux de sécurité nationale.
  • Usage judicieux de la force : Le recours à la force contre des personnes incitant à la violence et à la sédition est essentiel pour rétablir la capacité de dissuasion d’Israël. Dans le même temps, les forces de sécurité israéliennes doivent distinguer soigneusement les terroristes, qui doivent être pris pour cibles et neutralisés rapidement, de la population en général.
  • Améliorer la gouvernance dans la Zone C : Israël devrait renforcer le dispositif de lois déjà existantes, afin de faire obstacle au développement des projets nationalistes palestiniens qui menacent les intérêts stratégiques d’Israël (en particulier dans des secteurs tels que E-1, la Vallée du Jourdain et les contreforts de Hébron). Cependant, Israël devrait adopter une double-approche qui insiste aussi sur la bonne gouvernance pour tous les résidents de Judée et Samarie. Si Israël cherche à annexer des parties de la Zone C ou tenir la Zone C comme une monnaie d’échangeen vue de futures négociations, assurer la bonne gouvernance est la meilleure façon de faire obstacle aux ingérences étrangères en Zone C.
  • Carottes et bâtons : le gouvernement national devrait s’appuyer sur des éléments du plan économique Trump pour répondre aux besoins légitimes de la population palestinienne. Les dirigeants palestiniens locaux doivent être reconnus et récompensés pour leurs comportements facilitant l’atténuation des tensions. Pour donner plus de poids à cette politique, les acteurs internationaux et régionaux devraient être encouragés à user de leur influence auprès des dirigeants palestiniens. L’utilisation de “bâtons” économiques, tels que la réduction de l’aide américaine en fonction de la politique consistant à “payer pour le permis de tuer” de l’Autorité palestinienne, devrait être soigneusement équilibrée avec des “carottes” qui incluent des investissements accrus dans les infrastructures et le développement d’une base de travail locale. De manière significative, Israël devrait se concentrer sur des récompenses qui profitent directement au peuple palestinien, pas à la kleptocratie de Ramallah.
  • Implantations restreintes : la politique d’implantation d’Israël doit être de nature modérée. L’empreinte israélienne devrait être limitée aux territoires jugés vitaux pour la sécurité nationale et qui relèvent généralement du consensus israélien. Ces territoires comprennent le Grand Jérusalem ainsi que la vallée du Jourdain.
  • Diplomatie et diplomatie publique : Après le rejet catégorique de l’initiative Trump par l’Autorité palestinienne, Israël devrait se concentrer sur le renforcement des engagements américains en la matière. Des efforts devraient être faits pour que la communauté internationale comprenne mieux les impératifs de sécurité d’Israël en ce qui concerne la question palestinienne, y compris la manière dont la politique israélienne est mise en œuvre et les considérations stratégiques qui guident sa politique.

Les retraits unilatéraux d’Israël ne renforceront pas la sécurité d’Israël ni n’amélioreront sa position sur la scène internationale.

Il est essentiel que les Israéliens se rendent compte que les concessions territoriales, en particulier les retraits unilatéraux d’Israël, n’amélioreront pas la sécurité d’Israël ni n’amélioreront sa réputation internationale. Les retraits unilatéraux du Liban et de Gaza n’ont fait qu’exacerber et aggraver les conflits entre Israël, le Hezbollah et le Hamas, respectivement.

De la même manière, les retraits unilatéraux israéliens de Judée-Samarie encourageraient probablement les Palestiniens à faire pression pour obtenir de nouvelles concessions d’Israël ; et cela conduirait à des tensions aiguës et inutiles au sein de la société israélienne. De plus, les retraits israéliens entraîneraient probablement la prise du pouvoir par le Hamas en Cisjordanie.

Dans le même temps, Israël devrait faire preuve de prudence en ce qui concerne l’extension de la loi israélienne aux implantations de peuplement en Judée-Samarie. Une telle démarche ne devrait être envisagée que dans les zones de Judée-Samarie au sujet desquelles existe un large consensus national israélien. En tout état de cause, Israël doit attendre que l’initiative de paix américaine prévue soit achevée.

La «gestion des conflits» n’est ni une option faible de politique par défaut, ni le résultat de la réticence du gouvernement israélien à prendre des décisions difficiles. C’est plutôt une stratégie digne avec des mérites importants. Appliquée avec prudence, cette approche réaliste de la question palestinienne peut être maintenue dans un avenir prévisible. Dans les circonstances actuelles, les composantes de la gestion des conflits bénéficient d’un large soutien de la part du public israélien, et c’est là une considération majeure.

5.2 “L’Accord du Siècle” de Trump : redéfinir le possible

Une grande partie de la communauté internationale et de la gauche politique israélienne considère les «paramètres de Clinton» comme la seule base réaliste d’un accord de paix israélo-palestinien. Les paramètres présumés incluent la création d’un État palestinien unitaire en Cisjordanie et à Gaza, le retrait israélien aux frontières du 4 juin 1967 avant la guerre des Six jours (permettant des échanges de terres «limités et égaux» avec les Palestiniens de peut-être trois à six pour cent du territoire), une division de Jérusalem en deux capitales et le démantèlement d’une grande partie de l’entreprise d’implantation en Judée-Samarie.

En l’occurrence, cette formule a échoué à plusieurs reprises, sans faciliter un accord israélo-palestinien. L’Autorité palestinienne n’est pas disposée à accepter un accord l’amenant à cesser définitivement ses réclamations, même sur cette base, malgré la volonté de plusieurs gouvernements israéliens précédents d’accepter les paramètres de Clinton comme base de négociation.

On devrait féliciter l’administration Trump pour sa volonté de réévaluer les paramètres d’un accord de paix.

Par conséquent, on devrait féliciter l’administration Trump pour sa volonté de rompre avec ce paradigme et de réévaluer les paramètres d’un accord de paix. Les efforts constants déployés par Washington pour obtenir le soutien des Arabes à son initiative, afin de fournir un soutien politique et économique à l’accord palestinien, sont également dignes d’éloges. En effet, comme l’a montré «l’atelier» de Bahreïn, l’initiative Trump pourrait constituer une meilleure base pour la résolution du conflit israélo-palestinien ; et elle est susceptible d’être plus attentive aux intérêts israéliens que les propositions précédentes.

En tant que tel, le gouvernement israélien devrait se féliciter du plan américain, lorsqu’il sera présenté dans son intégralité, même s’il ne répond pas pleinement à tous les besoins israéliens en matière de diplomatie ou de sécurité, y compris ceux liés aux implantations de peuplement.

Une réponse israélienne positive à cette initiative est nécessaire pour maintenir des relations de travail étroites avec l’administration Trump.

En outre, une réponse positive d’Israël est tout aussi importante pour des raisons nationales. Aucun gouvernement israélien ne peut se permettre d’être perçu par le public israélien comme se plaçant dans une posture de refus de la paix. Dire «oui» (ou «oui, mais») au plan Trump renforcera la cohésion sociale et politique.

(Bien sûr, si le plan américain demande à Israël de faire des concessions déraisonnables, le gouvernement devra reculer et exprimer ses réserves, quelles que soient les réactions affectives de l’administration Trump. Mais ce n’est pas ce qui semble être dans les cartons.)

Le monde arabe et la communauté internationale au sens large salueront probablement le plan Trump avec un soutien modéré. Les Palestiniens, qui ont boycotté pratiquement tous les canaux de communication avec Washington, devraient rejeter d’emblée le plan américain. La lutte imminente pour la succession dans l’ère post-Abbas renforcera probablement les voix appelant au rejet du plan américain.

Néanmoins, quand une puissance majeure telle que les États-Unis présente un ensemble détaillé de nouveaux paramètres pour la paix, cela influence sans aucun doute le discours international à long terme. Il est donc utile que l’administration Trump se montre disposée à aborder de nouveaux paradigmes diplomatiques, y compris des alternatives au paradigme standard de la «solution à deux États» (2SS).

Il est important de noter que le paradigme des «deux États», tel qu’il est exposé dans les paramètres de Clinton, ne faisait pas partie des accords d’Oslo, et cette formule est devenue un obstacle à la recherche d’options plus pratiques.

Le paradigme 2SS dans ses contours les plus larges est considéré comme un acte sacré par de nombreux membres de la communauté internationale et a été codifié dans les derniers jours de l’administration Obama, dans la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Mais il est important de noter que le paradigme des «deux États» , tel que détaillé dans les paramètres Clinton ne faisait pas partie des accords d’Oslo et cette formule est devenue un obstacle à la recherche d’options plus pratiques.

Israël devrait donc saisir l’occasion offerte par l’initiative Trump – et le rejet prévu de celle-ci par les Palestiniens – pour renforcer son soutien à l’approche en termes de “gestion des conflits” et à une réflexion créative sur les arrangements diplomatiques à long terme.

Dans tous les cas, tout accord futur doit inclure une disposition par laquelle les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’État-nation du peuple juif. En ce qui concerne Jérusalem, le résultat optimal préserverait les réalités politiques actuelles, sauf peut-être dans certaines zones périphériques. Il convient de préciser que si des changements importants sont suggérés dans le statu quo à Jérusalem – en général ou concernant le mont du Temple en particulier -, Israël aura de nouvelles exigences, notamment le droit de prière juive sur le mont du Temple.

5.3 Le jour après Abbas

L’Autorité Palestinienne est une entité politique en faillite, qui trouve trop difficile de soutenir des structures d’Etat stable. C’est un régime autoritaire auquel manque des mécanismes visant à faciliter un transfert pacifique et légitime de pouvoir. Le Président de l’AP, Mahmoud Abbas, a 83 ans et se trouve dans un état de santé fragile. La conséquence est qu’une lutte âpre pour la succession a commencé et que la tourmente qui s’en suit au sein des strates dirigeantes palestiniennes, a jeté le doute sur la globalité de l’avenir de l’AP.

Parmi les candidats à la succession d’Abbas, figurent apparemment d’anciens responsables de la sécurité, Jibril Rajoub et Muhammad Dahlan, ainsi que l’actuel chef du service de renseignements général palestinien, Majid Faraj. Marwan Barghouti, dirigeant du Fatah emprisonné, est également considéré comme un candidat, bien qu’il purge cinq peines de réclusion à perpétuité pour meurtre. Alternativement, plusieurs des acteurs clés du drame politique de l’Autorité palestinienne pourraient accepter de diriger le prochain gouvernement ensemble, ce qui pourrait empêcher l’effusion de sang.

Israël doit empêcher une prise de contrôle par le Hamas des institutions de l’AP ou l’extension des luttes intra-palestiniennes à Jérusalem.

Une autre possibilité est une nouvelle fragmentation de la politique palestinienne basée sur des allégeances locales. Un tel scénario serait caractérisé par de petites milices armées prenant le contrôle de villes et de zones rurales. En outre, le Hamas pourrait tenter de s’emparer du pouvoir en Cisjordanie, ou, du moins, d’instaurer son autorité dans certaines zones régies par l’Autorité palestinienne. Toute variation de ces scénarios pourrait conduire à une déstabilisation politique extrême et au chaos dans la vie de nombreux Palestiniens.

En tant que tel, il est difficile de concevoir que le premier chef de l’Autorité palestinienne post-Abbas suive l’exemple du président égyptien Anwar Sadat et initie des changements substantiels dans la politique intérieure ou étrangère de l’Autorité Palestinienne. Il est peu probable que le prochain chef de l’Autorité palestinienne opère une rupture nette avec la culture politique établie par Yasser Arafat, léguée à l’OLP et à l’Autorité palestinienne et laissée en grande partie intacte sous Abbas (bien que ce dernier se soit tenu à l’écart de la «lutte armée» en tant que telle).

Quelle devrait être la politique d’Israël au lendemain du départ d’Abbas?

Israël doit empêcher une prise de contrôle par le Hamas des institutions de l’AP ou l’extension des luttes intra-palestiniennes à Jérusalem. Cependant, la capacité d’Israël ou de tout autre acteur extérieur à concevoir politiquement les structures dirigeantes de ses voisins – en particulier le système politique palestinien – est au mieux limitée. En tant que telle, l’intervention israélienne dans la lutte interne des dirigeants palestiniens devrait être limitée aux cas où des intérêts de sécurité très spécifiques sont en jeu.

Quoi qu’il en soit, toute tentative d’Israël d’apporter son soutien à l’un des principaux candidats au remplacement d’Abbas doit être extrêmement discrète. Si une telle assistance était ouverte et publique, la légitimité du candidat concerné aux yeux du peuple palestinien s’effondrerait.

La scission de l’Autorité palestinienne en sous-unités ne contredit pas nécessairement l’intérêt d’Israël de réduire la force du mouvement national palestinien. Cependant, l’éventuelle plongée dans le chaos de zones contrôlées par l’Autorité palestinienne poserait de nouveaux risques graves pour la sécurité d’Israël, étant donnée la probabilité que des opérations terroristes supplémentaires soient lancées à partir de ces zones.

Par conséquent, les interventions tentantes de tous types devraient être abandonnées au profit d’une «gestion des conflits» continue, comme indiqué ci-dessus. En tout état de cause, Israël doit prévoir une possible détérioration de la sécurité à ses frontières si l’Autorité palestinienne sombrait dans le chaos.

La situation régionale émergente sous l’ombre du plan Trump et son rejet par l’Autorité palestinienne pourraient être une opportunité pour explorer une alternative au paradigme 2SS (ou 2SE).

En conclusion, la situation régionale émergente sous l’ombre du plan Trump et son rejet par l’Autorité palestinienne pourraient être l’occasion d’explorer une alternative au paradigme 2SS. Dans un nouveau calcul régional, le monde arabe pourrait jouer un rôle moteur dans la recherche d’alternatives viables à ce paradigme apparemment défaillant.

Une nouvelle approche des relations entre Israël et les Palestiniens deviendrait encore plus importante et nécessaire si l’AP s’effondrait après l’ère Abbas. Dans une telle situation, le rôle de la Jordanie dans l’administration d’une partie de la population palestinienne devra peut-être être abordé de nouveau.

5.4 Gaza: sortir un gros bâton et plusieurs carottes aussi

Vous trouverez ci-dessous un résumé de la situation à Gaza, une réalité qui ne devrait pas changer bientôt :

  1. Une réconciliation intra-palestinienne est improbable, bien que les ententes entre factions politiques rivales puissent être convenues en fonction des circonstances. Le Hamas continuera de gouverner Gaza et ne soumettra pas son aile militaire à une autorité extérieure.
  2. Compte tenu de la faiblesse de l’Autorité palestinienne, il n’y a pas d’alternative viable pour l’instant au règne du Hamas à Gaza. En outre, ni Israël ni l’Égypte n’ont intérêt à assumer la responsabilité de la gouvernance de la bande de Gaza.
  3. Le Hamas restera activement engagé dans la destruction de l’État juif. Cependant, en raison de son infériorité militaire, le Hamas a déjà et continuera dans certaines circonstances à retenir ses embardées agressives contre Israël.
  4. Le régime du Hamas n’a pas le monopole total de l’usage de la force à Gaza. D’autres organisations, en particulier le Jihad islamique palestinien (un supplétif iranien), ont des roquettes et des armes à feu et ne sont pas redevables au Hamas. En conséquence, ces organisations peuvent agir et agissent périodiquement contre Israël, indépendamment du Hamas.
  5. Les dirigeants du Hamas sont conscients de la réticence d’Israël à conquérir et à gouverner à nouveau Gaza. Ils sont également conscients que la séparation de Gaza et de l’Autorité palestinienne est largement perçue par Israël comme servant ses intérêts. Ainsi, la guerre d’usure du Hamas visant la population civile israélienne dans le sud du pays est un acte délibéré de brutalité visant à tester la volonté d’Israël de tolérer les provocations émanant de Gaza.

Israël devrait chercher à gérer le conflit avec le Hamas à Gaza, tout comme Israël cherche également à gérer le conflit avec l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Pour le moment, il s’agit du moyen optimal de réduire les dommages émotionnels, psychologiques et physiques infligés aux citoyens israéliens par les roquettes du Hamas. La gestion des conflits est également le meilleur moyen de réduire les dommages diplomatiques et les atteintes médiatiques à la réputation d’Israël résultant inévitablement de tout conflit de plus grande ampleur. Dans le même temps, Israël doit trouver les moyens de reconstruire sa capacité de dissuasion érodée par rapport au Hamas.

Israël doit trouver des moyens de reconstruire sa capacité de dissuasion érodée par rapport au Hamas.

Il convient de noter que les menaces pesant sur la sécurité israélienne à partir de Gaza sont beaucoup moins importantes que celles émanant de la frontière nord du pays. Gaza est une arène secondaire, à laquelle l’armée israélienne peut répliquer à tout moment. En tant que tel, Israël devrait s’abstenir de mener des actions militaires hâtives contre le Hamas et attendre que le moment optimal se présente.

Les éléments d’une politique israélienne efficace à l’égard de Gaza sont les suivants :

  • Pression constante : cela inclut le maintien du blocus naval et une surveillance stricte de tous les points de passage à Gaza. Non seulement de telles actions restreignent les capacités du Hamas, mais elles soulignent également la distinction faite par la politique israélienne entre Gaza et les zones de la Cisjordanie contrôlées par l’Autorité palestinienne (qui sont moins belliqueuses envers Israël).
  • Restaurer la dissuasion : Il peut et doit être clair pour le Hamas qu’il ne doit pas confondre la prudence d’Israël avec la crainte de pertes au combat. Le public israélien, à travers le spectre politique, est scandalisé par les provocations du Hamas. Si une autre frappe majeure de Tsahal contre le Hamas devenait nécessaire, elle disposerait d’une large légitimité.
  • Frapper intelligemment le Hamas : les dirigeants du Hamas se soucient peu des privations, de la mort et des destructions subies par les Gazaouites. Israël doit développer des alternatives de ciblage qui infligent des dommages à des infrastructures politiques et militaires spécifiques du Hamas, sans cibler les populations civiles – ce qui est également important pour maintenir le soutien en Israël à la lutte contre le Hamas. Les frappes israéliennes contre le Hamas doivent être calibrées de manière à infliger un maximum de dégâts aux cibles de grande valeur du Hamas.
  • Carottes économiques : le comportement non violent du Hamas devrait être récompensé par l’assistance économique israélienne, ce qui contribuera également à prévenir une crise humanitaire à grande échelle à Gaza. Cependant, il est difficile de trouver un équilibre parfait entre carottes et bâtons, et Israël devrait être conscient du fait que cette politique ne sera pas toujours couronnée de succès.
  • Jihad islamique palestinien : le Hamas devrait être tenu de freiner de manière significative les activités du JIP, qui a, maintes fois, joué le rôle d’agent provocateur de l’Iran.

Israël devrait être conscient des risques inhérents à la stratégie décrite ci-dessus. L’escalade militaire reste une possibilité distincte, d’autant plus qu’une erreur de calcul est possible.

Il convient de noter que les menaces pesant sur la sécurité israélienne à partir de Gaza sont beaucoup moins importantes que celles émanant de la frontière nord du pays.

Cela rend les canaux de communication indirects, principalement à travers l’Égypte, encore plus importants. L’Égypte, qui maintient également un blocus maritime à Gaza, joue un rôle crucial dans la facilitation et la préservation des accords entre Israël et le Hamas, ainsi que des financements du Qatar.

Un autre risque est que la situation difficile à Gaza se transforme en une crise humanitaire à la suite d’une escalade entre Israël et le Hamas. Cela pourrait conduire à une demande d’intervention internationale, ce qu’Israël cherche toujours à éviter. Là encore, la médiation de l’Égypte et du Qatar est utile pour empêcher ce développement.

Jerusalem Insitute for Strategy and Security

The Palestinian Question

13 COMMENTS

  1. Je n’ai pas les moyens de donner des conseils à Israël .
    Je constate que dans ce pays il y a assez de cerveaux qui connaissent le problême mieux que quiconque .
    Je ne peux que leur faire confiance et les soutenir dans la ” gestion ” de ce conflit si compliqué .
    Comme fait Israël c’est bien .

  2. “Quand les poules auront des dents”, le Messie viendra…disait ma mère
    Là, avec cette Analyse transactionnelle sublime….on va fêter l’advenue de couilles à ma tante qu’on appellera alors, Mon Oncle!
    Les précédents commentateurs (excellents et sincères et compétents) ont déjà dit toutes les vérités tues jusqu’ici dans nos chancelleries……je n’ai pas besoin de recommencer…! J’ajouterai cependant, que tant que les “politiques” ne seront pas du tout intéressés à résoudre les problèmes de la nation (folle, souvent…) autant qu’ils ne le sont pour se rendre indispensable sic, en place, là où ils tiennent à rester! (en ce sens BN bibi est un génie!) rien ne bougera.
    La manière douce avec les furieux, n’existe pas…sinon, les furieux se saisissent du Pouvoir!: la Révolution Française, les Bolchéviques (minoritaires!) se foutant de “baiser” les Majoritaires !!! et partout où les Agressifs massifs ont gagné leurs révolutions; fussent-elles provisoires! (qui durent!) (Nazis Staliniens PolPotistes Maoistes etc..)

    • Rien de tel qu’une bonne vieille purge sur les rives du Yang Tse Kiang!
      Et le peuple réclamait : “du sang, du sang, du sang,…” du moment que je ne m’expose pas ni mes enfants!

  3. Il est évident que la migration que j’évoque serait l’achèvement du transfert de population, dont seule la partie juive a été “honorée” dans sa quasi intégralité par l’expulsion ou la fuite des Juifs des pays Arabes (accompagnés de quelques assassinats), depuis 1948. Quant à la migration des Arabes d’Eretz Israel, elle comporte une mosaïque d’origines. D’abord ceux présents en 1882, qui ont envahis le terre à partir de 638 lors du djihad. Ensuite sont venus tous les migrants récents venu des pays Arabes de 1882 à 1948, attirés par le réveil d’Eretz Israel, en friche durant la période ottomane, grâce au retour de Juifs d’Europe fuyant les pogroms. Et enfin les migrants Arabes, dont l’entrée en Eretz Israel a été facilité par la Grande-Bretagne à partir de 1937, en parallèle à sa politique d’empêchement de la création d’un “Foyer” juif à vocation étatique, et de sa limitation de l’immigration juive génocidaire, consistant en un blocus des navires plein de Juifs retournant chez eux, pour les reflouer vers leurs ports de départ, nourissant ainsi les pogroms et les camps d’extermination. Précisons que de tous ces migrants Arabes vers la Jordanie, les premiers honorés seraient ceux ayant reçu la nationalité jordanienne durant les 19 ans de l’annexion (réelle celle-ci) de la Cisjordanie, de 1948 à 1967, et leurs très nombreux descendants. Si tous les acteurs de cette délivrance sont raisonables… “ce ne sera pas un rêve”!

  4. Précision:
    Les pays chrétiens génétiquement (dans le sens de génèse historico-religieuse depuis plus de 1600 ans) antisémites.

  5. La seule solution pour les Arabes issus de la Palestine mandataire en Eretz Israel est de migrer dans la partie 100% arabe du Mandar: la (Trans-)Jordanie, issue de la division britannique. Ce plan doit être négicié avec la Jordanie (notamment en lui rappelant qu’elle n’existe que par la volonté de l’Occident colonial) en évaluant sa situation géo stratégique, les fondements de son économie et les moyens de les améliorer sur les plans de l’extention de son territoire dans les zones actuellement non fertilisées, puis urbanistique, agricole, industriel et social. Ce projet doit être accompagné économiquement et politiquement par tous les responsables de la situation qui dure depuis 70 ans: les Européens en premier lieu (directement responsables) et les États Unis (en mettant tous sur la table l’équivalent des sommes versées à l’UNRWA pendant 70 ans, mais sur 10 ans maximum), les États Arabes richissimes, les États qui ont soutenu la situation pendant les 70 ans, et enfin Israël via l’encadrement technologique et agricole. Une énergie diplomatique devra être dépensée pour bloquer les opositions systématique des pays musulmans et génétiquement (dans le sens de génèse historico-religieuse depuis plus de 1600 ans) antisémites, tout en convaincant que la douloureuse misère stagnante des “Palestiniens” et la difficile douleur qui a accompagné la formation de l’État juif, sont toutes deux humainement et physiquement insuportables. Mais aussi en mettant les pays qui ont soutenu la situation 70 ans, face â la honte et l’immoralité de leur acharnement, dans une optique d’amélioration générale des relations entre États et donc les relations humaines sur la planète.

  6. Il n’y a pas de question “Palestinienne”! C’est un problem Arabo-Musulman. Aux Musulmans de recuperer les leurs, qui se sont fourvoyes sur les terres Juives.

    • Vous avez raison Steven, il y a un conflit israélo-arabe et un non un conflit israélo-palestinien, il suffit pour s’ en convaincre de rappeler, que la résolution onusienne de 1947 partageait la Palestine mandataire en un état juif et un état arabe, que sous le mandat britannique, les juifs étaient dénommés “palestiniens” et les autres habitants “arabes” ensuite il faut relire la presse d’avant 1968 et constater, que l’on parle toujours de conflit israélo-arabe, ce n’est qu’après 1968, que la propagande arabe conseillée par le KGB a inventé un pseudo peuple palestinien. Il conviendrait aujourd’hui, qu’au moins les médias juifs et pro israéliens et le gouvernement israélien rappellent sans arret les faits, j’ai énoncé, bien sur beaucoup, qui ignorent l’histoire vont contester ces faits, mais il y a suffisament d’arguments pour les contrer et profiter de l’occasion, pour rappeler, que si il y a eu 500 000 réfugiés arabes en 1948, que paralléllement il y a eut 850 000 juifs expulsés des pays arabes une main devant , un main derrière.

  7. Les commentaires sont tous intéressants de leur point de vue. L’article rappel la guerre qu’Israël doit livrer avec l’ennemi intérieur au quotidien. Moi, je reviens à l’histoire actuel et à la Tora, Bible, les annales du peuple d’Israël. Car si on ne fait pas ce lien, Israël est perdu, il devient un oiseau pour le chat. Je m’explique, il n’y a que des grands leaders comme David Ben Gourion et Benyamin Netanyahu qui ont fait ou font ce lien, les autres PM d’Israël, les médiocres, ne l’ont pas fait d’une manière publique ou au niveau international. Le problème d’Israël est là.

    Israël se trouve en Israël parce qu’Israël est son pays, son histoire remonte à la haute antiquité, tout cela, par rapport à d’autres peuples et pays qui ne sont pas dans ce cas, se trouve inscrit avec des lettres indélébiles dans la Tora, Bible, les annales du peuple et du pays d’Israël. Les frontières d’Israël ont été tracées il y a 3300 ans et elles ne sont pas négociables. C’est bien de le dire entre nous, mais c’est mieux de le faire savoir à l’ennemi et au monde entier. Ne pas le faire amène Israël à un suicide collectif. Car que fait l’ennemi ? Il dit aux siens et au monde entier qu’Israël n’a aucun lien avec son histoire, c’est juste des “colons” qui sont venus prendre la terre des “pauvres” arabes. Et les leurs les croient, mais ce qui est plus grave c’est que le monde les croient, et ce qui est encore plus grave, c’est que les affreux-sinistres, enfin la gauche pour ne pas la nommer, les croient aussi.

    C’est le drame d’Israël aujourd’hui et son malheur, la division du peuple d’Israël en 5. D’un côté l’Israël des Patriotes, Likoud et Yemina, qui font un lien entre la Tora-Bible, les annales d’Israël et aujourd’hui; ensuite nous avons les laicards, Bleu-Blanc, les Popovs et Avoda qui ne font pas de lien avec l’histoire d’Israël Biblique; enfin nous avons ceux qui nient ouvertement le lien du peuple d’Israël avec son histoire Biblique des annales d’Israël, il s’agit du Parti Démocrate et la Liste Arabe Unifiée; les ultra-orthodoxes qui refusent de défendre et développer le pays d’Israël en se mettant volontairement contre les recommandations de la Tora; et enfin, les super excités, les Zélotes des temps modernes qui croient que sans concertation, union et diplomatie arriveront à un quelconque résultats illusoire, ils trompent le peuple avec leur intransigeance stupide et néfaste qui profite en fin du compte aux affreux-sinisres de la gauche, c’est Otsma.

    Le salut d’Israël se trouve entre les mains du Likoud-Yemina. Tous les autres font du tort à Israël en faisant croire à l’ennemi interne et externe, au monde, qu’Israël est “un voleur de terre, pays, et n’est à leurs yeux qu’un “sale colonialiste, impérialiste, nazi”.

    L’ennemi, contrairement à l’article, n’est pas divisé, car que cela soit le Hamas, Djihad, Fatah ou FPLP, tous veulent la même chose, tuer les maximum des judéens et détruire Israël.

    Naturellement Israël a un ennemi redoutable à l’extérieur, l’Iran, qui soutient à font tous les ennemis d’Israël de l’intérieur et se prépare à détruire Israël. Il faut encore ajouter les ennemis périphériques, la Turquie, l’Europe Occidentale, la Russie et un nouveau ennemi, les démocrates Américains.

    Heureusement pour tenir tête à tout cela, il y a Benyamin Netanyahu. Il n’y a rien à attendre des autres.

  8. Au contraire, j’ai trouvé cet article très intelligent et très intéressant. Car il est difficile finalement de se faire une opinion, la plus objective possible, qui ne contreviennent pas à ses valeurs. Personnellement, je suis constamment étiré entre des réactions émotionnelles qui sont parfois radicales (même ne vivant pas sur le terrain, mais en France), et des valeurs Bibliques. Mon cerveau reptilien me dit que les Gazaouites doivent rentrer chez eux, vite, quitte à les payer; que la Cis-Jordanie n’existe plus depuis longtemps et que c’est la Terre d’Israël bien sûr, la Judée-Samarie. Que la conquête de territoires s’est toujours faite dans les larmes et le sang. Lorsque la France a récupéré l’Alsace et la Lorraine, a-t-on laissé les Allemands rester encore un petit peu, une centaine d’années?… Donc j’en viens à ne pas être d’accord avec la”carotte” économique, mais plutôt avec le gros bâton. Mais mon cerveau côté rationnel et intellectuel me freine, me dit que c’est bien de tout faire en douceur, que le temps joue pour Israël. En fait je suis toujours partagé, c’est pénible…

  9. Cet article est une énorme ineptie , on ne “gère ” pas un conflit avec un ennemi qui s’est juré de vous exterminer et qui le déclare ouvertement , Israël est dans une guerre qui dure depuis sa fondation et une guerre ça se gagne par la défaite totale de l’ennemi et l’extermination physique des dirigeants de l ‘ennemi , le seul exemple de gérer un conlit est ce que le gouvernement de Vichy a fait avec l’Allemagne nazie durant la 2ème guerre mondiale !

    • Le texte a le mérite de faire le distinguo entre les “ennemis”, tel qu’Israël, qui combat avec sa matière grise, et pas uniquement avec es pulsions, a su tirer partie de leurs divisions.
      S’il y a gestion de conflit, c’est précisément qu’en Judée-Samarie et Gaza, on a deux régimes qui se ressemblent, mais sont aussi frères ennemis et tout-à-fait capables de s’entretuer. Le fait même qu’il ne peut y avoir unité entre eux démontre que l’entité ou les entités ne sont pas viables, voire peuvent continuer de ses fissurer, décomposer, jusqu’au tribalisme et au chaos (qu’Israël n’a pas envie d’assumer).
      Le plus génocidaire (par sa charte) des deux sait qu’il n’est pas en capacité de mener une longue guerre sans s’effondrer. L’autre, en Judée-Samarie, attend la mort de son chef actuel pour envisager des alternatives.
      Le conflit peut aussi s’épuiser faute de combattants. C’est ce qui se passe en grande partie autour de Ramallah, il reste des actes (de plus en plus) isolés : voitures-bélier, attaques au couteau, mais assez peu de “groupes armés”, pour mener ne serait-ce que des commandos crédibles… Israël, son Shin Bet savent faire pour démanteler les groupuscules. Et ils les vainquent bien totalement ou presque, d’année en année. Au sud, restent 40.000 miliciens-terroristes, mais la prochaine embardée devrait tailler dans le vif, éliminer la plupart des chefs, éparpiller les troupes. Seulement, on ne liquide pas une armée de guérilla de la même façon qu’une armée régulière.

      La plupart des gens qui travaillent dans ces think tank sont des gens issus du renseignement militaire, qui savent pertinemment comment ça se passe sur le terrain et dans la tête de l’adversaire. Il combattent avec la ruse et pas avec de gros sabots idéologiques, qu’on entend à des milliers de km à la ronde. C’est un travail fin, pas du manichéisme béotien.

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