La normalisation israélo-arabe en marche (sans Macron)

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La normalisation des relations israélo-arabes en marche (sans Macron)

Le 26 octobre 2018, le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahou et sa délégation ont été chaleureusement reçus à Oman par le Sultan Qaboos. Deux jours plus tard, l’Emirat d’Abou Dhabi a accueilli une délégation sportive israélienne ainsi que Miri Regev, la Ministre israélienne de la culture qui la dirigeait. Lors de la remise de la médaille d’or au judoka Agi Muki (vainqueur de la compétition des moins de 81 kgs), l’hymne israélien, « la Hatikva » (qui rappelle l’espoir des Juifs de revenir s’installer sur leur terre, à Sion) a pu raisonner au cœur de l’Emirat. Déjà, en avril 2016, deux joueurs israéliens avaient pu participer à un tournoi de volley-ball organisé à Doha, au Qatar (en toute discrétion, compte tenu de l’absence de relation diplomatique entre les deux pays). Dès avant, en 2013, le Qatar avait accueilli des joueurs de tennis encore, voire des nageurs professionnels israéliens : lors de la compétition, le drapeau israélien avait dû être remplacé par un drapeau blanc, pour éviter de froisser la population arabe.

Ces rapprochements progressifs entre Israël et les pays arabes du Golfe s’inscrivent dans une perspective de normalisation des relations israélo-arabes, telle que consacrée par le futur « accord du siècle » de Donald Trump. Israël devrait ainsi, prochainement, devenir un « pays frère au Moyen orient », ce qui entraînera l’effondrement de l’ordre Arabe officiel, historiquement ennemi de l’entité sioniste.

Cette normalisation prochaine des relations israélo-arabes est un coup très dur porté aux palestiniens. En effet, les pays arabes ont toujours apporté leur soutien à ce qui est absurdement appelé « la cause palestinienne », qui les empêchait de se rapprocher de l’Etat juif.

Lorsque le Qatar et l’Oman ont, en 1996, ouvert des bureaux de commerce israéliens dans leurs capitales, et reçu des responsables israéliens comme Yitzhak Rabin (à Mascate en 1994) et Shimon Peres (à Mascate et à Doha en 1996), ils ont expliqué leur démarche par la nécessité de voir les négociations israélo-palestiniennes progresser dans un climat serein. Ces décisions ont d’ailleurs fait suite à la signature des accords d’Oslo, par Yasser Arafat (en septembre 1993), et à la conclusion du traité de paix israélo-jordanien le 26 octobre 1994, à Wadi Arba.

De même, lorsque Oman a ordonné la fermeture du bureau commercial israélien en octobre 2000, il entendait exprimer son soutien à « la cause palestinienne et à la défense des droits fermes et légitimes du peuple palestinien ». Plus précisément, Oman affirmait son attachement « à une paix juste et durable, sur des critères qui défendent les opprimés, protègent les lieux saints et rétablissent les droits de ceux à qui ils sont dus ».

Bien évidemment, le bon sens chasse les idéologies insensées, les obstinations malveillantes et finit toujours par l’emporter. C’est effectivement ce qui est en train de se produire : le sens de l’histoire est celui d’une consécration de la paix entre les peuples. Aussi, les monarchies pétrolières du Golfe réalisent-elles, progressivement, que la guerre menée par l’Irak, la Transjordanie, l’Egypte, le Liban et la Syrie à Israël, en 1948, ne leur a pas spécialement réussi : l’Egypte et la Jordanie ont fait la paix avec Israël, alors que les trois autres pays ont littéralement implosé.

La normalisation des relations israélo-arabes, en marche, devrait donc mettre un terme à cette comédie appelé « conflit israélo-palestinien » : les relations entre Israël et l’Arabie saoudite s’affichent au grand jour. De même, Oman, les Emirats Arabes Unis et le Qatar accueillent sans complexe des délégations israéliennes.

Ils ne se sont pas spécialement insurgés, lorsque le Président Trump a reconnu Israël comme étant la capitale éternelle des Juifs. Jason Grennblatt devrait donc, dans les jours qui viennent, dévoiler le cadre du « deal of the century ». Il enterra alors le vœu pieux des palestiniens de détruire Israël, figera la situation des palestiniens telles qu’elle existe actuellement, à savoir leur autodétermination sur les territoires qu’ils contrôlent (Gaza, les zone A et B de Cisjordanie), consacrera la paix économique israélo-palestinienne, et annoncera l’absence de droit, pour les palestiniens disséminés dans les pays arabes de la région, de venir envahir Israël (l’absurde « droit au retour des palestiniens »).

Le 26 octobre 2018, Le ministre des Affaires étrangères omanais, Yousef Bin-Alawi, a annoncé que la visite de Netanyahu (précédée par celle de Mahmoud Abbas), avait eu lieu dans un « contexte bilatéral ». Il a confirmé : « la primauté du rôle des Etats-Unis » et qu’ « Israël est un État de la région du Moyen-Orient ». Netanyahu devrait donc se rendre, prochainement, à Mascate pour y ouvrir une ambassade israélienne, mais aussi à Doha, Manama et Abou Dhabi et peut-être aussi à Riyad dans le cadre de « relations bilatérales » normales.

Le Sultanat d’Oman est toujours resté en retrait des conflits régionaux (les guerres au Yémen et en Syrie et plus tôt en Irak). Il a également maintenu des relations équilibrées avec l’Iran, refusant de s’impliquer dans le différend américano-iranien. Il n’est donc pas surprenant qu’il annonce son rapprochement avec Israël, prélude à l’ouverture d’une ambassade et à une coordination renforcée en matière de sécurité.

Le monde arabe est sur le point d’entrer dans une ère nouvelle, de se débarrasser de ses préjugés anti-juifs, et de régler ce qui est absurdement appelé la « question palestinienne ». D’ailleurs, le concept de « peuple palestinien » a servi à cristalliser la relation entre les juifs et les arabes en 1968, compte tenu de l’impossibilité pour les seconds de détruire Israël. Les palestiniens se sont donc crus en mesure de réaliser le projet que les arabes ne sont pas parvenus à mettre en œuvre.

Au départ, les palestiniens ont invoqué un droit international, en l’occurrence « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » (c’est-à-dire le droit à s’autodéterminer) pour dissimuler leurs véritables intentions, en l’occurrence détruire Israël. Or, dans les faits, le droit à l’autodétermination, il l’ont déjà : les terroristes palestiniens sont autonomes sur la bande de Gaza avec un gouvernement, un organe législatif, un cadre juridique (la Charia), une armée qui menace chaque jour d’envahir l’Etat juif à la clôture de séparation. De même, les palestiniens de Cisjordanie sont autonomes sur les zone A et B (soit 40 % du territoire cisjordanien). De la même manière, ils y ont un gouvernement, un parlement, un corps de lois (en gestation), une police, un budget… il n’est donc pas besoin de détruire Israël pour obtenir un droit à l’autodétermination déjà acquis.

Le peuple palestinien, créé de toute pièce par les nécessités contingentes, aimerait bien se trouver une utilité. Aussi, Mahmoud Abbas rabâche-t-il, à chaque occasion, ses exigences territoriales : en l’occurrence l’établissement du territoire palestinien sur les anciennes terres sous souveraineté jordaniennes, abandonnées par le Royaume Hachémite le 31 août 1988. Les palestiniens deviendraient alors les gardiens des lieux saints situés sur le Mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem. Lâchés par les pays arabes du Golfe, les palestiniens perdront leur raison d’être. Ils devront juste se contenter des terres qu’ils contrôlent.

Dès lors, l’implication annoncée du Président de la République, Emmanuel Macon, dans ce que l’on appelle « processus de paix », n’est peut être pas nécessaire.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

3 COMMENTS

  1. La France de macron ne pense qu’à la France et se fiche d’Israel et des Juifs qu’elle a trahi, trahit et trahirait sans aucune hésitation. Comme l’UE.

  2. Il faut rajouter que l’Europe ne voulait pas entendre parler d’une véritable paix entre Israël et les pays arabes .

    Elle présentait des plans inacceptables pour Israël .

    Et quand certains accords étaient signés , ils n’étaient jamais respectés /

    Narurellement je pense à ces deux criminels : Arafat et Abbas .

    Je ne parle même pas des accords de cessez le feu entre le Hamas et le Hezbollah .

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