En vue d’une possible guerre avec la Chine, l’US Air Force construit des bases dans l’océan Pacifique.

L’armée américaine craint que Pékin soit trop facilement en mesure de détruire ses deux plus grosses bases situées dans l’océan Pacifique. Le Pentagone a donc décidé de disperser ses forces sur des milliers de kilomètres.

Un changement de stratégie majeur pour l’US Air Force. Devant la montée en puissance militaire de la Chine, qui produit de plus en plus de missiles hypersoniques, l’armée américaine a décidé de revoir entièrement l’organisation et l’emplacement de ses troupes. Depuis des années, le Pentagone a concentré ses soldats présents dans l’océan Pacifique dans seulement deux “méga-bases” : celle de Kadena, située dans l’archipel japonais d’Okinawa et celle d’Andersen, bâtie sur l’île de Guam.

Malheureusement pour les États-Unis, ces deux sites sont des cibles faciles à détruire pour l’armée chinoise, puisqu’ils sont à portée de tirs de ses missiles les plus dévastateurs. Pire encore, la concentration des soldats mais surtout des avions de l’US Air Force dans seulement deux bases facilite le travail de Pékin qui peut se servir de ce désavantage géographique pour envahir Taïwan plus facilement. En effet, des simulations de conflits militaires menées par le Pentagone indiquent en effet qu’en cas de guerre entre la Chine et les États-Unis, c’est bien l’armée de Xi Jinping qui l’emporterait dans la majorité des scénarios. Dans ces combats virtuels, l’armée de l’air taïwanaise est annihilée en à peine quelques minutes. L’US Navy et l’US Air Force ne sont même pas en mesure d’aider Taipei, car les missiles chinois détruiraient en priorité les bases de Kadena et d’Andersen.

Selon le magazine Forbes, les haut gradés américains ont décidé de mettre un terme à cette faiblesse inhérente à la concentration de troupes et de matériels dans seulement deux points stratégiques. En réponse à la menace chinoise, l’US Air Force va construire et moderniser des bases sur de nombreux îlots et archipels du Pacifique pour étaler son arsenal sur des milliers de kilomètres. L’armée américaine veut ainsi éviter un coup fatal et perdre “seulement” une petite quantité de troupes et d’avions en cas de bombardement intensif chinois sur l’une de ses bases.

Le Pentagone n’a pas dévoilé officiellement quels lieux seront choisis pour le développement de nouvelles bases mais a diffusé une liste de sites potentiels. Dans cette dernière, on peut notamment y observer la présence de l’archipel de Palau. L’île n’a pas perdu de temps puisqu’elle a déjà proposé aux États-Unis d’accueillir sur son sol des casernes américaines. L’archipel très étendu de la Micronésie ainsi que les îles Marshall seraient aussi favorables à la présence de l’US Air Force. De son côté, le gouvernement de Xi Jinping ne reste pas amorphe et prévoit également de construire des bases militaires sur différentes îles de la mer de Chine méridionale.

Biden dans les pas de Trump contre Pékin.

Dans un rare moment d’union entre démocrates et républicains, le Sénat américain a adopté mardi un projet de loi prévoyant des investissements ambitieux dans la science et les technologies, présenté comme un texte « historique » pour contrer la menace économique de la Chine et son modèle « autoritaire ». Ce plan destine plus de 170 milliards de dollars à la recherche et au développement, en visant notamment à encourager les entreprises à produire aux États-Unis des semi-conducteurs, aujourd’hui essentiellement fabriqués en Asie.

Une pénurie mondiale frappe de nombreux secteurs clés, de l’automobile aux communications, illustrant l’enjeu stratégique de cette production. Le texte a été approuvé par 68 voix contre 32 au Sénat et doit désormais être adopté définitivement, à une date qui n’a pas encore été fixée, par la Chambre des représentants avant d’être promulgué par Joe Biden.

La Chine, en guerre économique avec les États-Unis depuis l’ère Trump, est l’un des rares sujets sur lesquels le président démocrate s’est inscrit dans la continuité de son prédécesseur républicain. Et qui fait largement consensus au Congrès. « Si nous ne faisons rien, nos jours de superpuissance dominante pourraient s’achever » a mis en garde le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, juste avant le vote.

« Et c’est pour cela qu’on se souviendra de ce texte comme l’un des plus grands succès obtenus entre démocrates et républicains au Sénat américain dans l’histoire récente. » Ce projet de loi « ouvre la voie au plus vaste investissement dans la science et la technologie depuis des générations », avait-il expliqué plus tôt.

« Celui qui gagnera la course aux technologies du futur », comme l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, « sera le leader économique mondial ». Et cette nation « façonnera le monde à son image », a-t-il poursuivi, avec un avertissement visant directement le dirigeant chinois Xi Xinping.

« Voulons-nous que cette image soit démocratique ? Ou voulons-nous une image autoritaire, comme celle que le président Xi aimerait imposer au monde ? » Le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a déploré que ce plan laisse des mesures « de côté », mais a finalement voté en sa faveur. « Depuis les chaînes d’approvisionnement cruciales jusqu’à la propriété intellectuelle en passant par le contre-espionnage, il s’attaque à des sujets clés qui aideront à définir nos bases stratégiques pour des décennies », a-t-il déclaré.

Ce projet d’investissements « offre l’opportunité aux États-Unis de porter un coup, de répondre à la concurrence déloyale que nous voyons de la part du parti communiste chinois », a renchéri le républicain Roger Wicker, numéro deux de la commission du Commerce où a été négocié le texte.

50 milliards pour les semi-conducteurs

Pékin est accusé régulièrement par Washington d’espionnage industriel et de menaces sur la sécurité nationale. Concrètement, le plan prévoit 52 milliards de dollars sur cinq ans pour encourager la fabrication de puces et de semi-conducteurs aux États-Unis. Dans sa présentation, les parlementaires avaient souligné que le Parti communiste chinois investissait « considérablement, avec plus de 150 milliards », dans ces technologies.

Le plan américain destine en outre 120 milliards de dollars à une agence gouvernementale, la National Science Foundation, pour qu’elle encourage la recherche dans différents domaines jugés clés, comme l’intelligence artificielle. Elle inclut également une enveloppe de 1,5 milliard de dollars pour le développement de la 5G, l’un des principaux sujets de tension entre la Chine et les États-Unis.

L’administration Biden cherche depuis plusieurs mois des moyens de stimuler la production nationale d’une gamme de composants industriels, comme les puces, pour réduire sa dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers. Le président américain avait publié en février un décret appelant les agences fédérales à se pencher sur le sujet dans les 100 jours.

Mardi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a salué le travail du Congrès face à Pékin, y compris ce plan d’action industrielle, visant à « renforcer les États-Unis ». Les « investissements dans nos technologies, les investissements dans nos travailleurs, les investissements dans l’innovation et la recherche et le développement, tous ces éléments réunis sont pour nous la façon de faire face à la Chine dans une position de force ».

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