Crises du Golfe: vers le basculement? (F. Eytan)

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Haute-tension dans le Golfe et profil bas à Manama

Le président Donald Trump, comme ses prédécesseurs, dicte l’ordre du jour international et confirme par sa politique que les Etats-Unis demeurent toujours la plus forte puissance du monde, soufflant le chaud et le froid dans les conflits mondiaux comme dans les processus de paix.

Deux événements majeurs se produisent ces jours-ci, dans le détroit d’Ormuz et à Manama. Ils prouvent que le Moyen-Orient peut basculer, du jour au lendemain, vers la paix et la prospérité ou vers une guerre totale avec des conséquences néfastes pour la planète entière.  

De forts bruits de bottes sont entendus dans le golfe Persique risquant de déclencher une guerre sans précédent. L’Iran n’est pas l’Irak de Saddam Hussein durant la Première et la Seconde guerres du Golfe, ni non plus la Syrie d’Assad. Le nouveau scénario pourrait plonger la région dans un tohu-bohu irréversible.  

Depuis 1979, ce régime islamiste, sombre et abject, fait parler de lui quotidiennement et négativement. Par le terrorisme, la terreur, la ruse, la provocation agressive, et surtout par son projet nucléaire, cet Etat voyou déstabilise systématiquement toute la région et la paix dans le monde.

Cependant, au moment où l’Iran est prêt à déclarer la guerre contre « le Grand Satan », et le Pentagone se prépare à riposter en représailles à la destruction d’un drone de surveillance, les conseillers du président à la Maison Blanche réunissent à Manama, sous leur patronage, un sommet économique régional.

Le Président Trump est un homme d’affaires chevronné et pour lui des investissements économiques sont prioritaires à tout règlement politique.

La participation de l’Arabie saoudite, rivale jurée de l’Iran, de l’Egypte, de la Jordanie et du Maroc, ainsi que des hommes d’affaires de 39 pays, notamment Israël, est une grande première dans le contexte géopolitique actuel.

Les organisateurs de cet atelier ont raison d’adopter un profil bas en insistant sur le caractère apolitique de la réunion.

La Maison Blanche a dévoilé le 22 juin son programme économique pour les Palestiniens

Pourtant, les leaders palestiniens ont boycotté cet atelier économique destiné au bien-être et à la prospérité de leur peuple.

Certes « on ne peut acheter un peuple » selon leur propre expression, mais comment refuser de gigantesques chantiers dans tous les domaines, un investissement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza d’une valeur astronomique de 28 milliards de dollars sur dix ans ?

Un million d’emplois pour les Palestiniens et tant de projets détaillés dans un plan global chiffré à 50 milliards de dollars. Tout un programme minutieusement structuré avec des tableaux et photos sur plus de 40 pages.

Ce refus systématique de toute initiative et médiation américaines aura des conséquences graves sur l’avenir des Palestiniens, et notamment sur leur future relation avec le monde arabe.

Renfermé dans sa tour d’ivoire, Mahmoud Abbas pense qu’avec l’appui des Européens, comme la France de Macron, il pourra obtenir un jour un Etat palestinien. Il se berce toujours d’illusion et vit de fantasmes.

L’Europe a commis deux erreurs fondamentales en soutenant aveuglement la cause palestinienne au détriment d’Israël, et en signant un mauvais accord avec l’Iran.

Aujourd’hui, l’Europe constate ses faiblesses et ne peut jouer un rôle efficace dans aucun dossier brûlant. Elle n’est pas capable d’éviter la guerre ni non plus d’aider à aboutir à la paix.

Le régime voyou d’Iran continue de menacer Israël de destruction (photo ministère iranien de la Défense)

 

Dans ce contexte, Israël coordonne la marche à suivre avec les Américains mais aussi avec les Russes puisque la première réunion tripartite sur la situation militaire et sécuritaire se tient à Jérusalem. John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale, se trouve déjà en Israël pour y rencontrer son homologue russe.

Cet ancien ambassadeur des Etats-Unis aux Nations-Unis est de longue date un ami fidèle de l’Etat juif. Ses opinions intransigeantes et son franc-parlé sont bien connus.

Selon lui : « l’Histoire a prouvé que le seul moyen de dissuasion contre les Etats voyous et les dictateurs est la puissance des Etats-Unis et de leur alliés ».

La politique israélienne demeure claire : pas d’intervention directe dans le Golfe mais rester sur le qui-vive contre toute attaque éventuelle, et si nécessaire, lancer des raids ponctuels contre toute présence iranienne en Syrie et éviter par tous les moyens un Iran nucléarisé. Tsahal a déjà mené de grandes manœuvres pour simuler une guerre contre le Hezbollah.

Depuis 2006, cette milice chiite est bien consciente de la puissance de Tsahal, mais elle risque sous les directives de l’Iran de déclencher à nouveau des hostilités qui devraient être coordonnées avec le Hamas.

Le Président Trump n’est pas un belliciste et ne cherche pas la guerre. Il freine l’enthousiasme des décisions aventureuses, conscient de la sensibilité des pertes humaines au sein de la société américaine.

Sa valse-hésitation et ses dilemmes à l’égard de représailles contre l’Iran sont interprétés par Téhéran comme du désarroi et de la faiblesse, mais ils sont compréhensifs et justifiés comme ceux de Nétanyahou concernant les provocations du Hamas.

Les deux alliés se préparent prudemment au pire devant des Ayatollahs aveuglés par un Islam chiite radical, haineux, irresponsable, et extrêmement violent.

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem

 

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