Le labo chinois au cœur de la «théorie de la fuite» 

A-t-il laissé s’échapper le coronavirus? L’Institut de virologie de Wuhan (centre de la Chine), visé par cette hypothèse alimentée entre autres par l’administration Trump, a reçu mercredi la visite des enquêteurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Des experts de l’OMS sont arrivés mercredi 2 février à l’Institut de virologie de Wuhan.

Des experts de l’OMS sont arrivés mercredi 2 février à l’Institut de virologie de Wuhan.
AFP

De l’avis de la majorité des chercheurs, le Sars-CoV-2 est sans doute né chez la chauve-souris. Il serait toutefois passé par une autre espèce, encore non définie, avant de se transmettre à l’homme. Voici quelques questions sur l’Institut de virologie de Wuhan, la ville où a été détecté le coronavirus pour la première fois fin 2019.

Quelles sont ses installations?

Cet institut étatique possède la plus grande collection de souches de virus en Asie, avec 1500 spécimens différents, selon son site internet. Il dispose depuis 2012 d’un laboratoire de haute sécurité P3 (pour «pathogène de classe 3») qui étudie de nombreux virus — notamment les coronavirus. La directrice de ce laboratoire est Shi Zhengli, spécialiste des travaux sur les coronavirus de chauve-souris et parfois surnommée la «Batwoman chinoise».

L’Institut de virologie possède également un P4 (pour les pathogènes encore plus dangereux). Un laboratoire à la sécurité encore plus renforcée, qui peut héberger des souches comme Ebola. Formellement ouvert en 2018 et visité l’année précédente par l’ex-Premier ministre français Bernard Cazeneuve, ce P4 a été réalisé avec la collaboration de la France.

Que font ses chercheurs?

Équipés de combinaisons intégrales, dans un espace de travail pensé pour éviter toute fuite, ils étudient différents types de pathogènes. Ambition: pouvoir réagir rapidement à l’apparition de maladies infectieuses.

Les chercheurs ont notamment été les auteurs de nombreuses études sur les liens entre les chauves-souris et l’émergence de ces maladies en Chine. Ils ont aussi contribué à mieux connaître le nouveau coronavirus après son apparition à Wuhan. En février 2020, leurs travaux avaient été publiés dans une revue scientifique. Conclusion: la séquence du génome du Sars-CoV-2 est à 96% similaire à celle d’un coronavirus de chauve-souris.

Sont-ils coupés du monde?

Non. Ils collaborent régulièrement avec des scientifiques étrangers. Deux chercheurs de Wuhan ont participé en 2015 à une étude internationale avec plusieurs universités américaines, lors de laquelle un agent pathogène avait été créé afin d’analyser la menace d’un virus semblable au Sras.

Enquête de l’OMS à Wuhan : beaucoup de questions, pas encore de réponses

Les attentes étaient nombreuses, mais l’OMS pourra-t-elle obtenir les réponses escomptées ?

La délégation de l’organisation poursuit son enquête sur l’origine du Covid-19, en Chine. Une mission pour laquelle le régime a mis plus d’un an à donner son feu vert. Ce mercredi, les experts se sont rendus à l’Institut de virologie de Wuhan, qui comprend plusieurs laboratoires de haute sécurité.

Aucun commentaire, à l’issue de cette visite qui a duré quatre heures.

« Il est très peu probable que lors d’une mission aussi courte, nous ayons une compréhension très précise ou des réponses définitives à la question », prévient le docteur Hung Nguyen-Viet, l’un des chercheurs envoyés sur place, également co-directeur du programme sur la santé humaine et animale à l’Institut international de recherche sur l’élevage à Nairobi.

L’institut de virologie de Wuhan avait été accusé par le précédent président américain Donald Trump d’avoir laissé fuiter le virus à l’origine de la pandémie.

La semaine dernière, la diplomatie chinoise avait qualifié de « projet de recherche » la visite des experts de l’OMS. Pékin insiste désormais sur sa capacité à endiguer la progression du Covid-19, grâce à sa stratégie vaccinale.

Mais les doutes, voire les suspicions s’aggravent à l’encontre de Pékin et de l’OMS dans ce qui pourrait être le plus grand scandale sanitaire de l’histoire.

JForum – Euronews

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