Le Sénateur Tom Cotton de l’Arkansas, à gauche, un détracteur cinglant des négotiations avec l’Iran, s’est attiré le soutien de donateurs pro-Israéliens. CreditDrew Angerer for The New York Times
 

WASHINGTON — Alors que l’accord proposé concernant le programme nucléaire de l’Iran sera débattu dans les prochaines semaines, le Président Obama présentera son dossier devant le Congrès contrôlé par les Républicains, qui sont de plus fervents soutiens d’Israël que jamais, en partie parce qu’ils partagent largement la même idéologie, mais aussi comme résultant d’un bond en avant des donations et dépenses de campagne misées sur leurs noms, de la part d’un petit groupe de donateurs opulents.

L’une des personnalités de haute stature qui surprend est le Sénateur Tom Cotton de l’Arkansas, qui brille par sa prédominance, grâce à une lettre signée par 46 collègues républicains, envoyée aux dirigeants de l’Iran et qui s’oppose à cet accord. M. Cotton, faisant écho aux critiques soulevées par les dirigeants israéliens, a rapidement dénouncé le cadre défini jeudi, comme étant « une liste de concessions américaines dangereuses qui mettra l’Iran sur la voie de l’obtention d’armes nucléaires”. – des termes que ses collègues approuvent parce qu’ils expriment leurs profondes préoccupations à propos de la menace iranienne contre la sécurité d’Israël.  

Mais il est aussi vrai que M. Cotton et d’autres Républicains ont bénéficié de l’appui de millions de dollars, dans les frais de campagne de 2014, donnés par des milliardaires républicains pro-Israéliens et d’autres donateurs américains influents, qui les ont aidé à renverser la majorité démocrate.  

Dans le même temps, on se rend compte que les récents sondages indiquent que les Américains s’identifiant comme Républicains deviennent de plus en plus de fervents partisans d’Israël. 

Le soutien aux Palestiniens s’effondre, alors que ceux qui sont en faveur d’Israël augmentent. 

Les Républicains actuellement présents au Sénat, sont parvenus à lever plus de fonds au cours des élections 2014, dans le cadre de contributions directes, régulées au niveau fédéral, de la part de personnalités et de comités d’action politique réputés pour leur pro-Israélisme, que leurs homologues démocrates, selon les données réunies par le Centre pour la Participation en Politique et analysées pour le New York Times, par un deuxième centre sans but lucratif MapLight. Cet avantage républicain s’avère être le premier depuis dix ans de domination financière démocrate. 

Ces alliances au Congrès que les donateurs pro-israéliens sont parvenus à forger, passera certainement l’épreuve des tests, alors qu’ils font prévaloir leurs intérêts auprès des Représentants du peuple, pour faire front contre l’accord avec l’Iran et peut-être même tenteront-ils d’augmenter les sanctions contre ce pays, en dépit des objections fortes de l’Administration Obama. 

Les donateurs marquent un accroissement de la tendance en direction des Républicains, parmi les contributeurs opulents de droite, réputé être en partie responsable d’un soutien plus fortement marqué pour Israël, dans les cercles de députés du parti, qui partagent déjà une vision pro-israélienne sur les questions du Moyen-Orient. 

« Absolument, c’est un facteur agissant », affirme Marc Felgoise, qui dirige le réseau Philadelphie-Israël, un groupe de levée de fonds, et dont les propres contributeurs se sont tournés vers les Républicains, alors qu’ils soutenaient auparavant les Démocrates. « Ils tentent de répondre aux préoccupations des gens qui vont, en définitive, les soutenir par leurs projets de lois et décisions ». 

Le Sénateur Lindsey Graham, dirigeant républicain de Caroline du Sud, atteste que les donations qu’il a reçues de la part des donateurs pro-israéliens s’élèvent à environ 285.000 $, dans le cycle électoral de 2014, pour moins de 100.000 dollars, en 2008, au cours des précédentes élections, selon ce que montre l’analyse de MapLight. Les contributions pro-israéliennes du Sénateur Richard J. Durbin, Démocrate de l’Illinois ont chuté à moins de 150.000 $ en 2014, alors qu’il a aussi été réélu, comparés aux près de 300.000 $ perçus en 2008, selon ce décompte. 

Mais peu de candidats ont eu la chance d’en bénéficier autant que M. Cotton. 

Le Comité d’Urgence pour Israël, dirigé par William Kristol, rédacteur en chef du Weekly Standard conservateur, a dépensé 960,000 $ dans le soutien à M.Cotton. Lors de cette même échéance électorale, Paul Singer, gérant de fonds spéculatifs et milliardaire de New York, donateur de premier plan pour les causes en faveur d’Israël, a contribué à un autre groupe indépendant d’investissement, qui soutient M. Cotton. Seth Klarman, un milliardaire pro-Israélien basé à Boston, a contribué à hauteur de 100.000 $. 

Le Comité d’Action Politique, dirigé par John Bolton, l’Ambassadeur aux Nations-Unies sous le Président George W. Bush, et partisan déclarté d’Israël, a dépensé au moins 825.000 $ dans le soutien à M. Cotton. Ce Comité est, en partie, financé par d’autres donateurs pro-israéliens majeurs, dont Irving et Cherna Moskowitz de Miami, qui ont contribué à 99% des  frais de campagnes, s’élevant à 1.1 million in 2012 dépensés par les candidats Républicains. 

Jeremy Ben-Ami, président du très controversé JStreet, financé par Soros, cofondé et conseillé par Robert Malley, qui prétend être un groupe « pro-Israélien », pour mieux soutenir les actions d’Obama à l’encontre de l’Etat Juif, accuse ce groupe relativementrestreint de quelques Juifs-Américains opulents de déformer la vision des Juifs, à travers tout le pays, parmi ceux qui demeurent favorables au Parti Démocrate, mais entretiennent une relation plus diluée et « nuancée » envers l’Etat Juif. 

« Ce groupe assez limité de personnalités, qui font de la politique simplement à travers des prêts – penche bien plus en faveur des Républicains qu’auparavant » dit-il avec amertume : « Mais c’est dangereux pour la politique étrangère américaine, puisque bien des gens ne comprennent pas que parmi les 6 millions de Juifs aux Etats-Unis, ils ne représentent qu’une poignée ». [NDLR : on a là une échantillon assez remarquable de l’hypocrisie et der la mauvaise foi de Jeremy Ben-Ami et de ses commanditaires,qui ne voient aucun mal à être soutenus à coups de milliards par George Soros ou encore le NIAC, le lobby pro-iranien, mais poussent des cris d’orfraie, lorsqu’une poignée de financeurs se détournent de la politique étrangère désastreuse de l’Administration Obama pour faire appel à ses oppossants… ]

Ce soutien envers Israël qui s’approfondit, parmi les représentants républicains, reflète un changement significatif, au sein du parti, même s’il s’exprime depuis plusieurs décennies, selon Geoffrey Kabaservice, un historien du parti républicain.

  « Israël, traditionnellement, ne représentait pas ce même type de centralité émotionnelle, pour tous les éléments du Parti Républicain », dit-il. « Mais le sentiment général, actuellement, c’est qu’il s’agit d’un sujet qui leur apporte le succès, puisque cela leur permet de se montrer forts, en matière de politique étrangère ».

La Directrice de communication de M. Cotton, Caroline Rabbitt, a affirmé que le soutien combattif de son patron à la cause d’Israël se fonde sur des opinions et croyances qui sont les siennes depuis fort longtemps, et non sur un appui financier quelconque. « Il sait qu’Israël est l’un des plus importants alliés des Etats-Unis et le phare de la démocratie dans une région du monde qui serait, pour nous, autrement plus dangereuse », déclare t-elle.

Au total, le contributeur le plus significatif et de loin, parmi les soutiens d’Israël aux Républicains, reste Sheldon Adelson, le magnat des Casinos, qui, avec sa femme, a investi au moins 100 millions de $ dans les causes conservatrices, au cours de ces quatre dernières années. Une grosse part du gâteau a été dépensée lors des Présidentielles de 2012, mais les Républicains au Sénat en ont aussi bénéficié, et cela pourrait bien être encore le cas, particulièrement parmi ceux qu’on considère comme présidentiables pour 2016.

L’ampleur de cette alliance était constatable, le mois dernier, lors du discours du Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahu, à l’encontre des objections d’Obama.

A l’issue de ce discours, quelques-uns des donateurs pro-Israël les plus importants du pays, dont M. Adelson, se sont réunis avec plus d’une douzaine de membres républicains du Congrès, au Club proche de la Colline du Capitole. « Cela a donné lieu à une véritable fête de l’Amour », estime Kenneth J. Bialkin, un juriste associé et contributeur qui a participé à cette fête.

L’étage politique du Sénat a aussi été une occasion pour les Républicains de faire la démonstration de leur engagement envers Israël. Les Sénateurs Marco Rubio, à propos duquel on s’attend à l’officialisation de sa candidature présidentielle autour du 13 avril, et Mark S. Kirk, un modéré de l’Illinois, font partie des Républicains qui ont proposé des amendements budgétaires en faveur d’Israël, le mois dernier. M. Rubio a fustigé la Maison Blanche pour ses récentes remarques anti-Netanyahu en les taxant de « scandaleuses ».

« Les Républicains s’intéressant à la politique étrangère avaient pour habitude de comprendre qu’il n’était pas dans l’intérêts national des Etats-Unis d’ignorer les revendications arabes à l’encontre d’Israël », affirme Scott McConnel, rédacteur en chef et fondateur de « The American Conservative ». « Actuellement, on observe un sentiment beaucoup plus unilatéralement favorable à Israël [quoiqu’en dise le monde arabe] ».

Plusieurs Sénateurs républicains et champions s’alignant aux côtés d’Israël rejettent toute suggestion que l’intensité du soutien récent du parti aurait quelque chose à voir uniquement avec l’argent.

 « Le Sénat est l’endroit où, traditionnellement la politique étrangère est le sujet central, parce que nous avons la responsabilité unique d’approuver ou de désapprouver les traités », déclare le Sénateur Rob Portman, Républicain de l’Ohio, autre bénéficiaire de l’appui financier des donateurs pro-Israéliens.

Ce qui est clair est que les dirigeants des groupes pro-israéliens ont développé des relations étroites avec certains des principaux champions républicains, comme M. Cotton. Il est plutôt inhabituel de voir un sénateur de fraîche date prendre une mesure aussi audacieuse que d’écrire aux dirigeants iraniens et de réussir ensuite à convaincre des dizaines de ses collègues de l’appuyer par leurs signatures. Un porte-parole de Cotton affirme qu’il a écrit lui-même cette lettre, bien que W. Kristol dit avoir eu une conversation à ce propos avec lui.

Pour Lindsey Graham, c’est surtout la tension exercée par l’Administration Obama sur ses relations avec Netanyahu qui est à l’origine de cette mise en lumière de la force des liens entre les Républicains et Israël. « Mais, au bout du compte, la fondation des relations américano-israéliennes est bipartisane », explique t-il. « Il existe un soutien large et massif, de la part des Démocrates envers l’Etat d’Israël. Ce qu’on observe aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une forme de sortie de route de la ligne tracée par l’histoire »… Obama, « parenthèse de l’histoire des relations US-Israël » ?

Par Jennifer Steinhauer a contribué à ce reportage.

1 COMMENTAIRE

  1. « @Sheldon Adelson, le magnat des Casinos, qui, avec sa femme, a investi au moins 100 millions de $ dans les causes conservatrices,  »

    Le juif le plus riche de la planète qui a fait tellement pour le sionisme , pour l’éducation juive et pour Israël .
    Un homme hors du commun , que D. le bénisse .

    Riche , mais un grand coeur quand il s’agit de notre cause : la plus sacrée .

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