Chelah Lekha: la faute commise par les explorateurs? Vidéo

Envoie pour toi (lekha) des hommes. (13, 2)

Sur les premiers mots de la parachath Lekh Lekha (Beréchith 12), où Hachem avait enjoint à Avraham : « Va pour toi (lekha) hors de ton pays », Rachi expliquait le mot lekha (« pour toi ») comme signifiant : « pour ton bonheur et pour ton bien ». Si l’on s’appuie ici sur cette interprétation, la question qui nous vient naturellement à l’esprit est : Quel bénéfice Moché a-t-il retiré de l’envoi des explorateurs ?

S’il ne les avait pas délégués pour visiter le pays, répond le Mochav Zeqénim, les enfants d’Israël y seraient entrés immédiatement, et la vie de Moché aurait dû prendre fin, puisque Hachem avait décrété qu’il ne s’introduirait pas en Terre sainte.

Quand la peur des hommes s’empare des hommes 

Qui ne peut s’empêcher d’éprouver de la colère à la lecture des récits faits par les explorateurs en Eretz Israël à la demande de Moïse ? En effet, ne serait-ce que ce verset prononcé par l’un de ces personnages dont l’énoncé glace le sang « une terre qui dévore ses habitants »!!!

Rashi affirme que la liste des explorateurs est donnée dans l’ordre des mérites de chacun d’eux.

A la lecture des « shemoné perakim » (huit chapitres) de Maïmonide (Rambam), nous pouvons cerner le niveau spirituel de tous ceux qui sont sortis d’Egypte lorsque le médecin-philosophe de Cordoue écrit : « la plus insignifiante des femmes de ce peuple était d’un niveau spirituel supérieur à Yehezkel ben Bouzy (le prophète Ezéchiel) » !!! Il nous faut donc comprendre (entre les lignes) que l’ensemble de ce peuple était d’un niveau spirituel que nous ne pouvons imaginer tant il était élevé !!!

De même, nous pouvons comprendre que ces personnes qui ont vu et ont assisté à toutes les manifestations divines au cours des dix plaies et surtout lors de la déchirure de la Mer des Joncs en douze couloirs (pour chacune des douze tribus), ou encore lors du don de la Torah ont en quelque sorte eut un mérite immense de contempler HaShem dans Ses différentes manifestations.

Depuis le départ d’Egypte jusqu’à l’entrée en Eretz Israël, ils ont été les bénéficiaires de miracles multiples quotidiennement : sur le plan climatique et sécuritaire et de par le mérite d’Aharon, le peuple était entouré le jour d’un rempart de nuages qui les protégeaient des rudes conditions climatiques du désert : ils n’ont pas souffert de la chaleur et ils jouissaient d’une sorte de climatisation agréable, et l’air ambiant était agréablement parfumé, pendant toutes ces années, les vêtements et les chaussures grandissait avec les personnes, il n’y avait aucun besoin de laver, repriser, réparer aucun des vêtements utilisés, de par le mérite de Myriam, personne ne souffrit de la soif car le puits de Myriam suivit le campement toutes ces années jusqu’après la disparition de Myriam…

Quant à la nourriture : la manne, qui n’était autre que la nourriture céleste des Anges, était distribuée chaque matin à la « porte » de chacun. En ce domaine, il y avait là aussi la manifestation de miracles quotidien car, selon les mérites de chacun et les actes de chacun, la manne se trouvait plus ou moins près de la porte de la tente de chacun : en effet, si quelqu’un avait fauté en un point quelconque, le lendemain, sa portion de manne se trouvait plus loin jusqu’à ce qu’il fasse teshouva et se reprenne.

Les exégètes nous aident à comprendre les différences qui existent entre une médisance et une autre.

Lors de la faute originelle, chaque protagoniste rejeta la faute sur l’autre : Adam dit à D : « c’est la femme que Tu m’as donnée », Eve a dit : « c’est le serpent »… il s’agissait donc d’essayer de repousser la faute sur un autre…….. mais sans émettre de critique véritable sur la création de cette femme.

Lors d’un acte de médisance ordinaire on colporte un bruit ou une faute concernant un tiers vers d’autres personnes……… comme la faute de Myriam sur Moïse son frère en présence d’autres personnes (même s’il n’y a qu’une seule autre personne…

Ici, la médisance atteint un niveau supérieur car elle est pluridimensionnelle étant donné qu’il ne s’agit pas d’une personne physique mais d’une terre offerte par D. à Son peuple. Une terre un peu particulière qui se « conduit » comme un être humain : elle dévore, elle ouvre sa bouche, elle avale, elle boit le sang et d’autres choses encore…… La médisance en ce cas atteint la terre mais c’est surtout par ricochet une atteinte à D. car, ces envoyés ne font pas confiance à la promesse divine ! Mais, si HaShem peut décider de pardonner pour une faute commise envers Lui, IL ne peut pardonner une faute commise envers quelqu’un d’autre. Ainsi, à la veille de Yom HaKippourim avons-nous l’obligation de demander pardon pour des fautes que nous aurions commises (innocemment ou pas) envers d’autres personnes est un acte tout aussi important que de demander pardon à HaShem pour toutes les offenses que nous Lui avons faites avec toutes nos incartades vis-à-vis de Sa Loi.

Dans ce cas précis, avec ce qu’ont dénigré les « envoyés » en terre de Canaân à propos de cette contrée, tout se passe comme si vous receviez un cadeau de quelqu’un et que devant l’assistance des invités, vous prononciez un discours pour déblatérer à la fois sur celui qui a offert et le cadeau en lui-même.

En fait, ce qui se passe ici c’est que, devant tous ces bienfaits qui leur ont été prodigués lors de la sortie d’Egypte et dans le désert, ils se sont sentis incapables de pourvoir aux besoins d’une famille : pendant l’esclavage en Egypte, ils n’ont pas eu à chercher du travail ou des moyens de subsistance : ils étaient esclaves ! Si demain, ils ont leur propre terre à gérer, comment feront-ils pour apporter de quoi vivre à leurs familles ? Au lieu de mettre à nu leurs doutes, au lieu de mettre en évidence leur incapacité à se recycler (dirions-nous aujourd’hui avec notre lexicographie) par, soit disant esprit démagogique, ils préfèrent mettre en cause le cadeau divin plutôt que de risquer de perdre leur propre prestige aux yeux de leurs semblables et pourtant…. Rashi, à propos de l’ordre dans lequel sont cités ces envoyés dans la Torah, précise qu’ils sont nommés chacun d’après ses propres mérites !! Caleb et Josué ne figurent pas parmi les premiers…. Et ce sont eux qui se sont le mieux conduits….

Leurs doutes ne s’inscrivirent point dans l’esprit de Caleb ou de Josué qui, eux, avaient une foi inébranlable en HaShem et ne doutèrent à aucun moment de l’assistance que l’Éternel continuerait à donner à Ses enfants tout ce dont ils auraient besoin et que ce présent était d’une valeur inestimable !………..

La parasha ne s’éternise pas sur ce sujet bien que soit énoncé le verdict divin et que l’expression de cette faute se vérifiera au long des 40 prochaines années, car, l’amour divin pour Ses créatures se retrouve dans le fait qu’IL permet à chacun, de vivre 60 ans au moins (qui était âgé de 20 ans à ce moment-là aurait 60 ans à la fin des 40 ans d’exil dans le désert).

La raison qui fait qu’il est question de libations après des sacrifices offerts pour des erreurs commises, pour la plupart des exégètes est double d’une part parce que l’homme ne peut s’éterniser dans un sentiment de tristesse ni dans la faute aussi, le fait d’offrir un sacrifice avec la promesse tacite de ne plus recommencer et de faire pénitence mais aussi de faire des libations qui réjouiront le cœur de l’homme et aussi, de mettre l’accent sur le fait que ces raisins, cette grappe de raisins rapportée de ce voyage de reconnaissance, pesait le poids fantastique de 14 tonnes environ (c’est pourquoi il a fallu 8 hommes (et pas parmi les plus frêles) pour porter cette grappe1 puis un homme pour porter une seule figue et un autre pour une grenade !!!! La libation est donc en lien direct avec la grappe dont le nom hébraïque est aussi en lien direct avec Abraham2.

Par la suite, il est question de celui qui ramassa des branches un shabbat. Et bizarrement aussi (?) du Talith et de la mitsva des Tsitsith.

Ici encore les commentateurs tombent d’accord avec les midrashim qui rapportent que pendant les jours de la semaine, les tefiline rappellent à l’homme ses devoirs envers la Torah or le shabbat on ne met pas les tefiline…… Mais, le Talith est là pour rappeler à chaque jour que nous sommes attachés aux 613 mitsvoth………

Jforum avec Caroline Elishéva REBOUH et www.chiourim.com

1 Soit chaque homme pouvait porter jusqu’à 1 tonne 750 kgs !!!

2 Trois frères s’engagèrent aux côtés d’Abraham (Abram à ce moment de l’histoire) il s’agissait de Anar, Eshkol et Mamré, lors de la guerre menée par le patriarches contre les 4 rois (bereshith chapitre XIV versets 13 et ss). De nombreuses raisons figurent en marge de l’appellation de la cité de Hébron (la Torah écrit Kyriat Arba hi Hébron’ soit Kyriat Arba est Hébron) certainsc exégètes disent que cette ville a été ainsi nommée à cause des 4 héros qui y habitaient : Anar, Eshkol, Mamré mais aussi et surtout Abraham, tandis que pour certains autres cette appellation est surtout due au fait qu’y résidaient 4 géants (les géants étant les enfants d’anges déchus avec les filles d’Adam).

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