Diplomatie : Joe Biden rompt avec la politique étrangère de Donald Trump.

Moyen-Orient, Russie, alliés… Lors de son premier discours de politique étrangère, Joe Biden a effectué un virage diplomatique par rapport aux années Trump.

Joe Biden a mis fin, jeudi 4 février 2021, au soutien américain à la coalition saoudienne au Yémen et gelé le retrait des troupes américaines en Allemagne, tout en amorçant un changement de ton à l’égard de la Russie, en rupture avec la diplomatie de Donald Trump. «  Nous renforçons nos efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre au Yémen », «  qui a créé une catastrophe humanitaire et stratégique », a déclaré le président des États-Unis dans son premier discours de politique étrangère, au département d’État. «  Cette guerre doit cesser », a-t-il martelé, confirmant la nomination d’un diplomate chevronné, Timothy Lenderking, comme émissaire pour le Yémen. «  Et pour souligner notre détermination, nous mettons fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris aux ventes d’armes. »

Il laisse la place à l’Iran sur ce terrain de bataille et porte atteinte aux intérêts Saoudiens. Il y a là un risque non négligeable pour Israël qui voit s’installer là des bases iraniennes capables d’atteindre Israël. D’Israël justement dont il n’a pas été question dans son discours.

Concrètement, Washington va annuler la vente controversée à Riyad de «  munitions de précisions » décidée à la fin du mandat de l’ex-président républicain, qui a toujours soutenu, envers et contre tout, le royaume saoudien, pilier avec Israël de sa politique anti-Iran. Remettre en cause ce soutien à l’Arabie saoudite, c’est donc bousculer les équilibres des alliances régionales et redessiner la stratégie des États-Unis au Moyen-Orient. Riyad dirige une coalition militaire accusée de nombreuses bavures envers les civils dans son intervention auprès du gouvernement yéménite contre les rebelles houthis, appuyés par l’Iran.

Silencieux sur l’Iran

Les houthis ont salué l’arrêt de l’implication américaine. «  Nous espérons que ce sera le début d’une décision visant à mettre fin à la guerre au Yémen », a déclaré à l’Agence France-Presse Hamid Assem, responsable politique des insurgés à Sanaa. Cette décision pourrait aussi être interprétée comme un geste de bonne volonté par l’Iran, qui s’apprête à entrer dans des tractations complexes avec Washington pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien dont Donald Trump avait claqué la porte. «  Les États-Unis sont-ils prêts à réduire les centaines de milliards de dollars d’armes qu’ils vendent dans notre région ? Sont-ils prêts à mettre fin au massacre d’enfants au Yémen ? », avait interrogé en début de semaine le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif sur CNN International.

Bien que le retour dans l’accord de 2015 soit considéré comme une «  priorité cruciale » par la Maison-Blanche, Joe Biden ne l’a pas évoqué dans son discours. Le 46e président des États-Unis a par ailleurs confirmé qu’il allait «  stopper » le retrait partiel des troupes américaines d’Allemagne, le temps d’un «  réexamen global de la posture » des forces déployées à l’étranger confié au ministre de la Défense Lloyd Austin.

«  La diplomatie est de retour »

Donald Trump avait annoncé en juin vouloir diminuer grandement, à 25 000 soldats, les forces américaines en Allemagne. Cette décision avait suscité des remous au sein de la classe politique américaine ainsi qu’en Europe, où les alliés de Washington, Berlin en particulier, ont été malmenés pendant les quatre années de mandat du milliardaire new-yorkais. «  L’Amérique est de retour, la diplomatie est de retour », a martelé Joe Biden. «  Nous allons rebâtir nos alliances », a-t-il de nouveau promis. Il a défendu les valeurs classiques de la diplomatie américaine promotion de la démocratie et des droits humains, délaissées selon lui par Donald Trump. Et pour illustrer ce «  retour » du «  leadership moral » sur la scène internationale, il a annoncé que les États-Unis accueilleraient dès l’an prochain 125 000 réfugiés dans le cadre du programme de réinstallation, soit une multiplication par huit par rapport aux 15 000 acceptés cette année, un plus bas historique.

Le président Biden a enfin affiché sa détermination à contrer la Chine et la Russie, accusant son prédécesseur d’avoir été faible notamment à l’égard du président russe Vladimir Poutine. Les États-Unis doivent «  être au rendez-vous face à l’avancée de l’autoritarisme, en particulier les ambitions croissantes de la Chine et la volonté de la Russie d’affaiblir notre démocratie », a-t-il lancé. «  J’ai clairement dit au président Poutine, d’une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les États-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie (…) était révolu », a-t-il ajouté.

Il est toutefois resté silencieux sur les mesures concrètes promises par son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan pour faire «  rendre des comptes » à Moscou. Et n’a quasiment rien dit de sa stratégie face à Pékin, pourtant unanimement considéré comme l’adversaire stratégique numéro un de la première puissance mondiale.

La président américain Joe Biden a déclaré ce jeudi avoir prévenu le président russe Vladimir Poutine des changements à venir dans les relations entre leurs deux pays lors d’un appel téléphonique. «J’ai clairement dit au président Poutine, d’une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les Etats-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de de la Russie (…) était révolu» a t-il déclaré.

M. Biden a fait part à M. Poutine d’une série de préoccupations américaines lors de son appel téléphonique, notamment l’ingérence dans les élections, les prétendues primes russes aux insurgés talibans pour avoir tué des troupes américaines et l’Ukraine.

Joe Biden a promis de contrer «l’autoritarisme» de la Chine comme de la Russie, insistant sur sa volonté de marquer la rupture avec Donald Trump face à Moscou. Les Etats-Unis doivent «être au rendez-vous face à l’avancée de l’autoritarisme, en particulier les ambitions croissantes de la Chine et la volonté de la Russie d’affaiblir notre démocratie», a-t-il déclaré depuis le département d’Etat..

Biden n’a pas appelé Netanyahu après son investiture. Qu’est-ce que çà veut dire?

La gauche américaine nie les succès de Trump au Moyen-Orient. Ces succès embarrassent Biden. La recherche désespérée d’un accord avec l’Iran pour absolument promouvoir une solution diplomatique qui est chimère mais il faut sauver les apparences d’une Amérique redevenue « civilisée »

L’Iran n’a aucun intérêt à arriver à un accord avec les Saoudiens et les autres États arabes du Golfe. Les attaques de missiles du mois dernier sur la capitale du Royaume de Riyad par des rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen ont souligné cette conclusion. Heureusement, ils ont été contrariés par les défenses saoudiennes.

Déclaration du général à la retraite John Abizaid ambassadeur américain en Arabie

Les Israéliens ont une vision similaire de l’Iran en tant que menace existentielle et craignent sa capacité militaire progressivement croissante (notamment dans la cyberguerre, les véhicules sans pilote et les missiles balistiques). Au cours de toutes mes visites en Israël, y compris des discussions avec le chef du Parti Kakhol lavan, Benny Gantz (qui était le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes à l’époque où j’étais commandant suprême allié à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et qui reste un bon ami), la menace iranienne planait sur toutes les autres préoccupations, et à juste titre.

Le dégoût et la méfiance mutuels à l’égard de l’Iran de la part des deux alliés américains les plus capables militairement dans la région ont renforcé la coopération tranquille entre eux. C’est ce changement géopolitique fondamental qui a permis à l’administration du président Donald Trump de provoquer les accords d’Abraham, en faisant reconnaître Israël par plusieurs États arabes. Bien que les Saoudiens n’aient pas franchi cette étape finale de reconnaissance, il semble probable que cela se produise bientôt – et fournira une solide monnaie d’échange avec l’administration du président Joe Biden.

Pour l’instant Biden joue avec le feu.

JForum

 

 

10 Commentaires

  1. Ignorer Israël est visiblement le choix de Biden, ce président fantôme. Mais ce qu’il oublie, c’est qu’ Israël, le seul pays démocratique au Proche Orient est aussi le seul pays où les américains pourraient peut-être encore mettre les pieds. Ailleurs, ils l’ont bien profond où je pense grâce à la politique imbécile d’Obama et de ses prédécesseurs rattrapés par Poutine. Ces présidents ont lancé des guerres un peu partout en Orient pour arriver à devoir déguerpir face au terrorisme et au final devoir retirer leurs troupes. Les américains n’ont plus aucun « comptoir en Orient et perdent le contrôle en mer de Chine face à ce géant diplomatique, militaire et économique. Biden devrait montrer ouvertement qu’il soutient Israël mais ne le fera certainement pas afin de faire belle figure à Obama. Le rêve américain est devenu un cauchemar. Et ce n’est pas Biden qui redressera la situation.

    • Tout à fait Biden n’ est qu’un pion idiot qui n’agit que selon les ordres donnés ; c’ est Obama qui dirige ; et j’ espère que les américains vont prendre conscience de la réalité avec le temps et réagir en conséquence .

  2. Tant qu’un traître pathologique comme Robert Malley (Elmaleh) fera partie du sommet de la diplomatie américaine, toutes les catastrophes sont prévisibles.

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