Un an après l’arrivée de Biden, la démocratie américaine toujours malade.

Dans l’imaginaire populaire, entretenu par une presse majoritairement à gauche, on prête facilement la compétence, le savoir-faire, les capacités intellectuelles et surtout morales aux démocrates. Le symétrique de ces qualités étant ce qui qualifie les républicains et Trump plus particulièrement. Comme à l’arrivée d’Obama, Joe Biden a bénéficié de présupposés très positifs, comme ce fut le cas pour Obama. Ce dernier avant même d’avoir fait quoi que ce soit, s’était vu attribuer le Prix Nobel de la paix, alors qu’il n’avait strictement rien fait. A contrario Donald Trump, n’a rien eu pour les accords d’Abraham. Joe Biden après un an de mandat, après avoir mené une politique héritée d’Obama, se trouve face à ses échecs. La bérézina en Afghanistan l’a rendu peu crédible face à Poutine en Ukraine, où il ne peut que pousser de la voix. Après avoir lâché l’Arabie Saoudite pour des raisons « morales » il voit cette dernière se rapprocher de l’Iran et de la Russie, alors qu’il s’embourbe dans des négociations sans fin avec l’Iran. Il veut remettre sur le même plan d’égalité l’Alliance avec Israël et les relations avec les mafieux palestiniens. Mais sur le plan intérieur, ce n’est guère mieux, ce qui permet à Trump de préparer son retour.

Le parti démocrate sent la déconfiture arriver et il se trouve en plein désarroi, quand le Président est contesté et la Vice-présidente incapable d’assumer ses fonctions correctement.

Un an après son investiture, Joe Biden est aussi impopulaire que Donald Trump au même stade de son mandat. Le point de vue de Marie-Christine Bonzom, politologue spécialiste des États-Unis.

Un an après son investiture, Joe Biden est aussi impopulaire que Donald Trump au même stade de son mandat. Arrivé avec une popularité de 55 % en moyenne de sondages, il ne fait plus que 42 % de satisfaits.

Sa gestion des grands dossiers a vite provoqué un revirement de l’opinion. D’abord, la crise migratoire à la frontière sud, avec un record de sans-papiers depuis 1986. Puis, la promesse non tenue de « l’arrêt » du Covid pour la fête d’indépendance début juillet. Le désastreux retrait d’Afghanistan marqua le tournant décisif dans l’affaiblissement de Biden qu’aggravent l’inflation, à un niveau inédit depuis 1982, et les luttes entre l’aile gauche et les centristes du parti démocrate sur les priorités du président.

Un manque de transparence pointé

Biden n’a pas aidé sa cause en trahissant ses principes déclarés, notamment quand il alla fêter Thanksgiving chez un milliardaire alors que nombre d’Américains peinent à joindre les deux bouts ou quand il est devenu le président qui, depuis Reagan, donne le moins d’interviews et de conférences de presse, suscitant une plainte des journalistes accrédités à la Maison Blanche pour manque de transparence.

Pour la plupart des Américains aujourd’hui, Biden n’est pas un leader compétent et n’a pas œuvré à la réconciliation nationale qu’il promettait. Il est désavoué sur tous les fronts, y compris la politique étrangère, censée être son point fort, et même le Covid qui le porta au pouvoir. De fait, plus d’Américains sont morts du Covid sous Biden que sous Trump, le bilan étant de plus de 854 000 morts, dont plus de la moitié depuis janvier 2021.

Le parti démocrate est en mauvaise posture

D’abord lâché par des Républicains modérés et des électeurs indépendants, il a perdu du soutien dans son propre parti. À tel point que le parti démocrate est en mauvaise posture pour les législatives de novembre. À tel point aussi que la majorité des Américains, dont un tiers des Démocrates, ne veulent ni de Biden, ni de sa vice-présidente à la prochaine présidentielle. Biden est si affaibli que, dans des duels proposés par les sondeurs, Trump le battrait. Mais à tout prendre, la plupart des Américains ne veulent d’aucun des deux hommes pour 2024.

Plus largement, les Américains rejettent de plus en plus l’offre politique binaire. En 2021, ils n’ont jamais été si peu nombreux à se dire Démocrates ou Républicains. Du reste, 43 % des Américains exigent une « réforme importante » du système politique tandis que 42 % la souhaitent même « complète ».

Une ultrapolarisation avant les prochains scrutins

Au lieu de répondre à ce rejet historique et à cette aspiration profonde du peuple, les partis démocrate et républicain poursuivent leur entreprise d’ultra-polarisation avant les prochains scrutins, tout en verrouillant encore plus l’accès au pouvoir.

Trump et ses partisans visent la revanche sur leur prétendue « victoire volée » de 2020. Biden et les siens tentent de remobiliser leur base en dénonçant comme des « ennemis de la démocratie », non seulement Trump et les participants à l’affligeante invasion du Capitole, mais aussi le parti républicain et les 74 millions d’électeurs qui ont préféré Trump à Biden.

Or, les menaces qui minent la démocratie américaine sont bi partisanes, et depuis longtemps. Biden prône ainsi une réforme qui rendrait la vie encore plus difficile aux petits partis et aux candidats indépendants et, dans la plupart des États qu’ils gouvernent, les deux partis dominants se livrent à un nouveau charcutage électoral destiné à pérenniser leur emprise.

Jforum – Ouest-France

2 Commentaires

  1. L’échec de Biden était annoncé bien avant les « élections ». Renvoyés coude à coude les deux partis, comme s’ils gouvernaient ensemble ne représente pas les faits et la réalité, surtout lorsque l’on accepte de voir que la popularité de Trump n’a fait qu’augmenter. Les américains peuvent maintenant constater ce qu’ils ont perdu avec Biden.

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