Annexion : faut il craindre la création d’un non Etat palestinien ?

Alors que le 1er juillet 2020, date prévue pour la mise en place d’une annexion (ou, ce que certains nomment une extension de la souveraineté israélienne) de 32% de la Cisjordanie, conformément au « deal du siècle » du Président Donald Trump, de plus en plus d’annonces corroborent, avec certitude, qu’elle aura bien lieu. Pour autant, elle est loin de faire l’unanimité dans la classe politique israélienne : la gauche et les partis (qu’Israël appelle) arabes israéliens (alors qu’eux-mêmes se nomment palestiniens d’Israël) y sont hostiles. De même, une partie de la droite israélienne la voit d’un mauvais œil, redoutant la création, concomitante, d’un Etat palestinien sur le reste de la Judée Samarie. La droite redoute également les problèmes  de sécurité auxquels seront confrontés les implantations juives isolées disséminées en Judée Samarie. Qu’elle se rassure : le non Etat palestinien le restera, faute, chez les palestiniens, d’unité populaire, de souveraineté économique, de capacité financière, de projet politique et surtout de volonté pour le mettre en place.

Côté Israël, et sur un plan strictement juridique, le principe de l’annexion n’est pas en soi sujet à discussion : les parties de Cisjordanie concernées par le projet sont peuplées de juifs qui aspirent à leur rattachement à l’Etat juif. Or, la Loi israélienne s’y applique déjà (depuis peu) dans de nombreux domaines comme l’enseignement supérieur, la domanialité des terres (réputées dépendre d’Israël), la fiscalité des énergies renouvelables, la compétence des juridictions israéliennes pour connaître des litiges qui y surviennent, l’uniformisation du casier judiciaire… Ainsi, l’annexion s’inscrit dans le cadre du Droit international des peuples à disposer de d’eux-mêmes.

Notons que l’annexion de parties de la zone C de Cisjordanie n’obligerait pas Israël à donner la citoyenneté israélienne aux palestiniens qui y vivent. Ceux-ci auraient alors le statut des palestiniens de Jérusalem, avec des cartes de résident et de circulation en Israël (un peu comme le titre de séjour que les Etats démocratiques réservent aux étrangers vivant régulièrement sur un territoire donné). Ainsi, les palestiniens travaillant dans des entreprises implantées dans des territoires devenus israéliens pourront bénéficier d’un titre de circulation, voir de résidence provisoire, comme c’est déjà  le cas actuellement.

Inversement, si les palestiniens souhaiteraient une contiguïté territoriale entre les zones A et B (qu’ils contrôlent politiquement), de sorte que leurs déplacements ne soient plus entravés par des checks points contrôlés par les israéliens, ils ne sauraient, pour trois raisons fondamentales, annoncer, d’autorité, une extension de souveraineté sur certaines parties de la zone C.

Sur un plan technique, une déclaration palestinienne d’indépendance sur une partie de la zone C de Cisjordanie supposerait qu’elle soit sous contrôle intégral palestinien. Tel n’est pas le cas. Aussi, une annexion palestinienne de pans de la zone C supposerait l’accord préalable d’Israël qui gère les points de passage entre les différentes zones. Or, pour obtenir cet accord, le futur Etat palestinien (démilitarisé), devrait s’engager unanimement et définitivement, à renoncer à la lutte armée contre Israël et accepter que leur futur Etat vive en paix aux côtés d’Israël. Bien évidemment, les palestiniens en sont incapables : le peuple palestinien s’est construit dans la haine d’Israël et perdrait sa raison d’être en pareille occurrence.

Sur un plan idéologique, et même en cas d’accord israélien, aucun palestinien ne pourrait déclarer l’indépendance sur un centimètre carré de la zone A et B de Cisjordanie puisqu’elle impliquerait une reconnaissance implicite de l’Etat d’Israël, ce que refuse bon nombre d’entre eux (notamment ceux qui sont affiliés aux Hamas). Aussi, le premier palestinien qui ferait une déclaration d’indépendance de l’Etat de Palestine sur un petit morceau de la Palestine (antérieurement sous mandat Britannique), se ferait immédiatement assassiné, comme violant, ce que les palestiniens appellent « les constantes palestiniennes », ou encore, le concept qu’ils se sont inventés et auquel ils sont fondamentalement attachés: « les droits inaliénables des palestiniens ».

Sur un plan politique, les palestiniens devraient se choisir des institutions démocratiques, un gouvernement et des représentants au sein d’une assemblée qui organisent l’exercice d’une souveraineté palestinienne, dénuée de violence. Si l’Etat juif est bien évidemment à leur disposition pour les accompagner et les aider à mettre en place de telles institutions, les palestiniens en sont bien évidemment incapables. Ils fonctionnement dans la rancœur, la vengeance, la violence et la haine, c’est-à-dire aux antipodes des dispositions d’esprit indispensables pour s’auto administrer. D’ailleurs, ils ont été nourris du message selon lequel l’Etat sioniste n’est qu’une parenthèse de l’histoire et qu’il disparaîtra naturellement. Les palestiniens resteront incapables de s’auto déterminer, tant qu’ils haïront plus les juifs qu’ils n’aiment leurs enfants (pour reprendre l’expression de Golda Meir).

Si donc les responsables des implantations juives de Cisjordanie s’opposent à la création d’un Etat palestinien, tout comme certains Ministres (comme Gideon Saar) voire encore des officiers de Tsahal, et préfèrent une souveraineté israélienne sur l’ensemble de la Cisjordanie, qu’ils se rassurent : l’Etat palestinien n’est pas prêt de voir le jour. Inversement, l’annexion de l’ensemble de la Cisjordanie serait désastreuse pour l’Etat d’Israël qui serait contraint d’intégrer les 2,7 millions de palestiniens qui y vivent, dans sa population, d’en faire des israéliens, de leur donner le droit de vote, prenant le risque de faire disparaître l’Etat juif. Autrement dit, une extension de souveraineté sur la Cisjordanie qui n’intégrerait pas les palestiniens ferait d’Israël un véritable Etat d’apartheid, avec un système institutionnel réservant des droits à certaines catégories de ressortissants en fonction de leur origine… ce qui est impensable.

Actuellement, le problème se pose juste pour 19 implantations juives enclavées dans le territoire, supposé passer sous souveraineté palestinienne. L’accès (notamment pour celles autour de Naplouse), s’y opère dans des conditions de sécurité minimales : jets de pierres, faible éclairage nocturne, absence de connexion téléphonique. Les détails du plan de Plan de Trump ont envisagé une solution : les implantations de Gav Hahar disposeront d’un accès exclusif pour relier Israël.

Les palestiniens disposent d’un délai de 4 ans pour accepter ou refuser le plan. En attendant, Israël contrôle tous les mouvements et déplacements à l’intérieur de la Judée Samarie. Aussi, l’annexion n’aura aucune incidence immédiate sur la sécurité des populations juives qui y vivent. Pour leur part, tant que les palestiniens n’auront pas intégré qu’il est interdit de s’en prendre à des personnes juives, l’Etat palestinien n’est pas prêt de voir le jour. Il restera, pour longtemps, un non Etat palestinien sur des terres isolées, dans l’incapacité de s’autodéterminer.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

8 Commentaires

  1. Annexion ou pas Israel n a aucun choix réel :
    Comment laisser la vallée du jourdain libre de nos soldats quand on sait que les iraniens sont tout pret et que cette frontiere permet juste de repousser le danger de mort de 40 a 50 km , ce qui strategiquement n est rien : 2 heures de route pour un char .
    Peut on laisser une bande de bandits de l olp etre souverains a 10 km de Ben Gourion ?
    Peut on imaginer que 2 heures apres l independance il y ai autre chose que le chaos et une prise de pouvoir du hamas , donc les armes iraniennes devant le coeur s Israel ?
    Interrogez n importe quel stratege avec une carte en mains , meme le plus antisioniste et vous aurez la reponse !!!
    Israel est condamné a controler cette etroite bande de terre

  2. Je cite:

    « l’annexion de parties de la zone C de Cisjordanie n’obligerait pas Israël à donner la citoyenneté israélienne aux palestiniens qui y vivent. Ceux-ci auraient alors le statut des palestiniens de Jérusalem, avec des cartes de résident et de circulation en Israël  »

    Je cite encore:

    « une extension de souveraineté sur la Cisjordanie qui n’intégrerait pas les palestiniens ferait d’Israël un véritable État d’apartheid, avec un système institutionnel réservant des droits à certaines catégories de ressortissants en fonction de leur origine… ce qui est impensable. »

    Et je me demande : pourquoi ce qui serait possible dans la zone C (statut de résident), ne le serait pas de la même façon pour la Cisjordanie ?

  3. Pour ceux qui ont des contacts avec les médias, il faut les harceler pour pour qu’ils utilisent les bons mots comme présise E.Richter. D’autre part , je suis assez d’accord pour envisager sérieusement des pourparlers ave le roitelet jordanien qui a déjà 70 % de palestiriens.

  4. POUR MAITRE BERTRAND RAMAS-MUHLBACH: De grâce n’utilisez jamais le terme « annexion »dont la definition est: »La prise ou l’incorporation de territoires d’un Etat par un autre Etat » Or de quel Etat prendrions nous ces territoires puisque la Jordanie y a renoncé en 1988 et qu’il n’y a pas d’Etat « palestinien ». Israel a la mauvaise habitude de ne pas faire attention à ces vocabulaires qui mènent à des narratifs qui deviennent eux-mêmes des réalités. Nous avons déjà eu cela avec « le peuple palestinien » inventé en 1964, avec BDS et maintenant avec l’Annexion! Please ne contribuez pas à cela!!!

  5. Le « statu quo » actuel n’est pas une solution pérenne, et Israel a besoin de stabiliser sa situation géopolitique pour passer à autre chose. Il est évident par ailleurs qu’une séparation des deux populations est indispensable, car à long terme le nombre n’est pas en la faveur de la population juive. Donc il faut se résoudre à promouvoir la création d’un état palestinien tel que préconisé par le plan TRUMP, démilitarisé avec control par Israel de la rive du Jourdain, même si ce n’est pas celui que beaucoup voudraient.

    A mon avis NETANYAHOU devrait afficher haut et fort qu’il est aussi est en faveur d’un état palestinien, même s’il ne met pas dans ce mot la même chose que les européens par exemple. Aux palestiniens ensuite d’accepter ou pas cet état.

    Ce qui est sûr c’est que cet état ne sera jamais capable de survivre sans l’aide massive des pays arabes et de l’Europe car les élites palestiniennes se sont habituées à utiliser la manne financière reçue pour s’enrichir personnellement et non pour construire un état. Encore moins d’accueillir des millions de palestiniens honteusement maintenus dans des camps de réfugiés par leurs « frères » arabes.

  6. Une question cruciale concernant le chimérique « Etat palestiRIEN » n’est jamais posée :
    Comment cette entité pourra-t-elle financer son existence, ses structures, ses hôpitaux, ses écoles, ses égouts, son électricité, son gaz, ses installations sociales, et plus encore ?
    Pour l’instant les pleurnichards vivent de mendicité, mais plus tard, de quoi vivront-ils ?
    Que pourront fabriquer et exporter les dirigeants terroristes à travers la planète en dehors du terrorisme, la violence et la mort ?
    Plus nous analysons la situation actuelle et plus il semble clair que la solution se trouve en Jordanie, il faut commencer à en discuter avec le roitelet de façon sérieuse, il n’y a pas d’autre solution rationnelle, Israël ne peut pas absorber cette pourriture….

  7. Zones A et B seront un TERRITOIRE autonome des arabes dans L’ ETAT NATION d’ ISRAEL !! JAMAIS ces arabes ne seront un ETAT SOUVERAIN dans l’ ETAT d’ ISRAEL ( interdit par le TRAITE de SAN REMO article 80 ! )
    La Zone C restera aux israéliens dans l’ ETAT NATION du Peuple JUIF de la MER au JOURDAIN !
    Il faut le marteler souvent , chacun finira par le comprendre en réfléchissant un peu !!!!
    Les TRAITES ont été clairs et les juifs ont eu tort de s’engouffrer dans des négociations organisées pour démunir petit à petit les territoires juifs qui dès le départ ont été lésés !! : 25% aux juifs ( de la Palestine Antique juive) , 75% aux arabes qui continuent d’essayer de grignoter , avec l’aide de l’ ONU , les 25% des juifs !!!! et ça marche !!!!!!!!!!!!!

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