Variole du singe : quels vaccins et traitements pour combattre la maladie ?

Face aux cas de monkeypox, désormais trois confirmés en France, la Haute autorité de Santé a recommandé de vacciner les adultes ayant eu un contact à risque avec un malade. Une stratégie qui rejoint celle des Etats-Unis, ou du Royaume-Uni.

La riposte s’organise. Alors que les cas de variole du singe (monkeypox, en anglais) se multiplient hors des zones endémiques d’Afrique, les autorités sanitaires de pays occidentaux touchés par la maladie prennent des mesures. S’il n’existe pas de vaccin spécifique contre la variole du singe, un vaccin contre sa cousine plus dangereuse, la variole, peut toutefois protéger les cas contacts.

En France, où trois malades ont pour le moment été recensés, la Haute Autorité de santé a recommandé ce mardi d’administrer le vaccin de troisième génération contre la variole aux « adultes contacts à risque élevé de variole du singe », dont les professionnels de santé exposés sans mesure de protection individuelle.

La Direction générale de la santé (DGS) annoncera dans les heures à venir si elle décide d’appliquer les recommandations de la HAS. Elle assure toutefois au Parisien qu’une vaccination en population générale n’est pas nécessaire, « au regard des connaissances et de la situation ».

Cette stratégie rejoint celle des États-Unis, qui comptent au moins cinq cas probables ou confirmés. L’Espagne, où 30 patients ont été identifiés, finalise de son côté l’achat de milliers de doses de vaccin de troisième génération et, au Royaume-Uni, où les autorités sanitaires recensent une soixantaine de cas, des injections du même type sont déjà proposées aux cas contacts à risque.

Combien de doses disponibles ?

La variole du singe se traduit d’abord par une forte fièvre, puis évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes, et se guérit généralement d’elle-même. Elle est habituellement transmise à l’homme par des rongeurs sauvages ou des primates. Mais une transmission interhumaine est également possible, par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d’une personne malade, ainsi que par les gouttelettes.

La vaccination contre la variole a montré une bonne efficacité croisée – estimée à 85 % par le passé – contre la variole du singe. En France, elle a été obligatoire jusqu’à l’éradication de la maladie en 1979. La plupart des personnes qui ont plus de 50 ans aujourd’hui sont donc davantage protégées que le reste de la population contre les orthopoxvirus (famille dont fait partie la variole du singe), bien que l’immunité acquise grâce au vaccin ait pu s’affaiblir avec le temps.

Mais depuis l’éradication de la variole, les Etats ont été invités à détruire leurs stocks de virus, nécessaires à la fabrication de vaccins. Les stocks restants ont été transférés à deux laboratoires de sécurité, situés aux États-Unis et en Russie, précise le ministère de la Santé dans un document qui date de 2006. Un stock stratégique de vaccin a toutefois été conservé en France en cas d’attaque bioterroriste. « Le nombre de doses disponibles est une donnée classifiée », nous précise la DGS.

Vaccins vivants atténués

Les vaccins antivarioliques de première et deuxième génération, utilisés jusque dans les années 1980, sont des vaccins vivants atténués, déconseillés aux personnes immunodéprimées, aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 1 an. La technique d’injection est particulière, « il faut prendre un certain nombre de précautions pour la faire, ça donne une pustule qui devient croûteuse avant de cicatriser », explique François Bricaire, membre de l’Académie nationale de médecine et ancien chef du service d’infectiologie parisien de la Pitié-Salpêtrière. « Les effets secondaires sont importants et il peut y avoir des complications générales, pas trop fréquentes heureusement, comme de la fièvre, des encéphalites ou des myocardites. Ce n’est pas un vaccin anodin », résume l’infectiologue.

Le vaccin de troisième génération – Imvanex, de la firme Bavarian Nordic – est aussi un vaccin vivant mais non réplicatif, et donc considéré comme plus sûr. Il dispose d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne et américaine depuis juillet 2013. C’est celui-ci que les autorités sanitaires recommandent d’utiliser. « Il présente un mode d’administration et un profil de sécurité beaucoup plus favorable que ceux des vaccins de 1re et 2e génération, tout en assurant une immunogénicité (réponse immunitaire) comparable », note la HAS, qui recommande de l’administrer dans « les quatre jours après le contact à risque avec un schéma à deux doses (trois doses chez les sujets immunodéprimés), espacées de 28 jours ».

« Il semblerait que les effets indésirables soient légers, mais il manque encore des données sur l’efficacité du vaccin chez l’homme », constate toutefois Yazdan Yazdanpanah, à la tête de l’Agence sanitaire ANRS-maladies infectieuses émergentes.

Un traitement antiviral autorisé dans l’UE

Pour les personnes malades, un traitement antiviral est disponible dans l’UE, bien que peu utilisé : le Tecovirimat. Il se présente sous forme de gélule, à avaler deux fois par jour dès que possible après le diagnostic et pendant quatorze jours. « Il empêche les cellules infectées de libérer les particules virales », explique l’infectiologue.

Le Tecovirimat ne dispose toutefois que d’une autorisation de mise sur le marché « dans des circonstances exceptionnelles », car « il n’a pas été possible d’obtenir des informations complètes en raison de la rareté de ces maladies », précise l’Agence européenne des médicaments (EMA). « Bien que la sécurité du médicament ait été évaluée chez des personnes non infectées, les effets indésirables de Tecovirimat devraient être similaires chez les personnes infectées et sont considérés comme acceptables », estime l’EMA, qui rappelle que l’efficacité du traitement a été démontrée sur la base d’études réalisées sur des animaux – « des primates », nous précise Yazdan Yazdanpanah.

L’évaluation de l’efficacité du Tecovirimat va toutefois s’enrichir. « Nous sommes en train de mettre en place une cohorte sur ce traitement avec le Royaume-Uni et l’Europe afin d’en apprendre davantage et de cadrer la prescription », indique le chef de l’ANRS-maladies infectieuses émergentes.

Le Parisien

4 Commentaires

  1. Je me pose parfois la question :

     » N’est ce pas la main de D. qui cherche à remettre sur les rails l’Humanité toute entière ? « 

    • Bonne question cher Bonaparte.

      La France, le monde et même Israël sont depuis quelques années sous des jugements divins à cause du comportement des hommes. Dieu est un Dieu d’amour, de compassion mais quand l’humanité ne se comporte plus à l’image de son créateur mais comme des animaux, alors Dieu intervient, il fixe des limites au mal, c’est aussi un Dieu qui juge.

      Et cela se traduit, comme vous pouvez le constater par l’apparition de maladies sur les hommes, animaux, plantes, mais aussi l’apparition de parasites comme les punaises de lits, rats, frelons asiatiques…
      Cela peut se traduire aussi par des catastrophes naturelles, des crises économiques et tout cela est biblique: Dev ou Deut 28.15-68

      Dieu permet tout ceci pour que les hommes se repentent, reviennent vers Lui.

      Maintenant, je ne vous cache pas que les événements se précipitent ces dernières années et que les prophéties se réalisent sous nos yeux ( Matthieu 24, Apocalypse ) et par conséquent, les temps sont courts. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises sur ce site, le véritable Alya, est un retour vers Dieu car c’est en Lui qu’on trouve la véritable paix, sécurité et le « Salut » !

      • Merci Marco22

        Je viens de prendre connaissance de votre message ( grace à votre alerte sur un autre sujet ) et vous en remercie .
        Je partage entiérement votre analyse et si on n’y prend pas garde…. l’Humanité disparaitra dans le néant .
        L’histoire n’a rien appris aux hommes qui nous dirigent et sont restés sourds à tous ses avertissements .

        Bonne journée mon Cher Marco .

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