La colonisation arabe des Lieux Saints du Judaïsme en question

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Le 30 octobre 2014, un projet de loi déposé à la Knesset vise à lever les restrictions imposées aux juifs qui veulent se rendre sur le Mont du Temple pour y prier. Parmi les pistes explorées, figure la proposition du rabbin, Ministre adjoint des services religieux, Eli Ben Dahan, favorable à une division du site entre musulmans et juifs. La situation serait alors voisine de ce qui existe à Hébron où la Mosquée d’Abraham est divisée en une synagogue avec « le tombeau des patriarches » d’un côté, et une mosquée de l’autre, gérées grâce à un mécanisme sécuritaire qui facilite l’exercice du culte pendant les périodes de prières.

La question est très sensible au sein de la communauté musulmane puisque l’esplanade des mosquées (appelé « haram al Sharif » ou « noble sanctuaire »), abrite la Mosquée Al Aqsa, (troisième Lieu Saint en Islam) que les musulmans n’entendent pas partager avec les juifs. Inversement, pour les juifs, le site n’est [autre que le siège du Temple de SalomonArticle original détruit en (-586), reconstruit 50 ans plus tard, puis de nouveau démoli par les romains il y a de cela 2000 ans. Or, un tel partage du site pourrait bien provoquer un embrasement généralisé de la région.

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Les responsables politiques musulmans locaux n’ont pas manqué de faire part de leur grande désaprobation : l’ambassadeur jordanien près de l’Autorité palestinienne a déclaré que la mosquée « Al Aqsa et Jérusalem (étaient) des lignes rouges qu’il ne fallait pas franchir» et Mahmoud Abbas s’est catégoriquement prononçé contre la division de la mosquée qui serait « illicite au regard du Droit international et qui ferait exploser toute la région ». Pour sa part, le secrétaire-général de l’ONU Ban Ki-Moon a déclaré le 13 septembre 2014 : « Je suis profondément préoccupé par les provocations répétées qui surviennent sur les Lieux Saints de Jérusalem. Elles doivent cesser car elles ne font qu’aviver les tensions. »

Benjamin Netanyahou a donc essayer de calmer les tensions et d’apaiser la Jordanie (responsable des Lieux Saints) en confirmant qu’Israël continuerait de garantir la liberté de culte et des croyances à Jérusalem, et qu’il n’y avait aucune raison de changer le statu quo. Il a ainsi confirmé : « les Juifs ne seront pas autorisés à venir prier sur le site ». (L’adoption du texte démentirait toutefois ses propos.)

Naturellement, les musulmans considèrent qu’il est une inégalité de traitement dans la liberté de culte dans la mesure où les juifs multiplient leurs venues sur le site alors que les palestiniens subissent des restrictions considérables : ceux, originaires de Cisjordanie et Gaza se sont vus, à maintes reprises, interdits d’aller prier sur le site, tout comme les musulmans résidant en Israël âgés de moins de cinquante ans. Inversement, un nombre toujours plus important de juifs religieux, s’est rendu sur le Mont du Temple (pendant les fêtes de Tichri) pour prier, accompagnés de policiers israéliens.

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[Mur de l’ancien TempleArticle original, à l’intérieur même de la Mosquée Al Aqsa.

Signe du déclenchement d’une troisième Intifada, les affrontements violents entre palestiniens et la police israélienne se systématisent depuis plusieurs semaines. D’ailleurs, les deux derniers attentats des terroristes palestiniens à Jérusalem n’en sont que le signe avant coureur : le 22 octobre 2014, un palestinien originaire du quartier de Silwan a foncé avec son véhicule sur des personnes qui venaient de descendre du tramways (tuant un bébé et blessant 6 personnes), et, le 29 octobre 2014, un palestinien a tenté d’assassiner à l’arme blance, Yehuda Glick, Président de la fondation pour la reconstruction du Temple.

Pour limiter les affrontements, le Ministre de la police Yitzhak Aharonovich a donc décidé de fermer le site aux non musulmans tout en indiquant être en train d’étudier les changements à venir : « Je suis en train d’étudier la possibilité suivante : si le Mont du Temple est fermé pour les juifs, il en sera de même pour les musulmans. » A terme, Israël pourrait coordonner avec le Waaqf l’accès du site aux musulmans, à condition que l’autorité islamique autorise la prière des juifs religieux sur le site.

Pour leur part, les palestiniens (et les musulmans en général) estiment que la gestion du site doit être réservée au Waaqf (c’est-à-dire aux religieux et dignitaires islamiques) et que les juifs religieux ne doivent pas être autorisés à venir y prier, a fortiori s’ils se présentent comme étant des touristes, escortés par la police israélienne. Au fond, ils craignent, à terme, une destruction de la mosquée Al Aqsa et une reconstruction du troisième temple.

Or, les palestiniens constatent une présence juive de plus en plus massive autour de la mosquée Al Aqsa dans le quartier arabe : le parc archéologique de Silwan portant le nom de « Cité de David », accueille des centaines de milliers de visiteurs juifs, qui se rendent sur ce qui était autrefois, la capitale du Roi David. Par ailleurs, des juifs investissement et s’installent dans des quartiers traditionnellement arabes (bien qu’une loi palestinienne sanctionne lourdement les palestiniens qui revendraient leur immeubles à des juifs), notamment dans le quarter de Silwan, situé en dehors de la vieille ville, mais à proximité de la Mosquée.

Force est de constater que les juifs reprennent progressivement le contrôle de leur ancienne capitale, face à un gouvernement palestinien d’union nationale parfaitement impuissant pour empêcher les modifications. Or, les palestiniens de plus en plus isolés à Jérusalem, sont tentés de vendre aux juifs les biens leur appartenant, ce que Mahmoud Abbas essaye de contrecarrer en aggravant la loi interdisant la vente des biens palestiniens au juifs : elles sont désormais passibles de travaux forcés à perpétuité, s’agissant d’actes de haute trahison. Naturellement, le Président de l’Auorité palestinienne serait incapable d’appliquer un tel texte, faute d’exercice d’une quelconque souveraineté à Jérusalem.

En somme, les palestiniens sont spectateurs d’un grand mouvement de décolonisation des Lieux Saints du judaisme, colonisés par les arabes à partir de 638 de notre ère, lorsque le Calife Umar (634-644) et les armées arabes ont envahi le pays, annexé les territoires de Syrie, pris Jérusalem et divisé la province d’ash-Sham («Syrie») en cinq districts (jund). Celui qui s’étendait du Sinaï jusqu’à Akko (Saint-Jean-d’Acre) a été baptisé Palestine (Filastīn) mais Jérusalem n’en pas été immédiatement la capitale puisque c’est Ludd (Lydda ou encore Lod) qui a été choisie à ce titre, avant que la capitale arabe ne soit déplacée en 717 à… ar-Ramlah (ou encore Ramallah).

Au cours de la période omeyyade (de 661 à 750), les arabes ont entrepris la construction de la «Coupole du Rocher » (sur l’emplacement de l’ancien temple juif détruit par les Romains) et la mosquée Al Aqsa en 702, près du nouveau Dôme du Rocher, où, selon le Coran, Mahomet aurait été transporté lors d’une nuit miraculeuse (isra), de La Mecque à la plus éloignée des mosquées » (al aqsa) avant d’effectuer son ascension au paradis Mi’radj.

Aujourd’hui, l’Etat d’Israël ne fait que restituer au site, sa vocation d’origine et son sens profond pour chacune des religions. Comme le rappellent les palestiniens, tout mouvement de colonisation doit s’accompagner d’une décolonisation. C’est exactement ce qui se produit en ce moment à Jérusalem.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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Colonne datant du Temple, “En quelque sorte, ces arches robustes, ces piliers massifs avaient échappé, [même à la destruction acharnée du Second Temple par les RomainsArticle original. Avant que nous ayons fait nôtre cet endroit, c’était, sans l’ombre d’un doute, le leur”. Qanta Ahmed

1 COMMENT

  1. Benjamin Netanyahou a donc essayer de calmer les tensions et d’apaiser la Jordanie (responsable des Lieux Saints) en confirmant qu’Israël continuerait de garantir la liberté de culte et des croyances à Jérusalem, et qu’il n’y avait aucune raison de changer le statu quo. Il a ainsi confirmé : « les Juifs ne seront pas autorisés à venir prier sur le site ».

    Liberté de culte à Jérusalem pour tous sauf pour… les juifs !

    Les arabes ont bien compris que si les juifs reprennent le contrôle total de ce qui est leur depuis toujours, Jérusalem, alors s’en est fini de l’imposture “Al Quds”…

    Aucune mention de Jérusalem dans le Coran ni dans aucune littérature arabo-musulmane. Quel poète, quel écrivain arabe ou seulement musulman à écrit son histoire ou déclaré son amour pour Jérusalem ? Aucun en 1.436 ans d'{“Hégir”} et même aujourd’hui je me demande s’il y en a…

    Alors que pendant 3.000 ans les juifs ont écrit des milliers de pages sur cette ville à commencer par la Bible et émis des milliards de prières invoquant son nom !

    Que le soit disant futur “Etat Palaestinaen” se choisisse une autre capitale et basta !

  2. même s’ils veulent coloniser Jérusalem, Dieu fera en sorte que ce qu’il a dit dans la Thora s’accomplira. Je ne vois pas en quoi Jérusalem interresse ces colonisateurs, si ce n’est pour jeter les juifs de chez eux. Dieu veille sur son peuple, son alliance avec Abraham est éternelle , il a déclaré à ce dernier : “je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront !” . Que dire après cela, tout se déroulera comme Achem l’a prévu

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