© 2009 AFP (HO PRESS TV)
L’Iran a achevé lundi ses exercices balistiques par des tirs de missiles capables d’atteindre Israël, suscitant l’inquiétude des capitales occidentales à trois jours de la reprise à Genève des négociations avec Téhéran sur ses programmes nucléaires.

L’Iran a achevé lundi ses exercices balistiques par des tirs de missiles capables d’atteindre Israël, suscitant l’inquiétude des capitales occidentales à trois jours de la reprise à Genève des négociations avec Téhéran sur ses programmes nucléaires.

Présentés à Téhéran comme une démonstration de force de l’armée iranienne, ces essais, intervenus quelques jours après la révélation de la construction d’un second centre d’enrichissement d’uranium, ont été qualifiés de succès par les Gardiens de la révolution, qui ont affirmé que les manoeuvres avaient atteint « tous leurs objectifs ».

Peu avant les tirs –dont des images ont été retransmises par la chaîne publique en langue anglaise Press-TV–, le commandant des forces aériennes des Gardiens, Hossein Salami, a prévenu que Téhéran répondrait à toute menace, notamment contre son programme nucléaire, de manière « directe, ferme et destructrice ».

« Les forces armées ont procédé avec succès lundi au tir d’un missile Ghadr-1, version améliorée du Shahab-3 d’une capacité de 1.800 km, et d’un missile Sejil à deux étages utilisant du combustible solide », a annoncé le général Salami, cité par la télévision iranienne Al-Alam.
Retransmission sur TV Channel du lancement le 28 septembre 2009 par l’Iran d’un missile de longue portée Shahab-3

Le Sejil a une portée de 2.000 km et « des capacités extraordinaires », selon l’ancien ministre de la Défense, Mohammad Ali Najar.

missiles Lors de ces exercices entamés dimanche, les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, ont également tiré des missiles de moindre portée.

Israël, qui est distant d’un millier de kilomètres de l’Iran, et les Etats-Unis n’ont pas exclu l’option militaire face à la menace d’un Iran nucléaire.

« Israël est un tigre de papier et lorsqu’ils disent qu’Israël va attaquer l’Iran, c’est du bluff », a toutefois rétorqué lundi le chef d’état-major iranien Hassan Firouzabadi, selon l’agence Mehr.

Le chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Ali Jafari, a affirmé de son côté que ces manoeuvres permettraient de faire comprendre aux « ennemis » de la République islamique « la capacité de défense et la puissance » de l’Iran.
Retransmission sur TV Channel du lancement le 28 septembre 2009 par l’Iran d’un missile de longue portée Shahab-3

« Cette capacité n’est pas comparable à celle des années passées », a-t-il assuré.
La télévision iranienne a montré lundi le lancement d’un missile Shabab-3, tiré d’une région semi-désertique par les forces armées. Ce missile aurait une portée de 1.300 à 2.000 km. Durée: 0mn25

Paris a demandé à Téhéran de « cesser immédiatement » ses « activités profondément déstabilisantes », tandis que Berlin a jugé ces tirs « inquiétants », Moscou appelant l’Iran « à la retenue ».

Washington a considéré ces tirs comme des actes de provocation, notant toutefois qu’ils étaient planifiés depuis un certain temps.

Le chef de la diplomatie britannique David Miliband a également vu une « provocation » de Téhéran, tout en affirmant que « la grande question de la semaine » serait l’attitude de l’Iran à Genève jeudi.

Les six pays (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Russie, Royaume-Uni) qui demandent à l’Iran de conformer son programme nucléaire aux règles sur la non-prolifération auront là les premières négociations avec la République islamique depuis 14 mois.

Les Occidentaux accusent Téhéran de chercher à fabriquer l’arme atomique, ce que l’Iran dément.

Le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, a dit s’attendre à ce que l’Iran accepte à Genève d’accorder un accès « immédiat et sans restriction » à l’usine d’enrichissement dont l’existence vient d’être révélée près de la ville de Qom. Moscou a invité Téhéran à coopérer « au maximum » avec l’AIEA.

Téhéran a de son côté exclu tout lien entre l’annonce de l’existence de ce site et ces exercices balistiques, annuels selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Ghashghavi.

Il a répété que l’usine en construction à Qom n’avait « rien de secret » et qu’elle n’enfreignait « aucune loi internationale ».

Téhéran a assuré que ce site serait placé sous la supervision de l’AIEA, mais l’Agence a indiqué lundi qu’aucune date n’avait pour l’heure été fixée pour son inspection.

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