Les temps sont durs pour le Hamas à Gaza. La stratégie israélo-égyptienne, tendant à détourner la population de l’organisation islamiste est en train de porter ses fruits.

Il n’est cependant pas question de blocus, comme en font état les sympathisants du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran, mais d’approvisionnement sélectif.

Aucune denrée n’est empêchée par les Israéliens d’atteindre la Bande, aucun médicament ou appareil médical n’est saisi à la frontière ; on ne note pas non plus la moindre pénurie de carburant.

La frontière israélienne est également ouverte aux cas humanitaires, à la réunion de familles et aux malades graves, envoyés par les médecins de Gaza à leurs confrères hébreux. Les hôpitaux du sud d’Israël sont emplis de patients gazaouis.

En revanche, Jérusalem et le Caire s’opposent ouvertement à l’importation d’argent cash, de matériel pouvant servir à la confection de bombes ou de roquettes, ainsi qu’au passage de matériaux de construction.

Cette dernière mesure est strictement politique, les deux Etats voisins du califat ne désirant pas que ce soit le Hamas qui reconstruise Gaza après les dégâts causés par Plomb fondu il y a un an de cela.

Netanyahou et Moubarak ne veulent pas que l’organisation de Mashal et d’Hanya, soutenue par Damas et Téhéran, ne puisse se targuer d’avoir rebâti Gaza, et d’acquérir ainsi une image positive, tant aux yeux des habitants de la Bande que dans le monde musulman.

Ils entendent, au contraire, que l’image du Hamas et de ses sponsors soit associée à celle de la destruction et du malheur qu’ils ont semés, afin que Mahmoud Abbas et l’AP puissent représenter l’option de la reconstruction et de la remise sur pied.

Cette option est largement soutenue par la majorité des Etats arabes ainsi que par la communauté des nations développées, qui tiennent en réserve plusieurs milliards de dollars pour la réhabilitation de Gaza, disponibles le jour où les islamistes auront rendu les clés de la Bande.

Au niveau politique, il importe de rappeler que le Hamas est statutairement opposé au principe même de coexistence pacifique avec l’Etat hébreu et qu’il le rappelle en toute occasion. Israël et l’Egypte tiennent alors à montrer à tous les intéressés le visage des destructions qu’entraînent la provocation, le terrorisme, le conflit à outrance et sans fin.

Au-delà de cette symbolique, en termes stratégiques, le Caire n’a pas vraiment le choix s’il entend garantir la stabilité de son régime.

En effet, la contrebande d’armes en direction de Gaza mine la cohésion de l’Egypte dans les domaines douanier, policier et militaire. Ainsi, 95% des matériels de guerre parvenus à Gaza ont transité par les ponts qui enjambent le Canal de Suez, au prix de la corruption des membres des services de sécurité déployés pour empêcher ce trafic.

Lorsque l’on prend en considération qu’il existe environ 1 200 tunnels de contrebande percés sous les 14 kilomètres de la frontière commune entre l’Egypte et la Bande, qu’ils n’emploient pas moins de cinquante mille personnes, côté gazaoui, on imagine aisément l’étendue des réseaux existant côté égyptien.

La termitière des tunnels ne fonctionnerait pas une seule journée, si elle n’était desservie par un réseau d’approvisionnement comparable en taille sur le territoire de Moubarak.

Pour ce dernier, cela signifie que des tonnes d’armes et de munitions se baladent sur ses routes, que d’immenses entrepôts ont été édifiés sous son nez, et, principalement, que sa capacité de contrôler ce qui se déroule chez lui s’effrite de jour en jour.

Or l’objectif du Hamas et de ses sponsors ne se limite pas à approvisionner Gaza en bombes, il s’agit également pour eux de miner l’économie et l’autorité du régime établi au Caire.

Les nombreux attentats perpétrés par la mouvance islamiste dans les stations balnéaires de la Mer Rouge ont démontré par des faits, que le flux du terrorisme fonctionnait pareillement dans les deux sens.

Les cellules de terroristes spécialisées dans la déstabilisation, formées à Téhéran, arrêtées dans la région de la capitale cairote, ajoutant une illustration supplémentaire péremptoire à cet objectif.

On ne peut guère s’y tromper, les trafics sillonnant le pays des pharaons en direction du Sinaï et de Gaza font peser une menace existentielle sur le régime en place au Caire. Il s’agit d’une guerre et de rien d’autre, opposant l’Egypte à ses adversaires dans la sphère musulmane.

Et Gaza constitue le front saillant de ce conflit, ce qui explique la coopération stratégique avancée, voulue par Moubarak avec les Israéliens.

Une coopération qui est en voie de franchir un nouveau degré d’efficacité, avec l’annonce de la mise en service du Dôme de fer, mais surtout, avec l’avancement des travaux du mur d’acier, censé empêcher le fonctionnement des tunnels à Rafah.

Un mur high-tech, de conception américaine, constitué d’une succession de tubes de métal plantés profondément dans le sol, sur toute la longueur de frontière.

Un mur que Khaled Mashal, le no.1 du Hamas, a déjà baptisé le Mur de la Mort, mais qui semble beaucoup mieux accepté par la communauté internationale que la barrière de sécurité, érigée par les Israéliens pour les protéger des incursions terroristes en provenance de Cisjordanie.

Le Hamas et ses commanditaires paniquent face aux derniers développements. Pour tenter de les contrer, ils resserrent les rangs avec le Hezbollah au Liban ; ainsi, une grande réunion inter-terroriste vient de se tenir à Beyrouth.

Un meeting depuis lequel Mashal a lancé un appel désespéré en direction du Fatah, dès la cérémonie d’ouverture, en présence d’Hassan Nasrallah, le chef du Hezb :

« Depuis cette plateforme, j’efface le passé et j’invite le frère Abou Mazen à une discussion bilatérale (…). Je suis confiant », a poursuivi Mashal, « que lorsque nous nous rencontrerons, nous nous mettrons d’accord et nous surpasserons nos simples différends. Ensuite », a précisé le chef du Hamas, « nous irons au Caire, avec une présence arabe, pour bénir notre unité et notre accord ».

Une proposition qui aurait été très tentante il y a seulement six mois. Une offre qui, selon Mashal, consisterait à signer le protocole d’accord mis au point par les diplomates égyptiens et présenté aux leaders des deux courants palestiniens. Mais un texte qu’Abbas avait accepté de parapher, ce que le Hamas s’était toujours refusé de faire.

Il s’agit d’un traité qui rendrait à l’Autorité Palestinienne le contrôle de la Bande. Mais Mashal suggère que les négociations se déroulent à Damas, ne prévoyant que l’aspect cérémonial au Caire, ce qui n’est pas envisageable pour Mahmoud Abbas.

Parce que, outre le camouflet que l’Axe du Mal infligerait à Hosni Moubarak, la proposition du Hamas est un piège.

En effet, Mashal et ses parrains iraniens savent que, dans quelques mois, avec le tarissement des fournitures de contrebande et la mise en service des missiles israéliens anti-Katiouchas, le Hamas n’aura pas d’autre choix que celui d’accepter véritablement le traité de réconciliation.

A cette situation imposée, les djihadistes préfèreraient largement une renégociation des « simples différends », sous l’égide de « médiateurs » syriens voire iraniens. Les objectifs : sauver tout ce qui est possible de l’autorité et de l’infrastructure armée du Hamas à Gaza, et associer l’organisation islamiste à la reconstruction de la Bande. Plus simplement dit : sauver le Hamas.

Mais Abbas et l’AP n’en veulent plus : pourquoi se contenter de la moitié du gâteau, lorsqu’on comprend, qu’avec un peu de patience, on l’aura bientôt en entier, avec la perte de popularité du Hamas en prime, et que tout le crédit de la réhabilitation de Gaza n’appartiendra qu’au Fatah ?

C’est, au contraire, vers la reprise des négociations avec Israël, qu’on se dirige, à Ramallah, ce dimanche matin. D’après mes conversations avec les responsables de l’AP, à l’heure du petit déjeuner, c’est pratiquement chose faite.

A Ramallah, où on se réjouit bien sûr du délire nerveux de Nasrallah et Mashal, qui s’en prennent en chœur à ce qu’ils appellent la « faiblesse arabe », et dénoncent d’une seule voix  »l’impuissance arabe face aux dangers israéliens et aux pressions américaines ».

C’est ainsi qu’ils qualifient la chute annoncée du Hamas et les chances d’instaurer la paix dans la région ainsi qu’un Etat palestinien non-djihadiste.

Pour bien montrer leur orientation et leur détermination, les dirigeants de l’AP ont arrêté l’un des principaux chefs terroristes du Hamas en Cisjordanie, Ayoub Kawatmeh ; un individu qu’ils traquaient depuis longtemps, et qu’ils ont repéré grâce aux indications échangées avec l’armée israélienne.

En Egypte, une semaine après les émeutes générées dans la ville d’El-Arish par la mission pro-Hamas, emmenée par le député anglais George Galloway, le Caire a pris la décision d’interdire désormais tout transit d’activistes pro-islamistes par son territoire.

Une décision qui s’accompagne de la réaffirmation de l’accord avec Jérusalem, en vertu duquel, tout chargement de marchandises destiné à Gaza doit exclusivement transiter par un point de passage israélien.

Les désordres suscités par la mission Galloway avaient coûté la vie à un soldat égyptien. Le ministre cairote des Affaires Etrangères, Aboul Gheit a, par ailleurs, qualifié les agissements des membres de ce convoi d’ « actes criminels commis sur le sol égyptien ».

SOURCE MENAPRESS
http://www.menapress.com/

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