Le Comité central du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a annoncé la suspension mardi de cette instance de l’ex-homme fort de la bande de Gaza Mohammad Dahlane, visé par une enquête interne.

Un membre du Comité central a précisé à l’AFP que M. Dahlane, ancien chef de la Sécurité préventive dans la bande de Gaza, était accusé de « subversion contre le président Abbas et les membres du Comité central », et de les avoir « taxés d’incompétence ». « La commission d’enquête a rencontré M. Dahlane à plusieurs reprises et lui a notifié les chefs d’accusation et écouté ses réponses, mais elle n’a pas encore achevé ses travaux », a ajouté ce responsable sous couvert d’anonymat.
Le Comité central réuni à Ramallah sous la présidence de M. Abbas a décidé « à l’unanimité la suspension de Mohammad Dahlane de ses réunions jusqu’à la fin des travaux de la commission d’enquête », selon un communiqué de cette instance.

C’est la première fois que l’ouverture d’une enquête sur les activités de Mohammad Dahlane, évoquée dans la presse palestinienne, est annoncée officiellement. L’intéressé, actuellement à l’étranger, n’assistait pas à la réunion, et son bureau à Ramallah sollicité par l’AFP n’a fait aucun commentaire.

La presse palestinienne se fait depuis plusieurs semaines l’écho d’une querelle entre MM. Dahlane et Abbas, qui a dégénéré au point que l’ex-chef de la Sécurité préventive à Gaza a été soupçonné de chercher à noyauter les services de sécurité et les ministères en vue d’un coup d’Etat contre le président palestinien. Il est également sous le coup d’une enquête sur l’origine de sa fortune et sur une tentative supposée de créer une milice personnelle, selon la presse.

Le Comité central a également relevé M. Dahlane de ses fonctions de supervision de la Communication et la Culture au sein du Fatah, selon le texte. Le colonel Dahlane, considéré comme le « protégé » des Etats-Unis, était tombé en disgrâce après l’humiliante déroute de ses forces face aux combattants islamistes du Hamas en juin 2007 à Gaza, où il est désormais persona non grata. Il était ensuite progressivement revenu dans le jeu politique à la faveur de son élection au Comité central du Fatah lors du Congrès du parti en août 2009.

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