Affaire DSK : la conversation téléphonique qui sème le doute

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près les premières révélations du «New York Times» dans son édition de vendredi, le quotidien revient aujourd’hui sur l’affaire en détaillant les éléments qui ont anéanti l’accusation dans l’affaire DSK.
Ce dernier, libéré sur parole, vendredi soir, a profité de sa première soirée de liberté dans un restaurant italien avec son épouse et un couple d’amis. En attendant le prochain rendez-vous judiciaire dans l’affaire, fixé au 18 juillet, le quotidien new yorkais revient donc notamment sur la conversation de la femme de ménage avec un détenu qui a semé le doute chez les enquêteurs du procureur et sur des séances d’interrogatoires de plus en plus tendues entre la plaignante et le bureau du procureur selon France Info.

Alors que des juristes annoncent un non-lieu pour DSK, les avocats de Nafissatou, restent combatifs et promettent qu’elle va bientôt s’exprimer pour donner sa version des faits.

L’enregistrement qui sème le doute. Selon le New York Times, une semaine seulement après l’arrestation de DSK (le 14 mai), les autorités ont appris l’existence d’un enregistrement d’une conversation entre Nafissatou et un détenu visé par une enquête pour trafic de drogue . Une conversation qui s’est faite en peul, un dialecte de Guinée, d’où est originaire la femme de ménage, ce qui explique que sa traduction n’a été achevée que mercredi. Citant «une source bien placée au sein de la police», le journal a indiqué que la conversation a eu lieu 24 heures après que la femme de chambre de l’hôtel Sofitel à New York eut dit qu’elle avait été agressée sexuellement par M. Strauss-Kahn. Son interlocuteur parlait d’un centre de détention réservé aux immigrants illégaux dans l’Etat de l’Arizona. «Elle dit en gros Ne t’inquiète pas, ce type a beaucoup d’argent. Je sais ce que je fais», selon la source citée par le New York Times. L’homme avait été arrêté alors qu’il troquait des contrefaçons de vêtements de marque contre de la marijuana dans le sud-ouest de Manhattan, selon la même source. Selon le journal, l’avocat de la femme a dit qu’elle ne savait pas que l’homme était un «dealer».

Des auditions de plus en plus houleuses. Au départ, selon le NY Times, les relations entre la femme de chambre et les service du procureur étaient bonnes. Ces derniers étaient convaincus de la solidité de son témoignage. Mais, dès qu’ils ont eu vent de la conversation avec le détenu, ils ont commencé à s’inquiéter. Quand les questions gênantes ont commencé à pleuvoir, l’ambiance des interrogatoires a radicalement changé. La jeune guinéenne a commencé à fondre en larme, n’hésitant pas à se rouler parterre. Ou bien elle se murait dans son silence et refusait de répondre aux convocations du procureur. Jusqu’à la dernière audition mardi, au cours de laquelle, les enquêteurs lui ont parlé plusieurs comptes bancaires à son nom, alors qu’elle avait toujours prétendu que ses revenus émanaient uniquement du Sofitel. Là, elle a été dans l’incapacité de répondre se retournant vers son avocat d’un regard suppliant, raconte le NY Times. Citant une source policière, l’avocat serait resté sans voix.

«La crédibilité de la jeune femme définitivement affectée» selon l’avocat français à Paris de DSK, Me Jean Veil, qui a pu s’entretenir avec son client, vendredi, après l’audience au cours de laquelle l’ancien directeur du FMI a été libéré sur parole. «Je pense qu’il est satisfait que sa parole soit reconnue et que la crédibilité de la jeune femme – qui prétend avoir été agressée sexuellement par DSK – soit mise en cause par le procureur lui-même. C’était très important pour lui que l’on arrête d’imaginer que c’était elle qui avait raison et que lui n’était qu’un menteur», a confié Me Veil à Europe 1. «La crédibilité de la jeune femme est définitivement affectée»

Vers la suspension des primaires PS ? En France, le rebondissement de l’affaire DSK a fait l’effet d’un «coup de tonnerre», selon l’ancien Premier ministre Lionel Jospin. Des amis de M. Strauss-Kahn ont, sans attendre, évoqué un report du processus des primaires qui doivent désigner le candidat du Parti socialiste pour 2012. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a cependant indiqué qu’une telle éventualité n’était pas à l’ordre du jour, tandis que François Hollande s’est dit, lui, ouvert à un report de la date de dépôt des candidatures. Harlem Désir, devenu Premier secrétaire par intérim depuis la candidature de Martine Aubry a quant à dit qu’il n’y avait «aucune raison de revenir sur le calendrier» de la primaire PS.

Le Parisien.Fr

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