LE SCAN – Le chef de l’État a promis de présenter un texte permettant d’offrir le droit de vote des étrangers aux élections locales. En 2012, Manuel Valls estimait que cette réforme n’était «pas une revendication forte des Français».C’était l’engagement 50 du projet de campagne du candidat Hollande. «J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans.»
Deux ans plus tard, mardi sur BFMTV et RMC, François Hollande a de nouveau confirmé qu’un texte sera présenté «avant la fin du quinquennat».

«Je n’ai pas voulu introduire ce texte avant les élections municipales, parce qu’on nous en aurait fait le reproche. Ce texte sera de nouveau proposé après les scrutins», a-t-il expliqué, sans préciser à quels scrutins il faisait allusion.

Mais le président de la République semble admettre que la probabilité de voir cette réforme adoptée est faible: «Il n’y a pas de majorité aujourd’hui pour voter ce texte.» Pour qu’elle le soit, le Congrès (Sénat et Assemblée nationale rassemblés à Versailles) doit voter le texte aux 3/5e de ses membres.

Or la gauche ne détient pas une telle majorité et la droite est farouchement hostile à cette réforme, que la gauche promet de faire passer depuis trente ans.

Serpent de mer de la vie politique, cet engagement avait été abandonné par François Mitterrand en 1981 puis par Lionel Jospin, dont la gauche plurielle avait fait voter une proposition de loi par l’Assemblée en mai 2000.

En novembre 2012, François Hollande lui-même semblait enterrer la promesse. «J’ai dit au gouvernement, aux responsables de groupes (parlementaires) de travailler pour constituer cette majorité. Quand cette majorité sera envisagée, je prendrai mes responsabilités.

Mais pas avant (…) Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer: je m’y refuse», avait-il dit lors d’une conférence de presse. Un état d’âme qui ne semble plus rebuter François Hollande.

En mai 2013, lors de sa grande conférence de presse, le président de la République avait promis de présenter un texte au lendemain des élections municipales. «Je ne veux pas donner l’impression que nous chercherions avant les élections municipales à imposer les enjeux», s’était-il justifié pour expliquer son manque d’empressement.

Mais depuis, rien.

Et François Hollande ne doit pas compter sur son nouveau premier ministre pour accélérer le tempo. Quatre mois après l’arrivée des socialistes, Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur) assurait déjà que ce projet n’était pas «une revendication forte des Français» et appelait à «ne pas se précipiter».

Tristan Quinault Maupoil

06-05-2014/ Le Figaro.fr Article original

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