Les USA « déçus » par la réconciliation Fatah-Hamas.

Selon Netanyahou, Abbas doit choisir entre la paix ou l’accord de réconciliation Fatah-Hamas
Washington a convenu que l’accord de réconciliation historique signé à Gaza par les Palestiniens entre les deux factions rivales Fatah-Hamas mercredi pourrait « compliquer » les efforts en cours pour relancer le processus de paix, en plus de se dire « déçus » de la décision palestinienne.

«  Décevant, tant sur le contenu que le moment choisi « , a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Jennifer Psaki.

Tout gouvernement palestinien doit s’engager « sans ambiguïté » sur les principes de non-violence et de l’existence de l’Etat d’Israël, a ajouté Psaki.

« L’absence d’engagement clair sur ces principes pourrait sérieusement compliquer nos efforts pour la poursuite des négociations », a-t-elle affirmé.

« Historiquement, le Hamas n’a pas montré un engagement envers ces principes que le gouvernement américain défend« , a annoncé la porte parole.

Psaki confirme son soutien à Israël en « comprenant » qu’Israël repousse les négociations suite à l’annonce de Mahmoud Abbas de s’allier au Hamas, considéré comme une entité terroriste par l’Etat hébreu.

« Il est difficile d’imaginer qu’Israël accepte désormais de s’asseoir à la table des négociations avec un groupe qui nie son droit à l’existence », a soutenu Psaki.

Israël a répondu en annulant la rencontre prévue ce mercredi soir entre les équipes de négociation israélienne et palestinienne.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a accusé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Abou Mazen) d’avoir abandonné la voie de la paix en cherchant un partenariat avec le Hamas.

« Comme je l’ai dit ce matin, Mahmoud Abbas doit choisir entre la paix avec Israël et un accord avec le Hamas, une entité terroriste meurtrière qui appelle à la destruction d’Israël. »

« Ce soir … Abou Mazen a choisi le Hamas, pas la paix », peut-on lire dans un communiqué du bureau de Netanyahou. « Celui qui choisit le Hamas ne veut pas la paix. »

Netanyahou a également appelé le secrétaire d’État américain John Kerry pour se plaindre de la décision palestinienne et pour le mettre en garde contre le risque que cela pourrait sonner la fin des pourparlers de paix pour lesquels Kerry a investi tant d’effort. Jen Psaki ne s’est cependant pas prononcée sur la tenue des négociations, ni si M.Kerry garderait son rôle de médiateur dans les pourparlers. Netanyahou a convoqué son cabinet de sécurité jeudi pour discuter de prochaines actions d’Israël.

En réaction à l’annonce palestinienne, Ofir Gendelman, un porte-parole de Netanyahou, a déclaré que la réunion prévue avec les Palestiniens avait été annulée.

Le directeur général adjoint du Comité central du Fatah Jibril Rajoub a déclaré que la décision entre les deux rivaux palestiniens pour former un gouvernement d’unité est une affaire nationale interne, ajoutant qu »aucun parti qui croit en la solution de deux Etats pour deux peuples n’a le droit de nier », condamnant sévèrement l’annulation de la réunion par Netanyahou.

Mardi, la réunion entre les négociateurs israéliens et palestiniens, sous l’égide de l’émissaire américain Martin Indyk, n’a abouti à aucune percée significative, malgré 5 heures de discussions.

Peu après l’annonce de réconciliation nationale palestinienne, Israël a procédé à des tirs de roquettes à Gaza, blessant 12 civils palestiniens. L’alerte rouge a ensuite été déclenchée dans le sud d’Israël, où 3 roquettes palestiniennes se sont abattues, sans faire de blessé.

Un nouveau gouvernement palestinien

Le président Mahmoud Abbas a souligné mercredi, répondant aux déclaration de Netanyahou l’exhortant de choisir entre la paix ou le Hamas, que les négociations avec Israël et la réconciliation palestinienne n’étaient pas incompatibles, affirmant l’engagement des Palestiniens en faveur de la paix sur la base du droit international.

« Il n’existe aucune incompatibilité entre la réconciliation et les négociations, surtout que nous sommes engagés pour une paix juste sur la base d’une solution à deux Etats conformément aux résolutions du droit international », a dit Abbas dans un communiqué officiel distribué par son cabinet.

« Pour l’intérêt du peuple palestinien, il est nécessaire de préserver l’unité de la terre et du peuple » palestiniens, a dit le président Abbas.

Cela « contribuera à renforcer l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale », a-t-il ajouté. « Cette démarche, soutenue sur le plan arabe et international, renforcera la capacité des négociateurs palestiniens à réaliser la solution à deux Etats ».


Abbas Momani (AFP)

S’adressant aux journalistes à Gaza, le Premier ministre du Hamas Ismail Haniyeh a pour sa part affirmé mercredi être « heureux de déclarer la fin de la période de la division inter-palestinienne. »

Selon la déclaration de Haniyeh aux journalistes, en vertu de l’accord, les deux parties doivent respecter les accords passés, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devra former un nouveau gouvernement intérimaire d’unité nationale dans les cinq prochaines semaines et des élections auront lieu dans six mois.

Le gouvernement intérimaire devra être composé de technocrates, a précisé à l’AFP un membre de la mission de l’Organisation de libération de la Palestine en visite depuis mardi soir dans la bande de Gaza.

Selon des sources palestiniennes citée par le quotidien Haaretz, Abbas publiera deux décrets présidentiels mercredi soir au sujet de la formation du nouveau gouvernement et la convocation d’élections.

Des sources à Ramallah ont indiqué qu’Abbas sera à la tête du gouvernement et que Rami Hamdallah et Haniyeh seront vice-Premier ministres.

Les deux parties ne se sont toujours pas mises d’accord sur un certain nombre de questions, rapporte le quotidien Haaretz, notamment sur l’avenir des forces de sécurité du Hamas, qui ont été créées après que le groupe islamiste a pris le pouvoir lors d’un coup d’État sanglant en 2007 dans la bande de Gaza.

Il n’est pas encore clair si le Hamas accepte de démanteler les forces ou s’il va permettre qu’elles soient mises sous la surveillance et la commande des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne.

Ce n’est pas la première fois que les frères ennemis du mouvement national palestinien font état de la formation imminente d’un gouvernement d’union, des annonces qui n’ont pas été suivies d’effet.

(Avec AFP)

i24news.tv/fr/ Article original

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