Vayichlah: la lutte de Jacob et de l’ange – vidéos©

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Le début de cette lecture nous apprend que Jacob abandonnant le domicile de Lavan à Haran avec ses femmes et ses enfants, ses employés et ses troupeaux, se prépare à la rencontre si redoutée avec son frère Esaü.

Les premiers versets de la parasha énoncent que Jacob, en chemin, vit des anges et nomma ce lieu « Mahanayim [1]». Rashi précise qu’il s’agit d’anges véritablement  et, l’ensemble des exégètes de s’interroger : de quels anges s’agit-il ? Et, pourquoi « deux » camps d’anges ?   La réponse à la question  découle d’un  argument allusif opposé à Esaü par Jacob qui dit à celui-ci : « J’ai habité chez Lavan ! »

En effet dans cette phrase qui semble anodine, l’on nous enseigne, qu’en inversant les lettres du mot « habité » ou גרתי en hébreu que Jacob a renseigné son frère en lui indiquant que, bien qu’il ait vécu chez leur oncle qui n’est autre qu’un idolâtre, il n’a subi aucune influence de la part de ce milieu dans lequel il a évolué et, au contraire, il a observé les 613 mitsvoth (commandements) de la Torah car, le mot hébraïque גרתי  est d’une valeur numérique de 613.

Sur le plan mystique, nous savons que n’importe quel Juif qui étudie la Torah et accomplit des mitsvoth engendre des Anges.[2]  De même, chaque bonne parole donne naissance à un ange défenseur.

Ces anges –là  étaient cantonnés en un camp. D’où provenaient alors  les autres anges et qui étaient  ceux qui occupaient le deuxième camp ?

Jacob possédait la faculté de « voir » les anges c’est ainsi qu’il put distinguer entre ses anges défenseurs générés par son étude et ses actes qui accompagnaient le patriarche depuis Haran vers Canaan et ceux d’Eretz Israël qui avaient rejoint les autres ceux-ci  provenant de la légion céleste et des Cieux dont le siège se trouvait  dans le « camp » divin. Ce sont donc deux camps distincts que Jacob aperçut.

Jacob prépara minutieusement cette rencontre avec son frère dont, nous le rappelons, la colère s’était enflammée.  Il envoie des messagers qui vont adresser à l’homme redouté, un discours mais aussi des présents qui eux aussi  représentent des valeurs fortes :

A ses anges-messagers il transmet le discours suivant qui, en fait, s’adresse à D[3] « J’ai habité chez un impie, dans une atmosphère idolâtre mais j’ai malgré tout observé les 613 mitsvoth et je ne  crains point le mal ».

L’on est en droit de se poser la question de savoir comment  Jacob n’a pu être influencé par cette atmosphère et ceci a été possible parce que Jacob  s’imaginait vivre dans une ferme avec toutes sortes d’animaux qui n’auraient pu, en aucun cas l’influencer d’une manière ou d’une autre !

La péricope commence par le mot Vayishlah : il a envoyé mais, comme il parlait avec des Anges il est possible de dire qu’il « chuchota » aux oreilles des anges le discours qu’il entendait tenir à Esaü car le mot shine-lamed-heth (envoyer) peut s’inverser et on lira alors lamed-heth-shine (chuchoter).

La quantité de bétail donnée en cadeau à Esaü est symbolique et nous ramène à la prophétie étudiée lors de la parashat vayétsé lorsque D laisse entrevoir les quatre royaumes qui exileront le peuple juif et le cinquième niveau messianique cette fois. En effet,  Jacob envoie à Esaü des chèvres, des chameaux, des bœufs, des ânesses et des ânes.

Le total de ce présent est non pas de 550 mais de 580 bêtes remarque le Or HaHayim[4] car il est écrit que les chameaux étaient en compagnie de leurs petits donc il s’agit de 580 animaux.

Pour  certains commentateurs, ce chiffre est important car il nous apporte de nombreux enseignements : tout d’abord sur la quantité du bétail offert à son frère : proportionnellement aux richesses accumulées pendant les 20 années de l’exil de Jacob à Haran, le « cadeau » est infime s’exprime Rabbénou Behayé !

Ensuite, pourquoi a-t-il disposé les bêtes dans l’ordre cité dans la sidra à savoir des bêtes pures e puis des bêtes impures et pourquoi les chèvres d’abord et puis les brebis ? Puis les bœufs et enfin les ânes ?  En quoi le nombre de bêtes offertes à Esaü est-il important ? 550 ou 580 ?

Voici les réponses à ces questions : En prenant au pied de la lettre les quantités énoncées dans les versets 15 et 16 du chapitre XXXII, le total de toutes les bêtes énumérées est de 550 qui est la valeur numérique du mot נשר = aigle. Or, l’aigle est un prédateur, un volatile qui va chercher la nourriture et l’aigle est le symbole d’Edom. Edom est Esaü. Si, comme le soutient le Or HaHayim il s’agit de 580 car les trente bébés chameaux n’avaient pas été dénombrés étant donné qu’ils sont allaités, la signification est tout autre :

En effet, Esaü est un prédateur mais il est surtout l’emblème de l’esprit du mal ou des « forces du mal » que Rashi, en s’appuyant sur le verset 24 du chapitre XXXII du Deutéronome nomme clairement « les démons ».

La Guemara définit ce concept de la manière suivante : les démons ce sont : « Sam… et L’I’L’I’et tav » [5]. Le mot רשףest en français : démon et sa valeur numérique est 580. Ces deux-là sont aussi appelés :  רשף מזיקין.

Le Or HaHayim inscrit que quiconque étudie la Torah ou, tout au moins, lit le « shémâ Israël » écarte de lui ces démons car les noms de ces deux-là équivaut à 611 tout comme lé havdil la somme du mot TORAH et en conséquence, étudier la Torah protège la personne de ceux qui nuisent. Ainsi, en offrant 580 animaux à Esaü,  Jacob se protège – ainsi que tous ceux qui sont avec lui y compris ses femmes et ses enfants – du pouvoir des forces du mal.

L’ordre dans lequel Jacob envoie son cadeau à son frère est ainsi : les chèvres qui sont rattachées à l’exil de Babylone. Chèvre se dit עז  en hébreu la première lettre est un âyine et sa valeur numérique est 70 soit les 70 ans où les Juifs sont restés en exil à Babel

Puis viennent les brebis (רחלים) qui se rattachent à l’exil de Médée et de Perse. Ici, l’allusion est très forte car il s’agit de Rahel qui donna naissance à Benjamin de la tribu duquel seront issus  Esther et Mordékhay à la cour d’Assuérus et la lettre resh a une valeur de 200 ou 200 ans d’exil en Perse.

Viennent ensuite les chameaux sur lesquels nous disserterons largement mais sur lesquels nous pourrons dire rapidement ceci : à ce stade, les chameaux donnent une allusion sont rattachés  au royaume des Grecs car les Hashmonayim qui ont combattu les Grecs et les ont défaits étaient des personnes pratiquant le Hessed (Guemilout hassadim) l’expression guemilouth hassadim découle du mot gamal = chameau, arrivent encore les bœufs et les vaches qui font allusion au royaume d’Edom en raison du verset des Psaumes XXII, 13 :  des taureaux nombreux m’environnent  סבבוני פרים רבים   et, enfin, les ânes et les ânesses ferment la marche : car c’est sur un âne que chevauchera le Mashiah pour aborder le septième millénaire.

Abram est devenu Abraham et Saraï est devenue Sarah. Isaac et Rivka n’ont subi aucun changement dans leurs noms mais Jacob devient Israël.

Ce changement de nom intervient à un moment où justement , de par le fait qu’il a accepté de s’exiler en attendant que son frère se calme, et parce qu’il a consacré ces vingt années à étudier et à former ses femmes et enfants aux mitsvoth de la Torah, le patriarche est parvenu à une plénitude proche de la  perfection (70) ainsi, Israël et sa perfection (ou plénitude) = 611 = Torah c’est la raison pour laquelle, en luttant contre l’esprit du mal qui l’entourait chez Lavan, il s’est enfermé dans le monde de la Torah et a combattu le Satan et est devenu Israël.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] Le suffixe hébraïque « ayim » est l’indication qu’il s’agit de « deux »  comme yad = main et yadayim=deux mains. Ici, mahané = camp et mahanayim = deux camps d’où l’intérêt de la question posée.

[2] De bons anges qui se porteront à la défense de la personne en cas de besoin alors que dans le cas contraire, à chaque mauvaise action naît un ange « accusateur ».

[3] Jacob parle à « son Seigneur » = Adony et il faut savoir qu’en règle générale lorsqu’un sage s’adresse à un personnage important et impie, le discours ou la supplique est adressée à D.

[4] Rabbi Hayim ben Atar Meknès (Maroc) 1696 –1743 Jérusalem.

[5] La tradition rabbinique ne nomme pas ces êtres précisément : mais seulement en épelant ces noms : S’ A’ M’ A’ KE’ L et sa compagne comme écrit ci-dessus.

Vayichlah: la lutte de Jacob contre l’ange
 Marc Chagall la lutte de Jacob et de l’ange
Vayar ki lo yakhol lo vayiga békhaf yérekho vaték’a caf yérekh ya’akov béhéavko imo.
“Il vit qu’il ne pouvait le vaincre. Il lui toucha l’os de la hanche et il luxa la hanche de Jacob, pendant sa lutte avec lui”.

Lors de ce fameux épisode biblique, Yaakov se mesure à un personnage mystérieux durant une nuit.
Nos maîtres de mémoire bénie nous révèlent qu’il s’agit de l’ange d’Essav, qui n’est autre que l’archange du mal lui-même ! Dans ce verset, l’ange se rend compte qu’il ne peut vaincre Yaakov. Alors il lui porte atteinte physiquement … Voici plusieurs allusions inscrites dans les lettres et les mots de ce verset.
1) Vayar : il vit. Le nom de l’archange du mal (que je ne mentionnerai pas parce qu’il ne faut pas lui donner trop d’importance) est relié à l’idée d’aveuglement. En effet, son but est d’aveugler, c’est à dire altérer la vision objective et authentique de l’homme, pour lui faire croire certaines choses … Autrement dit, comme l’indique Rabbi Na’hman zatsal, le penchant au mal n’est autre que la force de l’imagination (mais non raffinée et purifiée).
Parfois, dans des situations de la vie, on a l’impression que ce que l’on entreprend est bien. On s’entête, on s’obstine, mais comme le dit le roi Shlomo alav hachalom, tel chemin paraît droit à l’homme, mais finalement il conduit à la mort, à D.ieu ne plaise … Nous avons besoin, en permanence, de l’aide de D., afin de percevoir les pièges tendus, sur notre chemin de vie. En un mot, contre notre propre aveuglement, nous avons besoin de la lumière de D., qui est la Vérité.
Cette lumière, c’est la sincérité. Quand l’homme s’attache à cette lumière, l’obscurité, reliée à l’incertitude, au doute, aux peurs et autres angoisses, n’a aucune prise sur lui. Ainsi, devant une telle personne, l’ange du mal ne peut faire que le constat de son échec : il voit Vayar que chez Yaakov, D. est Ouri, Ma lumière (Vayar – il voit – a les mêmes lettres que Ouri – ma lumière). Ma lumière, c’est celle de la foi, c’est celle de l’espoir éternel d’Israël, c’est Hanouca …
2a) Alors le mal voit qu’il ne peut le vaincre : ki lo yakhol lo. Il voit qu’Israël est uni, dans toutes ses composantes, Israël – Cohen – Lévi : ces trois mots forment les initiales de yakhol – il peut. Quand nous cessons nos vaines querelles, en se rappelant que la vie sur terre est bien éphémère, quand nous utilisons notre bouche pour la bénédiction et non l’inverse, alors tout Israël yakhol ! Israël peut !
Tout est possible ! Seulement grâce à l’unité du peuple. C’est cela Hanouca : s’unir contre ceux qui prônent des idées contraires à notre sainte Torah, et relever le combat, pour la Torah d’Hachem ! Mais dans cette bataille, nous devons prendre des forces. Ces forces se trouvent là-bas, secret du mois d’Eloul, mois du pardon et des séli’hot. Le mot yakhol est encadré par lo (négation) et lo (pour lui).
Ces deux mots composent le nom du mois : Eloul. Car c’est en Eloul que l’homme crée une nouvelle chance, une nouvelle possibilité d’existence. Il casse, par sa téchouva, les schémas routiniers du passé, pour naître à une nouvelle vie. Ainsi, le mal ne peut vaincre Yaakov, ki lo yakhol lo, parce qu’il voit la force du mois d’Eloul, son potientiel de prière et de retour à D.
2b) L’ange du mal ne peut rien contre Yaakov : lo yakhol lo, expression qu’il est possible de comprendre ainsi : lo yakhol, il ne peut pas. Pourquoi ? Lo ! Lo, de valeur numérique égale à 36, fait allusion aux 36 lumières que nous allumons durant la fête de Hanouca. Devant la force spirituelle créée par ces lumières, le mal s’avoue vaincu : il ne peut rien contre les 36 lumières de Hanouca …
3) Que fait l’ange du mal ? Vayiga, il va toucher, heurter Yaakov, dans ce qu’il a de plus saint : le Beit hamikdach. Les Grecs ne voulaient pas tuer le corps juif, ils voulaient tuer l’âme juive, ce qui a de beau et de noble en elle : sa foi dans le D. unique, béni soit-Il. Vayiga – il toucha – c’est Hanouca (les deux mots ont la même valeur numérique (89)).
4a) A quel niveau l’ange d’Essav va-t-il toucher Yaakov ? Bécaf yérékho, au niveau de l’os de la hanche.
Bécaf (102), c’est la émouna, la foi (102). Vayiga bécaf : il va toucher la foi d’Israël. Alors nous devrons réparer cela grâce au pakh chemen, la fiole d’huile du miracle de Hanouca (pakh est lu caf dans l’autre sens). En allumant les lumières de Hanouca, on répare les dommages portés à la foi.
4b) A un autre niveau, vayiga bécaf yérékho, c’est la pureté du langage. En effet bécaf s’épelle beit-caf-pé, autrement caf-beit-pé, soit les 22 (caf-beit) de la bouche (pé), c’est à dire la pureté de notre langage qui s’exerce à travers la prononciation des 22 lettres. Là encore, les Grecs ont tenté de contaminer Israël, en lui faisant découvrir les “charmes” de la langue et de la culture grecque, à D. ne plaise …
4c) Dans le même ordre d’idées, nous avons un travail à faire avec l’amélioration de notre qualité de parole : il faut étudier les lois du langage, ce qui permettra à nos prières et à notre étude de la Torah, d’atteindre leurs cibles.
4d) Yérékho, sa hanche. Ce terme désigne l’organe de la Brit mila, comme on le voit dans la paracha Hayé Sara, à propos du serment d’Eliezer à l’égard de son maître Avraham, pour lui assurer qu’il ne prendra pas pour Yits’hak une épouse parmi les filles de Canaan …
Nos maîtres de mémoire bénie nous enseignent que dans le domaine de la sexualité, le mauvais penchant engage toutes ses forces. En effet, c’est la sainteté, dans ce domaine-là, qui ouvre les portes du bonheur, de la bénédiction, de la foi, de la joie, etc. En touchant ce point, le penchant au mal fait tembler et vaciller l’homme juif sur ses bases. Malheureusement, à notre époque, ce domaine est tellement bafoué et piétiné.
L’homme perd sa crainte de D., en évoluant dans un environnement où dit-on, “je ne vois pas où il y a du mal”… Il faut beaucoup prier pour être préservé des mauvaises pensées, des visions interdites, des séductions et des pièges tendus par le yetser.
4e) Yérékho : sa hanche. Nos maîtres nous enseignent que ce terme est en relation avec la Séfira Hod, reliée à Hanouca. Hod, la gloire, c’est aussi Hodaa, le remerciement. Ainsi, comme le dit Rabbi Na’hman, les jours de Hanouca sont des jours de remerciement à Hachem. Une occasion de plus pour Le remercier pour tous les miracles qu’Il fait pour nous au quotidien.
4f) Ainsi, on apprend ici que le penchant au mal essaie dans un premier temps de falsifier notre vision et de là fait chuter l’homme dans la tristesse. Celle ci relève d’une incapacité à remercier Hachem, parce que la vision authentique a été altérée. C’est là le sens de Vayiga bécaf, il toucha l’os … En effet, la lettre Vav de Vayiga, est reliée à la notion de séparation (comme on le voit dans la lettre Aleph dont la barre oblique Vav crée une séparation entre la partie supérieure et inférieure). Après le Vav de Vayiga, les lettres suivantes sont Yod-Guimel et Aïn. Yod(10) et Guimel(3) conduisent à 13, E’had, Un, Ahava, l’Amour. Enfin la lettre Aïn c’est l’oeil, le regard. Ainsi, le mal crée une séparation (vav) dans la dimension d’unité-amour (yod-guimel) divin de notre regard(aïn). A cause de cela, notre foi est altérée : vayiga bécaf (102) – émouna, ce qui entraîne ensuite des dommages au niveau de l’Alliance de la Brit Mila et de notre capacité à remercier le Créateur (yérékho).
4g) Comment y remédier ? Faire du hessed, apporter du bien aux gens, les réconforter, leur transmettre la Torah. Grâce à cela, on redonne au Vav sa dimension initiale de lien et non de séparateur. En cultivant la bonté (yod-guimel – é’had-ahava) et en étudiant la Torah dans tous ses aspects (Aïn – 70 facettes de la Torah), on répare le dommage occasionné par l’ange d’Essav.
4h) Autre lecture de Vayiga – il toucha. En apprenant que le Créateur nous aime d’un amour infini (yod-guimel – ahava), on apprend à découvrir Son amour dans toutes les situations de la vie, ses 70 facettes, en quelque sorte (aïn). C’est de la sorte qu’on attire à soi (Vav de Vayiga est un tsinor canal) la lumière de la bénédiction. C’est alors qu’on accède à la foi émouna (bécaf) et qu’on répare les dommages portés à l’Alliance sacrée de la Brit Mila et la tristesse engendrée par une absence de remerciements. En effet, si tu remercies le Créateur pour tout ce qu’Il t’envoie, même si tu ne comprends pas, alors tu lui montres que tu l’aimes vraiment, et que tu es d’accord avec lui sur la façon dont Il gère ta vie dans ce monde.
5a) Vatéka – il heurta. C’est aussi la sonnerie Tékia : téka béchofar gadol, sonne du grand Chofar pour nous délivrer. Car les sonneries du chofar viennent réveiller l’homme de sa torpeur. Cela signifie ici que le penchant au mal cherche à endormir l’homme, et qu’il lui faut se réveiller, en prenant un nouveau départ.
5b) Quand l’homme a réparé la foi (bécaf) et sa propre faculté de remerciement (yérékho), il accède alors à la signification des allusions qui sonnent à ses oreilles, et l’invitent à revenir à D. : vatéka – heurte, sonne. Tous ces messages merveilleux que D. nous envoie sur notre chemin de vie, et qui nous crient, et qui nous hurlent, comme le capitaine du bateau, au prophète Jonas : Ben adam, ma lekha nirdam ? Koum kéra el Elokékha ! Fils de l’homme, qu’as-tu à dormir ? Lève-toi et invoque ton D. ! Là encore, on répare par cela, ce qu’a fait l’ange d’Essav à Yaakov.
6) Caf yérekh Yaakov. Vous remarquerez que l’expression caf yérekh (littéralement os de la hanche) apparaît deux fois dans le verset. Caf yérekh fait 330 en valeur numérique. Multiplié par deux, on obtient 660, soit Séter, ce qui est caché. L’exil est marqué par un double voilement. Dans un premier temps, on transgresse un interdit : c’est un premier voilement, car nous nous privons nous mêmes de la lumière de D., par notre attitude.
A ce stade, il est encore possible de Le trouver si l’on part à sa recherche. Mais si, à D. ne plaise, on continue à fauter, on entre dans la phase du second voilement : le voile à l’intérieur du voile. A ce stade, on ne sait même plus que D. est caché, comme l’enseigne Rabbi Na’hman zatsal. Comme nos maîtres de mémoire bénie nous le disent, l’obscurité c’est la Grèce. Yavan le fils de Yafet, le culte du corps et de la beauté … Mais Yavan c’est aussi yaven, la boue et la fange … Car leur prétendue sagesse et leur esthétique cachaient en fait des comportements beaucoup moins avouables, comme la débauche …
6b) Dans le second voilement, appelé caf yerekh yaakov, notre sainteté yod – première lettre de Yaakov – est relayée au talon – ‘ekev (lettres suivantes de Yaakov), car à ce stade, on ne sait plus que D. est caché … Le talon d’Essav cherche à fouler notre sainte étincelle, l’âme authentique d’Israël. Cependant, dans le plus grand des secrets, l’âme juive est intouchable, inaltérable, et elle peut encore se réveiller, s’embraser, et brûler toutes les écorces et les épines qui la retiennent prisonnière. Malgré les difficultés et les souffrances, la dimension de l’Amour s’éveille : l’âme épuisée se rappelle de l’Amour que le Créateur lui voue, un Amour infini …
7) C’est là le sens des derniers mots du verset : béhéavko imo, alors qu’il lui est attaché … A un certain niveau de sens, l’ange du mal lutte au corps à corps avec Yaakov : béhéavko imo … Mais c’est aussi la dimension d’Amour, car l’âme juive même au summum de l’éloignement, sait que béhéavko imo, que D. lui est attaché à jamais.
En effet, le mot béhéavko possède les lettres Aleph-Hé-Vav-Beit qui forment le mot Ahouv, aimé. Il reste les lettres Beit et Kof, ensemble de valeur numérique égale à 102, comme la foi, Emouna. Notre foi est une expression de notre Amour pour le Créateur. Inversement, quand nous nous renforçons dans la foi, c’est là le signe que nous sommes aimés par le Créateur …
En résumé :
1) Le mal ne peut rien contre Yaakov – Israël : D. est ma lumière ! (Vayar)
2) La force de l’unité du peuple, par le service de D. lors du mois d’Eloul, neutralise le mal (ki lo yakhol lo), ainsi que l’allumage des 36 lumières de Hanouca.
3) Avoir une vision nette de notre devenir et de notre objectif dans la vie : prendre conscience de l’Unité divine d’amour dans tous les moments de la vie (Vayiga).
4) Cultiver la foi, conserver la pureté de son langage, se sanctifier, remercier D. pour Ses bontés quotidiennes (yérekho).
5) Découvrir les clins d’oeil de notre Créateur, pour se rapprocher de Lui – Sonneries du Chofar (vatéka).
6) Même l’éloignement (voilement dans le voilement) a une finalité bonne (caf yerekh yaakov).
7) Celle de prendre finalement conscience, malgré les épreuves et les souffrances, que notre Créateur nous est attaché : notre foi est la preuve de notre amour pour Lui, et en même temps la preuve de Son amour pour nous (béhéavko imo).
Gloire à D., d’éternité en éternité, amen !
Shavoua tov !
Shmouel  DARMON

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