L’ouverture nord coréenne, un signal pour l’Iran des Mollahs?

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Si les nouvelles en provenance de Corée du nord s’avèrent, ce serait un pas gigantesque en direction de la paix et de la stabilité dans la région.

KCNA KCNA / REUTERS le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un

Et surtout, ce serait, je crois, un puissant signal à l’endroit de l’Iran qui comptait sur l’exemple ou le précédent nord coréen pour reprendre, d’une manière ou d’une autre, ces enrichissements de l’uranium et sa multiplication de centrifugeuses

On a déjà eu l’occasion d’évoquer ce problème dont le président Donald Trump veut se saisir à sa manière dans les tout premiers jours de mai ; en clair, il entend revenir sur un accord qui fait la part trop belle au régime iranien dont l’attitude belliqueuse, tant à l’égard d’Israël qu’à l’égard des sunnites de la région, est bien connue.

Dès que le régime des Mollahs a les mains libres, comme c’est le cas en Syrie, il cherche par tous les moyens à s’y incruster afin de mener des guerres qui ne sont pas celles du pays qu’il cherche à instrumentaliser et à entraîner dans des aventures militaires.

Comment s’opère cette volonté de faire la guerre à tout ce qui n’est pas musulman ou chiite ? Il faut revenir sur le cas des Gardiens de la révolution qui ne trouvent de garantie de leur survie que dans l’exportation de leur révolution et de leurs intérêts.

Récemment, le Guide suprême de la Révolution a dénoncé en termes diplomatiques cette main mise de cette garde prétorienne du régime sur la vie économique du pays.

Nul ne peut avoir les autorisations nécessaires en temps voulu s’il n’est pas passé, au préalable, par le guichet de leurs intérêts privés. Ce n’est qu’après le prélèvement de leur dîme que les choses peuvent se dérouler normalement. Or, ces hommes, mus exclusivement par leurs intérêts, n’ont pas, la plupart du temps, les capacités techniques permettant d’opter pour les meilleurs projets, les plus aboutis, les mieux financés et les mieux adaptés aux besoins du pays…

Cette déclaration du Guide suprême est un étrange aveu. Au lieu de les dénoncer publiquement et énergiquement, de leur ordonner de cesser ces détournements, il se contente de leur faire la leçon… Il sait qu’ils sont devenus trop puissants et qu’on ne peut pas les remettre dans le droit chemin autrement que par de bonnes paroles.

Ce que les chefs de cette garde prétorienne font en économie dans leur pays, ils le font en Syrie et Irak sur un tout autre terrain, stratégique cette fois-ci. Et c’est là que le bât blesse : les suppôts du régime ont bien compris que tout seuls chez eux, ils couraient un risque, vu que la jeunesse iranienne, 70% de la population qui a moins de trente ans, veut vivre dans l’internet, les réseaux sociaux, la musique, les vacances, les mœurs permissives etc… toutes choses honnies par le régime.

En cherchant à acquérir l’arme nucléaire, en développant les missiles balistiques, l’Iran actuel veut s’accorder une sorte d’assurance-vie. Toute la question est de savoir si le coup amorcé avec Kim Jong Un va fonctionner. Si c’est vraiment le cas, ce sera un coup de maître, le tout premier succès de Trump au niveau de la politique étrangère des USA.

Nul ne peut nier, que cela soit une réalité ou un ballon d’essai, que sans le rouleau compresseur du président US, jamais le tyran de Corée du nord n’aurait jamais obtempéré.

J’avoue que la déclaration de Jim Jong Un m’a littéralement abasourdi ; déjà la formulation paraît ambiguë : il dit qu’il ferme ses arsenaux nucléaires mais, en même temps, qu’il a atteint son objectif…

Mais on peut interpréter autrement : s’il obtient des garanties pour sa sécurité et sa survie politique, le régime ne demande pas mieux que de vivre en paix avec ses voisins. Il a même annoncé vouloir reporter ses efforts sur le développement économique de son pays. Pouvons nous le croire ? Cette conversion paraît tout de même peu crédible.

A moins que le chef de la Corée du nord ait eu vent d’une attaque massive et imminente des USA contre ses installations nucléaires, ce qui provoquerait l’effondrement total de son régime et sa propre disparition. Car le tyran survivrait il à la chute de son régime ? J’en doute. Il n’est pas impossible que la Chine lui ait fait la leçon, le prévenant que Trump était imprévisible et qu’en cas d’attaque, il ne fallait pas compter sur son secours… Le régime se retrouverait tout seul face à l’hyper-puissance des armées US. Les tyrans ont eux aussi un instinct de survie.

Si cela se passait comme prévu, l’Iran ne manquera pas de revenir sur ses positions. Seul et isolé, l’Iran ne manquera pas d’en passer par les USA voudront qu’il passe…

Et Israël dans tout cela ? Il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’en cas d’inaction américaine, l’armée israélienne s’en chargera. On l’a vu déjà lors de précédentes opérations de Tsahal qui n’a pas hésité à agir. L’Etat hébreu n’acceptera jamais une présence militaire iranienne à ses frontières. Mais il y a fort à parier qu’en cas d’action, les USA apporteront leur soutien.

Souvent, les relations internationales mènent le monde au bord du gouffre. Il faut espérer que nul n’osera faire un saut dans l’inconnu. D’un autre côté, la population mondiale ne peut laisser des régimes tyranniques et totalitaires menacer la paix et l’équilibre.

Ne pas oublier que la menace iranienne est telle qu’elle a rapproché l’Arabie Saoudite d’Israël. Même les rêves les plus fous ne l’imaginaient pas.

On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise…

Maurice-Ruben Hayoun

Le professeur Maurice-Ruben Hayoun, né en 1951 à Agadir, est un philosophe, spécialisé dans la philosophie juive, la philosophie allemande et judéo-allemande de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem, un exégète et un historien français. il est également Professeur à  l’université de Genève. Son dernier ouvrage: Franz Rosenzweig (Agora, universpoche, 2015)

Le nouveau cycle de conférences, Aux racines de la culture européennese penche sur l’humus spirituel et les valeurs premières qui gisent au fondement de ce continent. Mais l’Europe n’est pas seulement un continent, c’est aussi et surtout une culture, axée autour de courants spirituels et d’écoles philosophiques, qui passent à juste Titre pour sa constitution théologico-politique ou éthique.

Les réflexions qui seront exposées dans la salle des mariages de la Mairie de notre arrondissement couvrent la critique biblique, la littérature éthique, la philosophie médiévale sous son triple aspect, gréco-arabe, chrétienne et juive au miroir des pères spirituels de l’Europe : Thomas d’Aquin, Maimonide, Averroès et Maître Eckhart.

Salle des Mariages Mairie du 16e Arrondissement – 71, avenue Henri Martin- 75016 Paris

Jeudi 11 janvier -19h
Hannah Arendt, égérie de Martin Heidegger?

Jeudi 8 février – 19h
Le Moïse de Sigmung Freud, selon Y. Yerushalmi

Jeudi 15 mars – 19h
Franz Rosenzweig, la philosophie et la Révélation: le problème de la Vérité

Jeudi 5 avril – 19h
Emmanuel Levinas et Moïse Mainonide

Jeudi 17 mai – 19h
L’historien Marc Bloch et Simone Veil face au Kaddish

Jeudi 7 juin – 19h
La langue judéo-arabe: plaidoyer pour une culture (presque) oubliée

 

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