JStreet dans l’impasse©

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J Street dans l’impasse

J Street s’est, malheureusement, avéré être un allié inadéquat et insuffisant pour les efforts de l’Administration Obama pour forcer la main d’Israël.

 

A la fin de 2017, le groupe de défense d’extrême-gauche juive JStreet célébrera son dixième anniversaire. Lors de sa création,JStreet  promettait d’être le premier mouvement politique « à promouvoir explicitement le rôle de meneur de l’Amérique dans la résolution du conflit israélo-palestinien ». Cela dit, la poursuite de ce but par l’organisation n’a été qu’un échec aussi accablant qu’abject.

Les circonstances ne pouvaient être plus favorables pour le noble objectif de JStreet. Dans les 14 premiers mois de sa fondation, Barack Obama était porté au pouvoir par des élections qui conduisaient droit au contrôle par les Démocrates des deux chambres du Congrès et du Sénat.

En tant que Président, l’approche du conflit palestino-israélien par Obama était, de bien des façons, révolutionnaire, en déviant des positions et de la tonalité empruntées par tous ses prédécesseurs, aussi bien Républicains que Démocrates. JStreet a appuyé ce changement par sa couverture politique, des campagnes de dons et une unanimité organisationnelle, fournissant une panacée de circonstance face au sentiment de scandale éprouvé par la communauté juive américaine devant les manœuvres évidentes d’Obama.

L’organisation novice JStreet se retrouvait aux premières loges à discuter avec les organisations juives et pro-israéliennes chevronnées, à la table de la Maison Blanche, avec des accès presque sans précédent au cours des deux mandats d’Obama.

J Street se vantait d’être une partie vitale de l’animation de la politique israélo-palestinienne de l’Administration Obama.

Elle n’en était pas seulement spectatrice. J Street se percevait comme un acteur vital de la stratégie et de l’animation de la politique envers Israël et le processus de paix, menée par l’Administration Obama. Il s’enorgueillissait du rôle de marionnettiste qu’il jouait en défendant la Maison Blanche ou en faisant progresser son agenda politique.

« Nous étions le pack arrière, ouvrant la voie au stratège pour qu’il fasse ce que nous voulions qu’il fasse » déclarait le Président de JStreet, Jeremy Ben-Ami, en 2011. Il ajoutait : « Obama n’aurait pas été capable de faire pression de manière aussi agressive que nous l’aurions souhaité » et JStreet a « actionné les manettes pour passer à l’avant et ouvrir la voie, en le poussant à faire quelque chose de plus ».

Faire « quelque chose de plus » s’est avéré finalement une façon de réaliser bien moins.

Au cours des huit années pleines de l’Administration Obama, qui traçait comme l’un de ses principaux objectifs de politique étrangère d’aboutir à une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien, le Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahu et le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas ne se sont jamais assis dans la même pièce pour plus de quelques heures au total.

e Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahu et le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas ne se sont jamais assis dans la même pièce pour plus de quelques heures au total, au cours de toute la Présidence Obama.

 

Alors que Netanyahu a constamment répété sa volonté de rencontrer le dirigeant palestinien dans n’importe quel endroit, n’importe quand, sans préconditions, Abbas a élaboré une série de préconditions impossibles qui repoussaient de plus en plus loin des négociations significatives. JStreet n’a eu de cesse d’ accuser Netanyahu de l’intransigeance d’Abbas.

La défiance réciproque entre les deux parties n’aurait pas pu être plus importante en une génération, et on peut argumenter sans crainte de se tromper que la perspective de la paix est au moins aussi éloignée qu’elle ne l’était au moment où le processus d’Oslo a commencé. La critique permanente du gouvernement israélien par JStreet créait un bouclier politique pseudo-sioniste sur le flanc gauche de la communauté juive, que l’Administration Obama manipulait pour accuser Israël des actions largement provoquées par l’obstination palestinienne.

Durant huit ans, JStreet a soutenu les politiques destructrices d’Obama envers Israël, comme la demande de gel unilatéral des implantations, la détente nucléaire avec l’Iran, et son autorisation facilitant la condamnation internationale des communautés israéliennes en Judée-Samarie.

En tant que groupement qui s’enorgueillissait de sa capacité de faire entendre sa voix dans les arcanes du pouvoir de l’Administration américaine,l’incapacité de JStreet à avoir la moindre influence doit endosser une très lourde responsabilité pour la rémission du processus de paix.

De plus, dans sa vision implacable de lui-même comme explorant de nouveaux territoires, il a perdu de nombreux alliés idéologiques.

Les efforts incessants du Président de J Street, Jeremy Ben-Ami,  pour consolider le soutien au traitement sans le moindre ménagement d’Obama envers Israël sont tombés à plat, même parmi les Démocrates.

 

Fin 2008, quand Israël a décidé de se défendre contre les attaques incessantes de roquettes tirées par l’organisation terroriste Hamas depuis la Bande de Gaza, JStreet a attaqué sans réserve les actions défensives menées par Israël. Le Rabbin Eric Yoffie, Président d’honneur de l’Union du Judaïsme Réformé, a désigné la réaction de JStreet comme « moralement déficiente, profondément déconnectée du sentiment juif et épouvantablement naïve »

En 2009, JStreet a tenté de faciliter les rencontres entre Richard Goldstone, auteur principal du rapport diffamatoire sur la guerre d’Israël contre le terrorisme à Gaza et des membres du Congrès.

En 2011, lorsqu’il est apparu prendre le parti que les Etats-Unis n’appliquent plus leur veto face à une résolution hautement problématique de l’ONU condamnant Israël, certains de ses partisans, comme le représentant démocrate au Congrès Gary Ackerman de New York, ont rompu leurs liens avec cette organisation.

JStreet s’est aussi placé hors des cercles pro-israéliens prédominants, quand il a invité des activistes de premier plan du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) à ses conférences et proclamé que George Soros n’avait pas fondé cette organisation, jusqu’à ce que l’information entre dans le domaine public qu’il avait en fait apporté sa contribution financière très significative, et tout particulièrement durant ses premières années de gestation. 

Tous ces coups portés ont laissé meurtrie la réputation de JStreet et de son président combatif. .

Mais ce sont surtout les résultats de la dernière élection qui ont porté  le coup de poing du K.O.

J Street est maintenant vilipendé par ses anciens amis et même la gauche israélienne prend ses distances avec ce mouvement.

Si le seul argument de vente encore valide de JStreet était d’offrir à ses donateurs potentiels, ces dernières années, un accès libre (même si c’était du pur gaspillage et totalement inefficace) à la Maison Blanche, c’est devenu tout-à-fait hors de propos et sorti de l’équation avec le victoire de Donald Trump et le contrôle continu des Républicains sur les deux chambres du Congrès.

JStreet est maintenant devenu une organisation vilipendée par ses anciens amis, envers laquelle même la gauche israélienne a pris ses distances et qui s’attire la défiance de bon nombre. Elle doit se reconstituer dans une constellation ou une autre, mais son apogée est bien loin, désormais, derrière elle.

Par Gregg Roman
The Hill
22 janvier 2017

meforum.org/6529/j-street

Gregg Roman est directeur du Middle East Forum, un centre de recherches dont le quartier-général est à  Philadelphie.

3 COMMENTS

  1. Oui c’est en effet très dur lorsque les haineux et menteurs sont beaucoup plus nombreux que les humanistes et la Vérité. Mais espoir espoir.

  2. Si seulement cela pouvait tre vrai , la capacite de nuisance de ces organisations est encore grande , les financiers comme soros sont nombreux , et l antiIsrael ou anti Juif a du succes dans les universites .

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