Jérusalem à l’époque du Premier Temple © vidéo

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Peu après la mort du roi Salomon, le royaume d’Israël se divise, Jérusalem n’est plus capitale unique. Les dépenses somptueuses du roi ont vidé le trésor et les caisses de l’état. Les tribus du Nord refusent de participer aux folles dépenses de la cour de Jérusalem.

Roboam, héritier de  Salomon, est rapidement contesté. Malgré l’avis de ses conseillers il refuse d’alléger la charge des impôts.

 

Les tribus du Nord, au nombre de dix, sous la direction de Jéroboam, font sécession et créent le royaume du Nord ; le royaume d’Israël avec Samarie pour capitale. Seules les tribus de Benjamin et de Juda restent fidèles à Roboam.


Le fossé entre les deux royaumes est politique : le petit royaume de Juda, autour de Jérusalem, conserve la forme dynastique liée à la famille de David, tandis qu’en Israël le roi doit recevoir l’agrément du conseil des anciens et peut être remplacé s’il ne remplit pas son devoir.
La distinction entre les deux royaumes est aussi religieuse : les habitants d’Israël  sont vite appelés Samaritains qui veulent une religion plus simple, ceux de Judée, les juifs, restent monothéistes et considèrent les Samaritains comme des païens.

Pendant les trois siècles qui suivent le schisme, Jérusalem est  capitale du royaume de Juda ou royaume du sud. Elle est investie par des cultures et des cultes étrangers à cause de certains rois qui laissent sévir la corruption, le luxe et l’idolâtrie : les prophètes se dressent pour dénoncer ces déviations morales.

Certains n’hésitent pas à comparer Jérusalem à Sodome, détruite pour n’avoir pas su établir des règles de justice sociale. Seuls les rois Josaphat, Ezéchias et Josias, aidés par les prophètes Isaïe, Michée et Joël luttent contre l’idolâtrie et le royaume de Juda connaît sous leur règne, des périodes de prospérité et d’apogée culturel.

Isaïe, sous le règne de Ouzia  reproche au peuple son manque de rigueur sociale et religieuse : « Jadis pleine de justice, c’était l’asile de la vertu, et maintenant elle est un repaire d’assassins !…. Sion sera sauvé par la justice, et ses pénitents par la vertu. Impies et coupables s’effondreront ensemble…»  Isaïe prévoit déjà le rôle de Jérusalem en tant que centre religieux universel.

Isaïe, par Michel-Ange

Un nouvel empire naît sur les rives du Tigre et de l’Euphrate ; c’est l’empire assyrien qui devient la puissante dominante dans le vaste Moyen-Orient. Le nouveau roi Achaz  tente de s’assurer les faveurs du nouvel empire : il encourage le culte des dieux assyriens.

Détail : le roi d’Israël Jéhu agenouillé devant le roi Salmanasar

Son fils, le roi Ezéchias décide de s’opposer à l’influence assyrienne dans le royaume de Juda. Soutenu par le prophète Isaïe, il purifie le Temple et renforce les remparts de Jérusalem. Pour assurer la sécurité de la ville en cas de siège, il fait creuser un canal souterrain qui détourne les eaux de la source de Gihon vers l’énorme réservoir de Siloé. Ce tunnel, long de 533 mètres, constitue une réussite technique exceptionnelle pour l’époque.

Tunnel d’Ezéchias

En -722 le royaume d’Israël tombe sous la domination assyrienne : sa population formée de dix tribus est déportée dans les régions orientales de la Mésopotamie.  Jérusalem redevient, pour une courte période, le rôle de centre religieux ; elle reçoit des réfugiés venant du royaume du Nord et la Ville reprend son expansion géographique.

Les Assyriens vont tenter de s’emparer de Jérusalem ; commandées par Sennachérib, les troupes assyriennes font le siège de la ville. Le roi Ezéchias supplie Isaïe d’intercéder auprès de Dieu pour sauver la capitale. Les assiégeants se retirent et Jérusalem préserve son indépendance en retrouvant sa puissance commerciale.

Pendant près d’un siècle, les rois de Juda réussissent à vivre en paix grâce à leur position d’état tampon entre les deux puissances rivales : l’Égypte à l’ouest et l’Assyrie à l’est.
A la mort du roi d’Assyrie, Assourbanipal, en 630, de nombreuses guerres civiles éclatent dans l’empire et en provoquent la chute. En 612 avant l’ère chrétienne, Ninive est détruite, c’est la fin de la puissance de l’Assyrie.
Quand Josias (639-609 avant l’ère chrétienne) monte sur le trône on assiste à un renouveau du service du Temple et par la confirmation de Jérusalem comme seul centre religieux de la nation.
Josias tire parti de la situation pour reconquérir une partie de l’ancien royaume d’Israël, dans le Nord du pays. Mais il connaît une fin tragique en – 609, lors d’une bataille contre les Égyptiens.
Les successeurs de Josias ne parviennent pas à maintenir l’indépendance reconquise. Le peuple nomme alors Joachaz comme roi, mais après trois mois de règne, Neko le déporte en Egypte et impose un tribut au royaume de Juda.
Neko va imposer Joïakim, le royaume de Juda devient un état vassal de l’Égypte. On assiste un retour des cultes des idoles. De nouvelles puissances régionales se forment : l’empire babylonien commence son expansion. Le royaume de Juda passe sous la domination de la Chaldée.
Profitant des divisions internes au sein de la famille royale : deux partis s’affrontent, les partisans de l’Égypte et les défenseurs de l’alliance en faveur des Babyloniens. Ces derniers s’emparent de Jérusalem, tuent le roi et jettent son corps par-dessus les remparts de la ville.
En -597, Joïakin monte sur le trône, il est très vite exilé à Babylone avec la majorité de sa cour : le Temple et le Palais royal sont pillés, l’élite du pays est déportée ainsi que  certains artisans comme les forgerons et les serruriers.
Les Babyloniens attribuent la couronne à Sédécias, oncle du roi, dont ils pensent qu’il se plierait à leur autorité. Sédécias est le dernier descendant de David à régner sur Jérusalem. Contrairement aux exhortations de Jérémie, il décide de se lancer dans la rébellion en organisant une ligue des états vassaux de la région. La coalition montée par Sédécias va éclater rapidement et le royaume de Juda se retrouve seul face à la puissance babylonienne.
En 586 avant l’ère chrétienne, le roi babylonien Nabuchodonosor prend la ville après un siège de dix huit mois : le Premier Temple est détruit le neuvième jour du mois d’Av, les habitants de Jérusalem sont déportés ; les dirigeants de la nation et une grande partie des artisans, la ville est rasée. Cette date fatidique reste gravée jusqu’à ce jour dans la mémoire collective du monde juif.

Dans le texte des Lamentations le prophète Jérémie laisse éclater sa peine :
« Hélas ! Comme elle est assise solitaire, la cité naguère si populeuse ! Elle, si puissante parmi les peuples, ressemble à une veuve ; elle qui était une souveraine parmi les provinces a été rendue tributaire ! Elle pleure amèrement dans la nuit, les larmes inondent ses joues personne ne la console de tous ceux qui l’aimaient ; tous ses amis l’ont trahie, se sont chargés pour elle en ennemis.»


Commence ici le premier exil. L’exil de Babylone suscite l’aspiration à la délivrance nationale, tels sont les messages d’espoir et de retour délivrés par les prophètes Ezéchiel et Isaïe. Jérusalem reste une ville morte pendant près de cinquante ans.  Elle est devenue le symbole de la dispersion. Cette épreuve redoutable fait ressortir la place que Jérusalem occupe désormais dans le cœur des Juifs :
« Au bord des fleuves de Babel (Babylone), nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion, aux saules qui s’y trouvent, nous avions suspendu nos lyres, nos conquérants nous demandaient des chants, nos bourreaux de la joie « chantez-nous des chants de Sion !» Comment chanter le chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
« Si je t’oublie, O Jérusalem, que ma droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais. Si je ne me souviens pas de toi, si je n’élève pas Jérusalem au sommet de ma joie! » (Psaume 137).
L’exil de Babylone engendre dans le peuple l’aspiration à la délivrance. La promesse du retour à Jérusalem a été proclamée mais c’est encore la désolation.


La situation internationale ne tarde pas à changer ; une nouvelle puissance se lève à l’Est, c’est l’empire perse. Les armées perses, sous le commandement du roi Cyrus vont envahir l’empire babylonien. Le prophète Zacharie prédit alors le retour à Sion.
En -538 les exilés sont autorisés par le roi  perse Cyrus, à revenir dans leur patrie et à reconstruire leur Temple.
Le Psaume 126 évoque le bonheur du retour des exilés « Ramène nos captifs, Ô Éternel, comme Tu ramènes des ruisseaux dans le désert du Midi. Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie. » Dans le livre Béréchit est mentionné le nom de montagne, c’est-à-dire détruit comme il est écrit dans Les Lamentations « sur le mont Sion qui est dévasté. »
Ceux qui rentrent trouvent une Jérusalem en pleine désolation. Ils vont s’atteler à la reconstruction du Temple de Salomon. Le Temple est terminée soixante dix ans après sa destruction. Néanmoins les conditions favorables ne provoquent pas un repeuplement de Jérusalem.

Adaptation par Joël GUEDJ

8 COMMENTS

  1. cette carte est d’autant plus fausse que la phenicie faisant partie du territoire du nord d’israel les pheniciens sot des hebreux de la tribut de zebulon fondatrice de carthage.

    • Les « Phéniciens » n’ont surtout jamais existé, puisqu’il s’agissait du nom employé par les Grecs pour décrier les peuples vivant de l’autre côté de la Méditerranée selon eux : donc des habitants de Sidon, Tyr ou aussi bien la coté hébraïque.

    • Jamais entendu parler du roi Hiram, ami du roi Salomon, qui fournit les cèdres destinés à la construction du Temple? Il était roi de qui?

  2. Bonjour,
    Autant l’histoire raconté est bien écrite, mais la carte proposée est dégueulasse, vous manifestez la présence de palestine à cette époque ??? Vous sortez d’où cette inexactitude ?? Vous faites jouez la cartes de ces tarés d’Arabes qui ne veulent qu’une chose vous exterminer et cette carte confirme leurs haine et leurs mensonges………Putain, je ne comprends pas votre état d’esprit tortueux (Axe de progression assyrienne vers l’Egypte) Le terme «  »palestine, vient des romains en l’an 135 après J.C …..Alors, j’en ai vraiment MARRE des gens qui diffusent des mensonges à la soldes de connards !!!!!!!! Et de fascistes………!!!!!!

    • Bonjour comme vous le dîtes le terme de Palestine est postérieure au contexte des événements écrits (époque romaine) mais il y a des conventions dans les livres d’histoire pour utiliser des notions plus connues comme le signalait l’historienne israélienne Rina Neher Z’l qui indique que la notion de Palestine pourrait découler aussi de Philistins. La meilleure façon de lutter contre le révisionnisme historique antijuif est de rédiger des articles sur l’histoire juive, en particulier sur Jérusalem, c’est le sens de ma démarche. Mais j’accepte vos réserves sur le risque de confusions et je suis disposé à retirer de l’article la carte incriminée, ce qui ne change en rien au fond de celui-ci.

      • Les Philistins, dont prétendent descendre les « Palestiniens », étaient un peuple de la mer d’origine grecque, et furent totalement éradiqués par Sennachérib en -702.

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