Le Marketing AFP autour de Barghouti, criminel contre l’humanité

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En élevant, par pur opportunisme, Marwan Barghouti au statut de « futur Mandela », la presse française, avec l’AFP à sa tête, se livre à l’apologie de crime contre l’humanité et sème à tous vents les germes irresponsables, qui feront lever les futurs Mohammed Merah.

Les articles de promotion Article original du prisonnier pour Terrorisme, Marwan Barghouti, élevé à celui de « prisonnier politique » n’en finissent pas de fleurir à longueurs de colonnes Article original. Si Michaël Darmon Article original semble en avoir donné le « feu vert », il ne se ferait que que le relais d’un consensus en boucle qui veut faire de l’apologie de crime contre l’humanité une « vertu humaniste ».

Pourquoi cet acharnement , de la part de l’ Agence France-Presse, qui prend, néanmoins la précaution de « noyer » le nom de son favori parmi d’authentiques non-violents comme Aung San Suu Kyi ?

a) Parce qu’en au moins deux occasions, auxquelles a directement participé Barghouti, elle a, sciemment, donné une fausse interprétation des évènements et, ainsi, contribué directement et par deux fois, au déclenchement de la Seconde Intifada. Or, c’est en s’appuyant sur la presse palestinienne de l’époque, ironie du sort, que les preuves les plus flagrantes sont apportées de la préméditation palestinienne à entraîner Israël dans la guerre ce qui ne correspond pas au discours du tandem Chirac-Védrine, le 5 octobre 2000″>Article original. C’est cette fraternité des armes et des plumes qui semble, d’abord, expliquer cette inclination à la désinformation systématique sur qui est Marwan Barghouti : tout sauf un homme de « paix ».

Ces deux moments-charnière sont connus et toujours niés pour ce qu’ils furent : « l’Affaire du Tunnel sous la Mosquée », en septembre 1996. Et les incidents déclenchés, seulement, le lendemain et le surlendemain de la visite d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple. Or, à cette date, la presse française voudrait encore nous faire avaler que « tout » est parti de là…

b) Mais la raison la plus criante est, précisément, qu’aucun leader palestinien ne peut incarner les valeurs morales prêtées à Mandela, au-delà de ses compromissions politiques et de ses erreurs : il a su rassembler une nation divisée, là même où le Fatah et le Hamas se disputent l’héritage de l’architerroriste Arafat, devenu « favorable à la paix des braves » pour raisons purement tactiques. Pire, dirons-nous, Arafat, en 2000, a échoué là où Mandela a réussi, dans les années 1990 : abandonner le recours aux méthodes violentes et choisir la voie de la négociation. De ce point de vue, Mandela est l’anti-Arafat et vice-versa. Mais Barghouti est le « fils prodigue » de l’Intifada violente et de son mentor et c’est bien ainsi qu’il achèvera sa carrière de planificateur d’attentats.

A l’heure où les Palestiniens s’enfoncent dans les divisions et où les tragédies régionales en Syrie et en Egypte pourraient faire oublier leur manque d’ardeur à faire la paix, le grimage de Barghouti en Mandela semble un produit-marketing bon marché.


Martyrs des Brigades d’Al Aqsa

1- D’abord, quel est le statut en Islam du terrorisme indistinct visant des cibles civiles?

D’après : Le sabre et le Coran : Tariq Ramadan et les Freres musulmans a la conquete de l’Europe, de Paul Landau Article original, aux Editions du Rocher, les soi-disant méthodes de « résistance » palestinienne deviennent, à partir de 1994, antinomiques au droit traditionnel islamique et à ses distinctions fondamentales entre combattants et non-combattants.

C’est un phénomène relativement nouveau en Islam. Le Jihad, « sacralisation de la razzia bédouine » (Bat Ye’Or), est codifié, le sacrifice volontaire proscrit. Le « suicide noble » n’y existe pas, contrairement à l’Europe ou au Japon. La secte ismaélienne des Assassins (« Hachichins ») s’en prenait à des dirigeants politiques. Ses adeptes ne se suicidaient pas, même s’ils étaient tués au cours de leurs opérations. « Toutes les écoles de jurisprudence (hanafite, malikite, hanbalite, cha’afite…) » distinguent les catégories susceptibles d’être tuées.

Les femmes, les enfants, les mineurs, les aliénés, les esclaves en sont exclus, d’après Nawawi (jurisconsulte cha’afite, XIIIème siècle). Taqi Al-Din Ibn Taymiyyah (1263-1328), référence majeure de l’Islamisme sunnite, proscrit le meurtre de tous ceux qui ne sont ni « combattants », ni « résistants ». Il faut « combattre ceux qui nous combattent, parce que nous voulons faire triompher la Religion de Dieu ».

Cette distinction cardinale entre les uns et les autres est centrale dans tout droit de la guerre. C’est la condition sine qua non à toute sortie d’un conflit.

L’exemple palestinien est imité en Algérie, au Cachemire, en Inde, en Tchétchénie… La Fatwa décisionnaire du Cheikh Youssouf Al Qaradawi, qui intervient en 2003, se base, uniquement, sur des considérations politiques et aucunement juridiques. A l’instar des intellectuels et journalistes français qui justifient la notion de « colon potentiel » pour tolérer le meurtre d’enfants juifs, il voit en tout Israélien un « soldat potentiel », ce qui contredit la distinction d’Ibn Taymiyyah, entre ceux qui combattent ou ont effectivement combattu et les autres. C’est une régression fondamentale du droit élaboré par les jurisconsultes.

A la suite de l’attentat commis par Hiba Daraghmeh, dans le Centre commercial d’Afula, en mai 2003, et revendiqué par les Brigades des Martyrs d’Al Aqsa (dirigées par Marwan Barghouti) et le Jihad Islamique, Qaradawi en vient à exempter de toute conformation à la Chari’a, du port du voile ou d’être accompagnée, la femme qui veut se suicider contre « l’Occupation ». C’est une double-rupture et un retour complet aux sociétés archaïques, par rapport à tout le corpus juridique islamique, jusqu’à cette date, quant aux distinctions établies jusque-là et au fait de s’écarter de toute règle traditionnelle, suivant une conjoncture politique. Cette posture va prendre de plus en plus d’ampleur et d’influence au sein du monde musulman, où les opposants à ce totalitarisme ne parviennent plus à se faire entendre.

Mais, le pire réside dans la liberté, presque illimitée, de parole d’instances se référant à ces obédiences, en Europe et en France (pays des Droits de l’homme »), grâce à la caisse de résonance des thèses « anticolonialistes » (ou anti-« Apartheid » israélien…) qui usent de relativisme comparatif, dans les rédactions et les éditions. L’occasion de la mort de Mandela était trop belle pour que les « assassins de papier » puissent, enfin, libérer leurs pulsions contenues depuis l’incarcération de l’assassin Marwan Barghouti.

Pour mémoire, Télérama du 30 août 2000, avant même le déclenchement de la seconde Intifada, titre : « Jérusalem, un air d’Apartheid ».

Générique fort « avant-gardiste », puisque le thème obtiendra sa pleine consécration, par effet de retournement, lors de la conférence des ONG et de l’ONU contre « le racisme », à Durban 2001, en Afrique du Sud. Il est clair que le choix du lieu, berceau de la lutte contre ce système politique oppressif, apporte toute la légitimation nécessaire à la novlangue d’un renversement des valeurs, orchestré par les associations, censées commémorer la chute de ce régime, aboli dix ans plus tôt.

Pourtant, le Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale définit très clairement « l’Apartheid » comme : « des actes inhumains… commis dans le contexte d’un régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématiques, d’un groupe racial à l’encontre d’un autre groupe racial… »

De même que la Shoah, l’Apartheid doit conserver son exceptionalité, afin d’être compris en tant que système historique. C’est le fruit délibéré d’une politique de différenciation et de classification des races, sur le mode des Lois de Nuremberg (1933), non le résultat improvisé de violences inhérentes au conflit, comme l’instauration de la barrière de sécurité pour faire face aux attentats, ou les filtrages aux checks- points, pour déjouer l’intrusion de terroristes décidés à commettre des actes meurtriers au milieu des populations civiles.

Cet étiquetage de l’Etat hébreu, qui s’exprime, notamment, par le boycott économique, gomme d’un trait l’accès à la citoyenneté de plein droit de plus de 20% d’Arabes Israéliens ; ou la présence à la Knesset, de partis arabes, dont certains parlementaires sont réputés pour leurs points de vue extrémistes, jusqu’à un certain degré variable « d’intelligence avec l’ennemi » : tels qu’Amzi Bishara et Hannan Zoabi, députée présente sur le Mavi Marmara, en 2010, favorable au Hamas et au rôle de l’Iran dans la région.

Une délégation de députés arabes israéliens, autour d’Ahmed Tibi, l’un des plus virulents, selon les séquences, filmées, accompagnait, justement, Ariel Sharon sur le Mont du Temple– Harâm Al Sharif, le 28 septembre 2000. Marwan Barghouti et Azmi Bishara en faisaient partie.

Il affirme, par exemple, dans le journal de gauche Haaretz du 22 mai 1998 (plus de 2 ans avant la Seconde Intifada) : « Après l’établissement d’un Etat Palestinien en Cisjordanie et Gaza, la lutte contre Israël continuera ». Soit, contre l’Etat dont il est, non seulement, citoyen, mais représentant. Rien, dans ses prises de position, ne le différencie des déclarations d’Abu Mazen sur le refus de tout accord définitif, ou des prétentions dites « réformées », d’établissement d’un Etat arabe « du Jourdain Jusqu’à la Mer ». En fuite, depuis son inculpation, en avril 2007, pour avoir fourni des renseignements au Hezbollah contre des centaines de milliers de Shekels, le journal israélien Ma’ariv a récemment retrouvé sa piste Article original comme intermédiaire de la réconciliation Fatah-Hamas, à Doha, au Qatar, le 12 décembre dernier.

Des journaux comme Libération emploient un simulacre de neutralité pour définir ses options notoires : Azmi Bishara aurait été jugé pour avoir soutenu la « résistance ». C’est un autre glissement de sens fréquent, privant la France de référence à sa propre lutte contre l’occupant nazi, entre 1940 et 45, et qui reprend la terminologie commune à l’OLP, au Hezbollah ou à l’Iran. On est donc bien dans le cadre d’une diabolisation-délégalisation.

En tout état de cause, la presse ignore ou passe généralement sous silence le record impressionnant d’Israël en matière de protection des droits individuels et le nombre de procédures Order Nisi déposées devant la cour suprême. De l’aveu de Juges et juristes, tels que l’avocat Trevor Asserson ou Irwin Cotler, ancien Ministre de la Justice canadienne, il n’a jamais existé aucun autre pays démocratique qui puisse aligner un volume comparable aux prises de décision de la Cour Suprême en matière de protection des droits de l’homme, essentiellement arabes israéliens et palestiniens, malgré les périodes de violence quotidienne.

1- Qui était Marwan Barghouti et quelle est son « oeuvre »?

Selon M. Barghouti, Arafat ne donnait pas d’ordres directs, précisant que les « activistes savaient comprendre » ce qu’il attendait : « il n’y avait pas besoin d’instructions directes, les choses étaient comprises entre les lignes ». De même, lorsqu’Arafat voulait appeler à un cessez-le-feu, il convoquait les responsables des Tanzim – aile militaire du Fatah, sous les ordres de Barghouti – pour le leur annoncer, ajoutant qu’ils savaient « quoi faire si le cessez le feu prenait fin », faisant ainsi allusion à une reprise des opérations armées. C’est une constante, chez plusieurs chefs terroristes jouissant d’une aura médiatique.

Dans le même ton, Ben Laden, lorsqu’il recevait encore des journalistes, avant 2001, ne revendiquait jamais directement une action, ni n’envoyait d’ordres déterminés. Il se contentait de mentionner que « ceux qui doivent savoir sachent et que ceux qui doivent comprendre comprennent ».

L’Autorité Palestinienne d’Abbas, plus tard, poursuit l’œuvre de martyrologie. Elle a dédié des dizaines de places, de rues, au nom de son héroïne-kamikaze, Dalal Mughrabi, responsable d’une cellule terroriste qui a pris un bus en otage et perpétré le massacre de 38 Israéliens, en 1978, pour le compte du Fatah. Le 21 novembre 2012, s’appliquant à suivre cet exemple, un membre de sa famille place une bombe dans un bus de Tel Aviv, cette fois, pour le compte du Hamas. C’est le dernier jour d’une confrontation, entre les lanceurs de missiles de Gaza et l’aviation israélienne. L’attentat fait 28 blessés. Le penchant incurable et la seule constance historique de la « diplomatie » palestinienne veut qu’elle soit étroitement émaillée d’actes de terreur.

2) De « l’activisme » au terrorisme :

Au cours del’année 1996, tous les signes avant-coureurs de la fuite en avant vers l’Intifada passent des épreuves de test, sans qu’on y décèle une intention planifiée. On agite le chapeau et on voit les numéros qui sortent. Il est, cependant, clair, à cette époque, que les Tanzim, « jeunes turcs » du Fatah, ont déjà fait leur choix. Leur chef, M. Barghouti énonce l’objectif, rapporté par l’auteur du « Rêve Brisé », Charles Enderlin : « Les Israéliens céderont plus facilement s’ils sont confrontés à la violence. » ou « ils ne comprennent que la force ».

Encore faut-il s’assurer que le peuple réponde à cette attente. Lors des incidents de fin septembre 1996, il organise les échauffourées, à Ramallah, avec les étudiants de Bir-Zeit. Les pierres fusent et c’est l’affrontement. Barghouti coordonne la plupart des confrontations violentes avec Tsahal. Le profil de contestataire des pouvoirs indus des « Tunisiens » corrompus (ceux revenus d’exil avec Arafat), mais aussi d’ultra-violent, confère à M. Barghouti un rôle-pivot : parfois en conflit avec sa direction, ses talents d’organisateur en font l’homme de terrain indispensable pour Arafat, s’il veut rester le maître incontesté de la Cause. Le chef des Tanzim jouit de la popularité que les anciens n’ont jamais regagnée.

On assiste à une « répétition générale » de l’Intifada 2, lors de deux affaires, qui s’enchaînent, fin septembre 1996. L’amplification des évènements découle directement de la crédibilité de la source : l’AFP, en l’occurrence, qui se trouve en posture de les fabriquer en amont, et ne se contente plus de les relater a posteriori. On voit donc se dessiner en filigrane les traces d’une vieille complicité entre l’AFP et Barghouti et bien des comptes communs à régler contre l’Etat Juif :

– celle du « tunnel » le long du Kotel, le 24/09/1996. Et le lendemain, celle du Tombeau de Joseph à Sherem/Naplouse.

A l’origine, selon l’analyse de Clément Weill-Raynal (dans « Décryptage »), le matin même, l’AFP évoque ces travaux, sur environ 65 m, conformément à leur tracé :

de la sortie nord du passage souterrain, le long du Mur, jusqu’à proximité du Monastère des Petites-Sœurs de Sion .

Il n’y a, apparemment, pas péril en la demeure. Le 24 septembre 1996 (10:27 GMT), une dépêche AFP signée Hicham Abdallah, titre : « Israël irrite les Musulmans en perçant un tunnel près des Mosquées ». La dépêche annonce : « Les Palestiniens ont exprimé leur colère mardi, après le percement en secret, par Israël, d’une nouvelle entrée dans un tunnel archéologique longeant l’Esplanade des mosquées, dans la Vielle Ville arabe de Jérusalem. » Rien de choquant ni dans le titre, ni dans la dépêche, sauf qu’on apprend qu’Israël a percé une nouvelle entrée, dans un tunnel existant depuis 2000 ans (appelé l’« aqueduc hasmonéen »), que le Quartier Juif est devenu « arabe » et que tout ceci se déroule secrètement (comme dans tout « complot » qui se respecte). La radio et les quotidiens israéliens expliquent que ce tunnel est un raccourci et facilite l’accès des touristes à la Via Dolorosa pour se rendre aux monuments chrétiens.

Le même 24 septembre (14:20 GMT) le correspondant, Hicham Abdallah titre sa nouvelle dépêche AFP sur le fond identique à la première, mais en remplaçant le titre : « Israël perce un tunnel sous les mosquées , colère des musulmans ».

Entre les deux dépêches, Arafat s’est exprimé, en condamnant un « crime contre nos lieux saints ». Fallait-il rendre « crédible » cette fausse assertion ?

Cette information erronée met le feu à Jérusalem durant 4 jours, les manifestations et les affrontements avec la police israélienne font beaucoup des dégâts, matériels et humains : 17 morts côté israélien et 63 Palestiniens. La rumeur palestinienne enfle. L’écho se répercute dans les pays musulmans : « Les Juifs veulent détruire la Mosquée ».

Des échauffourées éclatent. On assiste à des échanges de coups de feu, des deux côtés. 80 morts pour un bruit qui court, lancé par une agence qui connaissait, depuis le départ, les enjeux de cette opération urbaine, dans la Vieille Ville, du côté israélien. Autant de « martyrs ». « Le Monde de la Bible », collection Archéologie et Histoire, de septembre-octobre 1988, a diffusé un compte-rendu complet sur les anciens et nouveaux tunnels, soit 8 ans avant les recompositions hallucinées, à 90°, d’H. Abdallah.

La même rumeur, lancée par les hommes du Grand Mufti, en 1929, avait provoqué des pogroms, faisant, au total des centaines de morts et de blessés, des deux côtés. Géographiquement, historiquement, la légitimité politique palestinienne repose sur le principe de délégitimation de toute antériorité. Chaque ravalement d’un édifice ancien, dans ce secteur, comme le pont des Maghrébins, en 2011, (seul lieu d’entrée pour les non-musulmans voulant visiter le Mont du Temple/esplanade des mosquées), risque de provoquer des incidents, sur fond d’accusation de « Judaïsation » de la Ville. Ce sont tous ces ingrédients qu’est parvenu à réunir dans sa dépêche celui qui a détourné les informations s’y rapportant pour en faire un cocktail incendiaire.

Ces tranches de mobilisation sur commande, à échéances variables, sont le carburant de la guerre de religions, caution imprescriptible des « droits inaliénables » arabo-palestiniens. Elles désignent à la foule les « intentions » prêtées à « l’ennemi », qui n’a pas assez de qualificatifs dégradants. Ce lien religieux puissant compense la faiblesse de la mobilisation politique en sa faveur. Arafat peut, alors, s’auto-investir du rôle de « gardien » des lieux saints de l’Islam (chrétiens ou, ici, juifs), se croire l’égal du Roi d’Arabie Saoudite, grâce à la médiatisation, lorsque, d’après les pouvoirs musulmans régionaux, il n’a aucun droit sur ces édifices. Ici, au départ, la faute reste imputable à la presse , dans la fabrication et le relais d’une rumeur sans la moindre vérification ni correction, durant toute la durée des émeutes. Hicham Abdallah ne sera jamais réprimandé par ses chefs, ni inquiété dans sa carrière, pour avoir joué les criminels de plume.

Nulle mention de ce montage, dans le « Rêve Brisé » d’Enderlin ; seul, le dirigeant israélien est tenu pour accumuler les « gaffes » : « Netanyahou commet sa première grande erreur de jugement dans la nuit du 23 au 24/09/1996 », écrit le narrateur. Répandre des rumeurs pour les orchestrer, inciter à la violence sans aucun rapport avec le projet réel, ne saurait être tenu pour une faute, côté journalistique… Etrange conception du droit à l’équité de l’information qui fait l’histoire.

Marwan Barghouti devient, par la suite, l’un des plus importants dirigeants de l’Intifada. Il a fait une déclaration révélatrice, quant à sa propre conception de l’exploitation d’une fausse nouvelle, datée de cet évènement. Il s’exprime, ouvertement, dans : Akhbar Al-Khalil, journal d’Hébron, le 8 mars 2000, 4 mois avant Camp David sur la stratégie du mouvement Fatah, en citant cet emballement comme un moment-clé dont le peuple palestinien de 2000, doit, plus que jamais, s’inspirer :

« Quiconque pense qu’on peut arriver à une décision sur des sujets aboutissant à un accord permanent avec Israël »>Article original, – par exemple, sur les réfugiés, Jérusalem, les implantations et les frontières- par le biais des négociations, vit sous l’emprise de l’illusion. Dans ces domaines, nous devons lancer un combat sur le terrain, en parallèle du cadre des négociations… Je veux dire, mener un véritable conflit. Nous avons besoin de nombreuses batailles, sur le modèle de la lutte contre le Tunnel sous la Mosquée d’Al Aqsa… On ne combat pas les implantations par des plaidoyers, mais par la force des armes… C’est le droit de notre peuple de lutter contre les Israéliens, en Cisjordanie, à Gaza et Jérusalem, en employant tous les moyens et méthodes disponibles ».

On peut légitimement subodorer une préméditation, érigée en schéma directeur stratégique, quand tout semble fait, dans cette harangue de mars 2000, pour systématiser la récidive. Le leader des Tanzim a-t-il à l’esprit le renfort appréciable de certaines agences de presse, dans cette lutte ?

Le test, en tout état de cause, s’est avéré suffisamment concluant, pour qu’il n’ait pas besoin d’insister. On ne sait pas ce qui le galvanise le plus :

les 17 tués israéliens ou les 63 morts palestiniens ?

Si même 6 ans après, le correspondant-expert de Fr 2 continue d’enfoncer dans les mémoires, l’idée qu’Israël commet une « mauvaise appréciation politique », quand l’interprétation des faits originels pose un problème majeur de déontologie, il n’y a, alors, aucune chance de rétablir l’authenticité de cet évènement, pas la moindre réfutation de la rumeur, ou rééquilibrage de « l’erreur fondamentale d’attribution » à attendre. On se contente de corroborer une distorsion patente, prenant à revers toute charte journalistique statuant sur de telles configurations. Netanyahou serait donc « gaffeur » par disposition personnelle, le préposé à la dépêche, les enragés de ce jour et des suivants, de simples victimes de la situation qu’engendre ce dirigeant maladroit. Aucun accord ne pourrait, selon la doctrine de Barghouti, être trouvé (malgré les termes d’Oslo II), sans l’usage de la violence décuplée.

Ces évènements fondent l’origine discontinue de « l’Intifada Al Aqsa », de l’incitation à l’organisation, sous l’égide de stratèges, tels que M. Barghouti. Le nom de cette mosquée « lointaine » désignera l’Intifada et son mouvement-phare du Fatah : les Brigades des Martyrs du même nom. Ces symboles de la conquête « d’al Qods » en gestation militent pour l’application d’un seul droit à tous ces lieux de mémoire, par l’exercice diffus de la violence, dans une guerre psychologique utilisant les ressorts de la guerre de religions.

3) Préparatifs de L’Intifada, « Mère des Batailles » :

Avant le Sommet de Camp David, puis entre juillet et fin septembre 2000, tout indique que la décision de déclencher l’Intifada est l’option retenue, côté palestinien, avant que leur chef ne s’y rende. Le seul point aveugle qui subsiste, c’est son caractère prévu : tactique ou stratégique ? Quelle ampleur le Raïs comptait-il lui donner ? Pensait-il pouvoir suspendre les hostilités pour un nouveau round plus prometteur de négociations ? En atteste le suivi quasi-quotidien de la presse palestinienne, publique ou relayant des communiqués internes :

Au moment de frapper les trois coups, Marwan Barghouti, qui dirigeait le Conseil Suprême du Fatah en Cisjordanie, est cité par le journal Falastinuna du 31 juillet 2000, expliquant que l’échec des négociations ouvre les portes au peuple palestinien, pour qu’il réalise « toutes les options ». Il fait remarquer qu’il restait encore du temps pour atteindre un niveau de pleine préparation et annoncer une mobilisation générale, dans les rangs du peuple palestinien. Il devient donc clair, deux mois, environ, avant la visite d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple, et juste au moment où les négociations échouent, que la confrontation se prépare activement, dans les rangs de l’OLP.

Barghouti n’a pas fait cette déclaration dans le vide. En pratique, les appareils sécuritaires de l’Autorité palestinienne et les instances de « gouvernance politique », en collaboration avec le mouvement du Fatah, ont mis sur pied de nombreux camps d’été, durant toute la période estivale de 2000, s’adressant aux adolescents et aux enfants, dans toutes les régions gérées par l’Autorité Palestinienne.

Dans ce cadre, des milliers de jeunes se sont entraînés à l’usage des armes et à des attaques contre des soldats et des résidents juifs des implantations, en utilisant des pierres et des bombes incendiaires. Sur le plan tactique, Arafat est persuadé que les morts d’enfants bouleverseront l’opinion et lui feront changer d’avis, rapidement, provoquant ainsi un fort élan de solidarité, tant dans les pays arabes qu’en Occident. Comme on le voit plus tard, cette exploitation massive aura de nombreuses répercussions, offrant un bénéfice substantiel à la stratégie arafatienne. Falastinuna a rapporté, le 17 septembre 2000, à la « veille » (12 jours avant) de la Seconde Intifada, que les rangs de l’organisation du Fatah étaient placés en alerte maximale, comme stade préparatoire avant la déclaration d’un Etat Palestinien.

On aura la confirmation de l’absence de spontanéité, les 4 et 5 octobre 2000, par RTL-TV (belge) : deux journalistes filment un van, bourré de membres des Tanzim, qui arrive sur un lieu de manifestation pour distribuer des cocktails-molotov aux manifestants. Les apercevant, les « activistes » leur confisquent leurs appareils. Après diverses péripéties, les deux reporters déclarent : « Nous avons la preuve que ces affrontements n’ont rien de spontanés ».

Avant cela, En juillet 2000, toujours, le mensuel Al-Shuhada (diffusé au nom de l’organe de « guidance politique », parmi les forces de Sécurité Nationale Palestinienne et les gardes-frontières à Gaza) contenait un ordre du jour des cercles dirigeants palestiniens, avec des instructions de se préparer à la confrontation qui approchait avec Israël.

Voici les principaux points cités par Ahmed Ibrahim Hiles, Commandant de la « guidance politique » pour les gardes-frontières des Forces de la Sécurité Nationale, sous le titre : « La Bataille a commencé » :

C’est une convocation, une demande de mobilisation, envoyée par la délégation chargée des négociations, menée par le Sergent Commandant Abu Amar Arafat »>Article original, à notre peuple palestinien héroïque : soyez prêts, la bataille pour Jérusalem a commencé . C’est le sens qui se cache derrière le retour de la délégation palestinienne de Camp David, sur le sol de la patrie, sans avoir jamais abandonné les positions fondamentales palestiniennes. Il n’y aura pas de stabilité ni de sécurité pour la région entière, à moins qu’Israël n’accède aux exigences internationales légitimes qui ont posé le principe de la terre contre la paix, en accord avec les décisions de l’ONU.

Le Major Raed Muhammed, un opérateur central de l’appareil de « guidance politique » des gardes-frontières des Forces de Sécurité Nationale, note, dans un autre article de la même parution (juillet), que « l’échec du Sommet de Camp David »>Article original annonce la fin des accords politiques, et cela inaugure l’ouverture de l’option pour la lutte et la confrontation. C’est le début, le commencement naturel, de la mort des accords politiques, en tant que méthode pour la réalisation des buts du peuple palestinien sur la voie de sa libération ».

Le 5 août 2000, sept semaines seulement avant le début de la campagne terroriste, le journal Falastin Al-Youm citait une source palestinienne, dans son titre de une, disant :

« Si On Veut Obtenir des Progrès dans les Négociations, le Conflit est Nécessaire ». L’article déclare : « Une source palestinienne a dévoilé à Falastin, que le Sommet de Camp David… a échoué à cause de la crispation des Israéliens sur leurs positions concernant tous les problèmes… La source palestinienne pense que… un certain niveau de conflit est nécessaire, si on veut atteindre l’objectif de modifier l’équation existante ». Certes, il subsiste une ambiguïté : Arafat, jusqu’à un certain point, semble encore hésiter entre conflit tactique et conflit ouvert de nature stratégique. Ou est-ce le discours qu’on dispense au peuple et à ses cadres, dans l’incertitude quant au point de non-retour vers lequel on les mène, inexorablement ?

Un opérateur de premier plan du Fatah, intime d’Arafat, Jihad al-Amarin, a servi d’éclaireur et d’organisateur, au sein des appareils de la sécurité palestinienne. Il était déjà, passager clandestin , dans la voiture d’Arafat, ce jour d’avril 1994, où il est arrivé à Gaza. Al-Amarin, qui officiait à la tête de la branche des opérations de la police palestinienne au Sud, était chargé de traduire les intentions politiques d’Arafat en attentats terroristes contre Israël, bien avant la Seconde Intifada (en mars, avril et juin 2000). Après son déclenchement, il a été chargé de fonder la division des terroristes-suicide des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa à Gaza, pour le compte de son chef, Marwan Barghouti.

En août 2000, La diffusion de « Evènements et Sujets d’actualité », publié par le Ministère de l’Information de l’Autorité Palestinienne, sortait un article sous le titre : « Durant et Après Camp David, du Point de Vue Populaire » :

Nous sommes à un Carrefour historique et à un stade plus complexe que jamais, d’où dépendent le sort de Jérusalem, des réfugiés, et où les frontières de l’Etat pourraient bien être définies . Ces sujets requièrent l’unité de toutes les forces, dans le but de créer un état de préparation palestinienne au service des objectifs nationaux, et à présent, nous devons préparer les masses de façon à ce qu’elles puissent prouver leur capacité à affronter l’étape qui va suivre, qui est encore en réserve. Nous avons tous assisté au vaste soutien massif et à leur rassemblement autour de la délégation palestinienne de négociation, au cours de son retour de Camp David et nous avons vu quel sens de l’exaltation, face à la victoire de la délégation palestinienne, a accompagné la réception qui l’a accueillie… Cependant, l’escalade des actions de masse requiert une activité encore plus radicale, au cours des prochaines phases qui précèderont la victoire et d’une manière tellement éclatante, qu’elle permette aux masses de remplir leur rôle, en servant la cause nationale, de sorte qu’elles ne soient pas seulement les témoins des évènements, mais qu’elles se montrent capables de déterminer leur propre destin.

Le 11 septembre 2000, environ trois semaines avant le commencement de la Seconde Intifada, l’écriture sur le mur était claire.

Dans un article du journal Al-Sabah, l’organe officiel de l’Autorité Palestinienne, Yasser Khalil (qui semble être le pseudonyme du rédacteur du journal, Sari Al-Kidwa) a annoncé l’agenda imminent et le prétexte attendu (un incident à Jérusalem) pour le lancement de « la campagne d’Intifada et de Jihad » contre Israël :

La défense de Jérusalem requiert des effusions de sang, nous ne pouvons défendre Jérusalem que par le sang, le temps de la victoire et du sacrifice des martyrs est arrivé… La bataille de Jérusalem est la Mère des batailles… Nous avancerons et proclamerons l’Intifada pour la libération de Jérusalem, l’heure de l’Intifada est arrivée ; l’heure de l’Intifada est arrivée ; l’heure du Jihad est arrivée ; l’heure de Jérusalem est arrivée et Jérusalem nous fait signe ».

Comment ne pas comprendre, 18 jours auparavant, que c’est de là, à la moindre occasion, que devra se dérouler l’évènement inaugural ?

La motivation palestinienne à en découdre semble donc bien monter crescendo, jusqu’au point de rupture. L’organisation clandestine, préparée à passer aux exactions terroristes, préexiste :

à partir d’octobre 2000, M. Barghouti coiffe la casquette de « haut-commandant » des chefs terroristes des Brigades des « Martyrs d’Al Aqsa », homologues d’Ez-al-Din Al Qassam (Hamas). Il achève sa métamorphose « d’activiste » violent en terroriste. Il faut un délai de latence qui va de la préparation, du recrutement, de l’endoctrinement au passage à l’acte. Le conditionnement psychologique des « Shahids » ne se fait pas en un jour. Certains commanditaires d’attentats avouent qu’il faut, au moins, 4 mois. Il est vrai que cet enseignement commence dès la maternelle. La BBC révèle, en novembre 2003, qu’Arafat vient d’attribuer une avance de 50 000 $ aux brigades. A. Qorei reconnaît, en 2004, ce groupe comme la branche clandestine du Fatah. Dans la Mouqata, Tsahal découvre, dès 2002, des documents prouvant qu’Arafat soutient directement le groupe terroriste.

Le 16 février 2006, sur la chaîne ANB TV, le rédacteur en chef d’Al Qods al Arabi, Abd El Bari Atwan déclare, sur la foi des confidences de celui-ci, qu’Arafat, lui-même, a fondé, en octobre 2000, les Brigades des Martyrs d’al Aqsa pour « redresser la balance, après l’erreur historique d’Oslo » (sic.). Parmi tous ces indices, c’est M. Barghouti qui sera le plus loquace, par ses aveux, quant au rôle direct joué par Arafat, sur le jeu subtil consistant à « doser » les périodes de violence et de calme, sur l’utilisation du Tanzim et de l’argent qu’il lui fournit.

Avec une bonne douzaine d’attentats dans les villes (Jérusalem, Tel Aviv, Petah Tikva, Ashdod…) et 126 tués israéliens, entre 2000 et 2006, ce mouvement prend le Jihad et le Hamas de vitesse, en intensité et atrocités.

Innovant, il envoie des femmes se faire exploser (Wafa Idriss, Ayat al-Akhrass Hiba Daraghmeh…). Il tue et rackette des notables palestiniens, dévaste les bureaux d’Al-Arabiya (chaîne saoudienne), qui refusent de donner le statut de « martyrs » aux kamikazes et parlent, plutôt, de « morts » palestiniens, à cause des attentats terroristes perpétrés par Al Qaeda en Arabie Saoudite, de l’opposition (par Fatwa, de valeur au moins équivalente à celle d’Al-Qaradawi) du Cheikh Abd Al Aziz Abdallah d’Arabie à toute légitimité des bombes humaines en Islam. L’un d’eux, Seif Al Din Sachin, est attaqué. La milice provoque, aussi, une grève des journalistes palestiniens en 2004. Yussuf Al Qazzaz, l’un des responsables de la Communication de l’AP reproche à ces reporters du cru d’être incapables « de mettre les intérêts de leur peuple avant le reste ! ». Arafat a, pourtant, dû signer une Loi sur la Presse, en 1995, considérée comme lettre morte.

Il s’agit donc de terroriser les « modérés », hésitants ou opposants au terrorisme-suicide. Les Brigades d’Arafat s’allient indifféremment avec le Hamas, le Jihad islamique ou le Hezbollah (attentat au stage club de Tel Aviv). Rien ne les différencie. Mais la stratégie d’Arafat, par l’entremise de Barghouti, consiste à les canaliser pour en conserver la tête. Le Raïs est revenu d’exil pour cela et il n’est pas question qu’il se laisse déborder par plus Jihadiste que lui. Le destin du « processus de paix » débouchant sur un « échec », se joue donc, en grande partie, sur la scène intérieure politique palestinienne, selon l’orientation donnée par ses principaux mouvements. Et pas, seulement, parce qu’il suffirait de se focaliser sur les défauts congénitaux de la démocratie, en Israël, comme le fait l’observateur de la chaîne française, Charles Enderlin.

Barghouti comme d’autres, appelle à la création d’un Etat palestinien « du Jourdain jusqu’à la mer » (rapporté par le New Yorker, du 2 juillet 2001). Le 3 mars 2002, Barghouti félicitera les Brigades des Martyrs d’al Aqsa devant la chaîne qatarie Al Jazeera, pour la mort de 21 israéliens dont 4 jeunes enfants et 2 bébés. Qu’il ait, ensuite, prétendu s’opposer aux attentats « contre des civils », lors de son procès, relève, alors, de la farce judiciaire.

Par Marc Brzustowski.

1 COMMENT

  1. Plutôt que d’un futur Mandela, nos cousins auraient besoin d’un futur De Klerk. Il ne faut pas oublier que la minorité raciste qui refuse de reconnaître les droits du peuple juif majoritaire entre le Jourdain et la mer, ce sont les Arabes qui rêvent de rétablir un Apartheid nommé Charia, qu’ils nous ont imposé pendant 14 siècles. Ajoutons que sans tambours ni trompettes, les Palestiniens n’ont pas attendu leur Moïse pour se chercher d’autres terres promises, par exemple le Chili, où leur colonie atteint 200.000 personnes et a rejoint les rescapés du III° Reich. Souhaitons leur d’y faire fortune et d’y disparaître.

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