La rue palestinienne est moins enthousiaste que John Kerry

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Le 29 juillet 2013, le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu et le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas ont engagé un nouveau processus de négociations « dites de paix » (comme s’ils étaient en guerre) sous l’égide du Secrétaire d’Etat américain John Kerry. La rue palestinienne reste, pour sa part, circonspecte, persuadée que ces soit disant pourparlers ne sont qu’une perte de temps qui procurera de nombreux avantages à Israël sans contrepartie pour la partie palestinienne. C’est du moins ce qui ressort des déclarations récentes des dirigeants palestiniens.
Du côté de la bande de gaza, les dirigeants du Hamas ont immédiatement opposé un rejet ferme et définitif de ces négociations avec les « forces occupantes » qu’ils considèrent comme contradictoires avec le consensus national. Pour eux, (celui qu’ils appellent) « l’ex-président palestinien » Mahmoud Abbas, n’a aucun droit de négocier avec Israël au nom du peuple palestinien et qu’ainsi, il ne représente que lui-même. En Cisjordanie, même son de cloche. Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine a manifesté à Ramallah le 28 juillet 2013 contre les discussions avec Israël, mettant Mahmoud Abbas en garde contre les concessions dangereuses pour les « droits nationaux palestiniens ». Le FPLP soutient donc un référendum au sein des palestiniens pour éviter une liquidation flagrante et sans équivoque de la cause palestinienne. Il appelle ainsi à mettre fin aux négociations absurdes et à poursuivre la « résistance » pour obtenir les droits « de notre peuple » c’est à dire le droit au retour, à l’autodétermination, à l’indépendance, à la souveraineté, et « notre capitale à Jérusalem »…


Mausolée du “King” à Ramallah.

Les palestiniens ont d’autant plus de bonnes raisons de se méfier de la proposition que John Kerry a envoyé deux correspondances qui se contredisent partiellement, l’une à Mahmoud Abbas l’autre aux dirigeants israéliens. Aux palestiniens, il a assuré des négociations sur la base des lignes de 1967 avec un échange de terres (principe ayant reçu l’aval de la Ligue Arabe en avril 2013) et une aide économique pour la construction d’un aéroport en Cisjordanie, le lancement de projets économiques dans les territoires qu’ils contrôlent et une facilité de mouvement dans la vallée du Jourdain. Aux Israéliens, il a indiqué que les frontières du futur Etat palestinien ne seraient pas identiques aux lignes de 1967, que le caractère juif d’Israël serait préservé et que le retour des réfugiés palestiniens se fera à l’intérieur de l’Etat palestinien (nous nous trouvons dans la configuration de Balfour lorsque les Anglais avaient promis aux arabes la création de leur Etat sur le pourtour méditerranéen en 1916, afin d’obtenir leur concours dans la guerre contre l’Empire Ottoman, alors qu’ils promettaient aux juifs la création d’un foyer national juif en Palestine trois ans plus tard).


Un héritage indissoluble… dans les élections démocratiques.

L’inconvénient résulte de ce que les palestiniens ne veulent pas renoncer à ce qu’ils appellent « leurs droits nationaux » ni ne sont prêt à les abandonner contre de l’argent. La Palestine est située entre le fleuve (le Jourdain) et la mer (Méditerranée), et le principe du retour des réfugiés dans la Palestine historique ne peut être troqué contre une paix économique. Aussi, sont-ils convaincus que le processus initié par le secrétaire d’Etat américain est une supercherie puisqu’Israël n’entend pas déférer aux revendications palestiniennes ni aux conditions préalables : il n’y aura pas de retour aux frontières avec la Jordanie de 1967, pas d’arrêt des constructions dans les implantations juives de Judée Samarie, pas de renonciation à la souveraineté sur une partie de la capitale éternelle et indivisible Jérusalem, pas de retour des « soit disant » réfugiés à l’intérieur des frontières israéliennes, et bien évidemment, le contrôle militaire israélien sera maintenu dans la vallée du Jourdain.

Pour leur part, les palestiniens considèrent les israéliens établis en Judée Samarie et à Jérusalem-Est (650 000 personnes) comme l’étant en toute illégalité puisqu’il s’agirait de « terres palestiniennes ». Aussi, estiment-ils les nouvelles négociations comme un moyen de cautionner les implantations juives en Cisjordanie, de valider leur annexion de facto par Israël, et d’asseoir la domination juive sur les terres de Palestine.
Aussi, (du point de vue palestinien), la perspective de discussion ne sert qu’à offrir à Israël une période de calme relatif pendant 9 mois, une renonciation temporaire à tout recours devant la Cour pénale internationale (ce qui n’est jamais une bonne publicité), et à s’abstenir de toute revendication, lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies prévue en septembre prochain, quant à l’établissement d’un Etat palestinien à l’intérieur des frontières jordaniennes de 1967. Le propos qui circule dans les territoires sous contrôle palestinien est actuellement celui de l’historien israélo britannique Avi Shlaim pour qui : « Netanyahu est comme un homme qui, tout en négociant le partage d’une pizza, continue à la manger ».

Le problème des palestiniens est en réalité double. Tout d’abord, la communauté internationale a reconnu les palestiniens comme étant un « peuple », les a assuré qu’ils disposaient d’un « droit au retour en terre juive », et que le futur Etat palestinien serait souverain dans la bande de Gaza, sur la Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Les palestiniens ont donc fini par le croire. Par ailleurs, elle laisse entendre à Mahmoud Abbas qu’il est le représentant (à vie) de l’Autorité Palestinienne, statut prestigieux dont il aurait tort de se priver. Il en résulte, pour les palestiniens, une oscillation entre victimisation, (compte tenu d’une discrimination qu’ils assimilent à celle qui prévalait en Afrique du Sud dans les années 1970-80), et la nécessité de résister à l’occupant pour des raisons d’honneur.

En outre, et de façon plus fondamentale, le problème est celui du mécanisme et de la reconnaissance de ce que l’on appelle les « religions ». La Thora, dans sa dimension écrite et orale, a donné les clés du fonctionnement de l’univers et le mode de relation entre l’individu et ce qui le transcende. Or, le Christianisme et l’Islam ont imaginé pouvoir suggérer un autre mode de gestion de la dimension spirituelle de l’individu qui s’avère (hélas) inadapté, tels des sectes qui isolent l’individu de lui et du sens profond de l’existence. Le problème n’est donc pas l’homme chrétien ou musulman (qui est, comme le juif, bon, mauvais et en tous les cas perfectible), mais le Christianisme qui a cautionné la spoliation des juifs et leur massacre pendant 2000 ans (et qui se retrouve face au mensonge du peuple juif déicide cultivé pendant deux mille ans), et l’Islam qui ne canalise pas les tendances asociales de l’individu, qui le confine dans ses tendances barbares, et affirme être le message définitif du Ciel. Or, les palestiniens imaginent être l’instrument de la vérité islamique.

L’Homme n’est pas le problème puisqu’il est au centre du projet Divin. Ce qui l’est, c’est le détournement de sa spiritualité par les systèmes de foi que l’on nomme « religions », forme de manipulation inadaptée de sa propension à communiquer avec le Créateur.

Les palestiniens, convaincus de former un peuple attaché à la terre de Palestine, sont persuadés qu’ils doivent chasser les juifs sur un fondement laïc (conformément à la Charte du Fatah, traduction arabe d’Olp), ou religieux (conformément à la Charte du Hamas) alors qu’ils ne sont qu’une unité humaine « fabriquée » pour remettre en cause la Vérité du judaïsme. La rue palestinienne n’en a pas tout à fait conscience, et reste fatalement, moins enthousiaste que John Kerry sur l’issue des négociations.

Maître Bertrand-Ramas-Muhlbach

1 COMMENT

  1. {{Pendant que les uns palabrent d’autres décident .

    Une nouvelle qui tombe bien .

    Le Congrès Américain vote la loi : « Jérusalem, capitale indivisible de l’Etat Juif »

    Le Congrès Américain vient de voter une loi reconnaissant « Jérusalem, capitale indivisible de l’Etat Juif ». Cette loi est un vrai camouflet à la politique pro-palestinienne de Barack Hussein Obama, mais aussi à l’Union Européenne qui considère déjà Jérusalem comme la future capitale d’un Etat Palestinien…

    Les membres du Congrès américains ont adopté une législation prévoyant le transfert de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem, envoyant un message d’engagement et de détermination à Israël.

    août 3rd, 2013 Europe-Israel.org
    }}

  2. {{ ” le principe du retour des réfugiés dans la Palestine historique ne peut être troqué contre une paix économique. ”

    Cette phrase à laquelle ils s’accrochent prouve qu’ils ne souhaitent qu’une chose :

    Notre disparition et l’invasion de notre Terre sacrée .

    Ils veulent s’accaparer de tout .

    Ils n’auront rien}}

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