Israël : la femme à la Yeshiva… un mouvement irréversible?

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Ressentant des difficultés liées aux coupes budgétaires, les Yeshivot constatent une baisse des inscriptions à plein temps, chez les garçons.

D’autre part, la condition de la femme religieuse s’est assouplie, en monde sépharade, notamment, sous l’égide du Rav Ovadia Yossef z’l.

Est-ce l’amorce d’une autre répartition des tâches attribuées et des rôles, d’un changement sociétal important, dans les rapports entre société haredie, hermétiquement close sur elle-même et monde socio-économique en plein développement, en Israël? Ou un simple ajustement conjoncturel?

Cette diminution des Talmidim à plein temps s’annonce aussi, au moment où des partis politiques comme le Shass se retrouvent dans l’opposition, après avoir été des faiseurs de majorités à la marge dans les diverses coalitions. Mais aussi, où des tiraillements se font sentir en leur sein, entre au moins, deux tendances différentes, pour se revendiquer de l’héritage politique et spirituel du Rav Ovadia Yossef z’l.

Cela dit, le patrimoine le plus précieux à conserver, qui soit attaché à la personne du Rav Yossef z’l, sera, peut-être, son génie de l’adaptation entre tradition et modernité, qu’il avait, pour partie, commencé à développer de son vivant. On pourrait même dire que les micro-réformes en cours, pour recréer un continuum de vie sociale entre les deux sphères religieuse et laïque, pourraient bien s’inscrire dans la continuité de premières avancées, qui se sont instituées de son temps.

Dans le cas des femmes des disciples du Shass, nous dit Merav Betito Article original, elles n’apparaissent pas effrayées à l’idée de se pomponner, de porter des vêtements féminins et des bijoux. Elles ne s’excuseront pas de sortir travailler ou de planifier leur projet d’agrandir la famille avec leur conjoint.

L’aversion persistante, dans la vie haredie, vis-à-vis de l’entité féminine qui ne soit pas uniquement définie à travers son mari ou son père, prédomine de moins en moins, dans la vie quotidienne des membres du Shass. Il suffit, pour s’en apercevoir, de prendre connaissance des activités de l’aînée des filles du Rabbin Yossef, Adina Bar-Shalom, qui a créé le premier lycée haredi pour les jeunes filles, en 2006, pour comprendre au sein de quel genre de foyer elle a grandi et comment elle est devenue au moins aussi pionnière et révolutionnaire que son père. Si bien que l’auteure de l’article Article original s’interroge pour savoir si l’étape suivante ne consisterait pas à promouvoir une place au Parlement (la Knesset), pour cette femme, Adina Bar-Shalom, qui puisse incarner cette vocation à plus d’équité, au sein de ce parti, perturbé par les affaires, entre hommes d’influence (Deri et Yishaï).


Merav Betito.

Le Rabbin Yossef encourageait les femmes à se réaliser, à sortir travailler et à étudier, et leur proposait une solution pratique immédiate, par le réseau d’éducation religieuse El Hamayaan, tout en libérant bien plus de femmes que les seules 1000 « agunot » autorisées à se remarier, après la Guerre du Kippour, de la prison d’une réalité qui commencerait à la cuisine et se terminerait au lit.

En ce sens, on peut dire qu’il a défait le système observé dans les Cours lithuaniennes, en changeant l’approche qui perçoit la femme comme la somme de ses jours de mentruation. Il n’a pas hésité à parler directement aux femmes de leurs problèmes et leur a permis de faire des progrès et d’utiliser à plein leurs compétences et talents divers.

C’est à travers le prisme de ces évolutions déjà ancrées dans les moeurs qu’il faut envisager un décloisonnement plus général des sociétés closes, s’ajoutant au succès relatif du mouvement sioniste-religieux. Et pas seulement, sous le jour sombre des réductions budgétaires décrétées par l’Etat…

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Le Ministère de l’Education rapporte qu’il y a 4.400 élèves haredim en moins qui ont opté pour un enseignement à plein temps, cette année, après les réductions drastiques d’allocation.

C’est la première fois, depuis des années, que le nombre d’étudiants haredim s’inscrivant à plein temps pour suivre des études en yeshiva, baisse d’un énorme recul de 4.400 élèves potentiels, selon le Ministère de l’éducation.

Dans le monde ultra-orthodoxe les jeunes gens choisissent, de façon la plus courante, l’étude à plein temps des textes religieux, et, après le mariage, ils poursuivent leur enseignement dans des yeshivot plus spécialisées, appelées Kollels , qui subviennent aux besoins de leurs étudiants par des allocations (bourses). Cette année, cependant, le gouvernement a réduit drastiquement les financements qu’il met à la disposition des Yeshivots, en accordant seulement 650 millions, cette année, au lieu du milliard de NIS (Shekels. Divisible par 5 environ, en €) initialement prévus.

On s’attend à d’autres coupures budgétaires, puisque le budget projeté pour 2014-2015 ne devrait apporter que 400 millions de NIS, en direction des institutions éducatives haredies.

Cela signifie que les allocations pour les étudiants vont encore plonger et, selon le Ministère de l’éducation, de nombreux hommes religieux ont, déjà, opté pour un travail qui puisse compenser ce manque à gagner.


Le Rabbin Dov Lipman, un partisan de l’intégration des Haredim dans la société israélienne, apprécie cette nouvelle. (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Le Député Dov Lipman, qui s’est fait l’avocat véhément d’une meilleure intégration des Haredim dans la société israélienne, a accueilli ces nouvelles avec enthousiasme, saluant une victoire, à la fois pour les Ultra-Orthodoxes eux-mêmes et le Ministère de l’Education, qui a relevé le défi de la question du budget, depuis la formation du nouveau gouvernement, au début de cette année.

“Les jeunes gens qui quittent la yeshiva et le kollel pour partir travailler, en ce moment, sont ceux qui ne cessaient d’étudier jour et nuit depuis des années », dit-il. « La plupart ne sont pas en capacité de le faire -n’en ont pas forcément les dispositions, autres que purement matérielles-. Maintenant, ils seront aussi capables de soutenir leur famille dans la dignité, tout en continuant à passer du temps, à côté, à étudier quotidiennement la Torah et à demeurer de fervents religieux. Il s’agit d’une évolution positive, puisque, historiquement, cela a toujours été « la voie empruntée par le Judaïsme », même pour les religieux les plus stricts ».

Au sein du monde ultra-orthodoxe insularisé, cependant, les Rabbins et administrateurs ont déclaré aux médias qu’il était encore trop tôt dans le déroulement de l’année pour tirer des conclusions hâtives, concernant les inscriptions.

Eli Linker, un père ultra-orthodoxe de Jérusalem qui partage son temps entre le travail et la yeshiva, depuis des années, affirme que, parmi ses amis qui étudient à plein temps, personne qu’il connaisse n’a envisagé de réduire cette activité. « Non, c’est la première fois que j’entends parler d’une telle chose », nous a-t-il confié, en apprenant la nouvelle du déclin du nombre d’étudiants.

Le Rabbin Haredi Schlomo Pappenheim, cependant, a concédé que ces chiffres doivent bien traduire un état de réalité.

“Cela doit être vrai”, a t-il dit, quand on lui a évoqué le nombre de 4.400 étudiants en moins. « L’argent est un problème et l’Etat en a retiré une partie, cette année, donc, forcément, les étudiants doivent aller le chercher ailleurs ».

PAR DEBRA KAMIN 10 octobre 2013, 2:38 am

timesofisrael.com Article original« >Article original

Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENT

  1. Comme j’ouvre ma porte aujourdhui ( sourire) j’ai en souvenir , vivant en Israël d’avoir vue dans mon immeuble des femmes et des hommes la porte grande ouverte lors des repas , avec un couvert de plus pour accueillir si une ou un inconnu aurait besoin de se restaurer , qu’importe son origine , sa couleur , sa situation , son orientation sexuel etc… alors ces gens que j’ai connu et en lesquels en particulier mes voisins qui venaient souvent prendre de mes nouvelles , ou m’apporter des gâteaux ou autres , est -ils fous ? Ou est -ils sage ?

    L’étude c’est une chose , mais rien de mieux que ceux qui savent voir dans leur individualité de femmes ou d’hommes parce que cela prévaut sur l’intelligence sans fond ! C’st pour cela aussi que j’ai cette toute miniature intelligence pour savoir que je ne changerai pas se que je suis , parce que toutes choses dans ce monde à une raison d’être , seule les immatures essaient toujours de changer les êtres par leur folie ou leur égoïsme , ou leur ignorance , la deuxième guerre mondiale est un parfait exemple , et je parle des nazis pas des Allemands ils n’ont rien à voir je ne fais pas d’amalgame , en plus j’aime beaucoup ce pays cultivés et intelligent . L’ignorant essaie de transformer le monde , l’intelligent accepte les diversités de toute choses .

  2. Pour finir je ne suis personne , juste un point d’intérogation dans l’univers , je ne suis pas plus sage que les autres , pas plus cultivés que les autres , pas plus intelligente que les autre , mais je pense donc je partage ma perception du monde , cela ne voudra jamais dire que je suis dans le juste , mais ça je le comprends d’ou pourquoi les acquis des femmes et des hommes quant ils sont trop certitudes me font fuir parce la maturité passe aussi par les remises en questions , que les acquis sont une bonne chose mais jamais quand ils ne vont pas vers de nouveaux acquis pour continuer l’apprentissage de toute se qui est et de tout se qui sera !

  3. Pourquoi je parle de yen tel ? l’histoire d’amour ? non plus précisément sur se que doivent accomplir les femmes pour avoir accès à la connaissance , aux apprentissages , et que je pense que les mentalités doivent évoluées et comprendre l’essentiel , ça ne retirera rien à personnes mais au contraire cela apportera bien plus de le comprendre sur un plan de l’intelligence et d’une réelle réflexion , pour la simple raison que seules les femmes ou les hommes stupides restent sur leur positions , alors que l’intelligence même c’est de comprendre que personne à raison comme personne n’a tord ! Les justes savent que qu’ils ne savent rien !

  4.  » Yen tel , un film tellement juste , mais la foie soulève les montagnes de penser que les hommes seront un peu plus mature pour comprendre que l’étude , la connaissance , l’intelligence n’est pas un acquis seulement pour les hommes , l’homme ( humains) comprends que les deux intelligences , femmes et hommes accomplissent plus ( je ne parle pas en matière de couple , je dis ça comme ça hein ! ) mais dans mon propos pour la bonne marche d’une socièté équitable , puisque le cerveau humain n’est pas genre , ce sont les hommes pour imposer une domination qui on érigés ça , la femme ne peut être qu’une reproductrice pour perpétuer l’espèce , ou alors je la question suivante mais tout de même pas si anodine , pourquoi avoir des intelligences et ne pas les utiliser pour la bonne marche d’une société , à mon avis ça va bien au delà d’une question immature cours d’école entres les cerveaux des femmes et le cerveaux des hommes , puisque le cerveau est une identité propre à chacun , se qui fait qu’aucunes intelligence ne peut être comparable , par contre savoir les positionner comme un bon joueur d’échec , c’est comprendre l’essentiel .

    Les femmes et les hommes on évolués , nos cerveaux on évolués , et bien la pratique de la croyance doit éviter de stagner sur des acquis , mais continuer aussi à comprendre la socièté et les femmes et les hommes aujourd’hui , qui ne sont plus ceux qui étaient présent des siècles en arrières , leur modes de vies étaient différente . La base de tout juif c’est le questionnement de tout se qui est ? Et de tout se qui sera ? Les écrits sont justes des accompagnements pour ceux qui on la fois , mais ne seront jamais des acquis puisque la lecture à plusieurs relecture , et que ces lectures ne sont jamais des acquis mes des points d’interrogations nécessaire aux apprentissages .

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