Guedj : « Guaino fait un tel grand écart qu’il ne sait plus où il habite »

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Le président du Conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, revient en exclusivité pour Marianne2 sur son altercation télévisée avec le bouillonnant Henri Guaino. Selon le socialiste, l’emportement du conseiller spécial du président s’explique par la position inconfortable dans laquelle la campagne le place.

Républicain convaincu, le voilà obligé de faire du Patrick Buisson pour séduire un électorat de droite déçu par le quinquennat. Un grand écart que Guaino ne supporterait pas lui-même.

Invités, samedi 25 février, de l’émission « La voix est libre » sur France3, Jérôme Guedj et Henri Guaino se sont livrés à une passe d’armes volcanique. Objet de la discorde ? L’emploi par Guedj du terme « indigne » pour qualifier le débat sur l’Identité nationale.

Le 27 janvier dernier, Joseph Macé-Scaron (journaliste à Marianne) s’était, le premier, attiré les foudres de Guaino, lors d’un débat sur I-télé, en affublant ce fameux (et fumeux) débat de l’adjectif maudit. Furieux d’être ainsi « insulté », le conseiller spécial du monarque avait répliqué aussi sec : « C’est vous qui êtes indigne ! »

Aux mêmes mots, les mêmes remèdes. Quand Jérôme Guedj, ancien membre du conseil d’administration de la fondation Marc Bloch, tout comme Henri Guaino, se réapproprie l’expression de Macé-Scaron, la réaction de la plume du président ne se fait pas attendre : « C’est vous qui êtes indigne ! Si je vous traite de sale con, ça va vous plaire ? Vous me traitez d’indigne ! »

Marianne : Comment expliquez-vous cette réaction épidermique d’Henri Guaino quand vous qualifiez d’« indigne » le débat sur l’identité nationale ?

Jérôme Guedj : J’ai de plus en plus le sentiment qu’Henri Guaino est dans un écartèlement personnel. Quand il dit « c’est insupportable », ce n’est pas la forme de ce que je lui dis qui est insupportable, c’est le fait d’être ainsi mis face à ses contradictions. Nous étions ensemble au conseil d’administration de la fondation Marc Bloch, nous savions ce qui nous rassemblait. Il se voit contraint depuis quatre ans d’accompagner Nicolas Sarkozy, de renchérir et de devoir théoriser ses propres renoncements. Il avait d’ailleurs écrit un livre qui s’appelait « L’Etrange renoncement », dans la filiation de « L’Etrange défaite » de Marc Bloch. Je lis plus sa réaction non pas comme une colère contre moi mais plus comme une colère contre lui-même.

Mais vous le connaissez bien, vous vous doutiez qu’il allait sortir de ses gonds en entendant à nouveau cette expression qui l’avait déjà outré lors du débat avec Joseph Macé-Scaron…

Autant je pouvais mettre ça sur le coup de la colère la première fois, autant je ne comprends pas qu’il puisse à ce point personnaliser et considérer qu’il s’agit d’une insulte personnelle. Lui-même est obligé de biaiser, d’expliquer que le débat n’aurait pas dû être lancé de cette façon par le gouvernement, mais il nie l’arrière-pensée de ce débat pourtant flagrante : braconner sur les terres du FN. Il fait le job de Patrick Buisson à ce moment-là mais Henri Guaino ce n’est pas Buisson, ce n’est pas la même trajectoire politique, ce n’est pas le même parcours. Je me suis retenu d’évoquer la mémoire de Philippe Séguin, je craignais qu’il ne me provoque en duel mais je pense que c’est le fond du problème. Il a fait un tel grand écart qu’il ne sait plus où il habite. La vraie rupture sarkozyenne c’est d’avoir réussi à faire rompre des gens comme Henri Guaino avec leur propre histoire politique.

(J. Guedj – Flick – Parti socialiste -cc)

Vous lui avez également reproché de ne pas avoir fait preuve de la même agressivité face à Marine Le Pen à laquelle il était opposé dans l’émission « Des paroles et des actes ». Vous avez ironisé : « J’ai l’impression d’avoir assisté à un entretien d’embauche. » Qu’attendiez-vous de Guaino le républicain lors de ce débat avec la patronne frontiste ?

J’aurais attendu qu’il ne soit pas dans une forme de connivence, de complaisance, voire d’obséquiosité avec celle qui quelques jours auparavant avait applaudi à tout rompre son père citant Brasillach à la fin d’une réunion du FN.

Encore un moyen de séduire l’électorat mariniste, selon vous ?

C’est évident, la ficelle est tellement grosse. Mais c’est étonnant que ce soit lui qui vienne faire ce job. Il le fait avec le zèle et la tonitruance des convertis de fraîche date. C’est complètement décalé. Je ne peux pas considérer qu’il ait tourné à ce point le dos à ce qui a fait l’esprit libre, frondeur, indépendant du personnage pendant des années dans une certaine mouvance républicaine du pays.

Quand vous lui rétorquez que vous êtes un élu de la République, vous sous-entendez que le fait qu’il ne se soit jamais soumis au suffrage universel l’a déconnecté de certaines réalités du pays ?

Outre le fait d’être coupé de la réalité, il s’est approprié le discours ambiant de Sarkozy « on se méfie des corps intermédiaires », donc il nie aux élus de la République la capacité d’être des acteurs du débat public. On bascule dans une forme de césarisme ou de bonapartisme.
De plus, quelle est sa légitimité hormis celle qui procède du fait du prince ? C’est contradictoire, il a un discours anti-élitaire dont il est lui-même une forme d’incarnation.

Vous êtes tous les deux passés par la fondation Marc Bloch. Quelles valeurs républicaines avez-vous en commun aujourd’hui ?

Comme il l’a dit à un moment, on était capables à un moment de discuter avec les républicains des deux rives parce qu’il y avait un attachement à la souveraineté, au pacte républicain, mais il est allé tellement loin qu’il y a maintenant un océan qui nous sépare. Nous n’avons pas un président avec une vision républicaine de la patrie, il en porte du coup une forme de responsabilité. Mais c’est lui qui a dérivé, pas nous.

C’est la campagne de trop pour Guaino ?

Oui, et le zèle et l’outrance qu’il y met me font penser qu’il en est conscient.

Propos recueillis par Laureline Dupont – Marianne
Article original

1 COMMENT

  1. Dire que d’autres GUEDJ , à la différence de ce morveux ambitieux se sont illustrés autrement dignement . Je pense au mathématicien Denis Guedj , mort bien tôt , auteur entre autres du Théorême du perroquet ou au grand aviateur de la dernière guerre Max Guedj , héros de l’air, chef d’escadrille abattu au large de Narvick .http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Guedj

    Ces gens , comme d’autres étaient plus intéressants que le morveux

  2. Oxomars;

    Vous osez ainsi inverser le sens de la vérité en disant un tel mensonge; “les vociférations d’Henri GUAINO dont l’attitude n’a fait que démontrer la main mise du pouvoir actuel sur les médias publics.” ?

    Regardez donc les T.V. du service public (A2 , FR3 , Arte ou La 5 ),sans compter certaines de la T.N.T.. Ecoutez donc des radios telles France Info, France Culture , France Inter et vous verrez pour qui penche le ” coeur” que j’appelerai la ligne politique de ces medias .

    Ce sont des medias de gauche et d’extrême gauche qui utilisent le service public d’abord pour leurs intérêts propres et ceux de leurs coquins -copains , ensuite pour nous réciter , en boucle disent ces crapules, leur missel dégoulinant d’hypocrisie , de niaiserie , d’ineptie , de parti pris tiers mondiste et de gauche , bien sûr .

    D’ailleurs , vu leur puissance, leur nombre , ces gens donnent le la à toute la presse y comprise celle de droite.

    Que nous ayons un correligionnaire qui accomplisse sa carrière politique ,n’a rien d’exceptionnel . Dans quelques années , peut être le retrouverons nous à droite .

    Ce merdeux ne doit pas briller par ses réussites universitaires ou scientifiques . Il appartient à une bande et gagne sa place dans sa bande de …malapris , comme Julien Dray,avant eux , Badinter ou J.Lang .

    Ces gens ne sont pas notre honneur .Il s’en faut de beaucoup .

    Ajoutons que Guaino qui a , il a deux jours , qualifié le F.N. de national et socialiste , improprement car où voit il que le F.N. aurait des références socialistes ? Bref pour tenter de l’assimiler au N.S.D.A.P. de Goering , de Goebbles et de Hitler et ce , en s’adressant à des Juifs , en l’occurence au media Radio J..

    Eh bien , en vertu des lois de Hatgadia ( adorable fable , et totalement vraie ,récitée pour le seder de Pessah ) auxquelles , on ne se réfèrera jamais assez ,

    C’est une personne d’origine juive qui lui a rendu la monnaie de sa pièce en matière de perfidie :

    Peu importe la nature du bras vengeur , la saloperie ne reste jamais impunie

  3. Les socialistes donnent des leçons mais ne font RIEN (à part augmenter les impôts, créer du chaos, encourager les jeunes à l’irrespect et favoriser l’immigration).
    Ce n’est pas parce que Jérome Guedj est juif qu’il mérite notre confiance. N’oublions pas que c’est un socialiste, donneur de leçon de surcroit, et que lors d’un conflit israelo palestinien, il défendra les arabes avant même de se préoccuper du sort d’Israël. Les Juifs qui voteront socialiste sont bien stupides !!!

  4. J’ai regardé le débat en question. Jérôme GUEDJ fut courtois malgré les vociférations d’Henri GUAINO dont l’attitude n’a fait que démontrer la main mise du pouvoir actuel sur les médias publics.

    Le pouvoir appartient au peuple de France et pas à une caste de Français.

    {{ {Les mauvaises habitudes ont la vie dure} }}.

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