Emirats: ouverture du procès d’islamistes émiratis et égyptiens

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Le procès d’islamistes émiratis et
égyptiens, accusés d’avoir constitué une cellule liée aux Frères musulmans
d’Egypte, s’est ouvert mardi devant la Cour de sûreté de l’Etat à Abou Dhabi
en présence de 24 des prévenus. Selon l’agence officielle Wam, 24 des accusés ont comparu devant le
tribunal. D’après la presse locale, dont quelques correspondants ont été
autorisés à assister à l’audience, il s’agit de 10 Emiratis et de 14
Egyptiens, six autres Egyptiens étant jugés par contumace.
L’agence a indiqué que la prochaine séance avait été fixée au 12 novembre
pour interroger des témoins à charge. Le tribunal a également demandé à une
délégation médicale d’examiner certains des prévenus, selon l’agence.

Les membres du groupe sont accusés d’avoir “fondé et dirigé, sans
autorisation, une branche de l’organisation mondiale des Frères musulmans”,
avait indiqué en juin le procureur général de la sûreté de l’Etat, Ahmed
Rached al-Dhanhani.

Les accusés ont “recruté de nouveaux membres” et ont procédé à des
collectes d’argent dans le pays, selon les autorités qui les accusent
également d’avoir obtenu “un soutien financier de l’organisation secrète ayant
tenté de prendre le pouvoir aux Emirats”.
Ces islamistes ont été arrêtés en 2012 et début 2013, alors que les
relations étaient extrêmement tendues entre les Emirats et le pouvoir issu des
Frères musulmans en Egypte.

Le chef de la police de Dubaï, le général Dhahi Khalfane, avait alors
ouvertement accusé les Frères musulmans de comploter pour renverser les
monarchies arabes du Golfe.
Le 2 juillet dernier, 69 islamistes émiratis avaient été condamnés à des
peines allant de 7 à 15 ans de prison pour avoir formé un groupe clandestin,
appelé “organisation secrète”, dans l’intention de “prendre le pouvoir”, et
pour avoir entretenu des contacts avec l’organisation mondiale des Frères
musulmans.

Dans un communiqué, Human Rights Watch a souligné que les personnes dont le
procès s’est ouvert mardi “ont fait état de torture en détention” et ont
affirmé n’avoir pas eu accès à des avocats pendant des mois.
Le communiqué estime que la condamnation en juillet des 69 islamistes
“soulève de sérieuses inquiétudes (…) quant à la capacité du système
judiciaire du pays à respecter les droits fondamentaux de liberté d’expression
et d’association pacifique”.
Abou Dhabi soutient sans réserve le pouvoir mis en place par l’armée qui a
destitué le président islamiste Mohamed Morsi en Egypte début juillet, et a
apporté un soutien financier de 4,9 mds USD à ce pays, outre un dépôt sans
intérêt de 2 mds USD à la Banque centrale égyptienne.

ABOU DHABI, 05 nov 2013 (AFP)

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