Distribution d’argent : le coup de pub dégénère à Paris

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Un coup de pub organisé par une société internet qui voulait distribuer de l’argent près de la Tour Eiffel de Paris a dégénéré à la suite de l’annulation de l’événement qui a engendré la colère de milliers de personnes massées sur les lieux.

Déçus par l’annulation, de nombreux jeunes ont violemment protesté. Un véhicule a été vandalisé, des projectiles lancés contre des policiers et un photographe roué de coups, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.

La police a procédé à une dizaine d’interpellations et neuf personnes ont été placées en garde à vue, selon la préfecture.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il allait porter plainte contre l’organisateur, qui n’avait pas reçu l’aval des autorités.

Selon la Préfecture de police, jusqu’à 7.000 personnes étaient présentes sur les lieux vers 12H30, au plus fort de l’événement.

La société de droit belge avait décidé de distribuer 40.000 euros environ. A grand renfort de publicités sur internet et dans les médias, le groupe avait annoncé dès octobre qu’il prévoyait de répartir cette somme dans cinq mille bourses contenant chacune un tract et un billet de banque d’une valeur comprise entre 5 et 500 euros.

Des centaines de personnes, dont beaucoup de jeunes, faisaient déjà le pied de grue dès 06H00 place Joffre (Paris VIIe), lieu prévu de l’événement, à quelques mètres de la Tour Eiffel.

Malgré le froid et la pluie, elles avaient fait le déplacement en famille ou entre amis et venaient en majorité de la banlieue parisienne.

« Nous voulons l’oseille, la tune », a raconté Mounir, 18 ans, arrivé vers 07H00 d’Aubervilliers avec « cinq potes ».
5.000 personnes rassemblées pour une distribution annoncée d’argent liquide à visée publicitaire au Champ de Mars, le 14 novembre 2009.

« Je ne crois plus au Père Noël mais un petit billet de 100 euros ne ferait pas de mal », a renchéri Françoise, la cinquantaine, au chômage depuis un an.

Seule une cinquantaine d’agents de sécurité avait été engagée. Des barrières métalliques avaient été installées, mais ont été aussitôt enjambées par la foule, créant de légères bousculades.

Dès 11H00, la décision était prise d’annuler l’opération. « Suite à des troubles majeurs à la circulation dans le secteur Champ de Mars et d’importants mouvements de foule, la Préfecture de police de Paris a demandé à l’organisateur (…) de ne pas procéder à la distribution d’argent », a expliqué à l’AFP la Préfecture de police.

Le président de la société, Jean-Baptiste Descroix-Vernier, a annoncé qu’il « reversera l’intégralité de la somme qui était prévue (dans le cadre du budget publicitaire, ndlr) au Secours populaire », soit « environ 100.000 euros ».

« C’est des enfoirés, ils se sont moqués de nous. C’est scandaleux! », ne décolérait pas Abdel, la trentaine, venu des Yvelines.

De son côté, Gérard, un Parisien d’une quarantaine d’années, « (se) demande si finalement ce n’était pas un canular ». « Ce qui est sûr, c’est qu’ils se sont fait une grosse pub ».

Vers 15H00 les derniers badauds s’étaient dispersés dans le calme, selon la préfecture.

La maire UMP du VIIe Rachida Dati a condamné une « provocation irresponsable et inacceptable » et a « demandé au maire de Paris de prendre ses responsabilités et de porter plainte contre la société organisatrice, responsable de ces débordements de violence inacceptables ».

Le coup de pub de la société internet empruntait aux nouveaux courants de marketing alternatifs en vogue tels que la « guérilla marketing » ou le « street marketing ».

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