Israël serait sur le point de créer une « Armée de Syrie-Sud » pour freiner l’expansion iranienne

Syria

Jérusalem – Israël envisage de fonder une armée syrienne pour le contrôle de la région sud de la Syrie, sur la frontière entre les hauteurs du Golan et la Jordanie afin de stopper l’expansion iranienne, selon des sources israéliennes informées.

L’idée d’une « Armée de la Syrie du Sud » qui serait une filiale de l’armée israélienne, se fonderait sur une modèle proche de l’Armée du Liban Sud qu’Israël avait créée et soutenue dans les années 1970. L’armée du Liban-Sud était dirigée par Saad Haddad, puis plus tard, par Antoine Lahad.

Ces sources affirment que l’idée commence à se forger en conformité avec l’accord américano-russe de cessez-le-feu dans le Sud de la Syrie, qui empêche les troupes iraniennes, le Hezbollah et d’autres milices appartenant au régime iranien ou syrien de contrôler la région.

Israël considère Dera’a, Suweida et d’autres secteurs proches de la frontière avec les hauteurs du Golan comme faisant partie de ses zones d’intérêts sécuritaires. Jérusalem y a des alliés, dont la « milice druze de Fursan al-Joulan » et certains groupes se réclamant de « l’Armée Syrienne Libre ».

Ces divers alliés pourraient jouer un rôle dans les fondements visant l’instauration d’une « Armée du Sud Syrien ».

Ces mêmes sources auraient confirmé à des médias israéliens que l’objectif de ces forces serait d’empêcher le Hezbollah et d’autres milices pro-iraniennes de s’emparer des hauteurs du Golan, après la fin de la guerre contre Daesh et le départ des troupes américaines de cette région.

L’hypothèse en cours actuellement en Israël serait que le départ prévu des troupes américaines laissera la région entièrement ouverte à la Russie.

Bien qu’Israël coordonne ses activités en Syrie avec la Russie, Jérusalem ne fait pas confiance aux cercles dirigeants russes. Il doute aussi que Moscou puisse parvenir à unre entente ferme avec l’Iran sur le contrôle de la région, qui convienne à leurs intérêts conjoints consistant à maintenir la tête du régime syrien, Bachar El Assad au pouvoir.

Israël a des réserves à l’idée que la Russie soit, un moment donné, seule responsable de la surveillance du Sud de la Syrie, alors qu’Israël devra vivre avec les résultats, bons ou mauvais, de l’accord entre Moscou et Washington. L’Etat hébreu se sent donc dans l’obligation de créer des alternatives, comme l’idée de former cette « Armée du Sud Syrien ».

Quand on demande à cette source si Israël pense qu’une telle idée peut s’avérer un succès étant donnée la mauvaise expérience vécue avec l’Armée du Sud Liban, cette source répond que ce point n’est pas négligé par certains membres qui s’opposent à cette option.

Quand Israël a décidé de se retirer du Liban en mai 2000, Tsahal n’en a pas discuté les termes avec ses alliés libanais et les a laissés derrière elle, sans se préoccuper de leur sort. Ils ont ensuite été contraints de s’enfuir vers Israël, en abandonnant leurs biens. Même à ce moment-là, Israël ne leur a pas immédiatement permis de pénétrer sur son son territoire, ce qu’il n’a autorisé qu’à 6.000 d’entre eux.

Selon ces sources, la principale crainte des groupes d’opposition est que la Syrie soit divisée en trois entités dépendant de zones d’influence : Russe, iranienne t turque. Ils craignent que ces pays décide de l’avenir politique de la Syrie, sans prendre leurs revendications en considération.

Ce sont après tout ceux qui ont déclenché la révolte et cela fait partie de leurs droits de trouver une alternative, là où ils pourront vivre librement, loin de l’injustice d’Assad, de la Turquie et de l’Iran. Ils ont, dans l’intervalle, trouvé Israël qui leur fournit constamment un approvisionnement médical et en nourriture, selon ces sources.

Les sources israéliennes ajoutent qu’il devient de plus en plus clair pour l’opposition syrienne et les forces rebelles qu’elles sont repoussées « dans une ruelle politique étroite ». Il ne restera après-coup à leurs forces qu’une faible marge de manœuvre pour négocier en face du contrôle du pays par les Russes et la division prévue de ce secteur.

C’est particulièrement évident, après que la plupart des milices légitimes, excepté les Kurdes,aient perdu le soutien des Etats-Unis et se soient disqualifiées face au jeu des grandes puissances. Eles ne peuvent mener les négociations avec la Russie qu’à partir d’une position de faiblesse.

Nazir Majli, 10 juillet 2017

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