Trump et les autres par Dov Zerah

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Beaucoup attendaient des élections américaines de mi-mandat un revers pour le Président Donald TRUMP. Il n’en fut rien.
Certes les Républicains ont perdu 26 sièges à la Chambre des Représentants, ainsi que la majorité.
Ils seront donc obligés de composer avec les Démocrates, mais on est loin des défaites historiques des Démocrates en 1994 sous Bill CLINTON, ou en 2010 sous Barack OBAMA avec 63 pertes.
Qui plus est, les gains au Sénat, même si un siège en Floride est l’objet d’un nouveau décompte, permettent aux Républicains de conforter leur majorité.
Cela conduit au fait qu’une procédure de destitution à laquelle beaucoup pensaient ou rêvaient, a peu de chance d’aboutir, et que Donald TRUMP aura moins de difficultés pour nommer des juges conservateurs à la Cour suprême.
Plus généralement, les Démocrates auront beaucoup de difficultés à bloquer le travail législatif, car au-delà du fait que les Américains apprécient peu les jeux politiques, cela conforterait la posture de Donald TRUMP d’être contre l’establishment et les pratiques de Washington…
Avec ces élections et les résultats sur les postes de Gouverneurs, Donald TRUMP a renforcé son pouvoir. Il n’a plus d’opposants au sein de sa famille politique ; les « never Trumpers » ont disparu du paysage, ou se sont mis en sourdine.
Deux ans après une élection surprise, « par effraction » ou « par défaut » selon certains, il s’est installé dans le paysage politique américain et il sera difficile de l’en déloger. Il a pris une sérieuse option pour sa réélection en 2020.
Ces élections sont caractérisées par au moins deux enseignements :
  • Un nombre record de femmes siégera au Congrès ; de nombreux représentants des minorités, de la diversité, entrent au Capitole
  • La division des Etats-Unis en deux blocs opposés. Donald TRUMP récolte ce qu’il a semé. A force de prendre des positions « clivantes », il a polarisé la société américaine, et il faut s’attendre qu’il poursuive dans la perspective de 2020.
Dans ces conditions, il est grand d’intégrer la durabilité du phénomène, et de revisiter certaines positions et politiques. Trois sujets sont fondamentaux.
Comme je vous l’indiquais en juin 2017, Donald TRUMP a fait exploser l’Ouest, la solidarité occidentale ; il a remis en cause toutes les alliances traditionnelles des Etats-Unis.
Quel que soit l’attachement que l’on a, que l’on doit avoir, pour son pays, sa nation, son Etat, on ne doit pas oublier que nous ne sommes que locataires sur cette Terre, et que nous partageons de nombreux biens, ce qui exige des coopérations, des partenariats.
Vouloir que son pays redevienne plus fort n’est absolument pas antinomique avec la nécessité de soigner et respecter ses alliés traditionnels. Les prises de position du président américain poussent ses alliés à des révisions déchirantes.
Quel est le devenir de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ? Cela doit conduire l’Europe à revoir très rapidement, et en profondeur les conditions de sa défense. Elle ne peut plus s’appuyer sur la force américaine, compte tenu de la demande récurrente des Etats-Unis d’une prise en charge européenne plus importante du fardeau de la protection du vieux continent.
Quel est le devenir de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ? Il y a trois semaines, l’Union européenne, l’Australie, le Brésil, le japon, le Mexique se sont retrouvés à l’initiative du Canada, sans les Etats-Unis ni la Chine pour discuter de trois sujets : la modernisation des règles commerciales, la sauvegarde du système de règlement des différends, et l’amélioration de l’efficacité de la surveillance opérée par l’OMC.
Les règles du commerce international peuvent toujours être améliorées pour que l’échange soit aussi juste que possible. Aujourd’hui, le principal problème est la sous-évaluation du yuan chinois. Alors que l’Empire du milieu ne cesse d’accumuler des excédents commerciaux, les autorités de Pékin continuent de manipuler leur monnaie en la dépréciant, au lieu de la réévaluer.
Elles font du dumping monétaire pour continuer à inonder le Monde avec leurs produits ; il faut presque 7 renminbis pour 1 dollar, alors que le cours d’équilibre se situerait au niveau de 3,5. Voilà le vrai combat que Donald TRUMP devrait enfourcher au lieu de se focaliser sur les droits de douane. Mais s’il venait à le faire, aurait-il des alliés ? Rien n’est moins sûr quand on passe son temps à faire cavalier seul.
L’exemple vient de Tokyo où le Premier ministre a dernièrement reçu le Président chinois pour détendre la situation entre les deux pays.
Donald TRUMP a tort de critiquer l’ordre international que les Etats-Unis ont mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale. Il ne doit pas oublier qu’avec la primauté du dollar, les Américains vivent à crédit depuis près de 50 ans.
Enfin, dans l’affirmation de ce primat nationaliste avec le slogan « America, first », Donald TRUMP fait des émules.
L’exemple brésilien en est le dernier exemple. Le Président Donald TRUMP divise le Monde, comme il fracture son pays. Cela ne présage rien de bon pour les deux, voire les six prochaines années.
MARDI 13 NOVEMBRE 2018
Dov ZERAH

Je vous invite à me retrouver le mardi matin à 7h05 sur Radio J 94.8 FM pour ma chronique économique et financière.

De plus, j’invite toute personne intéressée par l’information économique sur l’Afrique,  à consulter le site “economiesafricaines.com  

4 COMMENTS

  1. On comprend mieux. Les commentaires .d un fonctionnaire .français .plutôt .francouillon !
    Votre france ..intégrée a eurabia. Vous convient .parfaitement!

  2. Je préfère, mystiquement, m’en référer aux implications de la Providence.
    Je feraillais ce matin avec Marc, pour démontrer que Trump avait effectivement honoré les militaires ricains de14/18 au mont Valerien, et que ce bonnet de pluie ridicule dont on l’avait coiffé était encore une photo truquée, et il me repondit que Trump avait été réformé, apparemment par combine…
    Nou ?
    Dieu n’improvise pas.
    Ni ne joue aux dés. (A. Einstein).
    Si Trump était parti au Vietnam, il ne serait peut-être pas president US aujourd’hui.
    Mais enterré quelque part dans un Military Cimetiere…
    Et donc inexistant dans la conjoncture actuelle, pour Ysraël. Il nous est impossible d’évaluer, étant si limités, les conséquences des choix de la Providence, simplement.
    Seulement peut-être après coup, et souvent longtemps après.
    Mais il est certain que nous sommes dans les derniers épisodes de la saison finale.
    Et qu’IL est bon.

    • Monsieur le Jésuite : que de ratiocinations! Prétendre, 1) qu’on ne connaît pas les sinuosités des voies de la Providence, pour 2) En donner l’interprétation qui nous arrange. On connaît ce type de raisonnement (car c’est de cela dont il s’agit) qui encouragent à la posture : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Trump comme Macron appartiennent à des élites préservées, non par la “Providence”, mais par les intérêts de caste bien compris. Trump s’est saisi d’un argument en place depuis plusieurs générations de Présidents qui avaient promis (Jérusalem), pour ajouter à son aura et plaire à son électorat : il fallait le faire, mais à présent c’est aussi la suite qui nous intéresse. Dans ses intentions, Trump a aussi fait clairement comprendre que ça coûterait un max à Israël d’avoir maintenant une capitale reconnue. Qui peut douter un seul instant que si les Palestiniens étaient moins cons, il leur offrirait de la même manière l’Est de la capitale “indivisible” d’Israël qui ne lui apppartient en rien? Question d’opportunités, de circonstances, de jeux d’acteurs. Donc c’est un jeu, un bluff permanent qui ne repose que sur la prédominance d’Israël et l’éparpillement des 2 frères ennemis palestiniens. Ca ne fait pas de Trump le Messie ou son héraut annonciateur. Ou alors il n’est qu’un pion sur l’échiquier qui lui échappe complètement et tant mieux. Il est utile. Mais cela nous éloigne bigrement du cimetière des soldats qui ont donné leur vie pour la liberté de l’Europe et de l’Amérique et pour que des Trump restent à l’abri dans leurs tours d’Ivoire. L’Amérique profonde, c’est aussi plus McCain droit dans ses bottes, qui tient le flambeau et laisse un souvenir du drapeau qui flotte au vent par tous les temps. Contesté sur sa forfaiture consistant à refuser de leur rendre hommage, quoi qu’il lui en coûte (l’exemple n’est pas un vain mot), il se lance dans une polémique sans fin avec son frère cadet Macron de Macronie (qui n’a effectivement rien à lui envier, dans le genre déconnecté des réalités de ce “bas-monde”) : on ne peut pas toujours prendre des vessies pour des lanternes. Le monde est dirigé par des azimutés qui n’ont plus qu’un vague talent de comédien, qui ne façonnent plus rien d’un monde qui leur échappe et auquel ils s’adaptent.

  3. Ce qui est derangeant dans cette histoire, c’est que les dirigeants occidentaux agissent selon la sympathie ou l’antipathie qu’ils eprouvent envers Trump, et non sur la pertinence ou la non pertinence de ses idées. On se croirait à la maternelle

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