Thème de campagne : l’accusation contre Netanyahu

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L’éventuelle mise en accusation de Netanyahu devient un thème de campagne

 

Par Manfred Gerstenfeld

 

Le Procureur Général Avichai Mandelblit a déclaré qu’il projette d’annoncer s’il mettra en examen le Premier Ministre Binyamin Netanyahu, dans l’attente d’une audience en février. Il est plus probable, cependant, que l’audience et la déposition éventuelle d’accusations réelles devront attendre jusqu’après la date des élections du 9 avril [1].

Dans le même temps, deux dirigeants de partis ont déclaré que leurs factions ne rejoindraient pas un gouvernement dirigé par Netanyahu comme premier Ministre, s’il est mis en accusation. Yair Lapid, le chef de Yesh Atid (Il y a un Avenir), dont le Parti se situe entre le centre et le centre-gauche l’a également dit. Cependant, son parti ne fera probablement pas partie d’un gouvernement dirigé par le Likoud[2].

De façon plus importante, Moshe Kahlon, l’actuel Ministre des Finances et Président du parti Kulanu (Tous ensemble ou Nous Tous) a aussi dit qu’il ne siégerait pas dans un gouvernement dirigé par Netanyahu, si celui-ci est mis en examen après audience[3]. Selon de nombreux sondages, Kulanu pourrait perdre la moitié de ses 10 sièges au cours de l’élection à venir. Pourtant, sans ce parti, cela pourrait s’avérer difficile, pour Netanyahu de former un gouvernement.

Lors de la convention Leumiada, un rassemblement annuel de partisans du Likoud à Eilat, un sondage a posé la question de savoir si Netanyahu devrait poursuivre en tant quye Premier Ministre, même si des plaintes sont déposées au pénal contre lui. Presque 70% disent qu’il devrait continuer à occuper le poste de Premier Ministre, si une telle situation se présentait. Il n’y a que 20% qui pensent qu’il devrait démissionner[4].

Beaucoup dépendra de la grande inconnue, le parti Hosen Israel (Israël Résilience) dirigé par l’ancien chef d’Etat-Major, Benny Gantz. Il a gardé le silence excepté en une seule occasion. Un groupe d’officiers druzes s’est rendu jusqu’à son domicile, dans le cadre de leur campagne contre la Loi de l’Etat Nation. Cette loi fondamentale spécifie la nature de l’Etat d’Israël comme étant la nation du Peuple Juif. Cette loi est sur la sélette à la Cour Suprême.

Gantz a promis qu’il ferait en sorte de modifier la loi, s’il est élu. Ce qui l’a conduit à recevoir le soutien de la gauche israélienne, et a, en retour, permis au Likoud de poursuivre sa campagne de désignation de Gantz comme une simple nouvelle personnalité de la gauche politique. Le parti de Netanyahu a, en cela, été rejoint par les dirigeants  du Parti Yemin Hadash (Nouvelle Droite), le Ministre de l’Education Naftali Bennett et le Ministre de la Justice Ayelet Shaked[5].

Comme il est probable que ce soit la droite qui ait à former le prochain gouvernement, Gantz agirait de façon peu avisée, s’il excluait d’entrer au sein d’un gouvernement dirigé par le Likoud. Un ancien commandant de l’armée d’Israël n’aimerait certainement pas passer plusieurs années à faire des déclarations publiques et à s’exprimer occasionnellement à la Knesset en tant que député de l’opposition.

Le 10 janvier, la 10ème convention du Parti Travailliste s’est déroulée à Tel Aviv. Le dirigeant du parti, Avi Gabbaï, n’a pas seulement fait face à des acclamations, mais aussi au chahut de certains militants. Il y a eu quelques cris comme “Gabbaï Premier Ministre”. Selon les sondages, le parti travailliste est actuellement à la cinquième place, au même niveau approximatif que la Nouvelle Droite. L’espoir de Gabbaï de se voir élu Premier Ministre semble irréaliste.

Le député chevronné Eitan Gabel, a attaqué verbalement Gabbaï, lors de cette convention. Il a dit : “On ne peut pas sacrifier ce parti à cause d’un seul homme… Nous ne pouvons pas rester silencieux quand vous tuez la seule chance de ces gens merveilleux qui sont assis ici… de pouvoir poursuivre leur travail[6] “. Gabbaï a réussi à surmonter la révolte au sein de l’opposition. Cette convention lui a permis de choisir les candidats du parti pour les places de second, dixième et seizième.

Dnas le même temps, deux de 18 députés travaillistes, Ayelet Nahmias-Verbin et Mickey Rosenthal ont annoncé qu’ils ne chercheraient pas à être réélus[7]. Si le parti travailliste parvenait à s’assurer dix sièges – ce qui semble un score élevé, selon des sondages nettement plus défavorables – cela laisserait sept postes en concurrence, pour les 16 députés qui veulent se représenter. Cela en supplément de tout autre nouveau candidat.

Le premier parti à organiser ses primaires a été le petit parti de l’Union Nationale qui détient actuellement deux sièges au sein du Baït Yehudi (Le Foyer Juif). Le député Bezalel Smotrich est devenu son nouveau dirigeant en infligeant une défaite à l’actuel ministre de l’agriculture, Uri Ariel, qui va se retirer du monde politique[8].

On a entendu des rumeurs disant que le parti Hatenuah (Le mouvement) de Tsipi Livni et Yesh Atid de Yaïr Lapid discutaient de se présenter ensemble. Lapid a, cependant, déclaré sur les ondes de la Radio Galeï Tsahal : “Livni est une gauchiste. Je ne peux pas fonder un mouvement politique avec elle. Tout comme je ne me joindrais pas à un gouvernement de droite coduit par Netanyahu, je n’en rejoindrais pas un mené par la gauche”. Cependant, Lapid accueillerait favorablement une proposition de faire équipe avec Gantz. Il a déclaré être convaincu que Gantz n’est pas un gauchiste, mais un vrai centriste comme lui. Il a ajouté qu’on devrait attendre jusqu’en février pour voir se profiler le véritable spectre politique qui s’annonce[9].

Un reportage télévisé a dit que Gantz et Lapid tiennent des débats intenses autour d’une éventuelle alliance électorale. Le problème semble être que chacun d’entre eux veut détenir la pole position. Dans le même temps, l’ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, qui dirigeait l’agence de renseignement entre 2011 et 2016, a approuvé la candidature de Gantz [10].

Un nouveau sondage publié par le Yedioth Ahronoth démontre que la Liste Arabe Unifiée ne recueille que 42% des suffrages pamri les Arabes. 46% sont mécontents de ce parti[11].

On annonce une grande diversité de nouveaux arrivants pour concourir à des sièges de la Knesset. Le plus connu est membre du Likoud et ancien adjoint au Chef d’Etat Major, Uzi Dayan, qui a déclaré qu’il veut être candidat à la Knesset dans le but de devebnir le prochain Ministre de la Défense[12].

Par Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

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[1] www.timesofisrael.com/likud-backers-say-netanyahu-should-not-resign-if-indicted/

[2] www.timesofisrael.com/lapid-says-wont-sit-in-netanyahu-led-government-if-ag-announces-indictment/

[3] Ibid.

[4] www.timesofisrael.com/likud-backers-say-netanyahu-should-not-resign-if-indicted/

[5] www.jpost.com/Israel-Elections/Analysis-Gantzs-first-mistake-577410

[6] www.jpost.com/Israel-News/Labor-convention-exposes-deep-divisions-Cabel-attacks-Gabbay-576999

[7] www.jpost.com/Breaking-News/MK-Nahmias-Verbin-decides-not-run-in-Labor-primaries-577573

[8] www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-5447048,00.html

[9] https://hamodia.com/2019/01/16/lapid-netanyahu-too-right-livni-too-left-gantz-just-rigjt/

[10] www.timesofisrael.com/gantz-and-lapid-said-discussing-alliance-but-neither-wants-to-be-number-two/

[11] www.jpost.com/Israel-News/Poll-finds-waning-support-for-the-Joint-List-576949

[12] www.jpost.com/Breaking-News/Uzi-Dayan-announces-candidacy-for-Likud-intentions-to-be-defense-minister-576691

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