Début 2017 : le Pire est encore à venir 

Le Général de Brigade (réserviste) Nitzan Nuriel -qui fait aussi du conseil et du management sécuritaire à l’étranger, dernièrement pour le Festival de Cannes – tente d’évaluer les occurrences futures pour 2017, tout en insistant sur les changements potentiels et les virages qui peuvent affecter le Moyen-Orient en général et l’Etat d’Israël en particulier. 

Parachutistes français devant le Musée du Louvre à Paris (Photo: AP)

Les fins et débuts d’années sont toujours le moment choisi pour le bilan et les perspectives à envisager de l’année à venir. Une telle évaluation me semble nous confronter à de nombreux défis et en particulier avec tous ceux qui sont encore imprévus, parce que nous manquons d’éléments pour les discerner. Vers la fin de l’année à venir, Il se pourrait que je me trouve fort embarrassé à cause d’estimations qui ne correspondent pas à la réalité. Quoi qu’il en soit, je vais tenter, dans ces colonnes, d’évaluer les occurrences futures pour 2017, tout en soulignant les changements potentiels et les virages probables qui peuvent affecter notre région en général et l’Etat d’Israël en particulier.

Terrorisme Global.

2017 risque fort d’e^tre encore une année particulièrement sanglante, en particulier pour le monde occidental ( de façon très regrettable, nous sommes de plus en plus accoutumés au terrorisme en Irak, en Syrie, en Afrique et l’année prochaine encore, les Musulmans sunnites vont continuer à massacrer les Musulmans chiites et vice-versa).

Ce sursaut de terrorisme islamiste qui va se propager en Europe ( et qui pourrait prendre une dimension non-conventionnelle) sera la conséquence des défaites enregistrées par Daesh à travers l’Irak et la Syrie, ainsi que de l’ambition de ce mouvement de transmettre au monde son message selon lequel le concept d’Etat Islamique reste invincible malgré les revers. L’infrastructure pour ce faire existe déjà, les armes sont déjà disponibles et, en cas de pénurie, elles peuvent être fabriquées ou trouvées de façon indépendante. Les directives générales ont déjà été diffusées, aussi n’est-ce plus une question de « Si », mais une question de « Quand et jusqu’à quel stade ».

Quiconque voudrait espérer que de tels événements génèrent de l’empathie envers Israël en Europe en sera seulement pour ses frais. Le seul résultat positif peut être la relance de la coopération professionnelle au niveau de l’Etat autant qu’entre professionnels privés de la sécurité, avec l’objectif d’améliorer les capacités disponibles en Europe, afin de faire face à de telles situations. Tout cas d’activité terroriste de la part du Hezbollah contre des cibles israéliennes ou les communautés juives aura de lourdes conséquences pouvant aller jusqu’au déclenchement d’une confrontation, à grande échelle.

L’ascension et la chute des dirigeants.

En ce début 2017, nous assistons au commence du mandat du Président élu Donald Trump, ainsi qu’à des campagnes électorales significatives, en France et en Allemagne (je n’ai pas l’intention de faire ici la liste complète de chaque campagne électorale à forts enjeux à travers le monde, mais juste de me focaliser sur l’Europe).

Ces processus encourageront une activité conflictuelle importante, de la part de divers acteurs sur ces tribunes. Selon mon estimation, les diverses organisations islamistes tenteront de tester le nouveau Président des Etats-Unis et de le défier, ainsi que ses premières mesures politiques, dans le sens de « Voyons voir un peu de quel bois tu es fait ». Cette approche sera hautement significative au regard  de l’étendue et de l’intensité de l’activité. La même chose vaut pour les pays où des campagnes électorales sont en cours – les risques d’attaques terroristes d’ampleur variable accentueront les doutes sur l’approche qui doit être la bonne pour faire face au problème.

Au Moyen-Orient, la stabilité du régime d’al-Sissi en Egypte ou du Roi Abdallah de Jordanie, et même du Président syrien Bachar al Assad ne sont pas des meilleurs augures, excepté que cette fois-ci, tout changement affecterait directement et plus profondément l’Etat d’Israël que n’importe quelle attaque se déroulant, par exemple, en Europe. En 2017, l’Etat d’Israël sera confronté à une situation où toutes ses frontières , y compris la région de Judée et de Samarie, sont mises au défi et requièrent une intensification des mesures de sécurité de « routine », qui prennent en compte des scénarios aussi complexes que du terrorisme non-conventionnel et des situations de prises d’otages.

La Sécurité sur le Front Intérieur.

En ce qui concerne l’aspect de la sécurité intérieure, les tensions entre la société judéo-israélienne et la société arabo-israélienne vont réveiller de vieux démons et le Gouvernement d’Israël devra investir des ressources substantielles dans ce domaine particulier très sensible.

De façon regrettable, à ce moment du temps, les dirigeants des deux côtés n’adoptent pas la retenue qui est essentielle dans le but de réduire ces tensions.

La Bande de Gaza.

Pour les temps à venir, un état de calme relatif prévaut dans la Bande de Gaza, à la suite de l’Opération Bordure Protectrice. Il est raisonnable de supposer, cependant, que les rapports concernant l’Opération Bordure Protectrice, qui doivent bientôt être rendus publics, déclencheront des modes de raisonnements et des débats politiques intensifs.

Professionnellement, Tsahal a analysé ses carences et elle est prête à améliorer ses capacités dans beaucoup de domaines. Au vu du calme relatif, l’Opération Bordure Protectrice restera gravée dans la conscience collective comme une opération réussie (tout comme pour le temps que cela a pris dans l’opinion publique israélienne d’intérioriser le fait que la Seconde Guerre du Liban – jugée à l’aune de ses résultats effectifs – n’était pas du tout un échec, après tout).

La menace Cybernétique.

Jusqu’à présent, les cyberattaques n’ont pas infligé de dégâts substantiels à Israël, mais cette année, il y aura du changement et nous nous trouverons dans l’obligation – en ce qui concerne les secteurs privés et publics – de lancer des activités visant à minimiser de tels dommages ( le Bureau de Cybersécurité Nationale a précisément été établi à cet effet).

En conclusion, mon appréciation de la situation en 2017 est que « le Pire est encore à venir » et que nous aurons encore un long chemin à parcourir avant d’atteindre les rives de la paix et de la tranquillité.

L’appareil de Défense israélien et tous les organismes attenants devraient prendre le temps d’analyser les divers scénarios possibles, de les pratiquer et de rendre l’échelon politique capable de prendre sa part intégrale à la préparation de ces scénarios.

Le Brig. Gen. (res.) Nitzan Nurielservi environ 30 ans dans Tsahal et c’est l’ancien chef du Bureau de l’Anti-terroprisme en Israël

israeldefense.co.il

Adaptation : Marc Brzustowski

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