La Space Force, un des plus grand succès de Trump.

Il y a quatre ans, le président américain de l’époque, Donald Trump, donnait naissance à la Space Force (Force spatiale). Si elle fut par le passé tournée en dérision pour sa mégalomanie, son coût élevé et son inutilité, l’armée de l’espace est devenue depuis importante pour l’armée et l’économie. En effet, elle garde un véritable trésor.
Au cœur de l’Etat du Colorado, face aux pentes escarpées des Rocheuses, se trouve sans doute le plus gros malentendu de l’ère Donald Trump. En effet, c’est là que se situe le Space Operations Command, que les soldats américains appellent Spoc. Il s’agit du centre de commandement des forces armées américaines pour l’espace. Trump a donné naissance à cette Force en juin 2018. A croire que l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air ne lui suffisaient pas. Il lui fallait une armée de l’espace. Une Space Force.
A l’époque, la nouvelle troupe a fait l’objet de railleries. En effet, son emblème (un fer de lance entouré d’étoiles et d’une comète) n’est pas sans rappeler l’insigne des officiers du vaisseau spatial Enterprise dans la série de science-fiction Star Trek. Et comment ne pas penser à M. Spock, le Vulcain, à l’évocation de l’abréviation utilisée par l’armée américaine pour désigner le centre de commandement ?

Par ailleurs, les soldats de la Space Force sont officiellement appelés « Gardiens », ce qui n’est pas sans rappeler le film Les Gardiens de la Galaxie. Tout dans ce nouveau corps d’armée semblait si absurde que Netflix lui a consacré, fin 2019, une série comique complète.
La Space Force semblait à l’image des autres projets lancés par Trump : mégalomane, coûteuse et inutile. Mais aujourd’hui, quatre ans plus tard, la Space Force est devenue indispensable. Et pas seulement pour l’armée américaine, mais plus généralement aussi pour l’économie. Aux Etats-Unis, la quasi-totalité des entreprises, les agriculteurs, les capitaines de bateau, les automobilistes et les utilisateurs de téléphones portables dépendent de la troupe. Elle sécurise enfin les communications par satellite, ce qui est plus important que jamais.
Le successeur de Trump, Joe Biden, a par conséquent même décidé de la développer. En 2023, il prévoit de mettre 24,5 milliards de dollars à la disposition de la Space Force, soit cinq milliards de plus que cette année. Ce mois-ci, une étape importante a par ailleurs été franchie : la Space Force a commencé à former ses premières recrues. Il y a quelques jours, 71 jeunes Gardiens ont pris leurs fonctions. Qui aurait cru à une telle destinée en 2018 ?

Entre la Terre et la Lune

« J’ai assisté de près aux débats de l’époque », déclare le général John W. Raymond dans un appel vidéo. « Ils étaient déjà houleux à l’époque ».
Soldat depuis 38 ans, le général Raymond est le chef de la Space Force. Il est assis dans un bureau du Pentagone. Derrière lui, on aperçoit au mur des photos de missiles en plein décollage. A côté, deux drapeaux, l’un américain et l’autre portant l’emblème de la force armée : un fer de lance entouré d’étoiles et d’une comète. « La menace de la Chine et de la Russie dans l’espace s’accroît », déclare le général Raymond. « C’est la raison pour laquelle le rôle de la Space Force devient de plus en plus important. »
Il explique que l’objectif de la Force spatiale est d’assurer la stabilité dans la région située entre la Terre et la Lune. Il parle de l’espace comme d’autres officiers évoquent le Proche-Orient. D’après lui, l’idée est de faire en sorte que les forces armées américaines, mais aussi les entreprises et les chercheurs, puissent opérer en toute sécurité en orbite et au-delà.
Pour beaucoup et pendant longtemps, la Space Force était aussi farfelue que l’idée de Trump d’enfermer sa concurrente politique Hillary Clinton ou d’acheter le Groenland. Mais désormais, la Force spatiale peut être considérée comme le plus grand succès de Trump.
Désormais, elle compte 13.500 soldats. Ils ne patrouillent pas sur des planètes lointaines, mais travaillent sur Terre, principalement dans les Etats du Colorado, de Californie et de Floride, ainsi qu’au Pentagone. Leurs missions consistent entre autres à détecter les missiles balistiques et à alerter leurs propres troupes. Ce dispositif aurait par exemple évité les morts survenues lors de l’attaque menée par l’Iran contre une base américaine en Irak il y a deux ans et demi.

Protection des satellites GPS

Mais la Space Force a également repris à l’armée de l’air des Etats-Unis une mission, tout à fait essentielle pour l’Amérique civile : exploiter et protéger les satellites GPS, qui permettent à chacun de localiser sa position dans le monde entier. Sans GPS, nul doute que l’économie mondiale s’effondrerait. Selon les estimations du ministère américain du Commerce, l’économie américaine à elle seule perdrait un milliard de dollars par jour en cas de panne du système. Un black-out au printemps, lorsque les agriculteurs sèment des pommes de terre, du maïs et du soja et se repèrent dans leurs champs au moyen des satellites, pourrait même coûter 1,5 milliard de dollars par jour.
La Space Force utilise des brouilleurs pour mettre hors d’état de nuire les objets ennemis en orbite. Et probablement aussi des satellites tueurs. Certains pourraient être équipés de canons à micro-ondes, voire de lasers. Sans oublier les missiles tirés depuis le sol ou depuis des avions, qui peuvent atteindre des cibles dans l’espace.
Pour faire court, le général Raymond et ses officiers sont en quelque sorte les gardes du corps des quelque 30 satellites GPS américains. Ils traquent par ailleurs les débris spatiaux : satellites hors d’usage, moteurs brûlés, clés à molette perdues par les astronautes. Les Gardiens suivent à la trace plus de 30.000 objets. Ils aident la Nasa et les fabricants de fusées comme SpaceX, la société d’Elon Musk, à éviter les collisions en orbite. Sans ce que l’on appelle le Space Surveillance Network, c’est-à-dire le réseau de surveillance spatiale, l’espace serait beaucoup plus dangereux.

A quoi peut-on s’attendre à l’avenir ?

Le général Raymond veut avant tout mieux réglementer l’espace. « Jusqu’à présent, l’espace est comme le Far West », explique-t-il. La zone entre la Terre et la Lune échappe en grande partie aux lois. « Cela ne peut plus durer. L’espace étant désormais encombré, nous avons besoin de normes internationales », estime le général Raymond. Il faut avant tout lutter contre tous les déchets. En effet, s’il est vrai que la Space Force peut suivre à la trace les déchets en orbite, la troupe du général Raymond n’est pas chargée de les collecter.

Les partenariats de Space Force

Soulignant à nouveau un partenariat conjoint critique dans tous les domaines de la guerre, le chef d’état-major de la Force aérienne, le général CQ Brown, Jr. a rencontré ses collègues chefs de service de l’ Armée , Marine , Marine Corps et Force spatiale le 24 juin pour partager les progrès et discuter de la voie à suivre alors que les services travaillent ensemble pour continuer à cultiver un terrain d’entente sur le commandement et le contrôle conjoints de tous les domaines.

La réunion s’est concentrée sur les progrès et les projections du ministère de la Défense pour JADC2 afin d’identifier les opportunités pour les services d’aligner leurs efforts de développement et d’identifier les obstacles qui peuvent entraver l’avancement pour atteindre les objectifs de JADC2 à l’appui de la force conjointe.

Les hauts dirigeants ont partagé leurs points de vue sur les domaines d’accord commun ainsi que sur les domaines où la divergence dans les efforts de service individuels est appropriée. Dans cette discussion, chacun des services a identifié plusieurs domaines sur lesquels ils doivent se concentrer afin de réaliser l’intention derrière JADC2 – pour créer et maintenir une connexion persistante afin de partager des données à travers la force conjointe.

De plus, après une année d’activités de base à l’appui de la stratégie et du plan de mise en œuvre du JADC2, les chefs ont discuté de la nécessité d’un concept d’opérations plus développé, ou CONOPS, pour une future lutte conjointe contre un concurrent pair, qui est actuellement semé d’embûches lorsque les forces sont déconnectées des réseaux de communication mondiaux. La création d’un CONOPS pour le commandement et le contrôle de la force interarmées est une étape essentielle dans la création d’un avantage décisionnel.

« Alors que l’armée de l’air se développe (Advanced Battle Management System) dans nos efforts pour obtenir des informations et un avantage décisionnel en fournissant des données, des informations et des capacités pertinentes aux combattants à tous les échelons, nous devons travailler avec nos services frères et le DoD pour nous assurer que nous nous connectons. nos capteurs et plates-formes et partager nos données dans le cadre d’une force conjointe », a déclaré Brown. « Des réunions comme celle que nous avons tenue aujourd’hui sont importantes pour garantir que nous continuons à rester alignés en ce qui concerne JADC2 – où nous en sommes collectivement et où nous allons. »

L’espace n’est pas seulement un catalyseur de guerre dans tous les domaines, mais aussi un domaine de combat de plus en plus actif. Dans les pourparlers d’aujourd’hui, le chef des opérations spatiales, le général John W. « Jay » Raymonda décrit les contributions les plus récentes de ses Gardiens à l’effort de détection, de sens et d’action dans l’espace et dans tout l’espace de combat interarmées.

« Notre capacité à détecter à partir du domaine spatial, à transporter et à donner un sens aux données, puis à mettre ces données entre les mains de nos partenaires de combat conjoints sur terre, dans les airs et en mer, est ce que la Force spatiale fournit à JADC2 », dit Raymond. « Les capacités spatiales sous-tendent la guerre moderne. »

Soulignant l’importance de JADC2 dans le concept des forces de remplacement du Corps des Marines, le commandant du Corps des Marines, le général David H. Bergerajouté, « JADC2 signifie la capacité de déplacer des données et des informations à l’appui de la force interarmées. Cela signifie que nous allons améliorer les processus de prise de décision vers une chaîne de mise à mort plus rapide et plus efficace et nous assurer que nos Marines peuvent mieux soutenir la force conjointe pour gagner

dans tous les domaines . événement d’expérimentation et de démonstration, le chef d’état-major de l’armée, le général James C. McConville , a exprimé ses réflexions sur la voie à suivre pour les technologies de capteur à tireur à ses collègues chefs de service :

« Dans les opérations de combat à grande échelle, le dépassement appartient au camp qui domine la décision. Le projet Convergence nous aide à comprendre comment connecter le bon système létal, le bon tireur, la bonne flèche pour obtenir les effets létaux dont nous avons besoin en quelques secondes plutôt qu’en minutes ou, dans certains cas, même en heures. L’implication de la force conjointe, des alliés et des partenaires nous aide à nous voir – nous aide à nous rappeler que nous ne nous battons jamais seuls. C’est pourquoi nous développons JADC2 en tant que force interarmées, et j’ajoute toujours un « C » pour CJADC2, car nous ne combattons pas seulement en tant que force interarmées, nous combattons aux côtés de nos alliés et partenaires.

Le chef des opérations navales, l’amiral Mike M. Gilday , a également souligné l’importance que tous les services soient sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la gestion de la bataille dans tous les domaines et le commandement et le contrôle.

« Le projet Overmatch est la contribution de la Marine à JADC2, alors que nous développons les réseaux, l’infrastructure, l’architecture des données, les outils et les analyses pour permettre une domination maritime durable, il est essentiel que la Marine reste en phase avec nos coéquipiers », a déclaré Gilday. « Des opportunités comme celle-ci – s’asseoir dans la même pièce et discuter avec mes collègues chefs de service – sont indispensables au progrès de ces initiatives hautement prioritaires. »

Le rassemblement des meilleurs dirigeants en uniforme de l’armée pour s’aligner et se synchroniser sur tous les aspects de JADC2 souligne le haut niveau d’importance que les hauts dirigeants du DoD accordent à l’interopérabilité conjointe, au partage de données en temps opportun ainsi qu’au commandement et au contrôle unifiés et omniprésents dans tous les domaines de la guerre.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une journée dans cet effort », a déclaré Brown. «La vitesse, l’agilité et la résilience sont essentielles à la prise de décision et à la gestion des batailles dans les futurs environnements hautement contestés. Les progrès que nous réalisons dans JADC2 seront déterminants dans notre succès en tant que force interarmées.

JForum.fr – Le Soir

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