Seule dans l’enfer des prisons russes

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 Seule dans l’enfer des prisons russes

 

Par Michèle Mazel

Elle s’appelle Naama. Naama Issachar. Une jeune israélienne sans histoire. Après son service militaire, comme beaucoup de jeunes, elle a pris son sac à dos et est partie se chercher aux Indes. Elle y a découvert le Yoga et y est retournée plusieurs fois. Et puis elle a décidé de rentrer à la maison. Comme tous le jeunes israéliens, elle a cherché le vol le moins cher. Il l’obligeait à faire escale à Moscou. La belle affaire.

En transit, elle est approchée par deux policiers russes qui demandent à contrôler son sac. Sa vie va basculer : En effet dans son sac on découvre de la drogue. Enfin, de la drogue, relativisons tout de mêmes. Il ne s’agit pas de cocaïne ou de toute autre drogue dure. C’est de l’herbe comme on dit aujourd’hui. Du haschish quoi.

 

Mais la loi est la loi et le haschish, c’est de la drogue.

Reste à préciser qu’elle en avait tout juste neuf grammes. Vous avez bien lu : neuf grammes.

La loi est la loi, déclarent les policiers ravis de cette grosse prise. Voilà Naama en prison. Elle ne parle pas russe évidemment. Elle est citoyenne israélienne et le consulat est averti. Ses parents aussi. En vain ils vont plaider qu’il s’agit d’une quantité insignifiante et que de plus, étant en transit, la jeune fille n’avait pas vraiment violé la loi russe. Rien n’y fait.

La justice doit suivre son cours, Naama devra attendre son procès. En attentant sa mère, qui ne parle pas non plus le russe, s’est pris un petit appartement à Moscou et a retenu un avocat russe.

Toute la famille a mis la main à la poche. Six longs mois s’écoulent. Vient enfin le jour du procès. La maman est là, avec dans son sac les habits qu’elle a apportés pour la sortie de prison attendue. Et le verdict claque. Sept ans et demi de prison. Le drame. Cette fois la presse israélienne s’émeut.

Le premier ministre israélien touche deux mots de l’affaires à Vladimir Poutine. Le président Rivlin, lui, écrit à ce même Poutine pour lui demander de gracier Naama. Pendant ce temps une nouvelle insidieuse commence à se répandre. Il y a en Israël un citoyen russe en attente d’extradition vers l’Amérique pour toute une série d’infractions.

Arrêté depuis quatre ans, il a épuisé tous les recours, y compris devant la cour suprême israélienne et le ministre de la justice est sur le point de signer son arrêté d’extradition.  De cette extradition les autorités russes ne veulent pas. Il se murmure qu’il s’agirait d’un agent… D’où la nouvelle équation. La libération de l’un contre celle de l’autre. Chantage direz-vous ? La situation est au point mort. Naama, qui a fait appel, doit attendre son nouveau procès.

Les Russes qui espéraient une solution plus rapide accentuent la pression. Désormais lors de ses rencontres avec sa mère, les deux femmes n’ont pas le droit de parler hébreu et doivent se débrouiller en russe. L’une et l’autre sont épuisées. Quant au citoyen russe, interrogé par la presse israélienne, il plastronne : « les Russes n’abandonnent pas les Russes » répète-t-il.

On est là dans cette version moderne et actualisée du pot de terre contre le pot de fer.

 

Par ©Michèle Mazel

4 COMMENTS

  1. La disproportion de cette sanction est tout à fait singulière. Il est presque certain que les peines infligées par le même tribunal pour les mêmes délits, n’a jamais prononcé de peine aussi lourde.
    Par ailleurs, les Russes n’ont pas attendu d’être sous le régime communiste pour pratiquer l’iniquité, c’est semble-t-il, une pratique très courante que ce chantage.

  2. En Thailande en Chine ou à Cuba cette fille aurait été fusillé.
    Elle savait à quoi s’attendre.
    Surtout quand on fait une escale en pays russe.
    Dans certains pays on ne joue pas avec la drogue.

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